Pas
si futile le babillage des bébés...
Le risque du gène en trop
Deux cigarettes par semaine peuvent suffire pour...
Les députés australiens interdisent le clonage humain
L'alimentation à base d'OGM saine, selon la directrice générale...
Découverte de l'enzyme de l'oubli
Les enfants élevés au contact des chiens ou chats sont moins allergiques
Étiquetage volontaire pour les OGM
Contrairement à ce que pensaient les astronomes...
ARN : une bonne nouvelle pour la "gêne-éthique"
Un anaconda femelle isolée depuis 26 ans se reproduit mystér...
Mitochondrie paternelle
Grand-Bretagne: progrès dans la transplantation d'organes de porcs
Des chercheurs japonais veulent ressusciter le mammouth
Apport calorique et risque d’Alzheimer
Première : une greffe d'utérus mène à une grossesse
Un «interrupteur» de protéines influerait sur la perte de poids
Le muscle artificiel est arrivé
Découverte du gène responsable du bon emplacement des viscères
Sperme de bouc et de cochon produit par des souris
Les sondes Voyager s'approchent d'une région inexplorée...
Comme si on y était !
Clonage d'un bébé : un couple américain invoque la volonté de Dieu
La bête humaine
Une souris qui mange sans grossir
Le serpent volant
Une découverte génétique pourrait révolutionner la médecine
Trilobite, un aspirateur-robot totalement autonome
Le virus de la Poliomyélite recréé en laboratoire
L'hormone de satiété
La vitesse de la lumière ne serait pas constante
Clonage humain : l'épisode sud-coréen
Le sexe de l'émotion
Fertilité retrouvée ?
Le génome de la souris mis en carte
Génétiquement criminel
Un document sur le clonage
Les États-Unis vont autoriser des OGM expérimentaux...
Longévité humaine et restriction calorique
Améliorer l'humain : une nouvelle Renaissance ?
G-B : fécondation in vitro sur mesure interdite à des parents
Nouvel espoir pour les victimes de lésion de la moelle épinière
Conception à partir des cellules germinales du fœtus
30
août 2002
Pas si futile
le babillage des bébés...
Paul Recer Associated Press Washington
Pour les adultes, il semble dénué de sens et pourtant le babillage
des nourrissons est un exercice linguistique essentiel pour l'acquisition
de leur langage futur, selon une étude américaine publiée vendredi
dans la revue Science. «Quand un bébé babille, il se donne du mal
pour trouver les sons qui vont faire son langage et les assembler»,
a souligné Laura-Ann Petitto, chercheur au Collège Dartmouth, et
premier auteur de l'étude. «Il construit un langage compréhensif.»
L'étude menée par ce professeur de psychologie et de biologie du
cerveau a porté sur dix bébés âgés de cinq à douze mois. Elle souligne
que les sons qui composent leur babil sont commandés par une partie
du cerveau, alors que les sons autres que le babillage et le sourire
le sont commandés par une autre partie du cerveau. «Ceci suggère
que la fonction du langage se développe très tôt», a estimé le Pr
Petitto. Pour aboutir à ce résultat, Laura-Ann Petitto et Siobhan
Holowka, coauteur de l'étude, ont analysé les mouvements des lèvres
des bébés lors du babil, lorsqu'ils émettaient d'autre sons, ou
lorsqu'ils souriaient. Les enfants, dont la moitié était issue de
familles anglophones, et l'autre moitié de familles francophones,
étaient filmés. Le film était ensuite passé au ralenti pour permettre
aux chercheurs de procéder à une analyse précise des mouvements
de la bouche. La scientifique a précisé qu'elle avait étudié des
bébés francophones et anglophones pour prouver que ces mouvements
ne sont pas liés à la langue maternelle. Selon leurs observations,
au moment du babil, la bouche s'ouvre de façon plus importante à
droite, alors qu'elle est plus ouverte à gauche lorsque le bébé
sourit. Pendant les vocalises, l'ouverture de la bouche est symétrique,
les deux côtés travaillant de la même façon. Une différence qui
correspond aux zones du cerveau activées aux cours des différents
mouvements. Selon Laura-Ann Petitto, «le cerveau gauche contrôlant
la partie droite de la bouche, c'est donc le côté gauche du cerveau
qui commande le babillage». «L'hémisphère gauche est dédié à l'apprentissage
du langage», a-t-elle ajouté. Une fonction qui, selon elle, s'acquiert
plus tôt que l'on croyait. Le sourire est commandé par le cerveau
droit, le siège des émotions. «Notre étude souligne qu'à cinq mois
déjà, le centre des émotions des bébés est déjà impliqué.» A terme,
étudier la motricité de la bouche lorsque le bébé s'exprime pourrait
permettre aux spécialistes de dépister les troubles du langage sans
attendre sa complète acquisition. Les experts avaient déjà découvert
les propriétés caractéristiques des sons émis par les bébés et avaient
même fait la différence entre le babillage et les sons non spécifiques.
Un babillage authentique comporte une voyelle, une consonne et une
seule syllabe qui est répétée sans cesse. «Quand un bébé dit da-da-da-da,
ou ba-ba-ba-ba ou ga-ga-ga-ga, vous l'entendez facilement», a expliqué
le Pr Petitto. «Ce babillage ne ressemble pas à un son qui n'est
pas répété comme «ahhhhhhh». Là, il n'y a pas de babillage.»
http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0208/sci_102080131555.html
29
août 2002
Le risque
du gène en trop
(Agence Science-Presse)
Un rapport qui tombe à un bien mauvais moment pour les défenseurs
des manipulations génétiques: l’Académie nationale des sciences
des États-Unis (NAS) vient de déposer une étude, longtemps attendue,
qui conclut que les animaux transgéniques présentent une série de
risques pour l’environnement et la santé humaine. Ce qui n’arrange
rien, les efforts entrepris pour gérer ces risques sont chaotiques,
et probablement inadéquats, juge le comité d’experts, mis sur pied
par la NAS à la demande de l’Administration américaine des aliments
et drogues. En s’attardant donc aux efforts de clonage d’animaux,
et de production de bestioles chez qui le gène d’une autre bestiole
a été inséré avant la naissance —par exemple, afin de produire un
médicament dans le lait- le rapport envoie un croc-en-jambe à l’industrie
des biotechnologies, qui carbure à la génétique depuis quelques
années. Des fuites d’animaux "modifiés" dans la nature, souligne
le comité, se sont déjà maintes fois produites (par exemple, avec
des saumons), et on ne sait que peu de choses sur l’impact que ces
animaux auront sur leurs cousins "normaux". L’étude ne recommande
pas une interdiction des manipulations génétiques, mais lance un
appel —désespéré, diront certains- à un plus grand nombre d’études
scientifiques, avant que les expériences ne soient poussées plus
avant. Des milliers de travaux de recherche directement visés sont
en cours, en ce moment même, aux quatre coins des Etats-Unis.
http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2002/cap2608024.html
29
août 2002
Deux cigarettes
par semaine peuvent suffire pour développer une dépendance
Une étude de l'Université du Massachusetts démontre que les enfants
deviennent rapidement dépendant à la nicotine. En effet, deux cigarettes
par semaine peuvent suffire à créer une dépendance, et cela même
en fumant relativement peu. Ce qui est étonnant dans ces résultats,
selon les chercheurs, c'est que les enfants deviennent dépendants
à la nicotine à une rapidité étonnante et avec des quantités de
tabac si faibles que personne n'avait considéré cela comme possible.
Jusqu'à maintenant, les chercheurs pensaient que la dépendance ne
survenait que lorsque les jeunes fumaient au moins dix cigarettes
par jour, mais l'étude démontre que la moitié des jeunes qui présentent
des signes de dépendance au tabac fumaient en moyenne deux cigarettes
par semaine, et pour 66% d'entre eux, la dépendance apparaissait
avant qu'ils ne fument quotidiennement. L'étude démontre aussi que
pour les filles, la dépendance est apparue plus vite que chez les
garçons, trois semaines en moyenne (contre 183 jours) après avoir
commencé à fumer de temps en temps. Les auteurs soutiennent que
le cerveau adolescent, encore en développement, serait plus vulnérable
aux dépendances que celui des adultes, et l'impact de la nicotine
serait plus fort et plus long chez les adolescents. Cette étude
est publiée dans la revue Tobacco Control .
http://radio-canada.ca/url.asp?/nouvelles/sante.asp
29
août 2002
Les députés
australiens interdisent le clonage humain
CANBERRA (AP)
Les députés australiens ont voté à l'unanimité jeudi l'interdiction
du clonage humain, tout en repoussant à plus tard la question des
recherches sur les cellules-souches de l'embryon humain. Après ce
vote de la Chambre des représentants, ce projet de loi devrait être
facilement adopté par le Sénat. L'interdiction du clonage proposée
dans le texte allait également de pair avec la possibilité de pouvoir
utiliser des cellules-souches de l'embryon pour la recherche. Mais
les deux questions ont été séparées en deux textes distincts et
seule l'interdiction du clonage a été soumise au vote. Aucune date
n'a été fixée pour le vote concernant la recherche sur des cellules-souches.
Des vacances parlementaires de quinze jours débuteront vendredi.
http://fr.news.yahoo.com/020829/5/2qbi9.html
28
août 2002
L'alimentation
à base d'OGM saine, selon la directrice générale de l'OMS
HARARE (AFP)
La nourriture issue d'organismes génétiquement modifiés (OGM) est
saine pour la consommation humaine et devrait être utilisée pour
lutter contre la famine menaçant des millions de personnes en Afrique
australe, a estimé mercredi Gro Harlem Brundtland, directrice générale
de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Mme Brundtland a affirmé
dans un communiqué ne pas être "au courant de cas scientifiquement
documentés selon lesquels la consommation de tels aliments a eu
des effets nuisibles pour la santé de l'homme". "Ce type de nourriture
peut donc être consommé", a-t-elle ajouté. Les agences de l'ONU
estiment à 14 millions --dont 2,3 millions d'enfants de mois de
cinq ans-- le nombre de personnes qui risquent d'avoir à lutter
contre la famine en Afrique australe. Au moins 300.000 personnes
pourraient mourir de faim ou de maladie dans les six prochains mois,
selon des statistiques de l'OMS, si des mesures urgentes ne sont
pas prises pour protéger les plus vulnérables. Confrontée à une
sévère famine, la Zambie refuse toute aide alimentaire contenant
des OGM malgré les avertissements du Programme alimentaire mondial
(PAM) sur le risque de voir mourir quelque 2 millions de personnes
dans ce pays. "Les gouvernements de pays d'Afrique australe doivent
prudemment envisager les conséquences graves et immédiates de la
limitation de l'aide nutritionnelle mise à disposition pour des
millions de personnes désespérément dans le besoin", a déclaré Mme
Brundtland. Le Zimbabwe --le pays le plus menacé avec 6 des 13 millions
de personnes affectées par cette crise humanitaire dans la région--
ainsi que le Mozambique ont fait taire leurs craintes à l'égard
des organismes génétiquement modifiés, tandis que le Malawi, le
Lesotho et le Swaziland n'ont pas soulevé d'objections, avait indiqué
le 23 août à Genève le directeur exécutif du PAM, l'américain James
Morris.
http://www.larecherche.fr/afp/n020828201254.gagpeo13.html
28
août 2002 
Découverte de l'enzyme de l'oubli
Rick Callahan Associated Press Indianapolis
Des scientifiques suisses ont réussi à améliorer les capacités d'apprentissage
et de mémorisation de souris de laboratoire en bloquant l'action
d'une enzyme cérébrale, le PP1. Une découverte qui pourrait, selon
eux, conduire à traiter les troubles de la mémoire des personnes
âgées. Ces travaux sont publiés jeudi dans la revue scientifique
Nature par une équipe suisse conduite par Isabelle Mansuy, de l'Institut
de biologie cellulaire à Zurich. Selon elle, on savait jusqu'ici
que l'enzyme PP1 jouait un rôle dans les pertes de mémoire, sans
savoir lequel. Pour mener leurs travaux, les chercheurs ont procédé
à une manipulation génétique des souris facilitant le blocage de
l'enzyme PP1. Ils ont découvert que les souris chez lesquelles le
PP1 était inhibé apprenaient plus facilement et étaient dotées d'une
meilleure mémoire que les autres. Les animaux étaient évalués sur
leurs capacités à reconnaître des objets particuliers et à retrouver
l'emplacement d'une plate-forme de sortie noyée dans un conteneur
d'eau opaque. Même les souris les plus âgées étaient plus habiles
lorsque l'enzyme PP1 avait été bloquée. Une découverte qui ouvre
la voie à un éventuel traitement des troubles de la mémoire des
personnes âgées, a estimé Isabelle Mansuy. «Cette expérience nous
montre que dans les cerveaux âgés, le système moléculaire n'est
pas totalement détruit et que les fonctions de mémoire peuvent être
restaurées uniquement si l'enzyme PP1 est bloqué», s'est-elle félicitée.
Selon le Dr Eric Kandel, professeur à l'Université Columbia et colauréat
du Prix Nobel de médecine 2000 pour ses travaux sur la mémoire,
ces travaux représentent une étape importante dans la compréhension
de la formation de la mémoire à long terme. Dans une seconde étude
publiée dans «Nature» et portant elle aussi sur la biologie cérébrale,
des chercheurs écossais ont montré qu'une mutation génétique liée
à la maladie d'Alzheimer pouvait aussi détériorer les facultés mentales
des personnes pourtant indemnes de cette maladie générative. Sur
les 466 personnes étudiées, 121 étaient porteuses de la mutation
génétique APOE E4, qui augmente le risque de maladie d'Alzheimer,
sans qu'aucune d'entre elles ne souffre de cette maladie. Toutes
avaient bénéficié d'un test d'évaluation des fonctions cérébrales
à 11 ans et d'un autre à 80 ans. Alors que le test pratiqué à 11
ans donnait les mêmes résultats chez les 466 personnes, qu'elles
soient porteuses de la mutation ou non, les résultats à 80 ans étaient
légèrement moins bons chez les porteurs de la mutation APOE E4.
http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0208/sci_102080131206.html
28
août 2002
Les enfants
élevés au contact des chiens ou chats sont moins allergiques
Agence France-Presse Washington
Les enfants élevés au contact de chiens ou de chats ont un risque
fortement réduit d'être sujets aux allergies les plus communes,
selon les résultats d'une étude américaine à paraître mercredi,
portant sur près de 500 enfants de la naissance à l'âge de sept
ans. «Nous avons examiné nos données pour savoir si l'exposition
aux chiens ou chats augmentaient les risques, et les données n'ont
pas été dans le sens que nous attendions. En fait, c'était nettement
le contraire», a expliqué le Dr Dennis Ownby, directeur du service
d'allergologie de la faculté de médecine de Géorgie, qui a mené
l'étude. Les chercheurs ont suivi pendant sept ans un groupe de
474 bébés, comparant les 184 enfants exposés durant leur enfance
à un minimum de deux chiens ou chats aux 220 enfants qui n'avaient
pas eu de contact avec ces animaux. Ils ont découvert que les enfants
exposés à deux animaux domestiques ou plus avaient un risque réduit
de moitié d'être sujet aux allergies les plus communes. À titre
d'exemple, 15,5% des enfants sans chien ou chat au foyer étaient
allergiques aux chats, contre 11,6% des enfants avec un chien ou
un chat et 7,7% des enfants élevés avec deux animaux ou davantage.
La même tendance a été trouvée chez les enfants ayant une allergie
aux chiens, de 8,6% à 3,5% et à 2,6% respectivement. «La conclusion
est peut-être que la raison pour laquelle tant d'enfants ont des
allergies et de l'asthme est que nous vivons de façon trop propre»,
selon le Dr Ownby, dont l'étude est publiée dans le Journal of the
American Medical Association. «Que se passe-t-il quand des enfants
jouent avec des chats ou chiens? Les animaux les lèchent. Le léchage
transmet de nombreuses bactéries qui pourraient modifier la façon
dont le système immunitaire y répond, d'une façon aidant à protéger
des allergies», a estimé le spécialiste. «On a appris aux allergologues
pendant des générations que les chiens et chats dans la maison étaient
mauvais car ils augmentaient les risques d'y devenir allergique,
nous savons que pour devenir allergique à quelque chose, il faut
y être exposé de façon répétée», a poursuivi le Dr Ownby. Mais les
résultats «sont exactement le contraire de ce que nous aurions pu
prédire», a-t-il souligné.
http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0208/sci_102080130894.html
27
août 2002
Étiquetage
volontaire pour les OGM
Le Comité consultatif canadien de la biotechnologie a estimé, dans
son rapport, que les organismes génétiquement modifiés ne présentaient
pas de danger pour la santé. Toutefois, les auteurs du rapport recommandent
une surveillance attentive et surtout l'étiquetage, volontaire mais
conforme à un cadre réglementaire défini, des aliments qui en contiennent.
Les experts, dont le rapport a été remis à sept ministères fédéraux,
dont ceux de la Santé, de l'Agriculture et des Pêches et océans,
suggèrent un délai de cinq ans, au-delà duquel il serait possible
d'imposer l'étiquetage obligatoire en cas de mauvaise volonté des
industriels. L'étiquetage, a souligné le comité, vise à informer
les consommateurs, mais ne signifie pas que les OGM soient nocifs
pour les êtres humains ou l'environnement. Le Canada, recommande
le comité, doit se faire l'avocat sur la scène internationale de
l'adoption d'une norme universelle d'identification des OGM. Les
Canadiens réclament l'étiquetage Les associations de consommateurs
ont dénoncé les conclusions «tendancieuses» du comité. Nadège Adam,
du Conseil des Canadiens, reproche aux experts de ne pas avoir tenu
compte des sondages, qui indiquent que la population réclame l'étiquetage
obligatoire. L'Association des biologistes du Québec et les experts
scientifiques de la Société royale du Canada se sont récemment prononcés
en faveur de l'étiquetage obligatoire. Par ailleurs, Mme Adam accuse
le comité de ne pas respecter le principe de précaution, qu'il cite
pourtant, en ne recommandant pas le retrait des marchandises contenant
des OGM jusqu'à ce que l'on ait prouvé leur innocuité. En octobre
dernier, les députés fédéraux ont rejeté le projet de loi C-287
qui aurait rendu obligatoire l'étiquetage des produits alimentaires
contenant des OGM. Au contraire du Canada, l'Union européenne se
montre particulièrement sévère. En juillet dernier, le parlement
européen a adopté de nouvelles mesures qui font de l'Europe la région
la plus stricte vis-à-vis des OGM.
http://radio-canada.ca/url.asp?/nouvelles/sante.asp
27
août 2002 
Contrairement à ce que pensaient les astronomes,
les étoiles massives, de plusieurs dizaines de fois la masse du
Soleil, peuvent se former dans les régions de l'Univers riches en
métaux, considérés jusqu'ici comme des entraves à la croissance
stellaire.
Agence France-Presse Paris
Pour la première fois, une équipe européenne de chercheurs conduite
par Daniel Schaerer, de l'Observatoire Midi-Pyrénées, vient en effet
d'observer, à l'aide d'un des instruments du VLT (Very Large Telescope)
de l'ESO, au sommet du mont Paranal (Chili), des étoiles massives
dans un amas de galaxies. Cette observation, dont le compte-rendu
sera publié prochainement dans la revue Astronomy and Astrophysics,
implique en particulier l'existence de ce type d'étoiles au sein
de la plupart des noyaux de galaxies. « La présence ou l'absence
de telles étoiles au centre d'un galaxie, estiment les chercheurs,
doit avoir une influence considérable sur la région toute entière
et, vraisemblablement, sur l'évolution de l'ensemble de la galaxie
». Les éléments de notre Univers, selon la théorie actuellement
en vigueur, sont issus de l'hydrogène, de l'hélium et de leurs isotopes,
eux-mêmes apparus dans les premiers instants de l'Univers, peu après
l'explosion « initiale » (le Big-Bang), il y a treize à quinze milliards
d'années. Par des processus de fusion nucléaire, ces deux éléments
ont progressivement donné naissance à des éléments plus lourds,
au coeur des étoiles et lors de la mort, par explosion en supernovae,
des plus massives d'entre elles. Mais, même maintenant, l'essentiel
de la matière visible demeure largement constituée d'hydrogène et
d'hélium, et non d'éléments plus lourds : les métaux. Par spectroscopie,
les astronomes peuvent observer dans l'Univers des régions particulièrement
riches en métaux. Jusqu'ici, les conditions qui président à la formation
stellaire demeurent largement inconnues. Nombre de chercheurs admettent
toutefois que les étoiles massives ne pouvant se former dans des
régions riches en métaux. En grande quantité, ces éléments sont
censés avoir un effet répulsif et capables de disperser les nuages
dans lequel sont en train de se former les étoiles. Pourtant, avec
un des instruments du VLT, David Shaerer et ses collègues ont observé,
dans l'amas (de galaxies) Virgo, distant de quelque 50 millions
d'années-lumière, 85 régions riches en métaux (des régions dites
"H II", c'est-à-dire constituées entre autre d'hydrogène ionisé
une fois) voisines de galaxies spirales. « La présence d'étoiles
de Wolf-Rayet, type d'étoiles chaudes et massives connues également
dans la Voie lactée composé notamment de carbone doublement et triplement
ionisé, a été détectée dans 27 de ces régions », précisé l'équipe.
Dans une des régions choisies, deux étoiles Wolf-Rayet ont même
pu être observées directement. Les étoiles massives, avec leur puissant
champ électromagnétique et leurs fortes émissions de particules,
jouent un rôle essentiel dans la vie des galaxies, du milieu interstellaire
et des nuages moléculaires. De même lorsqu'elles meurent. Avec cette
découverte inattendue, les modèles d'évolution des galaxies devront
désormais, pour être complets, prendre en compte la présence ou
l'absence de ces objets célestes.
27
août 2002 
ARN : une bonne nouvelle pour la "gêne-éthique"
Alors que des chercheurs américains remettent en cause le clonage
sur les animaux pour des raisons de santé, la découverte de l'interférence
ARN, permettant d'activer et de réactiver des gênes, arrive à point.
Ces travaux, qui ne nécessiteront pas de manipulations génétiques,
offrent de nouveaux espoirs de traitements contre les maladies virales
ou les cancers, comme l'explique François Dautry, responsable de
recherches au CNRS. Un grand pas vient d'être franchi dans le domaine
de la biologie. Un mécanisme appelé " interférence ARN ", permettant
de désactiver et de réactiver des gênes, notamment pathogènes, a
été mis au jour par deux équipes de chercheurs, l'une américaine,
l'autre européenne. Cette découverte majeure est déjà utilisée dans
la plupart des laboratoires depuis un an. Mais la nouveauté vient
du fait que, le mois dernier, des tests ont été menés avec réussite
sur des cellules humaines. Jusqu'à présent, les recherches n'avaient
porté que sur des plantes (pétunias, champignons) et des animaux
(vers, mouches). Les chercheurs ont cette fois réussi à immuniser
des cellules contre le virus du SIDA et de la poliomyélite. Cette
découverte marque donc le passage à une nouvelle ère dans le domaine
de la biologie que les chercheurs nomment période post-génomique.
En fait, toutes les informations génétiques sont contenues dans
l'ADN (lui-même composé de deux branches, la deuxième étant "complémentaire"
de la première). Mais pour que les cellules puissent les lire et
exécuter les ordres du programme génétique, ces informations doivent
tout d'abord être transformées en une molécule voisine de celle
de l'ADN : l'ARN. La découverte est en fait très simple. Les chercheurs
ont montré que si, au lieu d'avoir uniquement une copie ARN de l'information
génétique, on obtenait également une copie ARN du message complémentaire
(correspondant au deuxième bras de l'ADN), alors l'information est
inhibée et la cellule n'exécute plus l'ordre donné. L'interférence
ARN permet donc, mais pour l'instant uniquement en laboratoire,
de modifier l'expression de n'importe quel gêne, de manière transitoire,
à condition de connaître sa séquence. " Or, on connaît pratiquement
la séquence de tous les gênes chez l'homme et la souris ", fait
remarquer François Dautry. Problème : on ne sait toutefois pas quelle
est leur fonction exacte. La plus grande difficulté consiste donc
désormais à transférer sur un organisme humain les expériences menées
en laboratoire. " En laboratoire, explique François Dautry, on a
les moyens de faire pénétrer une molécule d'ARN double brins (comprenant
la copie de l'information génétique et celle du message complémentaire)
dans les cellules, sans que ça pose de problèmes majeurs. Mais on
est alors obligé de trouer l'enveloppe des cellules. Faire la même
chose sur un corps humain va nécessiter l'utilisation de cellules
intermédiaires, de vecteurs, qui feront pénétrer dans les cellules
de l'organisme, sans les abîmer, les molécules d'ARN ". Le problème
fondamental auquel sont confrontés les chercheurs est désormais
d'ordre pharmacologique : fabriquer des médicaments qui pénétreront
dans les cellules sans causer de dégâts. " Mais il faut faire très
attention et ne pas désactiver n'importe quel gêne, met en garde
le directeur de l'Institut André Lwoff. En effet, un gêne peut être
indispensable à une cellule. Si on empêche l'expression de ce gêne,
la cellule peut mourir ". Cette découverte ouvre cependant des portes
vers de nouveaux traitements contre les maladies virales (VIH, hépatites,
fièvres hémorragiques comme le virus Ebola etc.), les cancers et
même les phénomènes de rejet en cas de greffes. " Il y a des possibilités
d'utilisation thérapeutique de l'interférence ARN à long terme,
admet François Dautry. Notamment pour inhiber l'expression des gênes
étrangers au corps humain. Par exemple, dans le cas d'infections
virales, le virus apporte son information génétique dans les cellules.
Il suffit, en théorie, d'empêcher l'expression des gênes viraux
pour éviter l'infection et sa propagation. Il a été démontré cet
été que cette stratégie fonctionne sur différentes infections virales
dont le VIH ". Les malades du SIDA, notamment ceux résistants à
tous les traitements existants actuellement, espèrent maintenant
que ces avancées scientifiques aboutiront au lancement sur le marché
d'une nouvelle gamme de médicaments. La vraie révolution dans ce
domaine serait d'arriver à un produit qui élimine complètement le
virus. Et on en est malheureusement encore loin… La même règle est
appliquée dans le cas de cancers et autres pathologies tumorales
: " Comme l'information génétique est différente dans les cellules
cancéreuses et les cellules normales, on peut, en principe, empêcher
l'expression des gênes malades sans causer d'effets sur les cellules
saines ", affirme François Dautry. Encore faut-il introduire ces
molécules thérapeutiques dans les cellules tumorales, ce qui n'est
pas une mince affaire en raison de la structure même des tumeurs.
Les premières expériences de ce type détermineront si empêcher l'expression
d'un gêne modifié va réellement induire la mort des cellules tumorales.
Toujours est-il qu'aussi extraordinaire que puisse être cette découverte,
elle n'offre pas encore d'espoirs concrets pour les maladies génétiques.
En effet, dans ce genre de cas, la personne est porteuse de défauts
dans ses informations génétiques depuis sa naissance. Or, comme
le démontre François Dautry, " empêcher le fonctionnement du ou
des gênes responsable(s) de la maladie génétique n'enlèvent pas
les défauts ". Pour résoudre le problème, il faudrait intervenir
directement sur l'embryon de manière à ce qu'à la naissance, l'individu
ne soit pas porteur de ces défauts. Seconde difficulté, les chercheurs
savent actuellement travailler sur un ou deux gênes simultanément
mais pas, situation plus complexe, sur une multitude de gênes, comme
c'est le cas, par exemple, pour les trisomies 21 (où il existe un
chromosome de plus, donc un nombre très important de gênes supplémentaires).
La mise au jour de l'interférence ARN aura au moins comme conséquence
indéniable d'accélérer le rythme des découvertes en biologie. En
effet, " c'est un mécanisme central du monde vivant ", explique
le directeur de l'Institut André Lwoff. C'est-à-dire que chaque
cellule possédant un noyau (autrement dit tous les êtres vivants
- végétaux, animaux ou humains - en dehors des bactéries) sont soumis
à ce dispositif. Il a ainsi été avéré que, chez les plantes, ce
mécanisme leur permettent de se défendre contre les infections virales.
Elles l'utilisent pour empêcher l'expression du virus et deviennent
ainsi résistantes aux infections. Même si rien ne permet encore
de dire que des médicaments dérivés de cette découverte arriveront
sur le marché à court terme, les industries pharmaceutiques voient
déjà les profits qu'elles pourront en tirer, et financent généreusement
ces recherches. Elles pourront en effet, grâce à l'interférence
ARN, tester différents gênes pour déterminer, en une semaine seulement,
lequel est responsable du type de pathologie à soigner. Une fois
le bon gêne ciblé, elles rechercheront alors des inhibiteurs classiques
sur ce gêne précis grâce à des tests de pharmacologie standard.
Le temps de recherche en sera donc considérablement abaissé. Encore
quelques années ou quelques décennies quand même d'attente pour
les malades, avant de pouvoir bénéficier de ces avancées scientifiques.
Et pour les firmes pharmaceutiques avant de commencer à récolter
les fruits de leurs investissements....
Maryse Borgetto ©Digipresse 2002
http://fr.news.yahoo.com/020827/108/2q8k6.html
23
août 2002 
Un anaconda femelle isolée depuis 26 ans se reproduit
mystérieusement à Rio
Rafaela, une anaconda de 32 ans, a mystérieusement donné naissance
à 23 petites femelles alors qu'elle vit depuis 26 ans isolée avec
une dizaine de boas dans un vivarium de l'Etat de Rio, ont indiqué
mercredi des biologistes. Seulement trois des "bébés" ont survécu.
Ils possèdent tous 100% des caractéristiques des anacondas (ou eunectes).
Cette espèce de serpents aquatiques peut mesurer jusqu'à 10 mètres
de long. Rafaela en fait cinq et pèse 45 kg. Le mystère sur "le
père des petites" sera élucidé par le Département de Recherches
Génétiques de l'Institut National du Cancer (Inca) de Rio, qui va
effectuer des tests d'ADN sur la mère, ses filles et les boas. D'ors
et déjà, le biologiste Anibal Gimenez émet trois hypothèses. La
première, que Rafaela ait croisé avec l'un des boas du vivarium,
est "scientifiquement peu probable", car les boas sont des "boïdés".
"Bien que de la même famille, ce serait comme si un homme croisait
avec un singe", a expliqué le scientifique. Selon la seconde, l'anaconda,
capturée par l'armée en 1976 dans le centre-ouest du Brésil, pourrait
s'être accouplée à l'époque avec un mâle et avoir conservé pendant
tout ce temps le sperme dans un organe réservoir. "Cette hypothèse
a déjà été prouvée chez des reptiles comme le serpent à sonnettes
mais jamais pour une durée aussi longue", a précisé le biologiste.
La dernière hypothèse, "la plus probable" serait que l'anaconda
ait vécu un rare phénomène de parthénogenèse (division cellulaire
qui forme un embryon, sans fécondation). "Des altérations hormonales
de la vieillesse peuvent déclencher ce processus, mais nous ne connaissons
aucun précédent pour cette espèce. La parthénogenèse est fréquente
chez les scorpions jaunes et les lézards qui n'ont pas de mâles",
a précisé Gimenez. D'après lui, "l'anaconda a pu agir par instinct
de préservation de l'espèce, comme une sorte d'autoclonage", a conclu
le biologiste qui recueille toutes les données pour les publier
dans une revue spécialisée.
http://actu.dna.fr/020822154053.p8je7x5i.html
23
août 2002
Mitochondrie
paternelle
La découverte ne fait pas la une des journaux, et pourtant… elle
a de quoi déclencher une révolution dans le domaine de la génétique.
Un de ses dogmes est remis en question : l’ADN mitochondrial pourrait
être transmis par le père, et pas seulement par la mère comme le
pensent les généticiens. Mauvaise nouvelle pour les spécialistes
de la génétique des populations, qui se basent sur l’ADN mitochondrial
(ADNmt) pour reconstruire des arbres généalogiques. C’est ainsi
qu’une ancêtre commune, l’Eve africaine, a été établie pour tous
les Homo sapiens. Marianne Schwartz et John Vissing publient leur
surprenante découverte dans l’édition du 22 août du New England
Journal of Medicine. Ces deux professeurs de Copenhague (Danemark)
étudiaient le cas d’un patient de 28 ans atteint d’une myopathie
mitochondriale –une maladie due à une mutation génétique au sein
de l’ADNmt. Les analyses génétiques ont révélé que la mutation était
hébergée par l’ADNmt du père, non de la mère. Or les généticiens
considèrent que l’ADNmt du père, porté par le sperme, est détruit,
inactivé ou dissous par l’ADN mitochondrial de l’ovocyte au cours
de l’embryogenèse. Chez les plantes, la transmission de l’ADNmt
n’est pas l’apanage d’un seul parent. Chez les mammifères, le phénomène
est rare. Il a été observé chez la souris, mais jamais chez un être
humain en bonne santé. «Les échantillons étudiés étaient peut-être
trop petits pour permettre de détecter une transmission paternelle»
suggère dans son commentaire Sanders William, chercheur au Duke
University Medical Center (USA). Reste à connaître la fréquence
d’une telle transmission. «Le cas inhabituel décrit par Schwartz
et Vissing est bien plus qu’une simple curiosité» conclut Williams.
Cécile Dumas
http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20020823.OBS9101.html?0027
22
août 2002
Grand-Bretagne:
progrès dans la transplantation d'organes de porcs
LONDRES (AFP)
Therapeutics, la société britannique de biopharmacie à l'origine
du clonage de la brebis Dolly, a annoncé jeudi une nouvelle avancée
vers la transplantation sur l'homme d'organes de porcelets clonés.
La firme, basée en Ecosse, a indiqué dans un communiqué avoir produit
dans sa filiale américaine à Blacksburg (Virginie) cinq porcelets
totalement dépourvus d'un gène qui cause le rejet par le corps humain
d'un organe de porc transplanté. Les porcelets sont nés le 25 juillet,
mais l'un d'eux est mort peu après sa naissance "pour une cause
inconnue", a indiqué une porte-parole de la société. PPL a précisé
avoir réalisé une première mondiale en trouvant un moyen de désactiver
les deux versions du gène alpha 1,3 galactosyl transfarase. En janvier,
la société avait annoncé avoir désactivé ce gène, qui produit un
enzyme ajoutant un sucre à la surface des cellules du porcelet,
lequel permet aux cellules humaines de reconnaître qu'il s'agit
d'un corps étranger. Lorsque les cellules humaines repèrent un corps
étranger, elles le rejettent et la greffe échoue. En fait, PPL n'avait
supprimé qu'une version du gène, l'autre restant active. Jeudi,
c'est la capacité à supprimer entièrement ce gène qui a été annoncée.
"Cette avancée nous rapproche d'une solution au problème mondial
que représente la pénurie d'organes et de cellules destinés à la
transplantation", a déclaré le vice-président de la société David
Ayares. La société estime que les premières applications de cette
technologie pourraient être liées au diabète, avec la transplantation
de cellules produisant de l'insuline. Les essais cliniques pourraient
démarrer dans quatre ans.
22
août 2002
Des chercheurs
japonais veulent ressusciter le mammouth
TOKYO (AP)
Des scientifiques japonais caressent le rêve un peu fou de créer
en Sibérie une sorte de Jurassic Park, dont les vedettes ne seraient
pas des dinosaures mais des mammouths, ou plutôt une variété génétiquement
hybride, entre le pachyderme disparu et l'éléphant actuel. Une entreprise
difficilement réalisable mais semble-t-il pas impossible. Les chercheurs
du "Projet de création de mammouths" (PCM) doivent encore résoudre
un important obstacle technique. Depuis plusieurs années, ils mènent
des fouilles en Sibérie dans l'espoir de trouver de l'ADN sur des
restes de mammouth, qui pourrait être utilisé pour féconder un éléphant.
"Si nous pouvons trouver une cellule somatique (du corps) ou de
préférence une cellule de sperme, qui est intacte, nous pouvons
recréer un mammouth", assure Shoji Okutsu, un expert vétérinaire
de l'université de Kagoshima. "Si tout se passe bien et que nous
obtenons des bébés mammouths, nous voulons qu'ils vivent dans un
environnement aussi proche que possible de celui de leurs ancêtres."
Avec l'ADN, les chercheurs féconderaient un éléphant et pourraient
ainsi produire un hybride mi-éléphant mi-mammouth. Après plusieurs
générations une créature génétiquement proche de celle de la préhistoire
pourrait être obtenue, selon eux. La réussite de l'opération semble
très hypothétique. Jusqu'ici aucune cellule de mammouth contenant
une qualité d'ADN permettant un clonage n'a été découverte et il
n'est pas sûr qu'elle le sera un jour. Malgré tout, les chercheurs
ont obtenu en 1996 l'autorisation de la région russe de Sakha d'utiliser
une réserve de 135 kilomètres carrés près de Duvannyi Yar, en Sibérie,
pour y installer leur éventuel parc. Le sanctuaire n'est actuellement
accessible que par hélicoptère et n'est pas ouvert au public. Mais,
selon le président de la Société pour la création du mammouth, Kazutoshi
Kobayashi, il a l'avantage d'être peuplé d'animaux dont on pense
qu'ils ont cohabité avec les mammouths il y a des milliers d'années:
le tigre, le cerf géant, l'élan et d'autres espèces de Sibérie.
M. Kobayashi est le président de Field, une société de brevetage
de technologies qui finance le PCM. Les chercheurs nippons de l'université
de Kagoshima et de l'université Kinki ont jusqu'ici mené des fouilles
le long de la rivière Kolimaya dans l'ouest de la Sibérie. Ils ont
trouvé des fossiles de mammouths sous le permafrost. Mais l'ADN
avait subi les outrages du temps et de changements climatiques et
était inutilisable. Les recherches doivent se poursuivre l'an prochain.
Tetsuya Taga, le directeur de l'Institut d'embryologie moléculaire
et de génétique à l'université de Kumamoto, qui n'est pas associé
au projet, souligne qu'en théorie, du sperme congelé pourrait être
suffisamment bien préservé, mais qu'en trouver devrait être difficile.
Et même si des mammouths peuvent être créés, certains experts doutent
de la viabilité du projet. Mitsuko Masui, directeur du zoo de Yokohama,
note que l'on sait peu de choses sur l'animal. "On ne peut recréer
l'environnement dans lequel vivaient les mammouths. Un mammouth
peut-il réellement survivre dans l'environnement d'aujourd'hui?"
Créer une population capable de se reproduire pourrait être encore
plus difficile, ajoute M. Masui. Les chercheurs japonais reconnaissent
que la route est encore longue et que le principal obstacle reste
pour l'heure le manque d'ADN utilisable. AP
http://fr.news.yahoo.com/020822/5/2q1ol.html
21
août 2002
Apport calorique
et risque d’Alzheimer
Selon des travaux récents, un apport calorique élevé est associé
à un risque accru de maladie d’Alzheimer surtout chez des sujets
qui présentent une prédisposition génétique. Cette étude publiée
dans le numéro d’août des Archives of Neurology porte sur le suivi
de 4 ans de 980 personnes qui ne présentaient pas de signe de démence
en début d’étude. Un questionnaire semi-quantitatif était utilisé
pour mesurer l’apport alimentaire des participants au cours de la
période de suivi. Dans leur article, Luchsinger et al. expliquent
avoir mis en évidence une relation entre les apports caloriques
les plus élevés et le risque de développer un Alzheimer les porteurs
de l'allèle epsilon 4 du gène de l'Apo E. Chez ces sujets, le risque
serait multiplié par 2,3 dans la catégorie où l’apport calorique
est le plus élevé, comparé à la catégorie où l’apport calorique
est le plus faible. Chez ceux qui n’étaient pas porteurs de cet
allèle, l’augmentation du risque en fonction de l’apport calorique
n’était pas significative, ajoutent les auteurs. Ces résultats semblent
donc conforter l’idée qu’une restriction calorique peut influer
sur les mécanismes liés au vieillissement. Dans ce contexte, il
serait intéressant d’évaluer l’effet de ce type d’intervention sur
le risque d’Alzheimer chez les porteurs de l’allèle APOE epsilon
4.
http://fr.news.yahoo.com/020820/54/2pyi5.html
21
août 2002
Première
: une greffe d'utérus mène à une grossesse
Des chercheurs de l'Université de Goeteborg, en Suède, ont annoncé
avoir réussi à développer une grossesse dans un utérus greffé chez
une souris, une intervention qui crée de nouveaux espoirs dans le
traitement de la stérilité féminine. Les chercheurs expliquent avoir
greffé un utérus étranger dans le ventre d'une souris, en supplément
de son propre utérus. Trois embryons ont ensuite été implantés dans
chaque utérus. L'ensemble des embryons placés dans l'utérus du rongeur
ont donné des foetus sains. Un embryon sur trois s'est développé
dans l'utérus greffé. La grossesse provoquée a été interrompue par
les chercheurs après 14 jours. Selon ces derniers, cette intervention
montre que l'on peut avoir des grossesses complètes et normales
dans un utérus greffé. La première greffe utérine humaine a été
réalisée au début de l'année par des médecins en Arabie saoudite.
Elle a cependant échoué après deux cycles menstruels. Les résultats
de cette recherche sont publiés dans le Journal of Endocrinology.
http://radio-canada.ca/url.asp?/nouvelles/sante.asp
20
août 2002 
Un «interrupteur» de protéines influerait sur la
perte de poids
Presse Canadienne Ottawa Des chercheurs d'Ottawa ont fait une découverte
permettant d'expliquer pourquoi les gens qui suivent un régime amaigrissant
ne perdent pas tous du poids rapidement, a rapporté le quotidien
Ottawa Citizen. Une équipe de chercheurs de l'hôpital d'Ottawa et
de l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa a découvert
qu'à l'intérieur des cellules musculaires se cache un «interrupteur»
secret qui déclenche une activité permettant de brûler la graisse.
L'interrupteur n'est pas aussi efficace pour tout le monde. C'est
pour cette raison que plusieurs personnes obèses qui suivent un
régime identique peuvent obtenir des résultats complètement différents.
«Ces gens étaient souvent accusés d'avoir sous-estimé leur consommation
d'aliments (...) ou d'avoir triché, dit le Dr Robert Bent, directeur
de la clinique de gestion de poids de l'hôpital d'Ottawa. «En réalité,
il existe une autre raison. Certaines personnes ne perdent pas de
poids parce qu'une particularité biologique les empêche de le faire
aussi rapidement que d'autres.» Le Dr Bent, la biochimiste Mary-Ellen
Harper et la Dre Ruth McPherson font part de leurs conclusions dans
le numéro de ce mois-ci de la publication médicale Diabetes. L'élément
le plus important de leur découverte, disent-ils, est une protéine
appelée mitochondrie, qui transforme les aliments en énergie que
les cellules musculaires peuvent utiliser. La biochimiste Harper
a réussi à démontrer que les gens qui perdent du poids rapidement
ont un «interrupteur» de protéines qui permet aux cellules de brûler
l'énergie plus rapidement, alors que les gens qui maigrissent moins
vite ne possèdent pas des interrupteurs aussi efficaces. Dans le
cadre de sa recherche, l'équipe a retiré - par intervention chirurgicale
- environ trois grammes de tissu musculaire sur les jambes de certaines
femmes et ont analysé les cellules pour tenter d'y découvrir la
protéine ciblée. L'étude a porté sur 12 femmes qui maigrissaient
rapidement et 12 femmes qui perdaient du poids lentement. Le groupe
qui avait un interrupteur efficace brûlait en moyenne 20% de son
poids en suivant un régime, alors que l'autre groupe n'en perdait
que 10%.
http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0208/sci_102080128241.html
19
août 2002
Le muscle
artificiel est arrivé
Les produits de la mer ont permis à des chercheurs japonais de fabriquer
un muscle artificiel, selon un article paru dans la revue Advanced
Materials. C’est la première fois que des scientifiques utilisent
les véritables composants musculaires pour recréer un muscle de
remplacement. Le muscle est constitué d’unités contractiles contenant
des filaments fins d’actine et des filaments plus épais de myosine.
Pour lui permettre de se contracter, la myosine rampe le long du
filament d’actine. Ce mouvement nécessite de l’énergie sous forme
d’ATP (Adénosine TriPhosphate). A partir de mollusques et de crustacés,
l’équipe de Yoshihito Osada de la Graduate School of Science de
Sapporo a extrait de la myosine et de l’actine. Après quelques réactions
chimiques, les chercheurs ont réussi à lier les molécules de myosine
ainsi que celles d’actine entre elles et ont ainsi obtenu deux gels
caoutchouteux. Sous microscope, ils ont mélangé les deux gels dans
un bain d’ATP. Après quelques secondes, Yoshihito Osada a observé
que le filament d’actine, entraîné par celui de myosine, avançait
de quelques centaines de millimètres par seconde. Ce mouvement est
très étonnant. En effet, la même expérience avec un muscle issu
d’un organisme vivant ne donne pas le même résultat. Seules les
molécules à la surface du gel peuvent interagir avec celles de l’autre
composant. Selon les chercheurs, ce muscle reconstitué pourrait
être utilisé en chirurgie pour réparer des membres abîmés, et il
ne devrait pas y avoir de problème de rejet par le système immunitaire.
Olivier Frégaville
http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20020819.OBS8893.html?0025
19
août 2002
Découverte
du gène responsable du bon emplacement des viscères chez l'homme
Agence France-Presse Genève Des chercheurs de l'Université de médecine
de Genève ont découvert le gène qui place notamment chez l'homme
et la souris le coeur à gauche et les poumons au milieu du thorax,
indique lundi un communiqué de l'université. Ce gène, baptisé DNAH11,
est responsable du bon emplacement de chacun des viscères dans le
corps de l'homme, son dérèglement pouvant les positionner de manière
aléatoire et entraîner de graves maladies, respiratoires surtout,
mais aussi l'infertilité, précise le Dr Jean-Louis Blouin, directeur
de recherche à l'Université de Genève. «Cette mauvaise position
des organes, connue sous le nom de syndrome de Kartagener -- du
nom d'un médecin zurichois, le Dr Manes Kartagener, qui l'a mise
en évidence en 1933 -- touche environ un patient sur 20 000», précise-t-il.
Depuis 1994, une équipe de chercheurs internationaux de l'université
de Genève travaille sur ce syndrome, également connu sous le nom
de «syndrome de dyskinésie ciliaire primaire». L'équipe a suivi
plusieurs lignées familiales atteintes de ce syndrome et regroupées
à Genève en association. Au fil de leurs observations, les chercheurs
ont remarqué que ce syndrome prenait sa source dans un mouvement
anormal ou absent des cils vibratiles entourant certaines cellules,
positionnant alors de manière aléatoire les viscères. Ce mouvement
est liée à un gène spécifique, désormais mis en évidence, et à sa
protéine, qui, expérimentalement amputée de moitié, dérègle les
mouvements ciliaires des cellules et, par voie de conséquence, la
position des organes dans le corps. Cette étude vient d'être publiée
dans le numéro d'août de la revue scientifique médicale américaine
Proceedings of the National Academy of Sciences.
http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0208/sci_102080128363.html
15
août 2002
Sperme de
bouc et de cochon produit par des souris
Des chercheurs américains et allemands ont réussi à faire produire
par des souris du sperme de cochon et de bouc, grâce à des greffes
de tissus provenant d'animaux nouveaux-nés, selon leurs travaux
publiés jeudi dans la revue britannique Nature. Les souris sont
ainsi les premiers animaux à produire du sperme fonctionnel d'autres
espèces de mammifères aussi éloignées de la leur, selon les chercheurs.
Ces greffes représentent "un outil inestimable pour la préservation
des espèces en danger, ou précieuses", estiment-ils. En médecine,
elles pourraient servir à étudier les effets sur la fonction des
testicules des toxiques et des contraceptifs masculins potentiels.
Pour la procréation assistée, les greffes de tissus testiculaires
humains sur des souris pourraient être une source quasi illimitée
de spermatozoïdes, contrairement à la congélation de sperme. Les
chercheurs ont greffé des minuscules morceaux de tissus testiculaires
de souris, de cochons et de chèvres, sur le dos de souris mâles,
castrées, immunodéficientes et dénuées de poils. Les fragments,
de la taille d'une tête d'épingle, greffés sous la peau des rongeurs,
provenaient d'animaux nouveau-nés, par conséquent immatures sur
le plan sexuel. "Plus de 60% des greffes" ont pris, "leur volume
a augmenté, de plus de cent fois dans certains cas" et ces testicules
miniatures ont "finalement produit du sperme mature", notent les
chercheurs. Les greffes "ont donné autant de spermatozoïdes que
les testicules de l'espèce donneuse", relève Ina Dobrinski (université
de Pensylvanie) qui a participé à l'étude réalisée avec Stefan Schlatt
(université de Münster, Allemagne). Les tests de fécondation in
vitro ont montré que le sperme des trois espèces recueilli fonctionne.
"C'est la première fois que l'on rapporte l'obtention d'une spermatogenèse
complète à partir de greffe de tissus interespèces" aussi éloignées,
souligne-t-elle. Des transplantions entre rongeurs proches (rats,
souris, hamster) avaient auparavant donné des résultats similaires,
mais les tentatives avec des mammifères d'espèces plus éloignées
(lapins, chiens, cochons, cheval, primates...) avaient échoué à
produire un sperme qui fonctionne, selon les chercheurs. La spermatogenèse
est le processus qui aboutit à la formation de spermatozoïdes mûrs.
"Ce type de greffe pourrait permette de produire du sperme à partir
d'individus qui n'ont pas atteint leur maturité sexuelle, et ce
de façon potentiellement intarissable, contrairement à la congélation
du sperme", expliquent les chercheurs. L'étude montre aussi qu'entre
mammifères, la testostérone (hormone mâle) d'une espèce peut agir
dans l'organisme d'une autre espèce.
http://actu.dna.fr/020814195851.ls34cjk4.html
15
août 2002
Les sondes
Voyager s'approchent d'une région inexplorée du système solaire
Pasadena, Californie (AP)
Près de vingt-cinq ans après leur lancement par la NASA et le survol
de Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, les sondes Voyager 1 et
2 sont loin d'avoir fini leur odyssée: elles se dirigent désormais
vers l'héliopause, zone inexplorée qui marque la fin de l'influence
du Soleil. Les engins ont sans doute déjà comblé les chercheurs
de la NASA au-delà de leurs espérances. Lancées respectivement le
5 septembre et le 20 août 1977, Voyager 1 et 2 devaient initialement
étudier Jupiter et Saturne jusqu'en 1981. Finalement leur programme
de vol a été prolongé, permettant ainsi à Voyager 2 de rendre visite
à Uranus en 1986 et Neptune en 1989, les deux autres géantes gazeuses
du système solaire. Au total, entre 1979 et 1989, les sondes jumelles
ont à elles deux exploré les quatre planètes et 48 de leurs satellites.
Elles ont également transmis plus de données sur le système solaire
qu'aucun autre astronef auparavant. Ces 10 ans d'exploration "ont
peut-être été la plus grande mission de découverte dans l'histoire
de l'humanité", souligne Charles Kohlhase, un ancien responsable
de la mission. Elles ont permis de mieux connaître le système solaire.
Aujourd'hui Voyager 1 et 2 continuent à s'éloigner inexorablement.
La première, située actuellement à 12,8 milliards de kilomètres,
est l'objet construit par l'homme le plus éloigné de la Terre. Voyager
2 se trouve elle à 10,1 milliards de kilomètres. "Elles montrent
des signes de leur grand âge mais il n'y a pas de raisons de penser
qu'elles ne dureront pas encore une vingtaine d'années", souligne
Tim Hoble, l'ingénieur des systèmes Voyager au Laboratoire de propulsion
par réaction (JPL) de la NASA. Les deux sondes, qui transmettent
toujours des données scientifiques, poursuivent leur course en suivant
deux trajectoire très différentes. Se déplaçant dans le vide spatial
à une vitesse de 17 kilomètres par seconde Voyager 1 est aujourd'hui
deux fois plus éloignée que Pluton, la planète la plus distante
du système. Dès 2003 ou 2004, elle devrait atteindre une onde de
choc appelée "termination shock", qui est située juste avant l'héliopause,
région qui marque la fin de la zone d'influence du Soleil. Au-delà
se trouve le milieu interstellaire, composé de particules émises
par des étoiles mourantes. Voyager 1, suivi peu de temps après par
sa jumelle, devrait atteindre l'héliopause dans un délai de sept
à 21 ans. "Au-delà, c'est vraiment l'espace interstellaire", souligne
M. Hogle. Mais le système solaire ne s'arrête pas à l'héliopause.
Après avoir laissé derrière elles les neuf planètes du système il
y a plus de dix ans, les Voyager devront encore naviguer quelque
40.000 ans pour dire adieux aux derniers corps qui composent le
système solaire: le nuage de Oort, un regroupement de comètes. A
ce moment-là, elles auront parcouru deux années-lumière. Elles devraient
ensuite poursuivre leur odyssée s'approchant à une distance très
respectable d'étoiles. On estime ainsi que dans environ 40.000 ans,
Voyager 1 se trouvera à 1,6 année-lumière d'AC+79 3888. Chaque sonde
emporte un disque de cuivre plaqué or contenant des informations
sur la Terre, des sons et des images, ainsi que des messages de
l'ex-président américain Jimmy Carter et de l'ancien secrétaire
général des Nations unies Kurt Waldheim. Au cas où des extraterrestres
tomberaient sur ces "bouteilles à la mer" cosmiques...
http://fr.news.yahoo.com/020814/202/2pqso.html
14
août 2002
Comme si
on y était !
Obtenir un environnement martien sur Terre est désormais possible.
Le premier simulateur qui donne la réplique parfaite des conditions
régnant à la surface de Mars a vu le jour à l'Université de Winnipeg,
au Canada.
Canada
Reproduire sur Terre les conditions exactes de la planète rouge
: tel est le rôle du caisson de simulation inventé par Ed Cloutis,
professeur de géologie spécialisé en planétologie, à l'Université
de Winnipeg. Celui-ci servira à mettre à l'épreuve l'équipement
qui sera utilisé sur Mars. Selon Ed Cloutis, cet appareil représente
un avantage pour l'industrie canadienne. « Nous serons en mesure
de certifier que l'appareillage a été testé dans des conditions
correspondant véritablement à l'environnement martien », a souligné
le chercheur. Sur la planète rouge, la pression atmosphérique est
200 fois inférieure à celle de la Terre, l'atmosphère est composée
principalement de dioxyde de carbone et le rayonnement ultraviolet
est intense, du fait de l'absence de couche d'ozone. La nuit, la
température y descend à –100 degrés Celsius. Toutes ces conditions
se retrouvertont dans le simulateur. Même la poussière qui flotte
sur Mars y sera représentée. Les chercheurs ont utilisé pour cela
un type de roche volcanique dont la composition ressemble à celle
des roches martiennes. Les parois du simulateur sont construites
en aluminium de cinq centimètres d'épaisseur. Sur trois côtés, des
fenêtres de polycarbonate à l'épreuve des balles permettent d'observer
de l'extérieur les expériences qui se déroulent à l'intérieur. Le
simulateur permettra d'étudier la biologie et la géologie martiennes.
Il apportera sans doute des réponses aux nombreuses interrogations
que se posent les scientifiques, à savoir, entre autres, comment
les molécules organiques se comportent sur Mars. Selon son inventeur,
la machine sera opérationnelle dès l'automne prochain.
Aurélie Deléglise
http://www.cybersciences.com/Cyber/3.0/N2901.asp
14
août 2002
Clonage d'un
bébé : un couple américain invoque la volonté de Dieu
Un couple d'Américains a affirmé vouloir tenter le mois prochain
une grossesse avec un embryon humain obtenu par clonage par l'andrologue
américain Panos Zavos, parce qu'il en va d'une destinée divine,
dans un entretien avec la chaîne de télévision CNN et diffusé lundi
soir. Bill, enseignant, âgé d'une cinquantaine d'années, et Kathy,
représentante commerciale âgé d'une quarantaine d'années, et qui
souhaitent préserver leur anonymat, comptent utiliser l'ADN de la
mère pour essayer d'obtenir une petite fille, en principe donc une
copie génétique pratiquement identique à Kathy. Selon eux, le clonage
est une étape dans l'histoire de l'humanité voulue par Dieu. "Si
Dieu ne voulait pas que nous apprenions à faire toutes ces choses,
alors il n'aurait pas permis aux scientifiques d'avancer et d'apprendre
à le faire. Je pense que Dieu veut vraiment que nous fassions cela.
C'est la prochaine étape", a expliqué Kathy, le visage caché et
la voix déformée durant l'entretien. Depuis leur mariage, en 1993,
Bill et Kathy ont essayé d'avoir des enfants mais, après 17 inséminations
artificielles et sept tentatives de fertilisation in vitro (IVF),
ils se sont adressés en dernier ressort au Dr Zavos, qui dirige
une clinique de traitement de la stérilité, l'Institut d'Andrologie
d'Amérique, à Lexington (Kentucky)
http://actu.dna.fr/020813145216.0o1tlbq4.html
14
août 2002 
La bête humaine
ASP
Voici encore une percée qui réjouira les biologistes… et désespérera
les opposants aux manipulations génétiques. Depuis novembre, quatre
vaches sont nées porteuses de gènes… humains. Le but de ces gènes
"étrangers" est d'amener ces vaches à produire, dans leur lait,
des anticorps humains, ce qui permettrait, en théorie, d'utiliser
ce lait à des fins médicales. Les scientifiques croient que par
cette technique, on pourrait produire de multiples médicaments -à
faible coût, puisque le lait de vache, n'est-ce pas, ça ne coûte
pas très cher- pour traiter de multiples maux, des infections et
en particulier des problèmes pour lesquels notre système immunitaire
aurait besoin d'un coup de pouce. Quatre vaches sont ainsi nées,
par clonage, chez une compagnie de biotechnologie du Connecticut,
aux Etats-Unis, appelée Hematech. Son patron est un pionnier du
clonage, James Robl, anciennement professeur à l'Université du Massachusetts,
où il avait été le premier à cloner une vache modifiée génétiquement,
en 1998. Il a quitté le confort douillet de l'université pour créer
cette compagnie, spécialisée, donc, dans le développement de bovins
modifiés génétiquement. Des anticorps humains avaient déjà été obtenus
chez des souris, et la vache était logiquement, pour ce type de
recherche, l'étape suivante: elle est une plus grosse "usine" à
production d'anticorps que la souris… Mais combien de temps faudra-t-il
avant de passer du stade expérimental au stade "usine"? Là-dessus,
le Dr Robl, interrogé par les médias ce lundi, 12 août, après la
parution de cette percée dans la revue britannique Nature Biotechnology,
s'est fait beaucoup plus évasif...
http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2002/cap1208024.html
13
août 2002
Une souris
qui mange sans grossir
Cette découverte pourrait mener à des médicaments contre l'obésité
et le diabète. Des chercheurs ont identifié un gène chez la souris,
dont la suppression permet aux animaux d'absorber des aliments riches
en graisse sans prendre de poids ou risquer de développer un diabète,
selon une étude à paraître mardi aux Etats-Unis. La découverte relatée
dans les Comptes rendus de l'Académie nationale des sciences (PNAS)
suggère qu'il est possible de produire des médicaments capables
de protéger contre l'obésité et le diabète, a expliqué James Ntambi,
professeur à l'Université du Wisconsin à Madison, qui a mené l'étude.
Le chercheur et ses collègues ont constaté que la suppression chez
la souris du gène appelé SCD-1 semblait protéger les animaux de
toute prise de poids malgré les efforts des chercheurs pour le faire
grossir. "L'idée était de les faire grossir, mais les souris dépourvues
du gène SCD-1 n'ont jamais pu le faire, malgré une alimentation
contenant près de 15% de graisses", a expliqué le professeur Ntambi.
Ce gène permet la production d'un enzyme appelé SCD nécessaire à
l'organisme pour la production des principaux acides gras. En l'absence
de gène SCD-1, l'excès de graisse alimentaire paraît être détruit
par le métabolisme. "Nous avons une preuve biochimique que les souris
brûlent l'excès de graisse", a estimé le chercheur. L'élimination
du gène SCD-1 a néanmoins certains effets indésirables parmi lesquels
des problèmes de peau et de vision quand les animaux vieillissent,
selon M. Ntambi et son collègue Makoto Miyazaki. L'équivalent du
gène SCD-1 a récemment été identifié chez l'homme et le groupe de
chercheurs dirigé par M. Ntambi mène actuellement des études sur
le fonctionnement de ce gène. Aux Etats-Unis, environ 20% de la
population souffre d'obésité selon les statistiques des Centres
de contrôle des maladies d'Atlanta (Géorgie).
Source : AFP
http://actu.dna.fr/020812212054.e22r06mo.html
12
août 2002
Le serpent
volant
Les serpents ne contentent pas de ramper ou de onduler sur le
sol pour se déplacer. Certains - ils sont rares cependant - préfèrent
emprunter la voie des airs…
Singapour
Originaire de Singapour, en Asie du Sud-Est, Chrysopelea paradisi
est un charmant petit reptile qui se prend pour Tarzan et qui vole
de branche en branche. Chercheur à l'Université de Chicago, Jake
Socha, a filmé les vols planés de ce serpent hors du commun afin
d'étudier les mouvements du corps de l'animal. Il publie son étude
dans la revue Nature du 8 août. [Chrysopelea paradisi] Chrysopelea
paradisi adore escalader les troncs d'arbres. Une fois en haut de
l'arbre, le serpent se suspend à une branche. Et avant de faire
le grand saut, il remonte le haut de son corps jusqu'à former un
J. Pendant le vol, un sillon se creuse au niveau de son ventre,
ce qui lui permet de planer jusqu'au sol. Chrysopelea paradisi est
venimeux mais peu agressif. Il peuple les forêts et les mangroves
mais on peut également le trouver dans les zones urbaines. Cet animal
appartient à la famille des Colubridés, qui est la famille de serpents
la plus représentée. Dans cette dernière, il existe cinq espèces
de serpent volant, telles Chrysopelea ornata, qu'on surnomme la
couleuvre volante et qui vit également en Asie du Sud-Est. Toutefois
ces serpents qui volent restent relativement peu connues. Ils mesurent
1,2 mètres de long au maximum, vivent dans les forêts tropicales
de l'Asie du Sud et du Sud-Est. Le venin qu'ils sécrètent sert à
mettre leurs proies à mort. Ils ne sont, en revanche, pas dangereux
pour l'homme. Aurélie Deléglise
http://www.cybersciences.com/Cyber/3.0/N2898.asp
12
août 2002
Une découverte
génétique pourrait révolutionner la médecine
LONDRES/PARIS
La biologie entre dans une nouvelle ère avec la découverte, publiée
ce week-end par le quotidien anglais "The Independent", d'un mécanisme
appelé "interférence de l'ARN" permettant de mettre en sommeil des
gènes précis, notamment pathogènes. Cette avancée pourrait déboucher
sur de nouveaux traitements contre des maladies virales comme le
sida et certains cancers. Tout a commencé en 1990 avec des pétunias.
Le professeur Richard Jorgensen, de l'Université d'Arizona, a tenté
de rendre la couleur pourpre de la plante encore plus intense en
injectant le gène responsable de la coloration. A sa grande surprise,
des fleurs blanches sont apparues. Il s'est avéré que le fait de
greffer un gène dont la fonction était déjà assurée par un gène
du pétunia inhibait le processus de coloration. L'étape suivante
a eu lieu en 1998 lorsque le biologiste Andrew Fire, de la Carnegie
Institution de Washington, a découvert que l'acide ribonucléique
(ARN), un proche cousin de l'ADN (acide désoxyribonucléique), pouvait
"éteindre" les gènes. Le Dr Fire a inventé l'expression "interférence
de l'ARN" et l'a expliquée en soulignant que les gènes pouvaient
être mis en sommeil de manière ciblée. Cela signifierait théoriquement
que les gènes défectueux qui causent les tumeurs ou permettent à
un virus de se reproduire dans une cellule pourraient être neutralisés.
Une nouvelle percée a été réalisée cette année grâce à des tests
menés sur des cellules humaines. Auparavant, les expérimentations
n'avaient porté que sur un ver et une mouche (la drosophile). Des
études réalisées aux Etats-Unis et en Europe ont montré le mois
dernier que des cellules humaines in vitro pouvaient ainsi être
immunisées contre le virus du sida et celui de la poliomyélite.
Les chercheurs pensent que le mécanisme de l'interférence de l'ARN
pourrait aussi être efficace contre d'autres affections virales,
certains cancers et pourrait même aider à supprimer le phénomène
de rejet après une greffe. Gordon Carmichael, biologiste de l'niversité
du Connecticut et conseiller auprès de la revue britannique "Nature",
évoque une "révolution" dans le domaine de la biologie. "Cela change
même la manière dont nous concevons les expériences", souligne-t-il
dans "The Independent". "Au cours de l'année écoulée, nous nous
sommes rendu compte que le mécanisme de l'interférence de l'ARN
marche tout aussi bien dans les cellules humaines. Cela a conduit
à une explosion de l'intérêt (porté au phénomène)." Certains chercheurs
comparent cette avancée aux premiers pas des antibiotiques, qui
ont changé radicalement la manière de soigner les maladies causées
par les bactéries à la fin du XXe siècle. Cette découverte "nous
offre une méthode de loin la plus simple, la plus commode, pour
inhiber l'action d'un gène dans l'ensemble des organismes vivants",
commente le généticien français Axel Kahn dans les colonnes du "Monde".
"On peut d'ores et déjà estimer que le fait de pouvoir, à volonté,
inhiber l'expression de n'importe quel gène est un événement de
toute première importance." Si le Pr Khan juge prématuré de parler
de révolution thérapeutique, il estime cependant que "nous sommes
face à un nouveau continent de la biologie". "La fin du séquençage
du génome humain n'est pas la fin de l'histoire de la compréhension
du vivant", conclut-il.
http://fr.news.yahoo.com/020812/5/2pnw5.html
10
août 2002
Trilobite,
un aspirateur-robot totalement autonome
CJ
La société Electrolux annonce la commercialisation très prochaine
de Trilobite, un aspirateur-robot totalement autonome. Selon cette
société, ce produit qui sera aussi disponible en France dans les
mois qui viennent (prix autour de 1500 euros) n'a plus rien à voir
avec le premier prototype présenté en 1997, ayant fait depuis l'objet
de recherches poussées. D'un diamètre de 35 cm, sur une hauteur
de 18 pour un poids de 5 kg, Trilobite se repère dans la pièce grâce
à l'émission d'ultrasons et sait définir sa stratégie pour aspirer
de manière efficace. Se déplaçant à une vitesse maximale de 0.4
m/sec et capable de passer sur les fils électriques et sous les
meubles, il dispose de trois programmes : normal, rapide et spot*.
Si ses batteries (nickel-metal hybride) sont presque vides, il sait
interrompre sa tâche pour aller les recharger (compter deux heures
environ), et reprendre ensuite son travail. *Afin de juste nettoyer
une surface d'environ un m2. Pour en savoir plus Site d'Elextrolux
: http://trilobite.electrolux.se/presskit_en/index.asp A propos
d'aspirateur-robot, voir aussi notre article du 23 février 2001
: Seize décisions à la seconde pour un aspirateur intelligent http://www.automates-intelligents.com/actu/020722_actu.html#actu4
10
août 2002
Le virus
de la Poliomyélite recréé en laboratoire
JPB
Le Pr.Eckard Wimmer, professeur de biologie moléculaire au Department
of Molecular Genetics and Microbiology SUNY at Stony Brook, assisté
du Dr Jeronimo Cello et de ses collègues, vient d'annoncer dans
Science (on line) du 11 juillet 2002 avoir réussi a recréer in vitro
l'équivalent du virus de la poliomyélite. Le travail a été fait
à la State University de New York. L'intérêt de cette annonce d'un
point de vue scientifique n'a pas échappé aux observateurs. Dans
un interview fait par Nonee Walsh pour Science Journal Today (http://www.abc.net.au/am/s605113.htm),
le Pr Wimmer indique que, pour synthétiser un virus, il n'a besoin
que de la séquence génétique de celui-ci, disponible sur une mémoire
numérique, sans s'appuyer sur un support biologique pré-existant.
Le virus de la polio est relativement simple, mais cela ne change
pas fondamentalement la complexité du problème. Le virus construit
artificiellement à partir d'une séquence de nucléotides simulant
l'ARN viral (en fait, semble-t-il, l'ADN) a pu, mis en présence
de l'enzyme assurant sa duplication, se transformer en ARN analogue
à celui des particules virales "vivantes" . Le nouveau virus s'est
comporté dans les organismes où il a été testé comme un virus authentique.
Il y a certes loin de la synthèse d'un virus - dont on discute encore
le caractère "vivant" et de celle d'une cellule ou d'un organisme
pluricellulaire, mais la voie est désormais ouverte. Nous pouvons
voir là une illustration parfaite des prévisions de Ray Kurzweil
(que nous présenterons bientôt). Est-ce à dire que le problème de
la synthèse de la vie est enfin résolu? Certainement pas, car en
ce cas, le scientifique ne part pas des acides aminés ou autres
substrats du monde minéral, mais d'une information obtenue à partir
du vivant par rétro-ingénierie. L'annonce a suscité comme il fallait
s'y attendre de nombreux commentaires et polémiques quant à son
caractère éventuellement dangereux. Le Pr. Wimmer et ses collègues
n'ont rien fait pour masquer les risques potentiels. Mais leur argument
est qu'il vaut mieux savoir où est le danger, pour mieux le maîtriser,
que laisser ces technologies relativement simples à la portée du
premier biologiste terroriste venu.
Pour en savoir plus :
"Chemical Synthesis of Poliovirus cDNA: Generation of Infectious
Virus in the Absence of Natural Template", par Jeronimo Cello, Aniko
V. Paul, and Eckard Wimmer (Science Express Reports) (Article publié
online dans Science du 11 juillet : abstract : http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract...
- Voir aussi à ce sujet l'article "Polio made from scratch" paru
sur le site de de Nature on line: http://www.nature.com/nsu/020708/020708-17.html
- Eckard Wimmer http://www.uhmc.sunysb.edu/microbiology/Wimmer.html
09
août 2002
L'hormone
de satiété
Une hormone qui permet de manger moins vient d'être isolée. Cette
découverte aboutira peut-être un jour à un traitement contre l'obésité.
Grande-Bretagne
Sécrétée par les cellules intestinales, l'hormone PPY3-36 commande
la sensation de satiété et contrôle l'appétit. Des chercheurs de
l'Imperial College de Londres, en Grande-Bretagne, de l'Université
des sciences de la santé de l'Oregon, en Oregon et de l'Institut
Garvan de recherche médicale, à Sydney, en Australie, ont réussi
à l'isoler. Ils font état de leurs recherches dans la revue Nature
du 8 août. Avant de déjeuner, douze sujets de poids moyen ont reçu
soit l'hormone PPY3-36, soit un placebo. Les personnes, à qui l'on
a injecté PPY3-36, ont mangé moins. Les scientifiques ont constaté
que la consommation de nourriture de ces dernières avait diminué
d'un tiers et que l'effet durait 12 heures. Les cobayes n'ont pas
grignoté entre les repas pour compenser les calories qu'ils n'avaient
pas absorbées. Steven Bloom de l'Imperial collège de Londres explique
que cette hormone fait croire au cerveau d'un individu que celui-ci
a déjà mangé. Selon lui, en mettant au point un médicament qui augmenterait
la concentration de cette hormone, on réduirait les comportements
de surconsommation alimentaire et de grignotage entre les repas.
Cependant, tous les membres de l'équipe, tels Roger Cone, neurobiologiste
à l'Université des sciences de la santé de l'Oregon, ne sont pas
d'accord avec Steven Bloom. Certains indiquent que l'expérience
ne prouve pas que l'administration de l'hormone se fasse sans aucun
danger pour les patients. Une forte concentration de PPY3-36 injectée
sur une longue période ne nuira-t-elle pas à la santé ? Même si
l'utilisation d'hormones intervenant dans le processus alimantaire
constitue une étape importante en vue de développer des médicaments
destinés aux personnes en surcharge pondérale, il reste encore beaucoup
de chemin à parcourir. Selon Statistiques Canada, le nombre de Canadiens
obèses augmente. Une enquête révèle qu'entre 1994-1995 et 2000-2001,
le nombre de Canadiens obèses a augmenté de plus de 500 000 pour
aboutir à 2,8 millions. Ces personnes constituaient environ 15%
de la population adulte en 2000-2001, soit une personne sur sept.
Aurélie Deléglise
http://www.cybersciences.com/Cyber/3.0/N2896.asp
08
août 2002
La vitesse
de la lumière ne serait pas constante
Des scientifiques australiens émettent l'hypothèse que la vitesse
de la lumière n'est pas constante, ce qui pourrait remettre en question
non seulement la théorie de la relativité d'Einstein mais également
les idées de base sur les lois de l'Univers. L'équipe de l'Université
Macquarie de Sydney croit qu'il est possible que la vitesse de la
lumière ait diminué depuis des milliards d'années. Les savants reposent
leurs dires sur les analyses de l'astronome John Webb qui a observé
que la lumière d'un quasar a absorbé le mauvais type de photons
de nuages interstellaires dans son périple de 12 milliards d'années
vers la Terre. L'équipe australienne, qui publie ses observations
dans la revue Nature, en conclut que soit la vitesse de la lumière
ou la charge de l'électron a alors été modifiée.
http://radio-canada.ca/url.asp?/nouvelles/sante.asp
08
août 2002
Clonage humain
: l'épisode sud-coréen
ASP
Y a-t-il des bébés clonés "en route", ou pas? La controverse se
poursuit, en Corée du Sud cette fois, où les autorités policières
ont ouvert une enquête. Une plainte a été déposée là-bas à propos
d'une femme, que l'on affirme être enceinte d'un clone. La plainte
a plus précisément été déposée contre les "auteurs" du clonage,
la compagnie Clonaid, cette compagnie créée par la secte religieuse
des Raéliens. Il y a deux ans qu'à chaque fois que resurgit Clonaid
dans l'actualité, on soupçonne ses dirigeants de faire de l'esbrouffe,
à seules fins de générer de la publicité pour le mouvement raélien.
Mais le porte-parole de Clonaid n'en démord pas: "Cette femme est
enceinte d'un embryon cloné qui lui a été implanté il y a environ
2 mois." L'opération aurait été menée en-dehors de la Corée -ce
qui, en soi, n'était pas nécessaire puisque le clonage n'est pas
illégal en vertu des lois coréennes. Mais il n'en faudra pas beaucoup
pour qu'il le devienne: un projet de loi est actuellement à l'étude,
et les derniers événements en ont sans doute accéléré "l'étude"…
Pendant ce temps, pas d'autres nouvelles de Severino Antinori, ce
"médecin-qui-fabrique-des-clones", dont nous vous parlions il y
a trois semaines. Après un article paru dans le quotidien français
Libération, qui rapportait ses propos, selon lesquels une de ses
patientes serait enceinte du clone de son époux, et en serait maintenant
à sa 17e semaine de grossesse, le médecin, dès le lendemain, avait
fait volte-face et publié un démenti. Trois mois plus tôt, il avait
pourtant affirmé que trois patientes "de son réseau de spécialistes"
étaient enceintes de clones. Allez donc chercher à comprendre...
http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2002/cap0508026.html
07
août 2002 
Le sexe de l'émotion
ASP
Si hommes et femmes réagissent différemment aux émotions, c’est
peut-être parce que celles-ci empruntent des chemins différents
dans leurs cerveaux. En présentant à 12 hommes et 12 femmes diverses
images, des scientifiques de l’Université Stanford (Californie)
ont analysé ce qui se passait dans leurs cerveaux. Ils ont pu observer
d'importantes variations. En particulier, les images les plus difficiles
émotivement -des corps mutilés- provoquaient une activité dans neuf
régions du cerveau chez les femmes, contre seulement deux chez les
hommes. Il s’agit de régions que l’on savait déjà être associées
aux émotions, mais aussi à la mémoire. Qui plus est, trois semaines
après ces tests, les "cobayes" ont subi un examen-surprise, où on
leur demandait de décrire les images qui leur avaient été présentées.
Les femmes ont battu à plates coutures les hommes. Tout cela suggérerait,
selon les chercheurs, que le processus mental des femmes, lorsqu’elles
font face aux émotions, serait plus efficace, que celui des hommes.
Est-ce un autre de ces cas hémisphère gauche versus hémisphère droit?
Il y a longtemps que les neurologues savent que les hommes ont moins
de connections entre les deux hémisphères de leur cerveau. Or, dans
la mesure où une émotion est prise en charge par l’hémisphère droit,
et où le langage a son siège dans l’hémisphère gauche, le fait d’avoir
deux hémisphères qui communiquent davantage explique peut-être pourquoi
les femmes trouvent moins difficile de parler de leurs émotions...
http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2002/cap2907022.html
05
août 2002
Fertilité
retrouvée ?
Une technique, qui a permis à des souriceaux de voir le jour
à partir d'ovocytes prélevés sur des foetus de souris et fécondés
in vitro, pourrait aider de jeunes patientes atteintes d'un cancer
à devenir mères.
Japon
Des bébés souris sont nés à partir d'ovocytes prélevés sur des foetus
de souris et développés in vitro. Appliquée à l'homme, cette méthode
pourrait redonner espoir aux jeunes cancéreuses d'avoir un jour
des enfants. Les scientifiques publient les résultats de leurs travaux
dans la revue Nature du 2 août. Izuho Hatada du Centre de recherche
sur les gènes de l'Université Gunma, au Japon, a pratiqué une ablation
des ovaires sur des foetus de souris de 12 jours et demi. De ces
organes, il a extrait les ovocytes qu'il a mis en culture pendant
28 jours. Il a ensuite enlevé le matériel génétique de ces ovocytes
qu'il a transférés dans des ovules de souris adultes. Ces derniers
ont été fécondés et les embryons obtenus ont été implantés chez
des souris porteuses. En tout, 64 embryons ont été implantés. Sur
les 64, 16 souriceaux sont nés. Selon les chercheurs, ces souris
ont aujourd'hui un an et se portent bien. Izuho Hatada pense que
ce procédé pourra s'appliquer à la femme et permettre ainsi à des
jeunes filles atteintes d'un cancer et traitées par chimiothérapie
ou radiothérapie d'être mères. Selon lui, il suffirait pour cela
d'enlever les ovaires de patientes à qui l'on diagnostique un cancer
avant le début de leur traitement, pour préserver la fertilité des
organes et créer ainsi des bébés par fécondation in vitro. Ce qui
serait d'autant plus utile aux jeunes femmes malades qui ne produisent
pas d'ovules. L'appareil reproductif d'un enfant cancéreux est en
général moins souvent endommagé que celui d'un adulte souffrant
du même mal. Toutefois, la chimiothérapie ou la radiothérapie provoquent
des lésions au niveau des ovaires et rendent les sujets stériles.
Toutefois, de graves anormalités dans le développement et des défauts
génétiques risqueraient de se produire avec cette méthode qui pourrait
se heurter à des complications éthiques et juridiques si elle est
applicable à l'homme. Car le procédé est le même que celui utilisé
pour le clonage.
05
août 2002
Le génome
de la souris mis en carte
C'EST UNE PERCÉE importante en matière de génétique que vient de
réaliser une équipe de recherche internationale : la première carte
du génome de la souris. Concrètement, cela signifie que les scientifiques
américains, canadiens et britanniques, dont l'annonce a été publiée
dans la version Internet de la revue « Nature », disposent désormais
d'un véritable plan détaillé du patrimoine génétique de ce rongeur.
Un outil indispensable pour localiser un gène ou un autre, dont
la mutation ou la dégénérescence peut par exemple entraîner un handicap
ou une maladie. L'intérêt de cette nouvelle : le génome de la souris
constitue l'un des plus proches du nôtre. Nous avons, grosso modo,
le même nombre de gènes, environ 30 000, mais surtout, 90 % d'entre
eux seraient communs aux deux espèces. C'est d'ailleurs pour cela
que ce petit mammifère, avec les singes, est si couramment utilisé
pour toutes sortes d'expériences scientifiques. « Un impact énorme
sur la santé humaine » On peut lui inoculer toutes sortes d'affections
humaines, et il peut d'ailleurs en contracter naturellement plusieurs.
Autre avantage non négligeable, il se reproduit rapidement, facilement,
et fournit de nombreuses portées ! On peut donc étudier l'évolution
d'une maladie sur plusieurs générations, en à peine quelques années.
Les chercheurs insistent d'ailleurs, dans « Nature », sur le fait
que leurs travaux auront un « impact énorme sur la recherche biologique
et la santé humaine ». Même si la carte du génome humain existe
déjà, depuis février 2001, il sera en effet beaucoup plus facile
de travailler sur des cobayes de laboratoire que sur des personnes.
Avec quand même des limites : si les neuf-dixièmes du patrimoine
génétique sont semblables, le reste demeure différent. Et l'un des
grands mystères qu'aura à résoudre la génétique au cours des années
à venir sera justement celui de l'interaction entre gènes.
Michel Valentin. Le Parisien
04
août 2002
Génétiquement
criminel
Plusieurs études ont démontré jusqu'à présent que des enfants abusés
deviennent souvent abuseurs à leur tour arrivés à l'âge adulte.
Mais comme ce n'est pas le cas de tous les enfants, on ne pouvait
en faire une règle générale. Une étude vient aujourd'hui apporter
un éclaircissement dans le développement des comportements antisociaux.
Après avoir étudiés 442 garçons pendant 26 ans, des chercheurs,
qui publient leurs résultats de la revue Science, ont noté que les
enfants devenus violents à l'âge adulte étaient souvent ceux qui,
en plus d'avoir subi de l'abus, avaient un problème génétique. Les
chercheurs ont en effet noté que le gène responsable de la production
de monoamine oxydase dans le cerveau était déficient chez la plupart
des enfants devenus violents. La monoamine oxydase est une enzyme
dans le cerveau qui a une influence sur les neurotransmetteurs liés
à l'humeur, l'agressivité et le plaisir. Les chercheurs ont pu identifier
clairement que les enfants abusés qui possédaient aussi un faible
niveau de monoamine oxydase avaient neuf fois plus de risques de
développer des comportements agressifs. Parallèlement, les enfants
abusés mais qui possédaient un niveau normal d'enzymes n'ont pas
développé de comportements antisociaux. L'effet de ce gène a été
plus difficile à analyser du côté des jeunes filles puisque ce gène
est inscrit sur le chromosome X. Les femmes ont deux chromosomes
X et les hommes, un chromosome X et un Y. Chez les femmes, les chercheurs
ont remarqué que l'effet du gène en question s'annulait lorsqu'il
se répétait sur les deux chromosomes. Une raison qui pourrait expliquer
pourquoi les femmes ont généralement moins tendance à développer
des tendances criminelles. Les auteurs de cette étude espèrent que
ces résultats permettront de construire un programme pour évaluer
le danger qu'un individu pourrait être pour la société et lui offrir
ainsi les soins appropriés pour prévenir la violence. «La combinaison
d'une faible activité de monoamine oxydase et d'un mauvais traitement
prédit des comportements anti-sociaux aussi bien qu'un haut taux
de cholestérol prédit les maladies cardiaques», suggère Terrie E.
Moffitt, co-auteure de l'étude et psychologue de l'université du
Wisconsin. Les résultats de cette étude doivent être confirmés par
d'autres études, mais déjà, ils ont reçu un accueil favorable de
pédiatres, psychologues et agents de la paix.
http://radio-canada.ca/url.asp?/nouvelles/sante.asp
04
août 2002
Un document
sur le clonage
LE DÉCODAGE DU GÉNOME humain, formidable découverte scientifique,
permet de grandes avancées sur le plan médical mais repousse également
les limites de l'impossible : les chercheurs de demain oseront-ils
« fabriquer » un homme ? Ces craintes sont explorées jusqu'au 24
août, sur France 2, à 13 h 50, dans une série de quatre documentaires
intitulée « le Nouveau Corps humain ». Cet après-midi, le premier
film, « Création », présente l'univers du clonage. Le réalisateur
a suivi José Cibelli, premier biologiste à avoir créé artificiellement
un embryon humain à des fins thérapeutiques. L'expérience redonne
de l'espoir à Judson Sumerville, un Américain qui a eu la colonne
vertébrale brisée. Son unique chance de récupérer une partie de
ses capacités repose sur la création de son embryon clone. Après
quarante tentatives, José Cibelli a enfin réussi. « C'est le plus
beau jour de ma vie », confie le chercheur. Un jour qui fait aussi
naître la crainte de dérives monstrueuses.
S.E. Le Parisien , samedi 03 août 2002
04
août 2002
Les États-Unis
vont autoriser des OGM expérimentaux dans l'alimentation
Agence France-Presse Washington
L'administration Bush s'apprête à autoriser l'introduction désormais
dans l'alimentation humaine de petites quantités de plantes transgéniques
(OGM) expérimentales non encore approuvées par les autorités sanitaires,
selon un projet réglementaire élaboré par les services de la Maison-Blanche
et publié vendredi dans le Registre fédéral. Cette proposition,
rédigée par le bureau pour la politique scientifique et technologique
de la Maison-Blanche, part du constat qu'il devient de plus en plus
difficile d'éviter une contamination des cultures commerciales par
des plants génétiquement modifiés encore au stade expérimental.
Elle cite ainsi le risque grandissant de «pollution génétique»,
résultant d'une pollinisation croisée entre cultures conventionnelles
et plantes génétiquement modifiées expérimentales et cultivées sur
des parcelles à ciel ouvert ou plus ou moins confinées. «La probabilité
d'une pollinisation croisée due à une dérive pollinique des champs
expérimentaux vers les champs commerciaux et le mélange des graines
produits lors des essais avec les graines utilisées commercialement
pourrait s'accroître», souligne ainsi le texte. «Cela pourrait entraîner
la présence intermittente et en petites quantités de gènes obtenus
par biotechnologie et de produits génétiques (dans les produits
d'alimentation vendus) dans le commerce et qui n'ont pas fait l'objet
de tous les examens réglementaires applicables», poursuit la directive.
La directive estime que le risque que ces «gènes» ou ces «produits
génétiques» se retrouvent dans le commerce est un «risque acceptable».
Cette mesure, si elle était promulguée par le président George W.
Bush, constituerait une importante victoire pour l'industrie biotechnologique
qui fait pression depuis longtemps en sa faveur, par crainte d'une
avalanche potentielle de poursuites en justice aux États-Unis et
des craintes que suscitent les OGM chez de nombreux partenaires
commerciaux. Aujourd'hui, la réglementation exige que les produits
alimentaires contenant des OGM soient approuvés sur le plan sanitaire
et à plusieurs échelons pour la consommation humaine ou animale
avant d'être commercialisés. Les nouvelles dispositions prévoient
une «évaluation sanitaire abrégée» du matériel génétique des cultures
OGM expérimentales. Cette évaluation limitée «fournit une couverture
juridique aux fabricants d'OGM et permet aux cultures génétiquement
modifiées de pénétrer dans l'alimentation aux États-Unis sans une
supervision complète et une revue sanitaire», ont déploré deux groupes
de défense des consommateurs dans un communiqué commun.
http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0208/sci_102080123688.html
02
août 2002
Longévité
humaine et restriction calorique
Certains travaux ont montré qu’un régime alimentaire basé sur une
restriction calorique pouvait ralentir le vieillissement chez l’animal.
Une nouvelle étude met en évidence trois marqueurs biologiques de
cette restriction calorique et montre qu’ils paraissent bien liés
à la longévité chez l’homme. Les effets « positifs » d’une restriction
calorique ont été démontrés chez des petits animaux et notamment
des rongeurs à travers une augmentation de l’espérance de vie. Les
données chez l’homme sont beaucoup moins nettes. Un groupe de chercheurs
de l’Institut National Américain sur le Vieillissement a examiné
l’effet d’une restriction calorique sur la longévité de singes rhésus,
modèle plus proche de l’homme que les rongeurs le plus souvent utilisés.
Ces scientifiques ont identifié trois marqueurs biologiques qui
étaient soumis à des variations significatives en cas de restriction
calorique chez les singes. Ces trois marqueurs sont la température
corporelle, l’insuline et la concentration en DHEAS (déhydroépiandrostérone
sulfate). Comparés à des animaux témoins, les singes qui avaient
reçu une restriction calorique de 30 % pendant trois à cinq ans
avaient une température corporelle plus basse, un taux réduit d’insuline
et un déclin beaucoup moins marqué de la concentration en DHEAS.
La mortalité était plus faible dans le groupe restriction calorique.
Le groupe de chercheurs dirigé par George Roth a examiné ces trois
marqueurs dans l’Etude longitudinale de Baltimore sur le vieillissement.
Les personnes qui présentaient une température corporelle plus basse,
une concentration en insuline plus faible et une diminution moins
rapide de la concentration en DHEAS tendaient à vivre plus longtemps.
Les participants de l’étude de Baltimore n’étaient vraisemblablement
pas sous restriction calorique mais les résultats publiés par l’équipe
de Roth montrent toutefois que les trois marqueurs en question méritent
une étude plus approfondie en raison de leur lien possible avec
la longévité humaine.
http://www.caducee.net/breves/breve.asp?idp=&idb=4194&cal=1
02
août 2002
Améliorer
l'humain : une nouvelle Renaissance ?
Un rapport commandité par le gouvernement américain plaide en faveur
du développement de technologies susceptibles d'améliorer les performances
humaines. "C'est un moment unique dans l'histoire des réalisations
techniques : l'amélioration des performances humaines devient possible
par l'intégration des technologies." La phrase est issue d'un rapport
peu banal, dont la version préliminaire a été rendue publique en
juin dernier aux Etats-Unis. Commandité par la National Science
Foundation et le Department of Commerce, le rapport, intitulé "Nanotechnology,
Biotechnology, Information technology and Cognitive Science : Converging
Technologies for Improving Human Performance", dresse un panorama
complet de l'état d'avancement de quatre disciplines scientifiques
prometteuses. Ces quatre technologies, "NBIC" en abrégé, sont potentiellement
porteuses de révolutions majeures. La nanotechnologie, regroupant
l'ensemble des techniques au niveau atomique ou moléculaire, connaît
un fort engouement outre-Atlantique, attesté par d'importants fonds
dédiés à la recherche et l'apparition de nombreuses jeunes pousses.
La biotechnologie, incluant l'ingénierie génétique, est particulièrement
d'actualité : elle suit l'annonce de la naissance probable, dans
les mois qui viennent, des premiers clones humains. L'informatique
(incluant ici, d'une façon générale, électronique, télécommunication,
robotique ou intelligence artificielle), progresse également vite,
avec des pistes sérieuses qui pourraient conduire à de nouveaux
modes de traitement de l'information, comme l'ordinateur quantique.
Enfin, les sciences cognitives, dont l'objectif ultime est la compréhension
totale du fonctionnement du cerveau humain, pourraient recevoir
un nouvel élan avec le décodage du génome humain. Mais surtout,
ces quatre disciplines sont étroitement liées, et ne peuvent désormais
être perçues comme autant de spécialités scientifiques hermétiques.
La recherche en nanotechnologie apportera sans doute des avancées
fulgurantes en informatique, permettant de pallier les limites prévisibles
des procédés traditionnels de gravure des composants électroniques
ou de stockage de l'information. De la même façon, seuls des ordinateurs
plus puissants, adaptés au traitement rapide et pertinent de gigantesques
volumes d'informations, peuvent faire progresser de façon significative
la compréhension du cerveau humain, et donc les sciences cognitives.
Mais ces dernières, associées aux biotechnologies, peuvent aussi
s'inspirer du fonctionnement biologique animal ou humain pour concevoir
de nouveaux algorithmes ou procédés, qui pourraient également conduire
à de nouvelles étapes de l'informatique et de l'intelligence artificielle...
Comme le soutiennent les auteurs du rapport, cette connexité doit
entraîner une transformation de l'approche scientifique. "La spécialisation
a conduit à la fragmentation des savoirs", déplorent-ils, ajoutant
qu'il est "urgent" d'initier une "nouvelle Renaissance", dans laquelle
ces différentes disciplines seront "unifiées" pour assurer une "convergence",
nécessitant une mutation profonde de "la notion même de science".
Pour atteindre cet objectif, les auteurs préconisent de multiples
mesures, parmi lesquelles une restructuration des modes d'enseignement
(favorisant l'interdisciplinarité et l'apprentissage conjoint des
NBIC), une priorité nationale accordée à la recherche dans ces domaines,
ou la création d'un événement annuel de premier plan, similaire
aux Jeux olympiques, et permettant de mesurer l'avancée de la recherche
et de ses applications concrètes. Mais ce rapport de 400 pages dresse
aussi, via la participation d'une cinquantaine d'experts, un portrait
futuriste de l'avenir de notre civilisation. Pêle-mêle sont évoqués
des capteurs susceptibles d'informer les individus qui les portent
de leur condition physique ou de la qualité de l'air, des nanorobots
capables de circuler dans le corps humain, nettoyant les artères
ou luttant contre le processus du vieillissement, des machines intelligentes
pouvant nous assister au quotidien ou nous aider à explorer et coloniser
l'espace, ou des interfaces cerveau-machine, qui permettraient de
contrôler usines et automobiles par la pensée, mais aussi de communiquer
entre humains, via l'interconnexion des cerveaux, créant une véritable
"conscience collective" au sein d'un groupe. Au total, le rapport,
qui ressemble parfois à une anthologie de science-fiction, convainc
le lecteur de l'ampleur des mutations susceptibles d'être apportées
par les NBIC, "si nous prenons les bonnes décisions maintenant".
Tout cela est possible "dans les dix ou vingt prochaines années",
pour le plus grand "bénéfice de l'humanité", expliquent les auteurs,
jugeant qu'un "âge d'or", ou même un "tournant de l'histoire humaine"
sont plus que jamais à notre portée.
Cyril Fievet
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3416--286289-0,00.html
02
août 2002
Grande-Bretagne
: fécondation in vitro sur mesure interdite à des parents
Les autorités britanniques ont refusé aux parents d'un enfant atteint
d'une rare maladie du sang l'autorisation de concevoir, par la fécondation
in vitro, un bébé "sur mesure" dont les cellules pourraient guérir
son grand frère. Les parents, Michelle et Jayson Whitaker, envisagent
de faire appel et soulignent que les mêmes autorités ont donné leur
feu vert cinq mois plus tôt à une telle opération, pour une famille
dans une situation très similaire à la leur. "Quelques personnes
disent que nous jouons à Dieu. Je leur réponds que nous faisons
cela pour sauver notre fils" Charlie, âgé de 3 ans, a affirmé Michelle
Whitaker, citée vendredi dans le Daily Mail. L'Autorité britannique
pour la fertilisation humaine et l'embryologie (HFEA) a refusé jeudi
d'autoriser un "diagnostic génétique de pré-implantation" qui aurait
permis de sélectionner un embryon disposant d'un tissu cellulaire
100% identique à celui du petit garçon malade. Le tissu cellulaire
doit être identique pour permettre de prélever ensuite du cordon
ombilical du nouveau-né les cellules pouvant être transplantées
dans la moelle osseuse de Charlie. Cela permettrait au corps de
Charlie de produire des cellules rouges pour combattre l'anémie
chronique dont il souffre, avec 90% de chances de succès. En l'absence
d'une telle opération, le petit garçon est contraint de subir quotidiennement
des transfusions sanguines et des injections de médicaments qu'il
supporte mal. Mais l'Autorité britannique a estimé que sélectionner
ainsi le futur bébé "ne correspond pas aux critères soigneusement
définis pour s'assurer que la procédure est légale et éthique".
La même autorité avait en février dernier autorisé un autre couple,
Shahana et Raj Hashmi, à procéder à un tel diagnostic génétique
avant de concevoir in vitro un bébé dont les cellules sont destinées
à être utilisées pour une greffe de moelle osseuse au profit de
son frère Zain, 3 ans. La différence, ont fait valoir les scientifiques
de l'Autorité britannique, est que dans ce dernier cas, le diagnostic
servait aussi à s'assurer que le bébé n'était pas porteur de la
même maladie, héréditaire, que celle qui affectait son grand frère.
Zain souffre de thalassémie. La maladie du sang dont souffre pour
sa part Charlie n'est pas héréditaire, et la sélection génétique
ne viserait donc pas à éviter à son futur petit frère ou petite
soeur d'être affligé du même mal.
http://actu.dna.fr/020802121344.xb9643ty.html
01
août 2002 
Nouvel espoir pour les victimes de lésion
de la moelle épinière
Pauline Gravel Édition "Journal du devoir"
Les victimes de lésion de la moelle épinière qui sont clouées à
un fauteuil roulant peuvent reprendre espoir de marcher de nouveau
dans un avenir prochain grâce à une importante découverte effectuée
par des chercheurs de Montréal. L'équipe du professeur Lisa McKerracher,
du département de pathologie et biologie cellulaire de l'Université
de Montréal, a réussi à induire chez des souris dont on avait sectionné
la moelle épinière la croissance des fibres nerveuses qui avaient
été amputées en injectant au site de la lésion des substances capables
de bloquer le processus biologique qui empêche normalement la régénération
des neurones dans le système nerveux central. Qui plus est, les
animaux ayant été traités de la sorte ont recouvré non seulement
leur mobilité mais également une bonne coordination dans leurs mouvements.
Cette trouvaille laisse augurer la mise au point d'ici quelques
années d'un traitement plus simple et plus facilement accessible
que ceux explorés jusqu'à maintenant. Chez l'humain comme chez tous
les autres mammifères, les axones -- les troncs des cellules nerveuses
-- qui ont été coupés lors d'un accident n'arrivent pas à se reconnecter
en raison notamment de la présence dans le milieu dans lequel ils
baignent de protéines «dites inhibitrices» qui freinent la croissance
des neurones. Lisa McKerracher a récemment caractérisé la voie par
laquelle ces protéines inhibitrices transmettent leur message aux
cellules nerveuses. «L'interrupteur à l'entrée de cette voie est
une protéine, appelée Rho, qui peut se présenter sous deux formes»,
explique la chercheuse. Lorsque la protéine Rho est dans son état
actif, elle interdit la croissance des fibres nerveuses en provoquant
l'effritement du squelette, structure sur laquelle doit se greffer
la chair du neurone. «Il faut donc inactiver cette protéine si l'on
veut permettre aux neurones de croître», a donc conclu la chercheuse.
Grâce à des molécules capables d'inhiber l'activité de la protéine
Rho, elle a ainsi pu faire pousser en laboratoire des axones qui
avaient été tranchés. Ceux-ci ont même traversé l'épaisse cicatrice
qui se forme au site de la lésion. Fort de ce succès, le groupe
de l'Université de Montréal a ensuite éprouvé l'efficacité de ces
molécules chez des souris auxquelles on avait entaillé la moelle
épinière au niveau des vertèbres thoraciques. Après avoir reçu une
injection de ces substances antagonistes, les souris ont rapidement
récupéré leur motricité, nous apprend la neurobiologiste. Et surtout,
elles ont retrouvé une bonne coordination entre leurs pattes antérieures
et postérieures, et de ce fait une démarche normale. Mais quel est
donc le rôle de ces protéines inhibitrices qui empêchent la régénération
des axones ? Les scientifiques cherchent encore la réponse, mais
ils supposent que c'est pour éviter l'expansion des cellules nerveuses
aux endroits où on ne désire pas qu'elles apparaissent, notamment
dans le cerveau et la moelle épinière des adultes. On retrouve aussi
des protéines inhibitrices dans les nerfs périphériques qui sont
connectés directement aux muscles, précise Lisa McKerracher. Mais
au moment d'une blessure, le système immunitaire les élimine, ce
qui permet la réinnervation d'un membre amputé. D'autres stratégies
sont entrevues pour favoriser la régénération des fibres nerveuses
et conséquemment la récupération de la motricité après une lésion
de la moelle épinière. Expérimentée chez des animaux, «la greffe
de cellules souches semble efficace et prometteuse. Sauf qu'il s'agit
d'une approche particulièrement complexe qui est encore loin d'être
accessible. Et de ce fait, ce ne sont pas tous les patients qui
pourront en bénéficier», prévient la neurobiologiste, qui a reçu
en 2000 la Christopher Reeve Medal for Spinal Cord Repair. Un autre
procédé consiste à neutraliser les protéines inhibitrices au moyen
d'anticorps. Mais l'acheminement des anticorps demeure difficile
et risque de provoquer une réaction immunitaire défavorable, dirigée
contre l'organisme. «En intervenant au niveau de la voie de signalisation
au sein des neurones par le biais de petites molécules comme celles
employées pour inactiver la protéine Rho, on peut imaginer un traitement
qui puisse être administré facilement et qui soit ainsi présent
dans toutes les pharmacies d'hôpital», souligne la chercheuse à
l'origine de cette approche. La prochaine étape importante dans
la longue marche vers la mise en marché de ce médicament sera l'évaluation
de la toxicité du produit à long terme chez l'animal : un préalable
à tout essai chez l'humain. La société de biotechnologie Bioaxone
Thérapeutique qu'a fondée Lisa McKerracher devrait pouvoir commencer
sous peu cette coûteuse étude (deux millions de dollars) grâce au
soutien financier de quatre sociétés québécoises de capital de risque
: T2C2/Bio2000, le Fonds de solidarité de la FTQ, Investissement
Desjardins et Innovatech du Grand Montréal. Cette découverte de
l'équipe de Lisa McKerracher qui est publiée aujourd'hui dans le
Journal of Neuroscience pourrait également aboutir à de nouveaux
traitements pour certaines maladies neurodégénératives comme la
maladie de Parkinson.
01
août 2002
Conception
à partir des cellules germinales du fœtus
L es chercheurs japonais ont obtenu des souris à partir de cellules
précurseurs d’ovocytes prélevées sur des fœtus de rongeurs et développées
in vitro. Cette technique, si elle peut un jour être appliquée à
l’homme, permettrait aux jeunes femmes traitées par chimiothérapie
de garder l’espoir d’avoir des enfants. L’équipe de Izuho Hatada
(Université de Gunma) a retiré les ovaires sur un fœtus de souris
de 12 jours et demi (près de la moitié de la gestation), afin de
prélever les cellules précurseurs des ovocytes. L’ovogenèse a ensuite
été menée in vitro pendant 28 jours. A ce stade, l’ADN a été transféré
dans des ovocytes matures issus de souris adultes. Après une fertilisation
in vitro, les chercheurs ont obtenu des embryons qu’ils ont implantés
chez des femelles. Plusieurs rejetons ont ainsi vu le jour. Ces
souris ont aujourd’hui un an et se portent bien, expliquent les
chercheurs dans la revue Nature. De graves anormalités peuvent en
effet se produire avec cette méthode, rappelle le biologiste John
Eppig. Celui-ci avait créé une souris à partir de ces mêmes cellules
fœtales, mais elle souffrait de nombreux maux. Dans leur étude,
Hadata et ses collègues ont montré qu’un gène clef, IGF2R, était
tout à fait normal avant même le transfert de noyau. Une marche
de plus a donc été franchie, mais l’application à l’homme est encore
loin.
Cécile Dumas
http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20020801.OBS8315.html?0028
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