Info science
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la génétique

La rubrique Info science s'arrête en décembre 2002, mais vous pouvez retrouvez des sujets pertinents sur le Forum, rubrique "Tout sur la science"


 



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2002


Moins de calories pour rester jeune de cœur
Guerre sociale

Des bactéries pour graver des circuits

Création d'un fonds de 100 millions pour décrypter...

Une poignée de main transatlantique

Le centre de la galaxie est un trou

La Terre a un nouveau compagnon

Le satellite au secours de la médecine d'urgence

Grande première à l'Hôpital Royal Victoria

Newtgames prépare les jeux multidimensionnels

IBM annonce la mise au point du plus petit circuit intégré du monde

L’atome piégé dans la chambre noire

La génétique au service de la longévité

Des pièces détachées pour réparer le corps humain

Biotechnologie : les Français décodent

Les bâtisseurs de l’infiniment petit

Des milliers d’ordinateurs pour former une protéine

Un brevet génétique empêche le dépistage du cancer du sein

Fécondation in vitro : éviter les fausses couches

Le sexe pourrait être déterminé par le cerveau

Prédisposition au stress post-traumatique

Des jumelles enfantées par leur grand-mère

Hubble, machine à remonter le temps jusqu'à la naissance de l'Univers

Le facteur qui contrôle la capacité des oeufs à répliquer identifié

Foxd3 permet aux cellules souches embryonnaires...
Le sexe des autruches déterminé par l'examen ADN...

Cellules souches tueuses contre tumeurs cérébrales

Sydney Brenner se propose de séquencer le génome de
...
Fête de la science

La colonne vertébrale contre-attaque

Quand le risque de consanguinité justifie l’infidélité

Le père de Dolly s’intéresse aux humains

Un millénaire et demi de conflits

Le multimédia éducatif transforme peu à peu l'enseignement

Maladie de Parkinson. Résultats encourageants

Clonage : les pistes à suivre, selon Wilmut

Découverte d'un gène dont l'absence est associée au cancer du sein

Une souris immunisée avec succès contre le VIH

Une arme transgénique contre l'arsenic

Le lait de vaches clonées ne diffère quasiment pas du lait ''normal''

Fujitsu : un robot pour actionner les télécommandes domestiques

Un petit ver de terre à l'origine du Nobel

NTT et DoCoMo inventent l'échange d'email via une poignée de main

Le télescope le plus puissant du monde

Mystérieux microquasars

"Demain les clones" sur Arte (Télévision le mardi 8 à 20h45)

Communication quantique sans fil

Le suicide responsable de la moitié des morts violentes

Bébés-bulles : essai de thérapie génique interrompu

Le gène de la cire d'oreille

Les gènes du moustique et du germe du paludisme séquencés

Le paranormal se passe entre les deux oreilles

Greffe de cellules souches neurales chez la souris

Clonage humain : grossesses en cours, des fausses couches aussi

Il est encore temps de cloner des humains

Ecstasy : de nouveaux dégâts cérébraux mis en évidence


31 octobre 2002
Moins de calories pour rester jeune de cœur

Il n’est jamais trop tard pour entamer un régime moins calorique et garder un cœur jeune –ou presque… Des chercheurs ont constaté sur des souris d’âge moyen, l’équivalent d’une cinquantaine d’années pour l’homme, que la réduction de l’apport caloriques retardait le vieillissement du cœur. Tomas Prolla, Richard Weindruch et leurs collègues, qui publient aujourd’hui leurs résultats dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, ont passé au crible près de 10.000 gènes du cœur pour observer l’impact de ce changement de régime au niveau génétique. D’autres études menées sur des souris, des primates ou d’autres animaux, ont déjà montré qu’un régime alimentaire pauvre en calories permettait d’allonger la durée de vie. Prolla a été surpris de constater qu’un régime hypocalorique avait des effets bénéfiques sur les souris même lorsqu’il était entamé tard dans la vie. Ces changements alimentaires influeraient sur le programme génétique qui gouverne les cellules du cœur, expliquent les chercheurs. Les chercheurs ont d’abord étudié les modifications génétiques apparaissant dans le cœur de souris âgées (30 mois) par rapport à des jeunes (5 mois). Ils ont ensuite soumis d’autres souris à un régime à partir de l’âge de 14 mois. En vieillissant, celles-ci sont passées à côté de certaines altérations responsables d’un moins bon fonctionnement du cœur. Ces résultats suggèrent donc que le processus de vieillissement a été retardé par une alimentation moins calorique.
Cécile Dumas

http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20021029.OBS2018.html?1239

31 octobre 2002
Guerre sociale
Par IGNACIO RAMONET

Après le 11 septembre 2001 et la guerre d'Afghanistan, les citoyens ont le sentiment d'être plongés dans un monde dominé par la violence politique et le terrorisme. Depuis plus d'un an, à coups de terribles images et de témoignages hallucinants, les grands médias jettent l'effroi en relatant des attentats épouvantables, des explosions meurtrières, des prises d'otages spectaculaires... Plus une semaine ne se passe sans que soit versé un douloureux tribut de sang, d'Israël à Bali, de Karachi à Moscou, du Yémen à la Palestine... Donnant l'impression que la planète serait balayée par l'ouragan d'une sorte de nouveau conflit mondial - la « guerre contre le terrorisme international » - plus atroce encore que les précédents. Et dont l'éventuelle guerre américaine contre l'Irak ne serait qu'un simple épisode. Cette impression est fausse. Contrairement aux apparences, la violence politique n'a jamais été aussi faible. Les révoltes et les insurrections d'ordre politique, les guerres et les conflits ont rarement été aussi peu nombreux. N'en déplaise aux médias, le monde est calme, tranquille, largement pacifié. Il suffit pour s'en convaincre de comparer le paysage géopolitique actuel à celui d'il y a vingt-cinq ou trente ans. La presque totalité des groupes protestataires radicaux adeptes de la lutte armée ont disparu. Et la plupart des conflits de haute et basse intensité qui, dans tous les continents, causaient chaque année des dizaines de milliers de morts se sont terminés. Presque tous les brasiers que la perspective marxiste de construire un monde meilleur avait enflammés sont effectivement éteints ou en voie d'extinction. Il reste à peine, à l'échelle de la planète, une dizaine de foyers de violence : Colombie, Pays basque, Tchétchénie, Proche-Orient, Côte-d'Ivoire, Soudan, Congo, Cachemire, Népal, Sri Lanka, Philippines... Certes, un nouvel adepte de la lutte armée - l'islamisme radical - a fait son apparition et occupe désormais le devant de la scène médiatique. Mais ses actions, aussi spectaculaires soient-elles, ne doivent pas masquer l'essentiel : la lutte politique armée s'est raréfiée. Cela veut-il dire qu'il n'y a pas d'autres formes de violence à l'oeuvre ? Non, évidemment. A commencer par la violence économique qu'exercent, stimulés par la mondialisation libérale, les dominants sur les dominés. Les inégalités atteignent des dimensions inédites. Littéralement révoltantes. La moitié de l'humanité vit dans la pauvreté, plus d'un tiers dans la misère, 800 millions de personnes souffrent de malnutrition, près d'un milliard demeurent analphabètes, un milliard et demi ne disposent pas d'eau potable, deux milliards n'ont toujours pas d'électricité... Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, ces milliards de damnés de la terre se tiennent politiquement tranquilles. C'est même l'un des grands paradoxes de notre temps : plus de pauvres que jamais, et moins de révoltés qu'il n'y en eut jamais. Cette situation peut-elle durer ? C'est peu probable. En raison sans doute de l'épuisement du marxisme comme moteur international de la révolte sociale, le monde traverse une sorte de transition. Entre deux cycles de révolutions politiques. Et, alors que les injustices sont plus scandaleuses que jamais, on observe que d'autres formes de violence atteignent déjà des dimensions paroxystiques. En particulier la violence des pauvres contre les pauvres, et certaines formes primitives de la révolte (1) qui s'expriment par la délinquance, la criminalité, l'insécurité et qui, un peu partout, non seulement en France, prennent les caractéristiques d'une véritable guerre sociale. En Amérique latine et dans d'autres régions de la planète, il y a trente ans, un jeune qui trouvait un revolver s'enrôlait au sein d'une organisation pratiquant la lutte armée pour changer le sort de l'humanité. Aujourd'hui, un jeune qui trouve un revolver songera avant tout à lui, et, se sentant victime de la rupture du contrat social par les dominants, il rompra à son tour ce contrat en attaquant une banque ou en cambriolant un magasin. Depuis le début de la grande crise économique en décembre 2001 et la paupérisation massive des classes moyennes, le taux de « délinquance » en Argentine a été multiplié par quatre... Au Brésil, l'un des pays les plus inégalitaires du monde - dont les électeurs ont massivement voté en faveur du « candidat des pauvres » Inacio « Lula » da Silva -, la guerre sociale atteint des proportions insolites. Dans la ville de Rio, entre 1987 et 2000, ont été tués par balles plus de mineurs de moins de 18 ans que dans l'ensemble des conflits de Colombie, Yougoslavie, Sierra Leone, Afghanistan, Israël et Palestine. Au cours de ces treize années, par exemple, un millier de jeunes ont trouvé la mort dans l'affrontement israélo-palestinien ; durant la même période, 3 937 mineurs étaient abattus dans la seule ville de Rio (2)... Devant cette vague montante de ce que les médias appellent l'« insécurité », de nombreux pays - Mexique, Colombie, Nigeria, Afrique du Sud, etc. - en viennent désormais à dépenser plus pour la conduite de cette guerre sociale que pour leur propre défense nationale. Le Brésil, par exemple, consacre 2 % de sa richesse annuelle (PIB) à ses forces armées, mais plus de 10,6 % à protéger les riches contre le désespoir des pauvres... La grande leçon de l'histoire de l'humanité est celle-ci : les êtres humains ont toujours fini par se révolter devant l'aggravation des inégalités. La montée actuelle, au Sud comme au Nord, des délinquances et des criminalités - qui ne sont souvent que des manifestations primitives et archaïques d'agitation sociale- constitue un signe indiscutable de l'exaspération des plus pauvres devant l'injustice du monde. Il ne s'agit pas encore de violence politique. Mais chacun sent bien qu'il s'agit d'un sursis. Pour combien de temps ?

http://www.monde-diplomatique.fr/2002/11/RAMONET/

31 octobre 2002
Des bactéries pour graver des circuits
Cyril Fievet, 01net.

En agissant directement sur la matière, au niveau moléculaire, des bactéries « entraînées » pourraient un jour tenir lieu d'ouvriers spécialisés, et assurer des tâches diverses. Selon une équipe japonaise du Forestry and Forest Products Research Institute, une bactérie nommée Acetobacter xylinum peut être « dressée » pour tracer avec précision des bandes de matière d'une incroyable finesse. Ces travaux, exposés dans la revue Nature, ont mis en évidence le déplacement de ces bactéries lorsqu'elles secrètent des bandes de cellulose. Placées sur des « rails » de taille nanométrique (moins d'un millionième de millimètre de largeur) élaborés sur une plaque de cuivre, les bactéries avancent en produisant la cellulose au rythme régulier de quatre millièmes de millimètre par minute. Les applications d'un tel procédé pourraient être multiples Selon les chercheurs impliqués dans la découverte, on peut imaginer des bactéries capables de réparer des tissus vivants, comme la peau, par exemple. Ou encore des bactéries qui traceraient des circuits électroniques micro ou nanoscopiques, de façon autonome et contrôlée. En tout état de cause, ces recherches confirment l'intérêt des scientifiques pour les « nanomachines », des mécanismes artificiels ou biologiques de taille moléculaire pouvant intervenir sur la matière. Bien que controversée, au sein de la communauté scientifique, la faisabilité des nanomachines semble passer par la compréhension des organismes de faible taille comme les bactéries. Des travaux récents laissent d'ailleurs espérer des avancées majeures en la matière. Le premier « moteur moléculaire » (une molécule synthétisée par des bactéries, et capable de tourner autour d'un axe de façon contrôlée), réalisé en 1999, a montré la voie : des engins de taille nanométrique, alimentés en énergie de nature biologique, pourraient voir le jour et constituer la base de NEMS, ou encore nanosystèmes électromécaniques.

http://www.01net.com/rdn?oid=196554&rub=3371

30 octobre 2002
Création d'un fonds de 100 millions pour décrypter les variations génétiques
Paul Recer Associated Press Washington

Afin de parvenir plus rapidement à identifier les gènes qui provoquent des maladies graves, une équipe internationale de chercheurs commence à utiliser un fonds de 100 milliards de dollars pour isoler les blocs d'ADN qui contiennent des variations communes de la structure génétique humaine, ont annoncé des responsables de ce programme mardi. Neuf groupes de recherche de cinq pays participeront à ce projet, qui doit s'étaler sur trois ans, pour analyser les spécificités génétiques d'échantillons de sang prélevés sur des personnes du Nigeria, du Japon et de Chine ainsi que de personnes vivant aux États-Unis et ayant des ancêtres d'Europe du Nord et de l'Ouest. Le but est de pister et de comprendre les variations qui frappent le séquençage des milliards de molécules composant le génome humain. Les quelque 3,5 milliards de paires de «brins» qui composent l'ADN humain, molécule à structure en double hélice, sont le constituant de base des gènes humains. Ces brins sont constitués des lettres chimiques A,T,C et G (adénine, thymine, cytosine et guanine). Une cartographie des blocs soumis à des variations formera «un raccourci puissant» permettant d'identifier les séquences géniques liées à des maladies comme le diabète ou le cancer, a expliqué le Dr Francis Collins, président de l'Institut national de recherche sur le génome humain. «Ce travail va avoir un profond impact sur l'avenir de la médecine,» a-t-il annoncé en présentant le projet, baptisé projet HapMap, lors d'une conférence de presse. Le Projet Génome humain (HGP), qui regroupe des organismes publics aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, au Japon et en Chine, estime qu'à terme, mais pas avant au moins une dizaine d'années, on pourra commencer à envisager la mise au point de médicaments spécifiquement adaptés à l'identité génétique d'un patient malade. Les prédispositions génétiques pourront également être détectées très tôt, permettant de combattre ces maladies dont on sait qu'au moins 1500 d'entre elles naissent de mutations d'un ou plusieurs gènes. Il faudra sans doute encore deux ans avant d'avoir cette carte génétique complète. Ce ne sera là qu'un début, tout comme apprendre à lire n'est que le début de l'instruction, soulignent les experts.

http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0210/sci_102100152069.html

30 octobre 2002
Une poignée de main transatlantique

Des scientifiques américains et britanniques ont réussi la première poignée de main dans le web, ce qui ouvre une nouvelle ère pour la réalité virtuelle. Un chercheur du University College à Londres et un autre du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont saisi un cube relié à un ordinateur et l'ont fait bouger en même temps afin de simuler une poignée de main. Ils ont utilisé de petits appareils qui reproduisent la sensation du toucher avec des impulsions à très haute fréquence. Ces impulsions ont voyagé par des câbles de fibres optiques à larges bandes passantes. Cette technologie pourrait éventuellement permettre d'avoir une idée de la nature de l'objet touché, s'il s'agit de bois ou de chair, par exemple.
http://radio-canada.ca/url.asp?/nouvelles/sante.asp


30 octobre 2002
Le centre de la galaxie est un trou

Agence Science Presse
Pas facile, de trouver un trou noir, dans la noirceur du cosmos... Eh bien le trou noir dont on soupçonnait la présence au centre de notre galaxie, la Voie lactée, vient peut-être de se trahir. Notre galaxie, en dépit de sa centaine de milliards d'étoiles, dont notre Soleil, n'est en rien exceptionnelle. Les astronomes disent depuis longtemps qu'elle est similaire à bien d'autres galaxies, y compris sur un point étrange: elle abriterait en son centre un trou noir, un de ces corps célestes si massifs que rien ne peut échapper à sa gravité titanesque -même pas la lumière. Sauf qu'observer un trou noir, c'est tout sauf évident. On tentait d'y arriver depuis une vingtaine d'années par des observations indirectes -un rayon de lumière qui aurait été dévié en passant à proximité de ce soi-disant corps céleste, ou un fin rayonnement tout autour de sa zone-limite... En vain. Un équipe internationale de 23 astronomes et astrophysiciens affirme dans la revue Nature y être finalement parvenu: une étoile dont on s'aperçoit maintenant, après des années d'observation, qu'elle accomplit, en 14 ans, une orbite autour d'un corps céleste massif, invisible à nos yeux, sauf par les ondes radio qui en émanent. S'ils ont raison, ce sera non seulement la première observation indirecte de ce trou noir, mais encore, la première confirmation de l'existence de n'importe quel trou noir: en effet, on en parle, on en parle, mais on n'a encore jamais mis le doigt sur un seul d'entre eux. Il a fallu 10 ans de traque à l'équipe dirigée par Rainer Schödel, de l'Institut Max-Planck de physique extraterrestre à Garching, Allemagne. Dix ans pour être capable de dresser petit à petit la trajectoire de cette étoile autour d'un objet que l'on croit être deux millions et demi de fois plus massif que notre Soleil. Voilà pour l'exploit astronomique. Ceci dit, compte tenu du fait que ce trou noir est situé à 26 000 années-lumière de nous -soit à peu près la distance entre nous et le centre de notre galaxie- et que ce n'est donc pas demain la veille qu'il risque de nous avaler, qu'y a-t-il à tirer de cette information? Une seule chose, au bénéfice des astronomes: c'est la première fois qu'on arrive à suivre l'orbite d'un corps céleste situé aussi loin de nous. De peine et de misère, depuis sept ans, des astronomes ont détecté la présence de planètes tournant autour d'autres étoiles, mais les distances se mesuraient chaque fois en dizaines d'années-lumière. Ici, on parle de quelque chose qui est 2000 fois plus loin: réussir à voir bouger cette étoile aurait paru impensable il y a quelques années seulement. S'ils y sont arrivés, c'est grâce à de nouveaux outils, regroupés sous le terme d'imagerie adaptative optique. Grosso modo, ces outils atténuent les distorsions que subit un rayon de lumière lorsqu'il traverse notre atmosphère -et permettent ainsi aux astronomes d'obtenir des images 20 fois plus précises d'objets très lointains, plus précises dans certains cas, que les images du télescope spatial Hubble. La consécration que vivent grâce à ce trou noir ces nouveaux outils les amènera à servir encore plus: pour identifier des corps célestes lointains... et pour découvrir d'autres étoiles en orbite autour de qui-sait-quoi au centre de notre galaxie.
http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0210/sci_102100151410.html


27 octobre 2002
La Terre a un nouveau compagnon
Des astronomes ont découvert un astéroïde qui partage la même orbite que la Terre autour du Soleil et qui se comporte par moment comme un satellite de notre planète. 2002 AA29 mesure environ 100 mètres de long. Il tourne autour du Soleil en une année terrestre, suivant une orbite curieuse en forme de fer à cheval, expliquent les découvreurs dans la revue Meteoritics and Planetary Science. L’astéroïde s’approche de la Terre avant de repartir en sens inverse. AA29 est proche de la Terre, même s’il est situé à plusieurs dizaines de millions de kilomètres –alors que la Lune est à moins de 400.000 km. Cet astéroïde ‘’co-orbital’’ n’est pas une seconde Lune, même si à certaines périodes il se comporte de la même façon. Ce fut le cas en l’an 572, et devrait de nouveau se produire en 2575. AA29 se situe alors à moins de 30 millions de km de la Terre. Ce nouveau compagnon de La Terre a été repéré en janvier dernier par les chercheurs du projet LINEAR (Lincoln Laboratory Near-Earth Asteroid Research). Il ressemble aux astéroïdes Troyens de Jupiter, qui ont un mouvement synchrone de celui de la géante gazeuse. Ils sont maintenus en place par l’attraction conjuguée de Jupiter et du Soleil. Mais jusqu’à présent, à l’exception de Cruithne, aucun objet de ce type n’avait été découvert dans le voisinage de la Terre.
http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20020922.OBS1749.html?1248


27 octobre 2002
Le satellite au secours de la médecine d'urgence
Agence France-Presse Toulouse, France

Testée dans des villages isolées de Guyane française et à bord d'avions, la télémédecine via le satellite pourrait devenir, grâce à un projet de l'Agence spatiale européenne (ESA), un outil précieux pour les secours d'urgence. «Ce projet va démontrer qu'en situation d'urgence et lorsque les infrastructures terrestres sont touchées, comme lors d'un tremblement de terre ou d'inondations, les satellites peuvent offrir une réponse efficace», explique le responsable des applications à l'ESA, Francesco Feliciani. L'ESA a financé ce projet baptisé DELTASS (acronyme anglais de Système de télémédecine par satellite pour les les secours d'ugence) mis en oeuvre par par le Centre national d'études spatiales. «En cas de catastrophe, les télécommunications sont le nerf de la guerre», ajoute un représentant de l'Institut de médecine spatiale (MEDES) de Toulouse, Nicolas Poirot. Le chef du service médical d'urgence de Toulouse, le Pr Christian Virenque, raconte ainsi que lors de l'explosion de l'usine AZF, en septembre 2001, «pendant plusieurs heures, nous avons dû faire face à une quasi paralysie des systèmes de télécommunications (lignes fixes touchées et réseaux GSM saturés).» «Deltass, souligne-t-il, nous aurait assurément aidés.» Présenté au Salon international de l'innovation et de la prospective qui se déroule à Toulouse jusqu'au 26 octobre, Deltass «combine des équipements pour effectuer un diagnostic médical et des moyens de communications satellitaires», explique un autre membre du MEDES, Laurent Braak. Le système comprend des malettes-téléphone pour les secouristes et de valises de télémédecine plus perfectionnées (avec équipements bio-médicaux de base et un micro-ordinateur) pour les médecins. Sur le site de la catastrophe, les premiers secouristes localisent les victimes et établissent un degré d'urgence. Le dossier médical du blessé est ouvert. Il pourra constamment être complété et consulté, notamment par le centre de coordination. Grâce à la valise, les médecins vont mesurer et transmettre les données de base (tension artérielle, température, saturation en oxygène, électrocardiogramme). L'examen peut se poursuivre durant le transport vers un hôpital de campagne monté en urgence, grâce à des ambulances dotées de valises permettant au dossier du malade ou du blessé de le précéder à l'hôpital. «Il est important de savoir si l'état du patient est stable ou s'il s'aggrave pendant le transport pour mieux l'accueillir à son arrivée», insiste M. Poirot. En plus de l'établissement d'un historique, immédiatement accessible, de chaque patient, Deltass permet d'avoir une vue globale du sinistre. Cela est essentiel car «connaître le nombre des victimes et leur localisation permet de déterminer l'organisation des secours», note M. Poirot. Si l'on ajoute à ces atouts la possibilité de prendre conseil auprès d'hôpitaux même très lointains auxquels le dossier médical aura été transmis, Deltass, selon ses concepteurs doit être précieux pour la Sécurité civile et les services d'urgence.

http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0210/sci_102100150342.html

27 octobre 2002
Grande première à l'Hôpital Royal Victoria
Une femme atteinte de leucémie doit la vie à l'enfant qu'elle a eu malgré sa maladie. Elle a été guérie grâce à des cellules souches prélevées sur le cordon ombilical de son bébé, une petite fille née prématurément. Patrizia Durante est enceinte de 26 semaines quand elle passe un examen de routine, le 24 juillet 2001. Elle apprend alors qu'elle est atteinte de la leucémie : les médecins ne lui donnent que quelques semaines à vivre. Cinq semaines plus tard, les médecins décident qu'elle doit accoucher. Son bébé, un fille née à 31 semaines, est placé dans un incubateur pendant deux mois. La mère entreprend des traitements de chimiothérapie qui ne donnent aucun résultat. Les médecins lui annoncent qu'elle a besoin d'une transplantation. Le docteur Pierre Laneuville, directeur de la division d'hématologie de l'Hôpital Royal Victoria, à Montréal, explique que les médecins ont pris le sang congelé du cordon ombilical de la petite fille, qu'ils l'ont décongelé et injecté au printemps dernier dans les veines de la mère. C'est la première fois que les cellulles souches du cordon ombilical servent à regénérer les cellulles d'une mère. Le sang parfaitement sain de la fillette, prénommée Victoria Angel, a servi à éliminer le sang malade de Patrizia. Cette dernière est persuadée que sa fille est venue dans sa vie pour la sauver.

http://radio-canada.ca/url.asp?/nouvelles/sante.asp

26 octobre 2002
Newtgames prépare les jeux multidimensionnels
Xavier Oswald, 01net.

Newtgames veux faire coexister les jeux de rôle réels et les jeux de rôle en ligne. Un mélange des genres qui préfigure de nouvelles générations de jeux mêlant Internet, téléphonies mobiles, et géolocalisation. Projet Newtgames commercialisera, à partir de l'automne prochain, un jeu massivement multijoueur et multiplate-forme, liant PC et mobiles. Son objectif est de s'implanter durablement en France et au Japon, où il est déjà partenaire d'opérateurs mobiles. Il lui faut d'abord faire ses preuves et attirer 50 000 abonnés pour atteindre la rentabilité, avant d'essayer de faire de Kigen un jeu mondial.
Interview de Mathieu Castelli,
PDG de Newtgames 01net. : Pouvez-vous expliquer les principes de Kigen, votre jeu? Mathieu Castelli : Kigen est une nouvelle forme de jeu de rôle online, massivement multijoueur. Géolocalisés par leur téléphone mobile, les joueurs évoluent à la fois dans leur propre ville et dans un univers virtuel. Ils peuvent agir soit sur le terrain, grâce aux fonctions WAP de l'interface mobile, soit sur Internet. En ville, ils peuvent interagir avec les joueurs situés près d'eux, ou communiquer avec ceux connectés sur Internet. Ceux-ci, depuis l'interface Web, ont une vue en trois dimensions où apparaissent les joueurs sur le terrain, disposent de moyens de communication ainsi que des tableaux de bord. Ils peuvent alors mettre en place des stratégies visant à prendre des objets à leurs adversaires ou bien les tuer.
Sur quelles technologies s'appuie votre jeu ?
Nous avons utilisé les langages classiques PC et Mac comme Flash ou la technologie Shockwave. Côté terminal mobile, le joueur doit posséder un téléphone GPRS, WAP ou Java. Le jeu sera commercialisé sur la base d'un forfait mensuel d'environ 5 euros auprès de son opérateur. Nous travaillons avec Orange, en France, et nous venons de passer un accord avec le second opérateur mobile japonais KDDI. Notre objectif est de conquérir plus de 50 000 abonnés rapidement afin d'atteindre le point mort. Vous avez été incubé par Inventmobile, une filiale d'Orange. Que recherchez-vous à Capital-IT ?
Les 600 000 euros investis par Inventmobile ont servi à amorcer la pompe. Afin de nous imposer dans les pays prioritaires (Japon, Allemagne, Royaume-Uni et France), nous avons besoin de 1 à 2 millions d'euros. De cette somme dépendra la rapidité de développement de Kigen. Si tout va bien, le jeu devrait sortir l'automne prochain. Nos revenus proviendront des abonnements, mais aussi de partenariats avec des réseaux de distribution, tel que la Fnac, qui pourraient organiser des jeux-concours afin de faire venir des clients dans leurs magasins.

http://www.01net.com/rdn?oid=195954&rub=3357

26 octobre 2002
IBM annonce la mise au point du plus petit circuit intégré du monde

Le constructeur informatique IBM a annoncé jeudi la mise au point et le fonctionnement du plus petit circuit intégré du monde, basé sur l'utilisation de molécules qui se déplacent à la façon de dominos culbutés. La technique, appelée "cascade moléculaire", a permis aux chercheurs d'IBM de faire fonctionner des éléments numériques logiques d'une taille environ 260.000 fois inférieure aux éléments utilisés dans les microprocesseurs les plus modernes actuellement sur le marché. Ces circuits ont été élaborés grâce à des molécules de monoxyde de carbone placées sur une surface de cuivre. "C'est une étape marquante dans la recherche de circuits informatiques à l'échelle du nanomètre", a estimé Andreas Heinrich, physicien au Centre de recherche Almaden d'IBM situé à San José (Californie) et co-auteur de l'article publié jeudi dans Science Express, l'édition internet de la revue américaine Science. "La cascade moléculaire n'est pas seulement une nouvelle méthode pour le calcul informatisé, c'est aussi la première fois que tous les composants nécessaires au calcul informatisé à l'échelle du nanomètre ont été fabriqués, connectés et qu'ils ont fonctionné", a ajouté le chercheur. Un nanomètre équivaut à un milliardième de mètre.

http://actu.dna.fr/021025075012.blwa4g53.html

25 octobre 2002
L’atome piégé dans la chambre noire

Photographié sous toutes les coutures. Même l’atome n’échappe plus aux flashs. Grâce à des impulsions lasers ultra-courtes, des physiciens ont réussi à photographier les mouvements des électrons à l’intérieur d’un atome de krypton. Ils publient leurs résultats dans la revue Nature datée d’aujourd’hui. Pour obtenir une image arrêtée de ce qui se passe au sein de l’atome, la ‘’vitesse de l’obturateur’’ doit être plus que rapide. L’équipe de l’Autrichien Ferenc Krausz, de l’Université de technologie de Vienne, a appliqué une découverte récente : la production d’une impulsion laser de l’ordre de l’attoseconde (1 attoseconde = 10-18 secondes). Les physiciens ont ainsi pu prendre plusieurs images du retour à l’équilibre des électrons au sein de l’atome après que l’un d’entre a été excité, et reconstituer le film de cette ‘’réorganisation’’ interne. Ces travaux ouvrent la voie à un nouveau champ de recherche, l’«attophysique».
Cécile Dumas

http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20021024.OBS1850.html?1040

25 octobre 2002
La génétique au service de la longévité
Des chercheurs américains ont réussi à doubler la longévité d'un petit ver de terre par une modification génétique, tout en évitant les effets indésirables habituels qui affectent les capacités de reproduction, selon une étude publiée jeudi dans la revue américaine Science. La technique consiste à modifier certains gènes régulant l'activité hormonale, communs à de nombreuses espèces dont l'homme, ouvrant des perspectives dans l'augmentation de la longévité humaine, selon les chercheurs de l'Université de Californie à San Francisco (UCSF) qui ont mené l'étude. La technique, expérimentée sur un petit ver d'un millimètre de long (Caenorhabditis elegans) très utilisé en laboratoire, a permis de désactiver un groupe de gènes à différentes étapes de l'animal, pour étudier leurs effets sur la longévité. Les chercheurs ont étudié les gènes appelés daf-2 et daf-16. Dans de précédents travaux, ils avaient montré que la désactivation partielle du gène daf-2 permettait de doubler la longévité du ver. Le gène encode un récepteur d'insuline ainsi qu'une hormone facteur de croissance. D'autres études ont montré l'influence de ce facteur de production hormonale sur la longévité de la mouche du vinaigre et de la souris. Il est donc probable qu'il ait une importance identique chez l'homme. Ce gène affecte également la reproduction. Mais la nouvelle recherche montre que le gène agit de différentes façons à différents stades de la vie pour contrôler la reproduction ou la longévité, ce qui a permis aux scientifiques de découpler ces deux fonctions, a expliqué Cynthia Kenyon, professeur à UCSF et principal auteur de l'étude. "De nombreux biologistes de l'évolution ont prédit qu'on ne pourrait augmenter la longévité sans inhiber la reproduction. Mais cela n'est pas vrai. Ces vers vivent beaucoup plus longtemps que la normale et se reproduisent parfaitement bien. Ils sont superbes et vigoureux. Ces animaux ont le beurre et l'argent du beurre", a estimé le professeur Kenyon. "A mesure que nous en découvrons davantage sur le fonctionnement de ces gènes et d'autres qui leur sont liés, nous espérons apprendre comment la jeunesse et la longévité peuvent être étendus chez l'homme, également sans effet indésirable", a poursuivi la scientifique. Son équipe a découvert que si le gène daf-2 est désactivé juste après la naissance, les vers vivent deux fois plus longtemps mais se reproduisent mal. En revanche, si ce gène peut fonctionner normalement jusqu'au début de l'âge adulte, puis est désactivé, les vers ont une vie prolongée tout en se reproduisant normalement. En 1993, le professeur et son équipe avait découvert l'effet du gène daf-2, réussissant pour la première fois à doubler par manipulation génétique la vie d'un organisme vivant. La durée de vie de ce petit ver est normalement de 15 jours.

http://actu.dna.fr/021025065554.ymjmg4mc.html

24 octobre 2002
Des pièces détachées pour réparer le corps humain
Agence France-Presse Paris

Deux équipes de chercheurs américaines apportent un nouveau souffle à la recherche sur la médecine réparatrice en montrant, dans des travaux publiés dans la revue Nature, que les cellules souches -adultes ou embryonnaires- pourraient servir de stocks de pièces détachées inépuisables pour remplacer des organes ou des tissus défaillants. La première équipe démontre que des cellules souches adultes peuvent être aussi souples d'utilisation que celles d'origine embryonnaire. La seconde, que des cellules souches embryonnaires peuvent donner naissance, chez des rats, à de nouveaux neurones permettant de corriger les effets de la maladie de Parkinson. Les premiers travaux sont dus à l'équipe de Catherine Verfaillie (Université du Minnesota, à Minneapolis) et les seconds, au chercheur Ron McKay et à ses collègues de l'Institut national américain sur les désordres neurologiques et les attaques (Bethesda, au Maryland). Les chercheurs de Minneapolis ont mis en culture une variété de cellules souches adultes extraites de la moelle osseuse de rats et d'humains. Ils ont ensuite isolé de ces cultures des cellules souches «multipotentes», capables de se multiplier indéfiniment. Injectées à des embryons de souris, ces cellules se sont en effet différenciées en toutes sortes de tissus, donnant naissance «à la plupart, sinon à tous les types de cellules» du corps de l'animal, et dotées d'une enzyme (télomérase) empêchant leur vieillissement prématuré. Les travaux du Dr Verfaillie montrent ainsi que des cellules souches adultes peuvent avoir un potentiel quasi équivalent à celui des cellules souches embryonnaires, qui donne lieu à de vifs débats éthiques au sein de la communauté scientifique. Les scientifiques de Bethesda ont pour leur part utilisé des cellules souches embryonnaires comme thérapie chez des rats artificiellement modifiés pour contracter la maladie de Parkinson. Les chercheurs ont ainsi obtenu un important capital de neurones producteurs de dopamine, la substance qui est précisément déficitaire chez les personnes atteintes de cette maladie. Une fois injectés dans le cerveau des rats malades, les neurones se sont mis à fonctionner normalement et les rongeurs traités ont, au vu des tests de comportement auxquels ils ont été soumis, montré des signes notables d'amélioration.
http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0210/sci_102100148766.html


24 octobre 2002
Biotechnologie : les Français décodent
Beaucoup en ont entendu parler, très peu savent de quoi il en retourne : la biotechnologie fascine l'opinion, attire, inquiète… sauf quand on l’explique. La double enquête qualitative et quantitative Ipsos/AMGEN, menée auprès du grand public et de patients soignés par des traitements issus de la biotechnologie, fait le point sur les ignorances, les amalgames, les idées reçues ; elle met en évidence le manque comme le besoin d'informations, sur une science méconnue dans son principe et ses applications. Les évocations suscitées par la biotechnologie doivent plus à l'imaginaire qu'à une connaissance pratique et concrète. Les deux tiers des Français ont entendu parler de biotechnologie, mais la moitié d'entre eux ne sait pas ce que c'est. Dans un cas sur deux, on la confond avec l'écologie ; plus rarement, les Français l'identifient à la phytothérapie, l'imagerie médicale, la bionique ou la biométrie. Plus d'une personne sur trois pense que la biotechnologie est le nom scientifique de l'agriculture ou de l'alimentation biologique. Pour les interviewés, la biotechnologie est partout, elle "n'a pas de frontières", "elle englobe tout ce qui est vivant". Les connaissances (les trois quarts des interviewés savent que la biotechnologie permet de procéder à des transformations génétiques sur les végétaux) se mêlent aux visons les plus fantasmatiques (58% des sondés pensent qu'on l'utilise actuellement dans la procréation).

Une acceptation des risques qui croît avec la perception de l'utilité des recherches

Peut-être parce que les Français ont une idée assez vague de ce qu'elle englobe, la biotechnologie fascine et inquiète, comme en témoignent les avis recueillis pour chaque grand secteur d'application. Pourtant, il suffit qu'elle leur soit expliquée par des chercheurs d'Amgen qui se sont prêtés à un jeu de questions / réponses avec les participants, pour que la plupart reconnaissent l'utilité de la biotechnologie dans le diagnostic et la thérapie génique et dans "la mise en place de traitements et de vaccins". Cette reconnaissance de l'utilité des recherches prévaut sur la perception des risques, pourtant jugés par une majorité comme très importants. A l'inverse en effet, les Français sont d'autant moins enclins à accepter le caractère risqué et moralement condamnable des recherches dont ils n'identifient pas les contreparties évidentes : la "modification génétique des plantes pour changer les qualités nutritives, gustatives, ou de conservation des fruits et légumes" réunit une majorité de défiants et seulement 29% des interviewés pensent que ces modifications sont utiles. Les OGM apparaissent aux Français encore plus moralement condamnables que la thérapie génique. Ce décalage est illustré par les espoirs investis dans ces recherche : on compte trois fois plus de Français à penser qu'à l'horizon de dix ans, la biotechnologie aura permis de guérir de nouvelles maladies (88%) qu'à penser qu'elle permettra de réduire la famine (29%) ou de réduire la pollution de l'environnement (38%). Dans la même lignée, pour un peu plus d'une personne sur deux, on aura, d'ici dix ans "constitué une réserve de tissus organiques utiles aux greffes grâce au clonage". A l'espoir de rémission de maladies, deux personnes sur trois opposent également la création de nouvelles affections. Malgré tout, les interviewés s'accordent sur la nécessité de poursuivre les recherches : l'idée qu'il "faut continuer, aller plus loin, que les progrès potentiels apparaissent vraiment importants" prend largement le pas sur le souhait "d'arrêter là, de ne pas aller trop loin, car cela comporte trop de risques" (60% contre 33% de citations).

Quand la connaissance avance, la peur recule

On constate surtout que l'encouragement à poursuivre la recherche croît avec la connaissance effective de la biotechnologie et de ses applications. "La peur est créée par la méconnaissance", comme le souligne l'un des participants aux réunions de groupe. "Le problème, c'est ce qui est le plus médiatisé : les poules sans plumes, le clonage, …" ; "on fait peur en faisant du sensationnel, mais on ne rassure pas les gens sur des choses simples comme les greffes de tissu ou autre" ; " dire que l'insuline est issue de la biotechnologie, ça recadre le débat ". Les explications fournies aux participants de ces groupes par les chercheurs invités par Ipsos ont plus que rassuré, véritablement inversé les préjugés : " Avant que le chercheur arrive, on était tous négatifs, critiques. J'ai revu mon jugement". Ce revirement est essentiellement attribuable à la prise de conscience de la simplicité du " principe " : " soigner le corps avec le corps " selon l'expression des participants et surtout des applications thérapeutiques actuelles de la biotechnologie dans le traitement de maladies comme le cancer, l'insuffisance rénale ou le diabète. Le grand-public comme les patients soignés par des traitements issus de la biotechnologie déplorent ainsi le manque d'information : "Au début, on doit s'injecter un truc dans les veines, mais qu'est-ce qu'il y a dedans ?" - "J'ai dit voyons voir le poison qu'on va m'injecter ; alors qu'une protéine, c'est fabriqué par l'organisme. Si c'est naturel, c'est comme une greffe". Si la demande de pédagogie, de mise en perspective, ou d'information est importante pour une large majorité, elle apparaît cruciale chez des malades pour lesquels l'acceptation psychologique du traitement joue un rôle essentiel dans le vécu de la maladie. Les Français attendent de tous les acteurs concernés de prendre la parole : des laboratoires car on a conscience de leur part importante dans la conduite des recherches -"il faut qu'ils prennent une part importante dans l'information"-, et des médecins, qui restent le relais principal d'information "il faut que les médecins eux-mêmes sachent ce qu'ils prescrivent". On souligne encore le rôle à jouer par la sphère politique. L'enquête qualitative montre combien la catastrophe de Tchernobyl, les affaires de vache folle, sang contaminé et hormones de croissance ont lourdement ébranlé la confiance à l'égard des systèmes institutionnels, et créé le besoin de procéder par soi-même à l'évaluation des risques. Conscients du décalage qu'il existe entre leurs connaissances sur le sujet et les enjeux débattus sur la place publique, les Français sont demandeurs d'une remise à niveau : les participants rencontrés dans les groupes soulignent, après explications, que les débats sur la biotechnologie devraient moins concerner les expériences du gynécologue italien Antinori que la nécessité de soutenir la recherche sur un secteur qui représente déjà un médicament sur deux mis chaque année sur le marché. La démarche pédagogique s'impose à présent comme témoignage d'une transparence, qui, faute d'être utilisée par le grand public, indique qu'on ne leur cache pas les véritables enjeux.

Toutes les données...

Enquête réalisée par IPSOS Opinion de juin à septembre 2002 selon la méthode suivante : 4 groupes de discussion ont été conduits en juin 2002, réunissant chacun une dizaine de participants diversifiés en sexe, âge et catégories socio-professionnelles à Paris, Lille et Lyon. 10 entretiens individuels ont été réalisés en face à face en juin et juillet 2002 avec des patients recevant des traitements issus de la biotechnologie (érythropoïétine, insulines, immunosuppresseurs, Interféron). Le volet quantitatif a été réalisé par téléphone les 20 et 21 septembre 2002, auprès d'un échantillon national représentatif de la population française, composé de 1021 personnes âgées de 15 ans et plus. Les interviews ont été réalisées au domicile des personnes interrogées. L'échantillon est construit suivant la méthode des quotas : sexe, âge, profession du chef de famille, après stratification par régions et tailles d'agglomérations.

http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/1024.asp?rubId=21

22 octobre 2002
Les bâtisseurs de l’infiniment petit
Les 7 merveilles du nanomonde

Cette drôle de molécule surdouée sait tout faire.Même chanter. En route pour une carrière triomphante. De Bordeaux à Strasbourg, de Toulouse à Paris, les nanomondes se construisent aussi en France.Entre petites molécules et gros profits, la nanotechnologie réveille la recherche.Démonstration.Dossier réalisé par David Larousserie On a toujours besoin d’un plus petit que soi», dit l’adage. S’il n’exhalait un parfum suranné, il collerait parfaitement à un domaine en plein essor: les nanotechnologies. Améliorer matériaux, médicaments, communication, mémoires ou circuits d’ordinateurs, en puisant dans ce que notre monde a de plus petit et de plus simple – les atomes et les molécules –, voilà la motivation des chercheurs et ingénieurs, architectes d’un domaine prometteur. Un milliard de fois plus petits que le mètre, leurs chefs-d’œuvre seront demain les maîtres de l’électronique, de l’optique, de la mécanique, de la pharmacie ou de l’écologie. Enfin, beaucoup y croient... Et même si l’étiquette «nano» est employée à tort et à travers (des physiciens de la «micro» se revendiquent maintenant de la «nano», un comble), elle recouvre une réalité économique et scientifique qui n’en est qu’à ses balbutiements (lire p.89). Pour faire de la nano, deux stratégies sont possibles. Soit dévaler des sommets jusque dans la vallée, c’est-à-dire la miniaturisation à outrance: c’est le cas dans l’industrie électronique dont les transistors gravés sur les circuits intégrés sont de plus en plus petits; puissance et rapidité sont alors au rendez-vous. Soit grimper de la base vers les sommets, c’est-à-dire imaginer de petites molécules douées de certaines fonctions qu’il s’agira ensuite de construire et/ou d’assembler. Si l’imagination ne suffit pas, un petit œil sur la nature aiguisera l’inspiration (lire p.91). A moins que, par chance, une molécule aux propriétés remarquables soit découverte, par exemple le nanotube de carbone (lire p.88). Imaginées ou copiées, ces molécules réduiront la taille des circuits, détecteront des traces de produits toxiques, iront droit sur les cellules malades... Certains rêvent même d’un ordinateur réduit à une seule molécule (plutôt grosse quand même). Les bâtisseurs du nanomonde ont un petit côté démiurge... Pour l’instant, seule la première approche, dite aussi top-down, a réellement porté ses fruits, mais la seconde, dite bottom-up, s’apprête à débouler avec, en éclaireurs, les nanotubes de carbone, déjà utilisés pour des écrans plats ou les plastiques de voitures. Evidemment, travailler aux petites échelles n’est pas une sinécure, d’autant qu’aucun microscope optique ne permet de voir l’objet du désir. La discipline a dû attendre l’invention de nouveaux instruments, microscope à effet tunnel puis microscope à force atomique (respectivement en1981 et1986), pour se développer à la fin des années 1980. Ces microscopes n’ont pas de lentilles mais des pointes fines constituées de quelques atomes. Cela suffit à photographier le nanomonde et également à le manipuler, comme l’a si spectaculairement démontré, en 1990, IBM en bougeant un à un les atomes d’une surface pour écrire ses initiales. Le signal de la ruée était donné! Dans le nanomonde, tout le monde est heureux. Les industriels qui voient pointer de la nouveauté sonnante et trébuchante, mais surtout les chercheurs qui profitent de la manne. Quantité d’effets nouveaux sont en effet à exploiter, à découvrir ou à comprendre (lire page91). De plus, l’exploration de ce domaine neuf traverse les frontières disciplinaires (chimie, biologie, physique...) mais aussi géographiques (des réseaux et des collaborations se créent en Europe). Vraiment tendance les nanotech ! Et plaisantes de surcroît. Car Richard Feynman, prix Nobel de physique en 1965, a donné le ton dans un discours prophétique sur les nanotechnologies qu’il ponctuait, en décembre1959, par l’invitation aux scientifiques: «Have some fun», «Prenez du plaisir».
http://www.sciencesetavenir.com/articles/p668/a26206.html


22 octobre 2002
Des milliers d’ordinateurs pour former une protéine

Grâce à des dizaines de milliers d’ordinateurs individuels, une équipe de l’université californienne de Stanford a réussi à simuler la formation d’une protéine. La fonction de la protéine dépendant directement de sa forme, comprendre comment la protéine prend telle ou telle forme est très important pour les biologistes. Mais comparer les expériences en laboratoires et les simulations informatiques a toujours été difficile. Deux équipes viennent d’obtenir des résultats très intéressants, publiés cette semaine par la revue Nature dans son édition en ligne. Vijay Pande, de Standford, a mis sur pied le projet Folding@home, qui consiste à mobiliser les capacités inutilisées de milliers d’ordinateurs personnels. Pour cela, il suffit aux volontaires de télécharger un petit software, via internet, et leur ordinateur travaille sans qu’ils s’en occupent. Cette technique est déjà utilisée par le SETI pour la recherche d’intelligence extraterrestre. De son côté, Martin Gruebele, de l’université de l’Illinois, a mesuré la vitesse de formation d’une protéine à partir de 23 acides aminés, les ‘’briques’’ de la protéine. Leur résultat, une moyenne de 7,5 microsecondes, est proche de celui de l’équipe de Pande, 8 microsecondes. La simulation a également montré qu’une protéine peut prendre plusieurs chemins pour atteindre une même forme.
http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20021021.OBS1673.html?0838


21 octobre 2002
Un brevet génétique empêche le dépistage du cancer du sein
Presse Canadienne Vancouver

Un test visant à détecter le cancer du sein ne pourra plus être effectué en Colombie-Britannique parce qu'il fait appel à un gène qui est la propriété d'une compagnie américaine. La société Myriad Genetics, basée en Utah, a obtenu un brevet pour deux gènes qui peuvent révéler si une femme pourrait développer un cancer du sein héréditaire. Selon Simon Sutcliffe, responsable de l'Agence du cancer de la Colombie-Britannique, 200 des tests effectués annuellement sont maintenant transférés en Ontario, qui a décidé de ne pas honorer le brevet. L'agence qui administrait elle-même les tests en Colombie-Britannique a décidé de les abandonner après avoir été menacée de poursuites par Myriad. Celle-ci demande maintenant 3500 $ pour les tests sanguins, trois fois plus que ce qu'il en coûtait auparavant à la province. Myriad détient également le monopole sur des gènes pour les cancers du colon, de la prostate et des ovaires. Elle détient en fait des brevets sur pas moins de 99 gènes. Jusqu'à maintenant des brevets ont été émis pour 10 000 gènes dans le monde.

http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0210/sci_102100148756.html

21 octobre 2002
Fécondation in vitro : éviter les fausses couches
Agence Science Presse

Parmi les femmes qui recourent à la fécondation in vitro (FIV), celles présentant un historique de fausses-couches à répétition bénéficient particulièrement de ce qu'on appelle le diagnostic préimplantatoire. Une étude américaine, présentée dans le cadre de la 58e assemblée annuelle de la Société américaine de médecine reproductive, montre qu'il a été possible d'obtenir une grossesse dans 63,6 % des cas quand il y avait eu un tel diagnostic, qui consiste en un tri préalable des embryons. Ce pourcentage n'était que de 37,5 % lorsque le diagnostic préimplantatoire n'avait pas eu lieu. Ce diagnostic a pour but de n'implanter que des embryons exempts d'anomalies génétiques sur les neuf chromosomes analysés. Une mesure qui prend tout son sens quand on rappelle que les résultats montrent que la proportion d'embryons anormaux était de 68 % chez ces femmes. L'étude est toujours en cours ; il n'est donc pas possible pour l'instant de connaître les données sur le nombre de grossesses à terme.

http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0210/sci_102100148927.html

21 octobre 2002
Le sexe pourrait être déterminé par le cerveau
Reuters Londres

Le cerveau pourrait déterminer le sexe d'une personne, et non les organes génitaux comme on pourrait le croire. Une équipe de chercheurs américains a découvert qu'avant que des souris, mâles ou femelles, développent leurs organes génitaux dans l'utérus de leur mère, leur cerveau semble déjà avoir établi le sexe de l'animal en devenir. S'il en va de même chez l'être humain, cela pourrait permettre de déterminer le «sexe cérébral» des bébés nés avec des organes génitaux ambigus (androgynes, hermaphrodites), écrit mercredi le journal New Scientist. Les biologistes estiment pour l'instant que les embryons développent des ovaires et donc un sexe féminin à condition que le gène SRY, sur le chromosome Y, soit activé. Sans quoi, ce sont des testicules qui se développent. «Mais, dans une étude portant sur des souris, une équipe de l'Université de Californie, à Los Angeles, a découvert que les mâles et les femelles présentent des différences d'expression dans pas moins de 50 gènes, bien avant que le SRY ne soit activé», rapporte le magazine. Eric Vilain, à la tête de l'équipe en question, affirme que trois de ces gènes sont dominants chez les femelles et quatre autres chez les mâles. Mais les chercheurs disent devoir encore comprendre si ces gènes influencent la sexualité cérébrale chez les souris et si cela est également le cas chez les êtres humains.

http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0210/sci_102100147709.html

20 octobre 2002
Prédisposition au stress post-traumatique

Certains soldats envoyés au combat reviennent traumatisés à vie alors que d'autres sont épargnés. Pourquoi ? La taille de l'hippocampe, zone cérébrale impliquée dans la mémoire et le stress, est en cause.
États-Unis
Les personnes, qui ont un plus petit hippocampe que les autres, courent davantage de risques de développer un syndrome de stress post-traumatique lorsqu'elles vivent un drame. Telle est la conclusion des travaux de chercheurs publiée dans la revue Nature Neuroscience du 15 octobre. Brutalement confrontés à la mort, certains individus contracteront le syndrome de stress post-traumatique. Une guerre, un viol, un accident, une prise d'otage ou un tremblement de terre pourront occasionner un tel état. Les victimes revivent constamment la scène. Des images traumatisantes reviennent sans cesse les hanter. Elles font des cauchemars à répétition. Elles sont irritables, ont du mal à se concentrer et ressentent le besoin de s'isoler. Psychologue au Centre médical de Manchester, dans le New Hampshire et à l'École de médecine de l'Université Harvard, à Boston, Mark Gilbertson a réalisé une étude sur 80 personnes : 40 vétérans de la guerre du Vietnam et leur frère jumeau resté à la maison. Dix-sept anciens combattants ont été tramatisés par les affrontements tandis que leur frère est en bonne santé. Quant aux 23 autres, ils n'ont gardé aucun séquelle des combats alors que leur jumeau souffre de stress post-traumatique. Le scientifique a mesuré le volume de l'hippocampe des sujets. Il a découvert une différence de 10% entre les personnes traumatisées et celles en bonne santé. Grâce à la résonance magnétique nucléaire, l'examen du cerveau de victimes de tels événements avait déjà mis en évidence une taille inférieure de l'hippocampe chez les personnes atteintes de stress post-traumatique. Mais il n'avait pas permis de dire si cette réduction de volume était une cause ou une conséquence du drame vécu. Mark Gilbertson a également noté que plus l'hippocampe est petit, plus les symptomes de stress post-traumatique sont graves. Ces résultats suggèrent que l'armée pourra un jour prédire quels militaires ne doivent pas être envoyés à la guerre car ils risquent d'en revenir traumatisés.
Aurélie Deléglise

http://www.cybersciences.com/Cyber/3.0/N2981.asp

20 octobre 2002
Des jumelles enfantées par leur grand-mère

Des jumelles ont été enfantées la semaine dernière aux Etats-Unis par leur grand-mère, qui avait proposé à sa fille de mener à bien cette grossesse en raison de sa stérilité, a annoncé vendredi la famille. Sharon Dunn, 48 ans, avait promis à sa fille Trish Roberts, aujourd'hui 25 ans, de porter ses enfants le moment venu, lorsqu'elles avaient découvert il y a onze ans que la jeune fille était née sans utérus, une anomalie rare. La semaine dernière, Sharon Dunn a tenu promesse et remis à sa fille les deux petites filles qu'elle venait de mettre au monde. "J'avais dit à Trish, quand elle avait quatorze ans, que je le ferais pour elle si c'était possible. Cela fait longtemps que nous préparions cela", a déclaré Mme Dunn à la chaîne de télévision américaine ABC. Les petites Kaitlyn et Shelby ont été conçues in vitro avant d'être implantées dans l'utérus de Sharon Dunn, et elles sont nées le 10 octobre à Rapid City, dans le Dakota du Sud (centre). "Trish et Mike ont apporté les ingrédients. Je n'ai fait que la cuisson", a résumé Sharon Dunn en plaisantant. Interrogée sur les rapport qu'elle entretient avec les jumelles, la mère/grand-mère a été très claire: "ce sont mes petites-filles, pas mes bébés", a-t-elle dit. "Je les aimerai toujours tendrement", a-t-elle ajouté.
http://actu.dna.fr/021019114956.w1axiw3h.html


18 octobre 2002
Hubble, machine à remonter le temps jusqu'à la naissance de l'Univers

HOUSTON (AFP)
Le télescope spatial américain Hubble, qui a déjà révolutionné les connaissances en astronomie au cours de 12 années de service, devrait percer le mystère de la naissance de l'Univers d'ici à 2010, ont promis chercheurs et astronautes réunis à Houston (Texas) cette semaine pour le deuxième Congrès mondial de l'espace. Avec Hubble, "nous pouvons remonter assez loin dans le temps pour voir que l'Univers avait une allure bien différente", à son origine, et "nous pouvons voir les galaxies se former", a expliqué Steven Beckwith, directeur de l'Institut scientifique du télescope spatial Hubble de Baltimore (Maryland). L'un des nouveaux instruments installés sur Hubble lors de la dernière visite menée par la NASA en orbite en mars dernier a "multiplié par dix le potentiel de découverte de Hubble", a ajouté l'astronaute américain John Grunsfeld, parmi ceux qui, au sein de l'équipage de la navette Columbia, étaient sortis dans l'espace pour travailler sur le télescope. Hubble, ainsi gonflé de puissance, réalisera à partir de 2003 des "images en champ profond", ce que M. Beckwith a comparé à la pédale d'accélérateur d'une Ferrari. "Au moins une fois dans sa vie, on a envie de pousser la voiture à sa vitesse maximale", a dit le chercheur en expliquant : "Au moins une fois dans la vie du télescope spatial, on veut savoir jusqu'où cet engin peut voir". La Ferrari, appelée Advanced Camera for Surveys (ACS), ou Caméra de recherches avancée, a une vision qui permettrait, depuis Washington, de distinguer deux lucioles distantes de moins de deux mètres l'une de l'autre à Tokyo. Hubble pèse 12,5 tonnes et tourne en orbite à 560 km d'altitude. Ses différents équipements en font une machine à remonter le temps puisqu'il est capable de détecter une lumière émise il y a plus de 13 milliards d'années, l'âge de l'Univers étant actuellement estimé à 15 milliards d'années. L'observation des supernovae (étoiles massives en explosion) par Hubble a permis de déduire la présence d'énergie noire qui a accéléré l'expansion de l'Univers, contrairement aux théories préexistantes des astronomes selon lesquelles l'expansion de l'Univers était en ralentissement. Cette énergie noire "qui semble créer une pression et pousser l'Univers vers l'extérieur", selon M. Beckwith, est l'une des observations qui étaient totalement imprévues par les constructeurs du télescope. L'ACS, instrument de Hubble permettant l'observation en champ profond est celui qui promet les plus grandes découvertes pour les années à venir, et celui qui permettrait de "remonter jusqu'au début des temps", s'est enthousiasmé le chercheur. Environ la moitié des découvertes de Hubble ont été faites avec des instruments qui n'étaient pas conçus dans ce but. "Cela montre l'intérêt de mettre au point des instruments à haute capacité dans un but général d'observation, car en science on ne sait jamais trop ce qui va sortir", selon Beckwith. L'ACS a récemment permis de détecter dans notre système solaire un corps céleste mesurant la moitié de la taille de Pluton, aux confins de notre système solaire, dans la zone appelée ceinture de Kuiper, peuplée d'astéroïdes. Si cette boule de glace avait été d'une masse équivalente à son voisin Pluton, on aurait pu la considérer comme la dixième planète de notre système, a noté M. Beckwith. Ce dernier a jugé que "d'autres observations permettront de trouver d'autres objets aussi gros que Pluton, mais plus éloignés encore". Hubble doit être remplacé en 2010 par le télescope James Webb, dont la puissance devrait être encore dix fois supérieure à l'actuel observatoire orbital. Hubble devrait alors être ramené sur Terre par la navette spatiale, pour être exposé au Musée de l'air et de l'espace de Washington. Mais en cas de retard du nouveau télescope, la vie d'Hubble en orbite pourrait être prolongée.

http://fr.news.yahoo.com/021017/202/2sq9a.html

18 octobre 2002
Le facteur qui contrôle la capacité des oeufs à répliquer enfin identifié
News Press

Des chercheurs de l'Institut de Génétique Humaine du CNRS à Montpellier viennent d'identifier chez un vertébré, le Xénope, le facteur qui confère à l'œuf sa capacité à répliquer son génome après fécondation. Il s'agit de cdc6, une protéine déjà connue pour son rôle dans la prolifération cellulaire. Les implications possibles de ces travaux sont telles que l'utilisation de cdc6 comme marqueur de fécondabilité fait l'objet d'une demande de brevet. Cette découverte est publiée dans la revue Nature du 17 octobre 2002. Chez les vertébrés, la méïose est une étape cruciale du développement puisqu'elle permet, chez les femelles, la transformation des ovocytes immatures en œufs prêts à être fécondés. Seuls ces ovules seront capables de répliquer leur génome afin de donner un embryon, mais seulement après la rencontre avec un spermatozoïde. Dès 1967, l'existence d'un facteur qui régule la capacité de réplication de l'ADN des ovocytes a été postulée, puis confirmée dans les années 90. Mais c'est la première fois qu'une équipe de chercheurs réussit à l'identifier. Il s'agit de cdc6, une protéine impliquée dans les phases initiales de la réplication de l'ADN lors de la prolifération cellulaire. Les chercheurs ont observé que le facteur cdc6 n'est pas détectable dans les ovocytes immatures alors qu'il est présent à la fin de la maturation meïotique ainsi que dans les œufs fécondés. Ils ont démontré que, chez le Xénope, cdc6 est d'abord pré-stocké dans l'ovocyte immature sous la forme d'un ARN messager. Puis, la maturation de l'ovocyte en œuf déclenche la synthèse de la protéine, juste avant la fécondation de l'œuf. Grâce à ce mécanisme, les ovocytes peuvent rester ainsi des années, dans les ovaires, à l'état quiescent, sans risque d'entrer en réplication avant fécondation. Ces travaux confirment le rôle déterminant que pourrait jouer cdc6, et d'autres facteurs de la même famille, quand il s'agit de porter un diagnostic sur les capacités d'une cellule à proliférer normalement ou de manière pathologique. Ils révèlent également un mécanisme moléculaire nouveau qui assure l'équilibre entre prolifération et différenciation cellulaires, toutes deux essentielles au développement harmonieux de l'embryon.
http://www.newspresspro.com/aff_comm.php?communique=FR121403


17 octobre 2002
Foxd3 permet aux cellules souches embryonnaires de rester indifférenciées
Des chercheurs de l’université de Pennsylvanie ont mis en évidence chez la souris un gène impliqué dans le processus de l’embryogenèse et dans l’établissement des lignées des cellules souches embryonnaires (CSE) chez les mammifères. Cette découverte, qui place le gène Foxd3 comme un facteur clé du maintien de la totipotence des CSE, pourrait constituer une avancée considérable dans la médecine thérapeutique régénératrice. Selon Patricia Labosky, professeur assistante au département de biologie du développement de la cellule de l’université de Pennsylvanie, cette recherche devrait permettre de contrôler certaines cellules embryonnaires à l’état indifférencié tout en permettant à l’embryon de se développer normalement. Pour étudier le contrôle exercé par le gène Foxd3 sur le développement embryonnaire, P. Labosky et ses confrères ont établi des lignées de souris inactivées pour ce gène. Sans Foxd3, les embryons ne survivent pas longtemps car ils sont incapables de maintenir un stock suffisant de cellules souches indispensables à la formation de tous les tissus. «Nos découvertes indiquent que Foxd3 est un des gènes régulateurs centraux (ndlr: avec Oct4, Fgf4 et Sox2) des phases du développement embryonnaire des mammifères», a commenté Labosky. «Si nous sommes capables de comprendre comment ces gènes régulent la différenciation, alors nous pourrons nous servir des CSE comme outils thérapeutiques», a conclu la chercheuse. Source: Genes and Development 15 octobre 2002; 16(20): Lynn A. Hanna, Ruth K. Foreman, Illya A. Tarasenko, Daniel S. Kessler, and Patricia A. Labosky. Requirement for Foxd3 in maintaining pluripotent cells of the early mouse embryo.
Pierre INIGUEZ

http://fr.news.yahoo.com/021017/54/2sq84.html

17 octobre 2002
Le sexe des autruches déterminé par l'examen ADN de leur plumage
PARIS (AFP)
Une nouvelle méthode pour déterminer le sexe des bébés autruches par l'examen d'ADN prélevé sur leur plumage, mise au point par des chercheurs brésiliens, est dévoilée dans la publication britannique en ligne BMC Biotechnology. Cette nouvelle technique permettrait d'éviter les méthodes "chirurgicales" utilisées jusqu'à présent pour distinguer les mâles et les femelles, qui à l'oeil nu ne présentent guère de différence morphologique, comme c'est le cas pour de nombreux autres oiseaux. Native d'Afrique, l'autruche, appréciée pour sa viande, ses plumes et sa peau, est désormais élevée un peu partout dans le monde. Dans les années 60, une technique d'opération chirurgicale effectuée sous anesthésie avait été mise au point pour déterminer le sexe des oisillons. Outre qu'elle entraînait parfois des complications, cette technique ne pouvait être utilisée que trois mois après la naissance des oiseaux. Des tests génétiques ont été développés pour la différenciation sexuelle de plusieurs espèces d'oiseaux pour remplacer la chirurgie, mais ces tests, surtout basés sur la différence des chromosomes sexuels, ne pouvaient s'appliquer aux autruches, dont les chromosomes sont très similaires entre mâles et femelles. Des chercheurs brésiliens ont mis au point une technique, économique, applicable à grande échelle par les éleveurs, pour différencier les autruches à partir de tests effectuées non sur le sang mais sur les plumes de l'animal. La procédure utilisée "amplifie" les fragments d'ADN spécifiques aux mâles ou aux femelles. Les chercheurs ont testé leur technique sur 96 autruches âgées de cinq jours. Trois mois plus tard, le sexe des mêmes animaux a été déterminé une nouvelle fois, selon la méthode chirurgicale traditionnelle. Les chercheurs, qui travaillent pour le département de Génétique à l'université fédérale de Sao Carlos (Sao Paulo), ont constaté que les résultats étaient identiques avec les deux méthodes, prouvant la pertinence du recours à la méthode génétique.
http://fr.news.yahoo.com/45/


16 octobre 2002
Cellules souches tueuses contre tumeurs cérébrales

En modifiant génétiquement des cellules souches embryonnaires, des chercheurs américains ont fabriqué des cellules tueuses de tumeurs cérébrales, ou gliomes. Les résultats de leurs travaux sont publiés dans la revue Cancer Research. Actuellement, pour soigner un patient atteint d’une tumeur cérébrale, une opération chirurgicale est nécessaire. Le malade doit ensuite subir des séances de chimiothérapies ou de radiothérapies, afin d’éliminer le maximum de cellules cancéreuses. Lors d’un gliome, une partie des cellules cancéreuses ont tendance à s’ancrer profondément dans les tissus cérébraux sains, ce qui rend difficile leur éradication. Des risques de rechute sont donc à envisager. John Yu, du centre médical du Cedar-Sinaï à Los Angeles (Etats-Unis), et son équipe ont récolté des cellules souches de fœtus de souris. Ils les ont ensuite modifiées génétiques pour qu’elles produisent de l’Interleukine 12. cette molécule est connue pour son action destructrice sur les gliomes. Les cellules tumorales affectent voire suppriment localement l’activité immunitaire. Le fait d’ajouter de l’interleukine 12 permet de dynamiser le système immunitaire ce qui entraîne la destrcution des cellules cancéreuses. Trois mois après avoir implanté des cellules tumorales, les chercheurs ont injecté des cellules souches modifiées dans le cerveau de ces souris. Les rongeurs ainsi traités ont vécu sensiblement plus longtemps que ceux qui n’ont pas subi de traitement. Près d’un tiers d’entre eux ont même développé une immunité à long terme contre les gliomes. En effet, 120 jours après l’injection, la plupart des souris traitées se portait comme des charmes. En étudiant le cerveau de ces rongeurs, le Pr John Yu a remarqué que non seulement les cellules productrices d’interleukine 12 se trouvaient sur le site de la tumeur principale mais aussi à des endroits où seulement quelques cellules cancéreuses avaient migré. Cette nouvelle méthode représente un traitement prometteur pour lutter contre les gliomes, selon John Yu. Les cellules souches pourraient être investies d’une nouvelle mission : le transport de protéines pour lutter contre les gliomes.
Olivier Frégaville

http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20021015.OBS1394.html?1426

15 octobre 2002
Sydney Brenner se propose de séquencer le génome de 100.000 personnes

Le Britannique Sydney Brenner, co-lauréat du prix Nobel de médecine 2002, a révélé lundi à Lisbonne avoir l'ambition de séquencer le génome de cent mille personnes d'ici 2020. L'idée de prendre cent mille personnes au hasard, séquencer leur génome et les accompagner pendant leur vie est une des formes essentielles, a-t-il estimé, pour comprendre, véritablement, le livre de la vie. Sydney Brenner, 75 ans, s'est vu décerner le 7 octobre le Nobel de médecine, en compagnie de son compatriote John Suston et de l'Américain Robert Horvitz, pour leurs découvertes sur les gènes, à partir de l'étude de la vie et la mort des cellules d'un petit ver, permettant de mieux comprendre les origines de maladies liées à la dégénérescence des cellules, comme le cancer ou le sida. "La science est un peu comme les horoscopes, il s'agit de prévoir l'inconnu. Nous ne savons avoir compris quelque chose que quand nous arrivons à prévoir", a-t-il affirmé. Sydney Brenner parlait lors de sa première conférence de presse après avoir reçu le Nobel de médecine, organisée en marge d'une réunion promue par la Fondation Calouste Gulbenkian, dont il préside le conseil scientifique. Il a estimé que passer de l'"amalgame de l'information" provenant du génome humain à sa connaissance est une des principales questions qu'il aimerait voir résoudre pendant sa vie.

http://actu.dna.fr/021015072107.040dg9fa.html

15 octobre 2002
Fête de la science
Du 14 au 20 octobre a lieu la "Fête de la science'' à laquelle le ministère des Affaires étrangères s'associe grâce à plusieurs manifestations organisées par son réseau de coopération et d'action culturelle à l'étranger. En écho aux thèmes retenus cette année pour la manifestation en France - science de la vie ; développement durable ; société de l'information -, le ministère des Affaires étrangères a choisi, pour la promotion de cet événement à l'étranger, d'illustrer, à la lumière des récents débats du Sommet de Johannesburg, l'approche française des problèmes d'environnement et de développement. Ont ainsi été mis à la disposition des ambassades, des centres culturels, des instituts de recherche, des Alliances françaises, des établissements scolaires français à l'étranger, différents instruments de promotion : - Trois expositions, traduites en anglais et en espagnol : ''Biodiversité, notre nature pour demain'', conçue par le Museum national d'histoire naturelle, en présente les enjeux ; ''La biodiversité et nous : 10 ans après Rio'', réalisée en partenariat avec la Cité des sciences et de l'industrie, fait la synthèse et le bilan du Sommet de Johannesburg ; ''De Rio à Johannesburg'' retrace la contribution de la recherche française au développement durable. Par ailleurs, un encart sur la biodiversité a été réalisé par le journal ''Science et vie junior'' pour être largement diffusé. Au total, près de 240 jeux de ces expositions ont été envoyés à l'étranger. - Un programme ''biodiversité'' de 15 films documentaires de création autour des mêmes thèmes environnementaux, ainsi qu'une sélection de films scientifiques parmi les 450 documentaires du répertoire du ministère. Au total, 160 collections ont été diffusées dans 110 pays. - Un ouvrage intitulé ''Johannesburg : Sommet mondial du développement durable 2002, quels enjeux ? Quelle contribution des scientifiques ?''. Edité avec le concours de l'Association pour la diffusion de la pensée française, il a été rédigé par six personnalités scientifiques, qui dans un langage accessible présentent l'avancée des recherches sur les sujets de la biodiversité, du changement climatique, de la désertification et les enjeux économiques et sociaux qui y sont associés. Traduit en anglais, il est téléchargeable sur le site France Diplomatie (www.diplomatie.gouv.fr). Grâce à ces outils, de nombreuses manifestations fêtent la science de par le monde. Par exemple, au Brésil une émission de télévision a été produite et un festival ''Ver a cienca'', semblable au festival ''Image et science'' présenté actuellement à Paris, est proposé au public. En Russie seront projetés des films sur les problèmes scientifiques et éthiques liés au clonage suivis de débats. En Inde, l'ensemble du réseau a été mobilisé pour accueillir ''French science today 02 '', un cycle de films complétés par des conférences et des expositions dressant un panorama de la recherche scientifique en France. Par ses initiatives et ses relais à l'étranger, le ministère des Affaires étrangères contribue à l'impact international de la ''Fête de la science''.

http://www.diplomatie.gouv.fr/actu/pointpresse.asp?liste=20021014.html

14 octobre 2002
La colonne vertébrale contre-attaque
Agence Science Presse
Depuis trois ans, les études sur la régénération de la colonne vertébrale vivent une accélération de l'histoire. Auparavant, la plupart des experts ne voyaient pas par quel miracle il serait un jour possible de reconstituer une moelle épinière brisée -et ainsi, de permettre à des handicapés de marcher à nouveau. Aujourd'hui, il ne se passe plus trois mois sans que, d'un coin ou l'autre de la planète, un autre laboratoire n'ajoute sa petite pierre à l'édifice. Les derniers en date sont des chercheurs montréalais. Une équipe du service de pathologie et biologie cellulaire de l'Université de Montréal, a réussi à faire croître, chez des souris, des fibres nerveuses qui avaient été préalablement sectionnées. Les animaux, lit-on dans une édition récente du Journal of Neuroscience, ont retrouvé une partie de leur mobilité, ainsi que -car l'un ne va pas toujours avec l'autre- une bonne coordination de leurs mouvements. Le miracle a été accompli par l'injection de substances capables de bloquer d'autres substances qui, en temps normal, empêchent justement la régénération des cellules nerveuses. On appelle ces dernières substances des inhibiteurs de croissance. Autrement dit, ce que ces chercheurs ont réussi à faire, c'est à «contrer» ces inhibiteurs de croissance. En soi, ces chercheurs ne sont pas les premiers à explorer cette piste. Si certaines des équipes qui, ailleurs dans le monde, donnent de l'espoir aux paraplégiques, se sont plutôt penchées sur la possibilité que des cellules-souches, injectées dans la moelle épinière, ne contribuent à la reconstitution de celle-ci, plusieurs autres ont effectivement suivi la piste des inhibiteurs de croissance. En avril dernier par exemple, une équipe britannique a décrit dans la revue Nature comment une enzyme produite par une bactérie (chondroitinase ABC) et injectée à des rats a permis la régénération de ces fameuses fibres nerveuses. Les rats peuvent en partie marcher, mais n'ont pas recouvré beaucoup de sensations dans leurs pattes. En mai 2001, une équipe américaine démontrait, également dans Nature, qu'une partie d'une protéine appelée Nogo, produite par les gènes de plusieurs animaux, dont les humains, pouvait entraîner une recréation des cellules nerveuses lorsqu'on lui faisait cibler un récepteur précis de notre système nerveux: en temps normal, Nogo active ce récepteur, or, voilà qu'une partie de Nogo arrivait à le «bousiller» -entraînant ainsi la croissance sans problèmes des fibres nerveuses. En juin de cette année, la même équipe récidivait dans Science en identifiant la raison de son succès de l'année précédente: un inhibiteur de croissance -un autre- qui se lie au récepteur lorsqu'arrive Nogo. Le problème derrière toutes ces recherches est double: d'une part, des inhibiteurs de croissance, il y en a plusieurs, et on les connaît encore mal. Choisir celui qui réussira est donc loin d'être évident. Et d'autre part, resterait à lui donner les bonnes instructions: la molécule que l'on désire «livrer» au bon endroit -là où doivent croître de nouvelles fibres nerveuses- doit en effet, pour s'y rendre, suivre ce chemin tortueux et largement méconnu qu'est le labyrinthe de notre moelle épinière. Tous les Christopher Reeve de ce monde -cet acteur qui incarna Superman et qui, aujourd'hui cloué sur une chaise roulante, s'est fait l'un des promoteurs les plus actifs de la recherche scientifique sur la régénération de la moelle épinière- devront donc patienter. Entre les essais actuellement en cours sur des souris et ceux qui pourraient éventuellement aboutir à des cobayes humains, il s'écoulera encore des années. La chercheuse principale de l'équipe montréalaise, Lisa McKerracher, est également derrière une firme de biotechnologie, Bioaxone Thérapeutique, fondée précisément dans le but de pousser plus avant cette exploration de l'univers de notre système nerveux. Mais l'avantage, soulignent tous les chercheurs impliqués, c'est que ces percées médicales, lorsqu'elles se produiront, pourront peut-être également servir aux gens atteints de Parkinson ou d'autres problèmes neurologiques, maladies dont le point de départ fut, là aussi, des dommages aux cellules nerveuses.

http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0210/sci_102100146477.html

13 octobre 2002
Quand le risque de consanguinité justifie l’infidélité
Les nids des oiseaux réunissent souvent des progénitures d’ascendances différentes, quand le mâle ou la femelle a eu des aventures extra-conjugales. L’infidélité féminine est très répandue chez certaines espèces d’oiseaux, sans être véritablement expliquée. Une équipe internationale d’ornithologistes montre dans la revue Nature que certaines femelles s’accouplent avec plusieurs mâles pour éviter les effets négatifs de la consanguinité. Donald Blomqvist et ses collègues ont étudié le comportement du bécasseau d’Alaska, du chevalier guignette et du gravelot à collier interrompu. Chez ces trois espèces d’oiseaux côtiers, les femelles multiplient les accouplements lorsque leur partenaire ‘’légitime’’ est génétiquement trop proche d’elles, afin d’avoir la meilleure progéniture possible. Comment les oiseaux reconnaissent-ils cette proximité génétique ? Les chercheurs n’ont pas tous les éléments de réponse. Ce qui est certain, c’est que les oiseaux apprennent beaucoup plus de choses par l’expérience qu’on ne pensait. Ces travaux rejoignent d’autres études récentes qui montrent que « l’infidélité au féminin, loin d’être anecdotique, a même ses avantages évolutifs », comme l’explique le dossier de Sciences et Avenir (n°667), « Femelles infidèles ».

http://permanent.sciencesetavenir.com/sci_20021010.OBS1221.html

13 octobre 2002
Le père de Dolly s’intéresse aux humains

Après le gynécologue italien Severino Antinori, c’est autour du père de la brebis Dolly, d’annoncer son souhait de cloner un être humain. En effet, le Pr Ian Wilmut souhaite déposer son projet de clonage à partir de cellules souches embryonnaires humaines auprès des autorités anglaises, d’ici l’année prochaine. Pour l’instant, le Pr Ian Wilmut, responsable de l'Institut Roslin à Edimbourg, ne va pas aussi loin que son homologue italien qui avait provoqué une véritable polémique l’été dernier, en annonçant dans le quotidien Libération, l’arrivée du premier bébé cloné en décembre. Le chercheur écossais s’intéresse au clonage humain uniquement à des fins thérapeutiques. Il espère ainsi trouver une technique pour traiter les maladies cardiaques. Il n’a pour l’instant pas l’intention d’aller jusqu’au clonage d’un bébé, car cela ne pourrait se faire qu’en totale illégalité. Cependant, la position du père de Dolly, farouche opposant au Pr Antinori, peut paraître surprenante. Jusqu’à présent, ces travaux portaient sur la difficultés d’obtenir un clone sain. Il a en effet observé que chez les rares animaux clonés qui survivent, de graves malformations génétiques et physiques les rendent souffreteux. C’est le cas de Dolly, le premier animal cloné. A sa naissance en 1996, des anomalies chromosomiques ont été décelées. Très vite, les chercheurs ont constaté que malgré son jeune âge, les cellules de son organisme avaient le même âge que celles de la « mère » de Dolly. La brebis avait été clonée à partir de cellules adultes d’un mammifère. Le Pr Ian Willmut ne devrait déposer un dossier devant les autorités qu’après une évaluation des risques par son institut.
Olivier Frégaville
http://permanent.nouvelobs.com/sciences/


12 octobre 2002
Un millénaire et demi de conflits
325
1er concile oecuménique de Nicée (Asie mineure), réuni par l'empereur Constantin, converti au christianisme et qui en a fait une religion d'Etat. En marge de la condamnation de l'arianisme, le judaïsme est déclaré «aberration de la volonté divine» et les juifs «hérétiques». Le jour de repos est déplacé du samedi au dimanche.
465
Au concile régional de Vannes (France), interdiction est faite à un chrétien de partager de la viande avec un juif. En 533, au concile régional d'Orléans, les mariages mixtes sont interdits.
589
Au concile régional de Tolède, les enfants nés de mariages mixtes sont déclarés chrétiens et interdiction est faite aux juifs d'accéder à des fonctions officielles.
1215
12e concile oecuménique, le quatrième organisé à Latran, près de Rome, convoqué par Innocent III et qui légifère dans de nombreux domaines de la vie religieuse, comme la communion pascale ou la confession annuelle. Les juifs se voient imposer le port d'un habit et d'un signe distinctifs, ils sont soumis à un tribut et l'Eglise prescrit l'établissement de quartiers spéciaux, les ghettos.
1492

Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille décident la sanglante expulsion des juifs d'Espagne et appuient l'Inquisition, avec son lot de conversions forcées. Un siècle auparavant, en 1394, les juifs avaient été expulsés de France. Ils trouvent refuge dans le Comtat Venaissin, enclave provençale appartenant au Saint-Siège (jusqu'en 1791), où ils jouissent de la protection pontificale.
1516

Contre les attaques des Dominicains, l'humaniste et exégète allemand Johannes Reuchlin prend la défense de la Kabbale et du Talmud. Au terme d'un long procès, il convainc les autorités ecclésiastiques romaines que leur étude ne nuit pas au christianisme.
1515
La Contre-Réforme marque un raidissement des attitudes papales. Paul IV remet en vigueur la législation antijuive du Moyen Age, et le système du ghetto est appliqué dans toute sa rigueur à Rome.
1937 - 1945

Pie XI condamne solennellement le racisme dans son encyclique «Mit brennender Sorge» (1937), et l'année d'après, devant des pèlerins belges, il déclare: «L'antisémitisme est inacceptable; spirituellement, nous sommes tous sémites». Son successeur Pie XII dénonce dans une encyclique d'octobre 1939 les théories qui nient «l'unité de la race humaine». Malgré ces avertissements, l'attitude de Pie XII envers les nazis et l'Holocauste continue de diviser les historiens.
1964
En janvier, Paul VI se rend en pèlerinage à Jérusalem.
1965

La déclaration «Nostra aetate», approuvée lors du concile de Vatican II, efface l'ancienne accusation de «peuple déicide» à l'égard des juifs.
1986

Pour la première fois, un pape ­ Jean-Paul II ­ franchit l'entrée de la synagogue de Rome.
1987
Dans le contexte difficile de la polémique du carmel de religieuses dans le camp d'Auschwitz, Jean-Paul II reçoit des représentants du Comité international juif pour les consultations interreligieuses. Face à leurs reproches, il promet la rédaction d'un document sur la Shoah. C'est celui qui a été rendu public lundi, onze ans de rédaction pour dix pages A4.
1993

Signature, le 30 décembre, d'un accord qui scelle la reconnaissance d'Israël par le Vatican et ouvre la voie à un échange d'ambassadeurs entre les deux pays.
http://www.webdo.ch/hebdo/hebdo_1998/hebdo_12/vatican_histoire_12.html


11 octobre 2002
Le multimédia éducatif transforme peu à peu l'enseignement
L'école sort de ses murs et le cours magistral recule sous l'effet du multimédia éducatif, qui transforme peu à peu l'enseignement sans toutefois révolutionner la pédagogie. Les 8e "rencontres de l'Orme" (Observatoire des ressources multimédia en éducation), qui se tiennent jusqu'à vendredi au Palais du Pharo de Marseille, permettent de mesurer l'évolution des outils éducatifs du multimédia et leur utilisation. "L'école a encore du mal à maîtriser le multimédia et l'on manque d'instruments d'analyse qui permettent d'évaluer son apport. On sait en revanche qu'il apporte un gain en sociabilité dans les classes", explique Dominique Liautard, responsable de l'Orme. "La formation des enseignants dans ce domaine est également trop théorique". Chaque année, la production industrielle de produits éducatifs croît avec le développement de l'équipement informatique des classes sans que les professeurs aient toujours le temps de maîtriser ces nouveautés. Environ 450 cédérom ou DVD ont reçu depuis trois ans un label RIP (reconnu d'intérêt pédagogique) du ministère de l'Education nationale. On compte aujourd'hui un ordinateur pour six élèves dans les lycées, un pour treize dans les collèges et un pour vingt-cinq dans les écoles. La plupart sont reliés en réseau et branchés sur internet, indique Gérard Puimatto, chargé de mission sur les nouvelles technologies à la faculté d'Aix-Marseille. "Face à la pression sociale et économique, il faut mettre en place une pression éducative", estime Dominique Liautard qui souhaite que les enseignants "interviennent en amont dans la réalisation des produits éducatifs". "Sinon, le marché nous imposera son modèle", dit-elle. "L'offre actuelle est encore souvent inadaptée aux besoins pédagogiques des enseignants", renchérit Gérard Puimatto. "J'ai testé en classe un cédérom d'histoire-géo. C'est ludique mais j'aurais pu faire la même chose en moins cher avec des moyens classiques", explique Gérald Attali, professeur à Salon-de-Provence. A contrario, le logiciel "Escritor" imaginé par Jean-Yves Chasle, professeur de mathématiques, féru d'informatique, est cité en exemple. Il permet aux enseignants d'entrer dans le cheminement intellectuel d'un élève en analysant la progression de son raisonnement. Ceci par l'analyse des traces de son écriture sur une palette graphique (hésitation, avancement, erreur). Gratuit et disponible sur internet, il a été traduit en 5 langues. L'utilisation du multimédia reste encore limitée. Si 40% des enseignants disent l'utiliser, il ne représente en moyenne que 4 heures de cours par semaine dans les collèges, indique Gérard Puimatto. On l'utilise souvent comme support pédagogique, pour rechercher de l'information sur l'internet. Il sert également pour des travaux dirigés et permet aux élèves de devenir les acteurs de leur apprentissage. La création de site scolaire permet en bout de course de valoriser et mutualiser le travail d'une classe.

http://actu.dna.fr/021010155707.zgv8gq6y.html

10 octobre 2002
Maladie de Parkinson. Résultats encourageants d'une thérapie génique
Agence France-Presse Washington

Une équipe internationale de chercheurs a fait état des résultats encourageants d'une méthode de thérapie génique testée sur des rats pour le traitement de la maladie de Parkinson, selon une étude à paraître vendredi dans la revue américaine Science. Les rats affectés de troubles associés à la maladie ont montré une nette amélioration de leur comportement moteur après l'implantation par les chercheurs d'un certain gène dans une région du cerveau contrôlant le mouvement. L'équipe de chercheurs sous la conduite du professeur Jia Luo, de l'université de Auckland, en Nouvelle-Zélande, ont constaté que cette méthode consistant à injecter un gène protégeant certaines cellules nerveuses dans le cerveau avait pour effet de bloquer le développement de la maladie. Cette technique «représente un traitement potentiel pour la maladie de Parkinson et d'autres troubles neurologiques associés à l'excitation excessive», écrivent les auteurs, tout en soulignant que des études complémentaires seront nécessaires pour déterminer si la méthode est applicable à l'homme. La maladie de Parkinson se développe à la suite de la détérioration de certaines cellules nerveuses du cerveau qui produisent la dopamine. Une carence de cet acide aminé perturbe le fonctionnement des nerfs, causant notamment tremblements et raideurs. Dans l'étude, le gène injecté (celui de l'acide glutamique décarboxylase ou GAD) a permis la production de neuromédiateurs appelés GABA (acide gamma-aminobutyrique), qui ont rétabli l'équilibre au sein des cellules nerveuses du cerveau. Environ 1,2 million de personnes sont touchées par la maladie de Parkinson en Amérique du Nord. La maladie touche 1% des personnes de plus de 60 ans, et 2% des personnes de plus de 70 ans. Mais elle peut aussi toucher des personnes plus jeunes, et même des adolescents, selon la Fondation nationale Parkinson, basée à Miami en Floride.

http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0210/sci_102100145548.html

10 octobre 2002
Clonage : les pistes à suivre, selon Wilmut
En mars 1997, Ian Wilmut a fait naître au Roslin Institute, en Ecosse, le premier animal cloné à partir d'une cellule somatique de mammifère, la brebis Dolly. Dans « Nature » de cette semaine, il fait le point sur les techniques de clonage qui, en dépit de leur échec relatif, ont permis de mettre en évidence la réversibilité de la différenciation cellulaire. Celle-ci implique des mécanismes de reprogrammation génétique qui sont aujourd'hui méconnus et mal maîtrisés. « Il est surprenant que le clonage de cellules somatiques ait pu être amené à bien », affirme aujourd'hui le « père » de Dolly, Ian Wilmut, dans un article qu'il publie dans « Nature » avec des collaborateurs du Roslin Institute, en Ecosse, et un chercheur de Nouvelle-Zélande. En dépit de quelques succès, les mécanismes moléculaires en jeu au moment du transfert nucléaire et au cours des premiers stades du développement sont presque totalement méconnus. Le nombre d'échecs est important et on estime que seulement de 0 à 4 % des embryons clonés parviendront à l'âge adulte. Pourtant, en dehors de son caractère spectaculaire, le clonage chez les mammifères a permis de mettre en évidence la remarquable plasticité du développement cellulaire, soulignent Wilmut et ses collaborateurs. Il a montré que les changements de structure de la chromatine qui président à la différenciation cellulaire sont en fait réversibles. La maîtrise des mécanismes de reprogrammation du génome qui interviennent après le transfert du noyau pourraient avoir des applications thérapeutiques importantes. En particulier pour la production de cellules histocompatibles, par transformation du phénotype cellulaire, qui permettrait le développement de traitements efficaces des maladies dégénératives. Pour cela, un certain nombre de progrès doivent être accomplis, notamment dans l'étude des différences observées entre les espèces où le clonage a été effectué avec succès (vaches, mouton, chèvre, porc et souris). Les échecs ont pu être observés à tous les stades du processus : stade embryonnaire, fœtal, périnatal et postnatal. Leurs causes et leur période de survenue peuvent différer d'une espèce à l'autre. Des anomalies du placenta sont par exemple la principale cause d'avortement précoce chez les moutons et les bovins. Des mécanismes moléculaires à élucider Il paraît également essentiel de déterminer le stade optimal du cycle cellulaire du donneur (métaphase), le stade du développement de la cellule dans lequel est prélevé le noyau. Chez la souris, par exemple, plus le stade est élevé (blastomère à 2,4 et 8 cellules), plus les taux de succès diminuent. Quant aux mécanismes moléculaires, ils impliquent les anomalies d'expression des gènes intervenant dans l'empreinte génétique. De telles anomalies associées ont déjà été décrites chez la souris et les bovins. Enfin, l'étude de la régulation épigénétique de l'expression des gènes qui fait intervenir des processus de méthylation pourrait fournir des renseignements importants. Ainsi, la rapide déméthylation du génome paternel, qui a été observée dans différentes espèces, n'existe pas chez la chèvre.
Dr Lydia ARCHIMÈDE


09 octobre 2002
Découverte d'un gène dont l'absence est associée au cancer du sein
WASHINGTON
Des chercheurs américains ont identifié un gène dont l'absence ou l'inactivité pourrait expliquer les cancers du sein d'origine non héréditaire - soit plus de 90% des cas - selon les résultats d'une étude annoncés lundi. Ces chercheurs ont découvert un gène manquant ou inactif dans environ 60% des cas de cancer du sein examinés. Ce gène, qu'ils ont appelé DBC2, est parmi les premiers identifiés comme jouant un rôle dans la suppression des tumeurs et dont l'absence est clairement associée aux cas de cancer du sein d'origine non héréditaire. L'absence de ce gène DBC2 (pour "deleted in breast cancer" ou absent du cancer du sein) pourrait également jouer un rôle dans certains cas de cancer du poumon, selon l'étude à paraître le 15 octobre dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences américaine (PNAS). En outre, les chercheurs du Cold Spring Harbor Laboratory (New York) et de l'Université de l'Etat de Washington ont montré que la production de la protéine DBC2 dans les cellules cancéreuses du sein ont la capacité de tuer ces cellules cancéreuses ou d'arrêter leur progression. L'équipe du Dr Michael Wigler, du laboratoire de l'Etat de New York, avait déjà identifié en 1997 le seul autre gène (PTEN) à être clairement associé aux cancer du sein chez des personnes sans antécédents familiaux de la maladie. En 1990, le groupe de chercheurs de l'université de Washington, dirigé par le Dr Mary-Claire King, avait pour sa part identifié le premier gène (BRCA1) lié au cancer du sein d'origine héréditaire. Depuis, d'autres chercheurs ont identifié une série de gènes jouant un rôle dans le développement du cancer du sein d'origine héréditaire. Mais ce type de cancer du sein issu d'une mutation génétique représente moins de 10% des cas. Un total de huit gènes a pour l'instant été identifié comme jouant un rôle dans le développement du cancer du sein d'origine héréditaire, les derniers en date étant une série de six gènes découverts par des chercheurs de l'Institut sur le cancer Dana-Farber et de l'Hôpital pour enfants de Boston (Massachusetts) qui menaient des travaux sur une maladie infantile rare, l'anémie de Fanconi. Ces derniers avaient annoncé en juin dernier avoir découvert qu'une erreur dans n'importe lequel des six gènes impliqués dans cette maladie augmente les risques de développer un cancer du sein. Le cancer du sein, toutes causes confondues, tue 400.000 femmes par an dans le monde et 800.000 nouveaux cas sont dépistés chaque année. Il est la deuxième cause de mortalité chez la femme derrière le cancer du poumon.

http://actu.dna.fr/021007211657.st5ih159.html

09 octobre 2002
Une souris immunisée avec succès contre le VIH
Le professeur canadien Kenneth L. Rosenthal a réussi à immuniser une souris d'une forme de virus du sida en lui administrant des particules virales inactivées sur les muqueuses nasales. Le professeur et son équipe "ont découvert que des souris immunisées par voie nasale avec des particules virales inactivées du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) combinées à un nouveau stimulateur du système immunitaire (adjuvant) sont protégées contre une inoculation par voie génitale d'un virus modèle qui exprime une des protéines du VIH", indique lundi CANVAC, le Réseau Canadien pour l'élaboration de vaccins et d'immunothérapies. "Jusqu'ici, l'immunothérapie n'avait jamais ciblé les voies muqueuses, or nous avons découvert que les différentes muqueuses sont reliées à un système immunitaire autonome", a expliqué Aline Rinfret, directrice scientifique adjointe de CANVAC. Cette découverte, publiée dans le dernier numéro de la revue Journal of Infectious Diseases, suggère qu'un vaccin administré par une des muqueuses, par exemple celle du nez, pourait conférer une protection contre l'infection dans une autre muqueuse, telle que celle des voies génitales. "Nous espérons mettre au point un vaccin aux alentours de 2006", a déclaré Aline Rinfret. Les chercheurs devront d'abord améliorer les tests sur animaux avant de lancer plusieurs essais cliniques au Canada et en Afrique afin d'élaborer un vaccin efficace. CANVAC est constitué de 74 chercheurs canadiens issus de 25 universités et centres de recherche au Canada. Spécialisé en immunologie, virologie et biologie moléculaire, cet organisme, lancé en 2000, bénéficie d'une subvention annuelle de 3 millions de dollars américains du gouvernement canadien ainsi que de fonds du secteur privé.

http://actu.dna.fr/021008084248.dors4la1.html

08 octobre 2002
Une arme transgénique contre l'arsenic
Son nom évoque crimes historiques et empoisonnements royaux mais aujourd'hui l'arsenic est d'abord un problème de santé publique grave, car il pollue les sols et l'eau. Des chercheurs proposent une nouvelle arme pour lutter contre ce fléau: une plante transgénique capable de pomper l'arsenic dans le sol et de le stocker dans ses feuilles. Les plants peuvent ensuite être récoltés et incinérés sans danger. Une solution moins coûteuse que de creuser le sol pour enlever la terre empoisonnée et la stocker ailleurs -la seule solution à l'heure actuelle pour nettoyer des sites contaminés. L'équipe, dirigée par un chercheur de l'Université de Georgia, a travaillé sur Arabidopsis thaliana, petite plante dont le génome a déjà été entièrement séquencé. Les chercheurs ont inséré un gène de la bactérie Escherichia coli qui permet à la plante de résister à l'arsenic et de l'accumuler dans ses feuilles. Ces travaux sont publiés dans la revue Nature Biotechnology du mois d'octobre. Au Bangladesh et dans l'Etat indien du Bengale-occidental, l'empoisonnement à l'arsenic par l'eau de boisson pose un très grave problème de santé publique. 112 millions de personnes seraient touchées par et près de 500.000 cancers induits par cette pollution seraient déjà à déplorer dans cette région du monde, selon les estimations de l'OMS. En Inde, les techniques agricoles de la Révolution verte des années 60 sont en partie responsables de cette situation, selon les chercheurs. La culture du riz dans des champs inondés a ramené à la surface de l'eau naturellement très contaminée par l'arsenic. Chez l'homme, ce poison peut provoquer des lésions de la peau, des cancers des poumons, des reins ou du foie, et endommager le système nerveux central.
Cécile Dumas

http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20021007.OBS1042.html?0819

08 octobre 2002
Le lait de vaches clonées ne diffère quasiment pas du lait ''normal''
Futura-Sciences.com

Lors d'une conférence organisée par la Food and Drug Administration (FDA) et par Pew Initiative on Food and Biotechnology, un " think tank " de Washington, des chercheurs des Universités du Wisconsin et de l'Utah ont présenté des résultats obtenus lors d'une étude du lait produit par des vaches clonées. Il semble que ce lait contienne des taux de protéines, de matières solides, de matières grasses et de minéraux quasiment identiques à ceux d'un lait produit par des vaches " normales ". Seule une petite quantité d'éléments nutritifs semble varier, ce résultat étant peut être dû au fait que le régime alimentaire du grand nombre de vaches suivies n'était pas standard. Cette étude a été financée par Infigen de DeForest (Wisconsin), une entreprise spécialisée dans le clonage d'animaux d'exception, essentiellement à des fins de reproduction. Les clones sont en effet si chers qu'il n'est pas question de les utiliser directement comme source de viande, mais plutôt pour la reproduction. Aujourd'hui, aucune loi n'interdit la commercialisation du lait de ces animaux et de la viande de leur progéniture. Cependant, les éleveurs ont attendu le lancement sur le marché de ces produits conformément à un accord informel passé avec la FDA, celui-ci prévoyant la réalisation d'études complémentaires à propos de la sécurité. Quasiment tous les scientifiques s'accordent à penser que le lait ou la viande d'animaux clonés ne représente aucun danger pour la consommation humaine. Source : Agence pour la Diffusion de l´Information Technologique (ADIT, http://www.adit.fr)

http://www.futura-sciences.com/news1221.php

07 octobre 2002
Fujitsu : un robot pour actionner les télécommandes domestiques
Le groupe japonais d'informatique Fujitsu a créé un robot capable d'actionner les télécommandes de votre magnétoscope et d'autres appareils ménagers après en avoir reçu l'ordre par téléphone cellulaire. Fujitsu a annoncé lundi qu'il avait conçu le robot MARON-1, qui a la forme d'un aspirateur, des roues motrices et des caméras circulaires en guise d'yeux. L'entreprise espère commercialiser ce robot d'ici un an au prix d'environ 200.000 yens (1.650 euros). Le robot peut enregistrer les signaux infrarouges des télécommandes et les renvoyer aux appareils domestiques à partir de messages envoyés d'un téléphone cellulaire. "Si vous pointez la télécommande de votre magnétoscope (VCR) en direction du robot, il est capable d'enregistrer un signal infrarouge", a indiqué le porte-parole de Fujitsu, Scott Ikeda. Plus tard, si vous vous souvenez que vous vouliez enregistrer une émission et si vous avez bien programmé la fonction "enregistrement" dans la mémoire du robot, vous pouvez utiliser votre téléphone mobile pour demander au robot de mettre en route l'enregistrement, a-t-il poursuivi. "Ce n'est pas plus difficile que cela", a affirmé M. Ikeda. Le robot de couleur bleu et argenté, d'un poids de 5 kg, peut se mouvoir automatiquement dans la maison ou sous le contrôle d'une personne équipée de l'une des dernières versions des téléphones cellulaires de NTT DoCoMo, dotés d'un accès internet et du service de messagerie électronique. MARON peut relayer des images vers un téléphone mobile, ou bien si vous lui demandez de garder l'entrée de la maison, il peut hurler en cas de visite inattendue et composer des numéros de téléphone pré-enregistrés comme ceux de la police, selon Fujitsu. Il peut également surveiller les animaux domestiques, mais il ne va pas les nourrir, a souligné M. Ikeda.

http://actu.dna.fr/021007123535.pcowxx7e.html

07 octobre 2002
Un petit ver de terre à l'origine du Nobel
Un minucscule ver de terre est à l'origine du prix Nobel de médecine 2002 qui a récompensé lundi deux Britanniques, Sydney Brenner John Sulston, et un Américain, Robert Horvitz, pour leurs découvertes sur la division des cellules, leur suicide et leur transformation en cellules éternelles. Chez l'homme, ce suicide concerne quotidiennement des milliers de milliards de cellules et correspond au nombre des naissances de nouvelles cellules. Cette disparition programmée des cellules permet aussi aux organismes vivants de passer du stade embryonnaire au stade adulte. A l'opposé, un défaut dans le programme provoque une prolifération anormale des cellules et génère des maladies comme les cancers. Grâce à ce subtil mécanisme d'élimination automatique, le tétard se transforme en grenouille, et le foetus humain aux doigts et pieds palmés perd les petites membranes qui, aux premiers jours, relient ses doigts et ses orteils. Cette "sculpture cellulaire de l'organisme" élimine aussi du cerveau humain les cellules neuronales ayant servi à la construction de l'édifice qui, autrement, paralyseraient son fonctionnement. Extrêmement complémentaires, les travaux des trois lauréats ont apporté un nouvel éclairage sur les origines de nombreuses maladies et ouvert de nouvelles pistes, pour le traitement d'affections comme le sida, l'infarctus, les cancers. "La somme des travaux des trois Nobel a permis de comprendre les mécanismes centraux de l'apoptose - la mort programmée des cellules - et ont ainsi contribué à la réinterpétation actuelle de la survenue de nombreuses maladies", a expliqué à l'AFP l'un des spécialistes français, Etienne Jacotot, de l'Institut Pasteur de Paris. Le premier pas a été accompli au début des années 60 par Brenner. En choisissant un ver d'un millimètre de long (Caenorhabditis elegans) il a fourni la base du travail sur lequel se sont appuyés ses deux co-lauréats. Le choix du ver répondait à un impératif précis: trouver un modèle animal. En effet, les bactéries et les levures sur lesquelles les chercheurs travaillent sont des organismes unicellulaires. Ils ne peuvent donc pas servir pour des études sur le développement des cellules et leurs interactions. Pour avancer, il fallait donc se tourner vers d'autres êtres vivants. Mais les mammifères, certes bourrés de cellules, ne pouvaient pas non plus être utilisés: trop compliqués et trop lents à se reproduire. Au contraire, le ver avait tous les avantages : multicellulaire mais relativement simple, se reproduisant rapidement, transparent et donc observable au microscope, il s'est révélé idéal. Brenner a ainsi pu montrer que des mutations génétiques spécifiques pouvaient être déclenchées artificiellement, qu'à chaque mutation, ou presque, correspond un gène spécifique et que chaque mutation a un effet propre sur le développement des organes. Par la suite, ce travail a permis à Sulston de dresser l'"arbre généalogique" du ver, une "cartographie au gène près", montrant que chacune des 1.090 cellules du ver suit le même programme de division et de différenciation et que l'invertébré perd systématiquement le même nombre de cellules - 121 - au cours de son développement. Enfin, Horvitz a découvert les deux premiers "gènes de la mort", puis un gène évitant un déclenchement intempestif du mécanisme. Il a ensuite identifié une série de "gènes-éboueurs", ayant en charge de déclencher l'élimination des cellules mortes par les cellules voisines. Grâce aux travaux des trois Nobel, "la mort cellulaire génère aujourd'hui plus de 10.000 publications spécialisées par an et des essais cliniques visant à faire se suicider des cellules devenues immortelles et cancéreuses sont déjà en cours pour lutter contre certains cancers", rappelle M. Jacotot.

http://actu.dna.fr/021007153116.zfcoax47.html

07 octobre 2002
NTT et DoCoMo inventent l'échange d'email via une poignée de mains
Les deux géants japonais des télécommunications NTT et sa filiale DoCoMo ont développé une technologie qui se sert du corps humain comme d'un réseau à large bande permettant l'échange d'emails et d'autres données à travers une simple poignée de mains, selon un journal paru lundi. Cette technologie s'appuie sur la conductivité du corps humain et y adjoint la panoplie de fonctions (stockage, agenda, etc..) d'un assistant personnel numérique (PDA, personal digital assistant), a expliqué le quotidien Nihon Keizai Shimbun (Nikkei). Le principe de ce système est de considérer le corps humain comme un circuit à travers lequel peuvent passer des signaux électriques de faible amplitude et d'ajouter un PDA à chaque extrémité du "fil", a indiqué le Nikkei en citant des sources proches de NTT et DoCoMo. Comme les sacs à mains et les vêtements transmettent également les signaux électriques, le PDA peut rester dans la poche et malgré tout envoyer ou recevoir des données. De cette manière, par une simple poignée de mains, deux personnes pourront échanger leurs adresses de courrier électronique, leurs noms et numéros de téléphones qui s'inscriront automatiquement dans leur PDA. Les deux groupes ont fait l'expérience de la transmission de données à une vitesse de 10 mégabits par seconde, soit pratiquement autant qu'une connexion internet à travers un réseau à large bande. Cette technologie devrait permettre aussi la transmission d'informations à travers une poignée de porte, des interrupteurs, un bureau ou une chaise, a indiqué le Nikkei. Cela pourrait permettre par exemple de passer plus rapidement les portillons d'entrée du métro ou de pénétrer dans des bâtiments à sécurité renforcée par une simple pression. Le système pourrait aussi faire démarrer un ordinateur, à peine l'utilisateur assis sur sa chaise, selon le Nikkei.

http://actu.dna.fr/021007074843.cskigaoa.html

07 octobre 2002
Le télescope le plus puissant du monde
Un télescope, qui distingue des objets 3 000 fois plus petits que ceux observables depuis l'espace par Hubble, vient de naître. Sa mission : étudier les galaxies.
La mise en réseau de plusieurs télescopes à ondes radio, basés en Arizona, en Espagne, en Finlande et au Chili, a permis au télescope virtuel de voir le jour. Astronome à l'Observatoire Haystack du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Sheperd Doeleman estime que ce dernier possède un pouvoir de résolution jamais atteint auparavant: il permet d'observer, de New York, les creux et les bosses d'une balle de golf située à Los Angeles. Cet appareil utilise la technique de l'interférométrie, qui combine les faisceaux de différents radiotélescopes. L'interférométrie est une technique d'observation qui permet d'atteindre une résolution supérieure à celle d'un télescope classique et donc de discerner des détails très pointus. Directrice du Radio-observatoire de l'Arizona, Lucy Ziurys précise que le télescope virtuel est capable de détecter des ondes plus courtes et des émissions radio à plus haute fréquence. Le nouveau télescope permettra d'expliquer pourquoi les galaxies dites actives, comme les radiogalaxies, les quasars et les galaxies de Seyfert, dégagent autant d'énergie. Une galaxie active est une galaxie dont le noyau libère d'énormes quantités d'énergie sous forme de rayonnement électromagnétique. Cette énergie surpasse celle que libère l'ensemble des étoiles de la galaxie. « Il existe deux types de galaxies actives : les galaxies qui sont en train de produire des étoiles et celles qui possèdent un trou noir massif en leur centre », explique Louis Bernstein, astronome au Planétarium de Montréal. « Ces galaxies éjectent des courants de particules à des millions d'années-lumière de distance. L'excès d'énergie provient de là », ajoute-t-il. Mais le mécanisme de ces éjections de matière est méconnu. Avec le nouveau télescope, les astrophysiciens espèrent donc capturer des images détaillées de ces jets de particules et comprendre le pourquoi des éruptions. Les astronomes, qui s'intéressent à la Voie lactée où de telles émissions d'énergie ont été détectées, vont maintenant observer le centre de celle-ci où existerait un trou noir supermassif. Les émissions d'énergie constitueraient la dernière trace de la matière avant que cette dernière ne soit avalée par le trou noir.
Aurélie Deléglise

http://www.cybersciences.com/Cyber/3.0/N2967.asp

05 octobre 2002
Mystérieux microquasars
Des astronomes ont observé pour la première fois des émissions d'énergie autour d'un trou noir de notre galaxie.
Des astrophysiciens du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), en France, ont observé les jets de matière d'un microquasar dans notre galaxie. Un microquasar est l'association d'un petit trou noir (étoile effondrée) et d'une étoile. Il éjecte de la matière à la vitesse de la lumière. Les chercheurs publient leurs travaux dans la revue Science du 4 octobre. Baptisé XTE J1550-564, un microquasar a été découvert en septembre 1998. C'est un trou noir d'une masse éqgale à dix fois celle du Soleil et autour duquel orbite une étoile peu massive. Stéphane Corbel, chercheur au Service d'Astrophysique du CEA, a étudié les jets de matière émis par cette source pendant plusieurs années et dans différents domaines de longueurs d'ondes. Il a suivi leur déplacement. En observant ces jets aux rayons X et à très grande distance de XTE J1550-564, les chercheurs ont démontré qu'un microquasar est capable d'accélérer des particules à des énergies considérables. Les microquasars pourraient ainsi contribuer à la production du rayonnement cosmique, ce flux de particules baignant notre galaxie et dont l'origine est inconnue. Comme les quasars, les microquasars émettent des jets de matière détectables à grande distance jusqu'au domaine des rayons X. Mais les jets émis par les microquasars évoluent beaucoup plus rapidement (semaine ou année) que ceux produits par les quasars (millions d'années). L'échelle de temps est donc plus accessible aux astrophysiciens. Les microquasars sont donc des modèles plus facilement observables que les quasars. Ils permettront d'en apprendre davantage sur les quasars, qui sont des astres très brillants au centre d'une galaxie, émettant des ondes radioélectriques.
Aurélie Deléglise

http://www.cybersciences.com/Cyber/3.0/N2966.asp

05 octobre 2002
"Demain les clones" sur Arte (Télévision)

Par Media-G le 04/10/02 France
Arte programme le magazine Demain les clones le mardi 8 à 20h45. L'enquête menée par Sophie Nahum nous entraîne à la rencontre de personnages étonnants tels que Randolfe Wicker, un activiste pro-clonage qui se consacre à la défense du clonage humain. Homosexuel, Randolfe rêve d'avoir un enfant biologique.

http://infos.tetu.com/lire/2917

05 octobre 2002
Communication quantique sans fil

Le projet d’un système de communication cryptée basé sur les principes de la physique quantique vient de franchir un pas important vers sa concrétisation. Des chercheurs britanniques sont parvenus à envoyer une ‘’clef’’ de cryptographie quantique à plus de 23,4 km via les airs, sans câble de fibre optique. Pour transmettre des messages codés, la cryptographie traditionnelle utilise des algorithmes informatiques très complexes. Le plus délicat est de communiquer à son correspondant la clef qui lui permettra de décoder les messages cryptés. Pour éviter d’envoyer un barbouze et son attaché case, les clefs sont elles-mêmes cryptées. Mais la montée en puissance des capacités de calculs informatiques rendent ces transmissions de plus en plus vulnérables. D’où le projet fou d’un système totalement sécurisé : la cryptographie quantique. L’information n’est plus codée avec des 0 et des 1, mais grâce à des photons polarisés avec des angles différents. En vertu du principe d’incertitude d’Heisenberg, l’un des fondamentaux de la physique quantique, l’observation d’une particule modifie son état quantique. Une tentative de ‘’lecture’’ des photons serait donc immédiatement trahie par ce changement, alors que la violation d’un code informatique ne peut pas être décelée. Cependant, envoyer ces faisceaux de photons n’est pas une mince affaire. Jusqu’à présent, le record était de 60 km via des fibres optiques. L’équipe de John Rarity, de QinetiQ, le laboratoire du ministère de la Défense britannique, a réussi a faire voyager le message quantique d’une montagne à l’autre, à travers plus de 23 km. On est encore loin des 1.000 km nécessaires pour atteindre un satellite en orbite basse, et d’autres difficultés demeurent, mais une étape importante vient d’être franchie. Ces travaux sont publiés aujourd’hui dans la revue Nature.
Cécile Dumas

http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20021003.OBS0895.html?1115

04 octobre 2002
Le suicide responsable de la moitié des morts violentes

La violence sous toutes ses formes, guerre, homicides, viol, suicide… tue 1,6 millions de personnes chaque année dans le monde selon un rapport rendu public jeudi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La violence est la cause principale de mortalité entre l’adolescence et le début de l’âge adulte. Les suicides représentent la moitié de ces décès par mort violente, souligne le rapport de l’OMS. L’Europe de l’Est a les taux de suicide les plus élevés. Selon Gro Harlem Brundtland, président de l’OMS, les conflits maritaux, la consommation de drogue, les armes en vente libre et les inégalités sociales sont les principales causes de la violence. En conclusion, le rapport demande davantage de politiques de prévention de la part des gouvernements et une meilleure assistance aux victimes.
http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20021004.OBS0906.html?1115


04 octobre 2002
Bébés-bulles : essai de thérapie génique interrompu

L’essai de thérapie génique mené en France sur des enfants souffrant d’un déficit immunitaire sévère, condamnés à vivre dans une bulle, vient d’être suspendu par l’AFSSAPS, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. Une complication a en effet été observée chez l’un des enfants traités par l’équipe d’Alain Fischer et de Marina Cavazzana-Calvo à l’hôpital Necker-Enfants Malades (Paris). Ces deux chercheurs de l’Inserm ont obtenu ces dernières années les premiers succès de thérapie génique pour soigner des nourrissons atteints du déficit immunitaire combiné sévère lié au chromosome X (DICS-X). Dépourvus de défenses immunitaires, ces enfants sont obligés de vivre dans un environnement stérile en attendant une greffe de moelle osseuse. Depuis 1999, dix enfants ont bénéficié de la thérapie génique dans le cadre de cet essai thérapeutique. Chez le quatrième patient, opéré en octobre 99, les chercheurs ont observé cette année un excès de certains lymphocytes T (des globules blancs) dans le sang. Selon l’AFSSAPS, cette prolifération de lymphocytes « s’apparente à une leucémie » mais il ne s’agit pas d’un cancer. Par prudence, les médecins ont suspendu l’essai avant d’en savoir plus sur cette complication.

http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20021003.OBS0903.html?1115

03 octobre 2002
Le gène de la cire d'oreille
Agence Science Presse

On sait bien que la génétique est devenue une science terriblement importante ces dernières années, mais était-il vraiment nécessaire de partir à la chasse aux gènes responsables... de la cire d'oreille? C'est bien ce qu'ont fait des chercheurs japonais, à l'École de médecine de l'Université de Nagasaki. Et on ne le croirait pas, mais il y a des raisons médicales à leur quête. C'est que la cire d'oreille révèle beaucoup de choses sur ce que vous êtes. Ainsi, les experts -il y en a- savent depuis longtemps qu'il existe deux types de cire d'oreille: humide et sèche. La première est plus fréquente chez les Européens et les Africains, tandis que la seconde se retrouve plus souvent chez les Amérindiens et les Asiatiques. Par ailleurs, on a découvert il y a quelques années que cette cire pouvait contenir des indices du risque que court une femme d'avoir le cancer du sein. Bref, identifier les gènes qui sont derrière le développement de cette matière peu ragoûtante pourrait un jour servir la société. Qui a dit qu'il ne fallait jamais juger sur les apparences?

http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0210/sci_102100142220.html

03 octobre 2002
Les gènes du moustique et du germe du paludisme séquencés

Ce résultat, fruit d'une collaboration internationale de grande ampleur, ouvre la voie à des progrès dans la lutte contre ce fléau qui tue plus de un million d'enfants chaque année. Les revues Nature et Science annoncent dans leurs prochains numéros, respectivement datés du 3 et du 4 octobre, le séquençage des patrimoines héréditaires de Plasmodium falciparum, le parasite responsable de la principale forme du paludisme, et d'Anopheles gambiae, le moustique vecteur de cet agent pathogène. Obtenu grâce à une collaboration internationale de très grande ampleur, ce résultat ouvre la voie à de substantiels progrès dans la lutte contre cette infection parasitaire qui, avec le sida et la tuberculose, constitue l'une des principales causes de mortalité à l'échelle planétaire. Pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), de telles découvertes constituent une étape décisive dans la lutte contre ce fléau. "C'est un moment extraordinaire dans l'histoire de la science, a déclaré, le 2 octobre à Genève, Carlos Morel, directeur du centre de recherche sur les maladies tropicales de l'OMS. Le pouvoir énorme de la technologie moderne perce enfin les mystères d'une maladie très ancienne qui continue de tuer des millions de personnes."
Consortium international
Le séquençage du génome d'Anopheles gambiae a pu être obtenu à partir des travaux préliminaires réalisés par des spécialistes travaillant au centre national français de séquençage – ou Genoscope – et à l'Institut Pasteur de Paris. Il a été réalisé par un consortium international mis en place en mars 2001 et réunissant notamment la société privée américaine Celera Genomics, le Wellcome Trust et l'European Bioinformatics Institute (Royaume-Uni), l'European Molecular Biology Laboratory et l'Institute for Genomic Research (TIGR, Etats-Unis). Cette entreprise était d'autre part placée sous le patronage du programme spécial sur les maladies tropicales géré par plusieurs organisations onusiennes. En France, le Genoscope a effectué une partie du séquençage et a, pour cela, bénéficié d'un financement de 1 million d'euros du ministère chargé de la recherche. La majeure partie du séquençage a été effectuée par Celera Genomics, qui a bénéficié d'un financement de 9 millions de dollars provenant de l'Institut national américain de l'allergie et des maladies infectieuses. "Notre publication dans Science couvre bien la totalité du génome du moustique vecteur de l'agent du paludisme. Mais elle ne constitue pas encore la séquence définitive, car elle comporte un certain nombre d'espaces à compléter, explique Patrick Wincker (Genoscope). Le travail de finition nous demandera encore un certain temps. Il y a à peine trois ans, les banques de données contenaient moins de 10 gènes complets de ce moustique. Avec l'analyse informatique de la séquence génomique aujourd'hui publiée, on peut estimer que ce génome comporte environ 14 000 gènes, parmi lesquels certains sont impliqués dans la transmission du parasite, dans la résistance aux insecticides, dans l'olfaction du moustique ou dans son système immunitaire." Ce résultat devrait pouvoir conduire, à terme, au développement de nouveaux moyens de contrôle de la transmission du paludisme via, notamment, une utilisation plus rationnelle des insecticides et la mise au point de nouveaux répulsifs antimoustiques. A ce résultat, il faut ajouter le séquençage de Plasmodium falciparum, un parasite appartenant à la classe des sporozoaires, qui a pour propriété d'infecter les globules rouges des mammifères, déclanchant, de la sorte, des crises de paludisme. Cette affection qui sévit sur un mode endémique dans de nombreux pays tropicaux – notamment en Afrique – se caractérise notamment par des poussées fébriles récurrentes et une anémie aux conséquences parfois mortelles. Le parasite est transmis à l'homme par la piqûre de la femelle hématophage des moustiques du genre Anopheles. On estime à 300 millions le nombre de cas cliniques annuels de paludisme et à plus de un million le nombre de morts dus à cette maladie, les décès concernant, dans 90 % des cas, des enfants de moins de 5 ans. Le séquençage du génome de ce parasite a demandé six années de travail et réuni 150 chercheurs de différents instituts américains et britanniques au premier rang desquels le TIGR. Les auteurs de ce travail, qui comparent le génome de Plasmodium falciparum à celui de Plasmodium yoelii yoelii, parasite responsable d'un paludisme des rongeurs, précisent que les 14 chromosomes de l'agent du paludisme humain comportent 5 300 gènes. Ils estiment aussi avoir identifié les bases génétiques et moléculaires de l'action pathogène de Plasmodium falciparum. Cet ensemble de données devrait permettre de mener de nouvelles et prometteuses recherches visant à mettre au point de nouveaux médicaments ainsi qu'un vaccin antipaludéen.
" De solides espoirs"
Ces perspectives sont d'autant plus intéressantes que les phénomènes de résistance du parasite aux médicaments jusqu'ici efficaces contre lui ne cessent de s'étendre, de même que la résistance des moustiques aux insecticides. Les perspectives de lutte étaient, d'autre part, assombries par les très grandes difficultés rencontrées par les quelques équipes de chercheurs travaillant à la mise au point d'un vaccin. "Cest la première fois que nous disposons des résultats du séquençage du génome d'un parasite humain ainsi que de ceux de son insecte vecteur et de sa cible humaine, souligne M. Wincker. A ce titre nous pouvons raisonnablement nourrir de nouveaux et solides espoirs."
Jean-Yves Nau

http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3244--292761-,00.html

L'ADN d'une centaine de bactéries décrypté
Lancées il y a moins d'une dizaine d'années, les entreprises de séquençage des génomes des organismes vivants atteignent progressivement leurs objectifs. Il y quelques semaines, on apprenait qu'une carte physique du génome de la souris avait été mise au point par un consortium international. Les génomes d'une centaine de bactéries ont d'ores et déjà été séquencés, le dernier en date étant celui de Streptococcus agalactiae ou streptocoque B. Chez les eucaryotes, seuls les patrimoines héréditaires d'une levure et du ver Caenorhabditis elegans ont été entièrement séquencés. Celui de la mouche drosophile est presque terminé et une ébauche de la séquence d'un premier poisson vient d'être publiée. La première version, définitive, du séquençage du génome humain est attendue pour la fin de l'année 2003. • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 04.10.02


02 octobre 2002
Le paranormal se passe entre les deux oreilles
Agence Science Presse

Phénomène paranormal? Non, simplement l'excitation d'une région très précise de son cerveau au moyen d'électrodes. Mais la description qu'a fait la dame de ce qu'elle voyait –elle était éveillée au moment de cette expérience- aurait pu être retranscrite telle quelle dans un manuel décrivant avec enthousiasme les « expériences extra-corporelles » (Out-of-Body Experiences). « Je me vois étendue sur le lit, je suis au-dessus », a-t-elle déclaré, après avoir décrit une sensation de chute, puis le sentiment d'être légère comme une plume. « Beaucoup de gens sont réticents à raconter ces expériences », parce que celles-ci sont, dans la conscience populaire, associée au paranormal, explique le neurologue Olaf Blanke, de l'hôpital universitaire de Genève (Suisse). Pour cette raison, ces incidents sont peut-être plus répandus qu'on ne l'imagine. Or, peut-être s'agit-il tout simplement de problèmes liés au cerveau, qu'il conviendrait par conséquent d'étudier davantage. L'expérience de Blanke et de son équipe, qui a porté sur une femme de 43 ans qu'ils traitaient pour épilepsie, est décrite dans la dernière édition de la revue britannique Nature. L'expérience a consisté à stimuler électriquement une région du cerveau située juste au-dessus de l'oreille droite, appelée le gyrus angulaire droit. Cette région est connue pour intégrer les images qui nous parviennent par nos yeux, avec l'aperçu que nous avons de notre propre corps –ce qui contribue, croit-on, à nous maintenir en équilibre, et à stimuler notre sens du toucher. Les chercheurs suisses sont loin d'être les premiers à faire un lien entre une excitation électrique de notre cerveau et les expériences extra-corporelles, incluant ces récits où des gens cliniquement morts ont déclaré avoir flotté au-dessus de leur corps. Depuis 1995, à l'Université Laurentienne de Sudbury (Ontario), le psychologue Michael Persinger réussit à susciter des expériences extra-corporelles et autres sensations propres au paranormal (comme le sentiment d'être environné de gens invisibles), juste en stimulant électriquement différentes régions du cerveau de ses patients. De telles stimulations électriques ne se produisent pas qu'en laboratoire : elles peuvent aussi avoir pour origine des migraines intenses, des attaques cardiaques ou des crises d'épilepsie. Et peut-être d'autres problèmes de santé, d'où l'intérêt d'étudier davantage cette piste. Une piste certes moins excitante que la piste paranormale. Mais qui a dit que la réalité devait toujours être excitante?

http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0210/sci_102100142335.html

02 octobre 2002
Greffe de cellules souches neurales chez la souris
Une équipe de neurochirurgiens américains de Pennsylvanie a réussi à greffer chez la souris soumise à un traumatisme cérébral expérimental, des cellules souches neurales (CSN) à l’endroit de la lésion, qui ont survécu, se sont divisées en neurones et en cellules gliales, et ont permis une amélioration des fonctions motrices des animaux. Le professeur Tracy McIntosh (Head Injury Center, Ecole de médecine de l’université de Pennsylvanie, Philadelphie, EU) et ses confrères avaient pour objectif d’améliorer les fonctions motrices de souris C57BL/6 (n=52) soumises à une lésion cérébrale corticale contrôlée, et greffées par injection stéréotaxique de CSN. L’étude randomisée a été réalisée avec placebo. Une nette amélioration des fonctions motrices a été constatée pendant la durée d’observation (12 semaines) entre les souris greffées avec les CSN et celles transplantées avec des cellules rénales embryonnaires servant de contrôle. Les CSN ont survécu pendant au moins 13 semaines et se sont dispersées autour de la lésion, donnant naissances à des neurones fonctionnels ainsi qu’à des cellules de la glie (astrocytes). Les auteurs s’estiment satisfaits de ces résultats et prévoient de futures études cliniques similaires chez l’homme, afin de traiter les maladies du système nerveux central comme les maladies de Parkinson ou de Huntington, et également les lésions cérébrales ischémiques ainsi que celles de la moelle épinière. Source: Neurosurgery octobre 2002;51(4):2, publication en ligne, sous presse
Pierre INIGUEZ

http://www.caducee.net/breves/breve.asp?idp=&idb=4323&cal=1

01 octobre 2002
Clonage humain : grossesses en cours, des fausses couches aussi Agence France-Presse Washington
Plusieurs grossesses viables obtenues après implantation d'embryons humains clonés sont actuellement en cours mais «il y a eu» aussi des fausses couches, a affirmé à l'AFP Brigitte Boisselier, PDG de Clonaid, une société de clonage humain liée à la secte des Raëliens. «Oui, nous avons des grossesses viables, c'est-à-dire au-delà des trois mois», a indiqué la chimiste française dans un entretien téléphonique depuis ses bureaux de Las Vegas (Nevada). Mme Boisselier a précisé que les implantations de blastocystes (embryons humains de quatre à cinq jours) avaient lieu depuis «février, mars» mais s'est refusée à donner de plus amples détails sur le nombre de grossesses en cours ainsi que sur leur état d'avancement. Interrogée pour savoir si des fausses couches étaient survenues, Mme Boisselier a reconnu: «Oui, il y en a eu, comme dans les fécondations in vitro». De nombreux spécialistes du clonage animal, dont le biologiste Rudolf Jaenisch, du Whitehead Institute du Massachusetts Institute of Technology (MIT), affirment que les tentatives de clonage d'un être humain sont, non seulement vouées à l'échec, mais «irresponsables» et «répugnantes». Il met en garde depuis longtemps contre l'application à l'homme du clonage, une technique qui connaît des taux d'échec très importants chez l'animal et résulte en une véritable «galerie des horreurs» chez les foetus avortés ou les nouveaux-nés: malformations congénitales, difformités physiques, déficiences du système immunitaire, vieillissement prématuré, etc. Chez le petit nombre d'animaux qui survivent au-delà de quelques jours, beaucoup présentent des anormalités (hypertrophie placentaire, pneumonie, déficience hépatique, obésité, vieillissement prématuré). Selon Mme Boisselier, l'examen des foetus avortés n'aurait pas révélé d'anormalités. «Nous essayons de comprendre. Beaucoup de facteurs peuvent intervenir. Cela peut être la femme qui n'est pas en état de les recevoir», a-t-elle ajouté, sans toutefois vouloir préciser le taux d'échec rencontré. Publicité Publicité En juillet dernier, à l'occasion de la première Exposition internationale Bio à Tokyo, le vice-président de Clonaid Thomas Kaenzig avait affirmé que sa société travaillait au clonage de «10 à 20 clients». Il avait précisé que «50 mères porteuses» avaient accepté de participer à l'opération. Mis à part Clonaid, d'autres scientifiques sont engagés dans la course au premier bébé cloné. Le gynécologue italien Severino Antinori avait affirmé en mai dernier que trois femmes étaient enceintes d'embryons clonés et que des équipes russes et chinoises étaient aussi à l'oeuvre. Secte ufologique et areligieuse, le mouvement des Raéliens a été créé par «Raël» (www.rael.org), alias Claude Vorilhon, un ancien journaliste français qui vit au Québec, se présente comme un prophète dans la lignée de Moïse ou Mahomet et affirme que le clonage permettra à l'humanité d'atteindre la vie éternelle. Les Raéliens, qui disent avoir 55.000 adeptes dans le monde, pensent que la vie sur la terre a été établie par des extra-terrestres arrivés en soucoupes volantes il y a 25.000 ans et que les humains ont été créés par clonage.
http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0210/sci_102100142352.html


01 octobre 2002
Il est encore temps de cloner des humains
La commission des Nations unies qui doit établir le document préparatoire à l'élaboration d'une convention internationale interdisant le clonage humain à des fins reproductives n'a pas trouvé de consensus. Le statut de l'embryon est le noeud de la discorde. L'adoption d'une convention internationale interdisant le clonage humain à des fins reproductives prend du retard, alors que les partisans de cette mesure insistent sur son urgence face aux progrès de la biogénétique. La commission des Nations unies, qui doit établir le document préparatoire à l'élaboration de cette convention, n'est toujours pas parvenue à un consensus sur un texte commun proposé par l'Allemagne et la France. Une trentaine de pays - de l'Australie au Japon en passant par la plupart des pays européens - ont adopté des législations interdisant l'application du clonage qui vise à la reproduction humaine. Mais, en raison de l'absence de convention internationale contraignante, ils redoutent de voir l'apparition de « paradis du clonage ». « Nous ne cherchons pas à répondre à un danger théorique, mais nous nous proposons d'intervenir avant qu'il ne soit trop tard, pour faire obstacle à une dérive actuellement en cours », a déclaré, au nom de la France et de l'Allemagne, le représentant français Jacques Villemain. Le blocage, selon les spécialistes de ce dossier, découle de l'opposition entre les partisans d'une interdiction immédiate du clonage reproductif à ceux qui, comme les Etats-Unis ou le Vatican, veulent que soient interdites toutes les pratiques de clonage humain qu'elles soient à but reproductif ou thérapeutique. Certains pays qui ont déclaré le clonage reproductif illégal ont en effet laissé la porte ouverte au clonage à des fins thérapeutiques qui pourrait, éventuellement, permettre le traitement de nombreuses maladies telles que la maladie d'Alzheimer qui frappe notamment l'ancien président Ronald Reagan.
Nancy Reagan contre George Bush
On peut donc comprendre le différend qui oppose George W. Bush et l'ancienne première dame des Etats-Unis, Nancy Reagan, sur le financement fédéral de la recherche sur les cellules embryonnaires. A 81 ans, Nancy Reagan milite en faveur d'une aide fédérale pour ce type de recherche. « On perd beaucoup de temps », a-t-elle récemment confié à un ami invité à transmettre ses déclarations au « New York Times ». Le quotidien rapporte que Nancy Reagan a contacté personnellement 20 membres du Congrès, alerté des responsables et discuté avec des scientifiques de haut niveau.
S. H.
Les foetus gagnent un droit aux soins
L'administration Bush a édicté une nouvelle réglementation autorisant désormais les Etats américains à utiliser des programmes fédéraux d'assurance médicale infantile pour couvrir des soins prénatals. Cette réglementation permettra aux autorités de considérer un fœtus comme un enfant ayant droit aux soins, soins subventionnés par le gouvernement fédéral. Grâce à une récente loi, les compagnies d'assurances peuvent déjà refuser la couverture de l'interruption de grossesse et les services de santé ont le pouvoir de s'abstenir de conseils en matière de planning familial. Les partisans de l'avortement soupçonnent l'administration Bush de vouloir revenir sur la décision de la Cour suprême, en 1973, de reconnaître le droit des femmes à l'interruption de grossesse.


01 octobre 2002
Ecstasy: de nouveaux dégâts cérébraux mis en évidence

Une nouvelle étude révèle de nouveaux dégâts catastrophiques causés par une prise même occasionnelle d'ecstasy sur les cellules cérébrales contrôlant le mouvement, les réponses émotionnelles et cognitives, et les centres du plaisir. Lors d'expériences en laboratoire sur des singes-écureuils (saïmiris) et des babouins, des chercheurs de l'Université Johns Hopkins ont mis en évidence des lésions graves et irréversibles occasionnées par quelques doses d'ecstasy sur les neurones à dopamine entraînant à terme des effets semblables à la maladie de Parkinson. Si l'ecstasy a le même effet chez l'homme que chez le singe, les chercheurs avertissent que les effets neurotoxiques de l'ecstasy pourraient n'apparaître que plusieurs années après l'absorption. "L'implication la plus troublante de nos conclusions est que les jeunes adultes prenant de l'ecstasy courent un risque accru, au fur et à mesure qu'ils vieillissent, de développer un parkinsonisme, une affection similaire à la maladie de Parkinson", a mis en garde George Ricaurte, neurologue à l'école de médecine de l'Université Johns Hopkins. "L'absence d'effets nuisibles immédiats et évidents de l'ecstasy est en partie responsable de la croyance largement répandue que cette drogue est sûre. Mais le public doit être conscient que l'usage d'ecstasy, même lors de prises occasionnelles, peut endommager les cellules cérébrales et avoir de graves conséquences", poursuit le Dr Ricaurte. Le parkinsonisme survient lorsque les neurones dopaminergiques sont tellement endommagés que la production de dopamine dans le cerveau est inférieure de 90% à son niveau normal. Les résultats de ces travaux sont détaillés dans la revue Science publiée cette semaine. Des études précédentes avaient déjà mis en évidence un des effets de l'ecstasy sur la biochimie cérébrale, à savoir la déperdition dans le cerveau de sérotononine, un neurotransmetteur qui joue un rôle dans la régulation des humeurs et du comportement. La maladie de Parkinson est causée par une diminution durable et irréversible de la production de dopamine par le cerveau. La MDMA (3,4 méthylène-dioxy-méthamphétamine) ou ecstasy provoque ainsi chez le consommateur un effet euphorisant immédiat, un sentiment d'intimité, d'intense plaisir et aussi d'infatigabilité, le tout parfois suivi d'épisodes dépressifs. Les chercheurs ont donné trois doses d'ecstasy à des singes-écureuils à trois heures d'intervalle pour simuler une prise occasionnelle typique lors d'une nuit blanche dansante. En plus du déficit de sérotonine dans le cerveau, ils ont constaté de sérieuses carences durables et à long terme en dopamine, un autre neurotransmetteur qui intervient sur le circuit cérébral de "récompense" et participe au contrôle de la motricité. Un examen plus approfondi dans la région du striatum, une région sous-corticale du cerveau impliquée dans la motricité, a montré que 60 à 80% des terminaisons des neurones dopaminergiques étaient détruites. Pour vérifier que ces résultats n'étaient pas liées à la variété de singes retenue, ils ont répété l'expérience chez des babouins et ont abouti aux mêmes conclusions de graves lésions neuronales. Deux des singes sont morts rapidement d'hyperthermie brutale, un effet susceptible d'ailleurs de survenir chez l'homme. "Nous ne savons pas encore si nos conclusions chez les primates non-humains sera généralisable aux être humains mais il va sans dire qu'il s'agit d'une préoccupation majeure", a souligné le Dr Ricaurte. "Cette étude montre qu'un usage même occasionnel d'ecstasy peut avoir des effets à long terme sur différents systèmes cérébraux", estime Alan Leshner, ancien directeur de l'Institut national contre l'abus de drogue (NIDA). Pour lui, le message aux jeunes est clair: "Ne jouez pas avec votre cerveau".
http://actu.dna.fr/020930164115.26bet2uq.html

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