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La rubrique Info science s'arrête en décembre 2002, mais vous pouvez retrouvez des sujets pertinents sur le Forum, rubrique "Tout sur la science"


 




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2002


Pas si futile le babillage des bébés...
Le risque du gène en trop

Deux cigarettes par semaine peuvent suffire pour...

Les députés australiens interdisent le clonage humain

L'alimentation à base d'OGM saine, selon la directrice générale...

Découverte de l'enzyme de l'oubli

Les enfants élevés au contact des chiens ou chats sont moins allergiques

Étiquetage volontaire pour les OGM

Contrairement à ce que pensaient les astronomes
...
ARN : une bonne nouvelle pour la "gêne-éthique"

Un anaconda femelle isolée depuis 26 ans se reproduit mystér...

Mitochondrie paternelle

Grand-Bretagne: progrès dans la transplantation d'organes de porcs

Des chercheurs japonais veulent ressusciter le mammouth

Apport calorique et risque d’Alzheimer

Première : une greffe d'utérus mène à une grossesse

Un «interrupteur» de protéines influerait sur la perte de poids

Le muscle artificiel est arrivé

Découverte du gène responsable du bon emplacement des viscères

Sperme de bouc et de cochon produit par des souris

Les sondes Voyager s'approchent d'une région inexplorée...

Comme si on y était !

Clonage d'un bébé : un couple américain invoque la volonté de Dieu

La bête humaine

Une souris qui mange sans grossir

Le serpent volant

Une découverte génétique pourrait révolutionner la médecine

Trilobite, un aspirateur-robot totalement autonome

Le virus de la Poliomyélite recréé en laboratoire

L'hormone de satiété

La vitesse de la lumière ne serait pas constante

Clonage humain : l'épisode sud-coréen

Le sexe de l'émotion

Fertilité retrouvée ?

Le génome de la souris mis en carte

Génétiquement criminel

Un document sur le clonage

Les États-Unis vont autoriser des OGM expérimentaux...

Longévité humaine et restriction calorique

Améliorer l'humain : une nouvelle Renaissance ?

G-B : fécondation in vitro sur mesure interdite à des parents

Nouvel espoir pour les victimes de lésion de la moelle épinière

Conception à partir des cellules germinales du fœtus


30 août 2002
Pas si futile le babillage des bébés...
Paul Recer Associated Press Washington
Pour les adultes, il semble dénué de sens et pourtant le babillage des nourrissons est un exercice linguistique essentiel pour l'acquisition de leur langage futur, selon une étude américaine publiée vendredi dans la revue Science. «Quand un bébé babille, il se donne du mal pour trouver les sons qui vont faire son langage et les assembler», a souligné Laura-Ann Petitto, chercheur au Collège Dartmouth, et premier auteur de l'étude. «Il construit un langage compréhensif.» L'étude menée par ce professeur de psychologie et de biologie du cerveau a porté sur dix bébés âgés de cinq à douze mois. Elle souligne que les sons qui composent leur babil sont commandés par une partie du cerveau, alors que les sons autres que le babillage et le sourire le sont commandés par une autre partie du cerveau. «Ceci suggère que la fonction du langage se développe très tôt», a estimé le Pr Petitto. Pour aboutir à ce résultat, Laura-Ann Petitto et Siobhan Holowka, coauteur de l'étude, ont analysé les mouvements des lèvres des bébés lors du babil, lorsqu'ils émettaient d'autre sons, ou lorsqu'ils souriaient. Les enfants, dont la moitié était issue de familles anglophones, et l'autre moitié de familles francophones, étaient filmés. Le film était ensuite passé au ralenti pour permettre aux chercheurs de procéder à une analyse précise des mouvements de la bouche. La scientifique a précisé qu'elle avait étudié des bébés francophones et anglophones pour prouver que ces mouvements ne sont pas liés à la langue maternelle. Selon leurs observations, au moment du babil, la bouche s'ouvre de façon plus importante à droite, alors qu'elle est plus ouverte à gauche lorsque le bébé sourit. Pendant les vocalises, l'ouverture de la bouche est symétrique, les deux côtés travaillant de la même façon. Une différence qui correspond aux zones du cerveau activées aux cours des différents mouvements. Selon Laura-Ann Petitto, «le cerveau gauche contrôlant la partie droite de la bouche, c'est donc le côté gauche du cerveau qui commande le babillage». «L'hémisphère gauche est dédié à l'apprentissage du langage», a-t-elle ajouté. Une fonction qui, selon elle, s'acquiert plus tôt que l'on croyait. Le sourire est commandé par le cerveau droit, le siège des émotions. «Notre étude souligne qu'à cinq mois déjà, le centre des émotions des bébés est déjà impliqué.» A terme, étudier la motricité de la bouche lorsque le bébé s'exprime pourrait permettre aux spécialistes de dépister les troubles du langage sans attendre sa complète acquisition. Les experts avaient déjà découvert les propriétés caractéristiques des sons émis par les bébés et avaient même fait la différence entre le babillage et les sons non spécifiques. Un babillage authentique comporte une voyelle, une consonne et une seule syllabe qui est répétée sans cesse. «Quand un bébé dit da-da-da-da, ou ba-ba-ba-ba ou ga-ga-ga-ga, vous l'entendez facilement», a expliqué le Pr Petitto. «Ce babillage ne ressemble pas à un son qui n'est pas répété comme «ahhhhhhh». Là, il n'y a pas de babillage.»

http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0208/sci_102080131555.html

29 août 2002
Le risque du gène en trop
(Agence Science-Presse)
Un rapport qui tombe à un bien mauvais moment pour les défenseurs des manipulations génétiques: l’Académie nationale des sciences des États-Unis (NAS) vient de déposer une étude, longtemps attendue, qui conclut que les animaux transgéniques présentent une série de risques pour l’environnement et la santé humaine. Ce qui n’arrange rien, les efforts entrepris pour gérer ces risques sont chaotiques, et probablement inadéquats, juge le comité d’experts, mis sur pied par la NAS à la demande de l’Administration américaine des aliments et drogues. En s’attardant donc aux efforts de clonage d’animaux, et de production de bestioles chez qui le gène d’une autre bestiole a été inséré avant la naissance —par exemple, afin de produire un médicament dans le lait- le rapport envoie un croc-en-jambe à l’industrie des biotechnologies, qui carbure à la génétique depuis quelques années. Des fuites d’animaux "modifiés" dans la nature, souligne le comité, se sont déjà maintes fois produites (par exemple, avec des saumons), et on ne sait que peu de choses sur l’impact que ces animaux auront sur leurs cousins "normaux". L’étude ne recommande pas une interdiction des manipulations génétiques, mais lance un appel —désespéré, diront certains- à un plus grand nombre d’études scientifiques, avant que les expériences ne soient poussées plus avant. Des milliers de travaux de recherche directement visés sont en cours, en ce moment même, aux quatre coins des Etats-Unis.
http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2002/cap2608024.html


29 août 2002
Deux cigarettes par semaine peuvent suffire pour développer une dépendance
Une étude de l'Université du Massachusetts démontre que les enfants deviennent rapidement dépendant à la nicotine. En effet, deux cigarettes par semaine peuvent suffire à créer une dépendance, et cela même en fumant relativement peu. Ce qui est étonnant dans ces résultats, selon les chercheurs, c'est que les enfants deviennent dépendants à la nicotine à une rapidité étonnante et avec des quantités de tabac si faibles que personne n'avait considéré cela comme possible. Jusqu'à maintenant, les chercheurs pensaient que la dépendance ne survenait que lorsque les jeunes fumaient au moins dix cigarettes par jour, mais l'étude démontre que la moitié des jeunes qui présentent des signes de dépendance au tabac fumaient en moyenne deux cigarettes par semaine, et pour 66% d'entre eux, la dépendance apparaissait avant qu'ils ne fument quotidiennement. L'étude démontre aussi que pour les filles, la dépendance est apparue plus vite que chez les garçons, trois semaines en moyenne (contre 183 jours) après avoir commencé à fumer de temps en temps. Les auteurs soutiennent que le cerveau adolescent, encore en développement, serait plus vulnérable aux dépendances que celui des adultes, et l'impact de la nicotine serait plus fort et plus long chez les adolescents. Cette étude est publiée dans la revue Tobacco Control .
http://radio-canada.ca/url.asp?/nouvelles/sante.asp

29 août 2002
Les députés australiens interdisent le clonage humain
CANBERRA (AP)
Les députés australiens ont voté à l'unanimité jeudi l'interdiction du clonage humain, tout en repoussant à plus tard la question des recherches sur les cellules-souches de l'embryon humain. Après ce vote de la Chambre des représentants, ce projet de loi devrait être facilement adopté par le Sénat. L'interdiction du clonage proposée dans le texte allait également de pair avec la possibilité de pouvoir utiliser des cellules-souches de l'embryon pour la recherche. Mais les deux questions ont été séparées en deux textes distincts et seule l'interdiction du clonage a été soumise au vote. Aucune date n'a été fixée pour le vote concernant la recherche sur des cellules-souches. Des vacances parlementaires de quinze jours débuteront vendredi.
http://fr.news.yahoo.com/020829/5/2qbi9.html


28 août 2002
L'alimentation à base d'OGM saine, selon la directrice générale de l'OMS
HARARE (AFP)
La nourriture issue d'organismes génétiquement modifiés (OGM) est saine pour la consommation humaine et devrait être utilisée pour lutter contre la famine menaçant des millions de personnes en Afrique australe, a estimé mercredi Gro Harlem Brundtland, directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Mme Brundtland a affirmé dans un communiqué ne pas être "au courant de cas scientifiquement documentés selon lesquels la consommation de tels aliments a eu des effets nuisibles pour la santé de l'homme". "Ce type de nourriture peut donc être consommé", a-t-elle ajouté. Les agences de l'ONU estiment à 14 millions --dont 2,3 millions d'enfants de mois de cinq ans-- le nombre de personnes qui risquent d'avoir à lutter contre la famine en Afrique australe. Au moins 300.000 personnes pourraient mourir de faim ou de maladie dans les six prochains mois, selon des statistiques de l'OMS, si des mesures urgentes ne sont pas prises pour protéger les plus vulnérables. Confrontée à une sévère famine, la Zambie refuse toute aide alimentaire contenant des OGM malgré les avertissements du Programme alimentaire mondial (PAM) sur le risque de voir mourir quelque 2 millions de personnes dans ce pays. "Les gouvernements de pays d'Afrique australe doivent prudemment envisager les conséquences graves et immédiates de la limitation de l'aide nutritionnelle mise à disposition pour des millions de personnes désespérément dans le besoin", a déclaré Mme Brundtland. Le Zimbabwe --le pays le plus menacé avec 6 des 13 millions de personnes affectées par cette crise humanitaire dans la région-- ainsi que le Mozambique ont fait taire leurs craintes à l'égard des organismes génétiquement modifiés, tandis que le Malawi, le Lesotho et le Swaziland n'ont pas soulevé d'objections, avait indiqué le 23 août à Genève le directeur exécutif du PAM, l'américain James Morris.

http://www.larecherche.fr/afp/n020828201254.gagpeo13.html

28 août 2002
Découverte de l'enzyme de l'oubli
Rick Callahan Associated Press Indianapolis

Des scientifiques suisses ont réussi à améliorer les capacités d'apprentissage et de mémorisation de souris de laboratoire en bloquant l'action d'une enzyme cérébrale, le PP1. Une découverte qui pourrait, selon eux, conduire à traiter les troubles de la mémoire des personnes âgées. Ces travaux sont publiés jeudi dans la revue scientifique Nature par une équipe suisse conduite par Isabelle Mansuy, de l'Institut de biologie cellulaire à Zurich. Selon elle, on savait jusqu'ici que l'enzyme PP1 jouait un rôle dans les pertes de mémoire, sans savoir lequel. Pour mener leurs travaux, les chercheurs ont procédé à une manipulation génétique des souris facilitant le blocage de l'enzyme PP1. Ils ont découvert que les souris chez lesquelles le PP1 était inhibé apprenaient plus facilement et étaient dotées d'une meilleure mémoire que les autres. Les animaux étaient évalués sur leurs capacités à reconnaître des objets particuliers et à retrouver l'emplacement d'une plate-forme de sortie noyée dans un conteneur d'eau opaque. Même les souris les plus âgées étaient plus habiles lorsque l'enzyme PP1 avait été bloquée. Une découverte qui ouvre la voie à un éventuel traitement des troubles de la mémoire des personnes âgées, a estimé Isabelle Mansuy. «Cette expérience nous montre que dans les cerveaux âgés, le système moléculaire n'est pas totalement détruit et que les fonctions de mémoire peuvent être restaurées uniquement si l'enzyme PP1 est bloqué», s'est-elle félicitée. Selon le Dr Eric Kandel, professeur à l'Université Columbia et colauréat du Prix Nobel de médecine 2000 pour ses travaux sur la mémoire, ces travaux représentent une étape importante dans la compréhension de la formation de la mémoire à long terme. Dans une seconde étude publiée dans «Nature» et portant elle aussi sur la biologie cérébrale, des chercheurs écossais ont montré qu'une mutation génétique liée à la maladie d'Alzheimer pouvait aussi détériorer les facultés mentales des personnes pourtant indemnes de cette maladie générative. Sur les 466 personnes étudiées, 121 étaient porteuses de la mutation génétique APOE E4, qui augmente le risque de maladie d'Alzheimer, sans qu'aucune d'entre elles ne souffre de cette maladie. Toutes avaient bénéficié d'un test d'évaluation des fonctions cérébrales à 11 ans et d'un autre à 80 ans. Alors que le test pratiqué à 11 ans donnait les mêmes résultats chez les 466 personnes, qu'elles soient porteuses de la mutation ou non, les résultats à 80 ans étaient légèrement moins bons chez les porteurs de la mutation APOE E4.

http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0208/sci_102080131206.html

28 août 2002
Les enfants élevés au contact des chiens ou chats sont moins allergiques
Agence France-Presse Washington
Les enfants élevés au contact de chiens ou de chats ont un risque fortement réduit d'être sujets aux allergies les plus communes, selon les résultats d'une étude américaine à paraître mercredi, portant sur près de 500 enfants de la naissance à l'âge de sept ans. «Nous avons examiné nos données pour savoir si l'exposition aux chiens ou chats augmentaient les risques, et les données n'ont pas été dans le sens que nous attendions. En fait, c'était nettement le contraire», a expliqué le Dr Dennis Ownby, directeur du service d'allergologie de la faculté de médecine de Géorgie, qui a mené l'étude. Les chercheurs ont suivi pendant sept ans un groupe de 474 bébés, comparant les 184 enfants exposés durant leur enfance à un minimum de deux chiens ou chats aux 220 enfants qui n'avaient pas eu de contact avec ces animaux. Ils ont découvert que les enfants exposés à deux animaux domestiques ou plus avaient un risque réduit de moitié d'être sujet aux allergies les plus communes. À titre d'exemple, 15,5% des enfants sans chien ou chat au foyer étaient allergiques aux chats, contre 11,6% des enfants avec un chien ou un chat et 7,7% des enfants élevés avec deux animaux ou davantage. La même tendance a été trouvée chez les enfants ayant une allergie aux chiens, de 8,6% à 3,5% et à 2,6% respectivement. «La conclusion est peut-être que la raison pour laquelle tant d'enfants ont des allergies et de l'asthme est que nous vivons de façon trop propre», selon le Dr Ownby, dont l'étude est publiée dans le Journal of the American Medical Association. «Que se passe-t-il quand des enfants jouent avec des chats ou chiens? Les animaux les lèchent. Le léchage transmet de nombreuses bactéries qui pourraient modifier la façon dont le système immunitaire y répond, d'une façon aidant à protéger des allergies», a estimé le spécialiste. «On a appris aux allergologues pendant des générations que les chiens et chats dans la maison étaient mauvais car ils augmentaient les risques d'y devenir allergique, nous savons que pour devenir allergique à quelque chose, il faut y être exposé de façon répétée», a poursuivi le Dr Ownby. Mais les résultats «sont exactement le contraire de ce que nous aurions pu prédire», a-t-il souligné.
http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0208/sci_102080130894.html


27 août 2002
Étiquetage volontaire pour les OGM
Le Comité consultatif canadien de la biotechnologie a estimé, dans son rapport, que les organismes génétiquement modifiés ne présentaient pas de danger pour la santé. Toutefois, les auteurs du rapport recommandent une surveillance attentive et surtout l'étiquetage, volontaire mais conforme à un cadre réglementaire défini, des aliments qui en contiennent. Les experts, dont le rapport a été remis à sept ministères fédéraux, dont ceux de la Santé, de l'Agriculture et des Pêches et océans, suggèrent un délai de cinq ans, au-delà duquel il serait possible d'imposer l'étiquetage obligatoire en cas de mauvaise volonté des industriels. L'étiquetage, a souligné le comité, vise à informer les consommateurs, mais ne signifie pas que les OGM soient nocifs pour les êtres humains ou l'environnement. Le Canada, recommande le comité, doit se faire l'avocat sur la scène internationale de l'adoption d'une norme universelle d'identification des OGM. Les Canadiens réclament l'étiquetage Les associations de consommateurs ont dénoncé les conclusions «tendancieuses» du comité. Nadège Adam, du Conseil des Canadiens, reproche aux experts de ne pas avoir tenu compte des sondages, qui indiquent que la population réclame l'étiquetage obligatoire. L'Association des biologistes du Québec et les experts scientifiques de la Société royale du Canada se sont récemment prononcés en faveur de l'étiquetage obligatoire. Par ailleurs, Mme Adam accuse le comité de ne pas respecter le principe de précaution, qu'il cite pourtant, en ne recommandant pas le retrait des marchandises contenant des OGM jusqu'à ce que l'on ait prouvé leur innocuité. En octobre dernier, les députés fédéraux ont rejeté le projet de loi C-287 qui aurait rendu obligatoire l'étiquetage des produits alimentaires contenant des OGM. Au contraire du Canada, l'Union européenne se montre particulièrement sévère. En juillet dernier, le parlement européen a adopté de nouvelles mesures qui font de l'Europe la région la plus stricte vis-à-vis des OGM.
http://radio-canada.ca/url.asp?/nouvelles/sante.asp


27 août 2002
Contrairement à ce que pensaient les astronomes, les étoiles massives, de plusieurs dizaines de fois la masse du Soleil, peuvent se former dans les régions de l'Univers riches en métaux, considérés jusqu'ici comme des entraves à la croissance stellaire.

Agence France-Presse Paris
Pour la première fois, une équipe européenne de chercheurs conduite par Daniel Schaerer, de l'Observatoire Midi-Pyrénées, vient en effet d'observer, à l'aide d'un des instruments du VLT (Very Large Telescope) de l'ESO, au sommet du mont Paranal (Chili), des étoiles massives dans un amas de galaxies. Cette observation, dont le compte-rendu sera publié prochainement dans la revue Astronomy and Astrophysics, implique en particulier l'existence de ce type d'étoiles au sein de la plupart des noyaux de galaxies. « La présence ou l'absence de telles étoiles au centre d'un galaxie, estiment les chercheurs, doit avoir une influence considérable sur la région toute entière et, vraisemblablement, sur l'évolution de l'ensemble de la galaxie ». Les éléments de notre Univers, selon la théorie actuellement en vigueur, sont issus de l'hydrogène, de l'hélium et de leurs isotopes, eux-mêmes apparus dans les premiers instants de l'Univers, peu après l'explosion « initiale » (le Big-Bang), il y a treize à quinze milliards d'années. Par des processus de fusion nucléaire, ces deux éléments ont progressivement donné naissance à des éléments plus lourds, au coeur des étoiles et lors de la mort, par explosion en supernovae, des plus massives d'entre elles. Mais, même maintenant, l'essentiel de la matière visible demeure largement constituée d'hydrogène et d'hélium, et non d'éléments plus lourds : les métaux. Par spectroscopie, les astronomes peuvent observer dans l'Univers des régions particulièrement riches en métaux. Jusqu'ici, les conditions qui président à la formation stellaire demeurent largement inconnues. Nombre de chercheurs admettent toutefois que les étoiles massives ne pouvant se former dans des régions riches en métaux. En grande quantité, ces éléments sont censés avoir un effet répulsif et capables de disperser les nuages dans lequel sont en train de se former les étoiles. Pourtant, avec un des instruments du VLT, David Shaerer et ses collègues ont observé, dans l'amas (de galaxies) Virgo, distant de quelque 50 millions d'années-lumière, 85 régions riches en métaux (des régions dites "H II", c'est-à-dire constituées entre autre d'hydrogène ionisé une fois) voisines de galaxies spirales. « La présence d'étoiles de Wolf-Rayet, type d'étoiles chaudes et massives connues également dans la Voie lactée composé notamment de carbone doublement et triplement ionisé, a été détectée dans 27 de ces régions », précisé l'équipe. Dans une des régions choisies, deux étoiles Wolf-Rayet ont même pu être observées directement. Les étoiles massives, avec leur puissant champ électromagnétique et leurs fortes émissions de particules, jouent un rôle essentiel dans la vie des galaxies, du milieu interstellaire et des nuages moléculaires. De même lorsqu'elles meurent. Avec cette découverte inattendue, les modèles d'évolution des galaxies devront désormais, pour être complets, prendre en compte la présence ou l'absence de ces objets célestes.


27 août 2002
ARN : une bonne nouvelle pour la "gêne-éthique"

Alors que des chercheurs américains remettent en cause le clonage sur les animaux pour des raisons de santé, la découverte de l'interférence ARN, permettant d'activer et de réactiver des gênes, arrive à point. Ces travaux, qui ne nécessiteront pas de manipulations génétiques, offrent de nouveaux espoirs de traitements contre les maladies virales ou les cancers, comme l'explique François Dautry, responsable de recherches au CNRS. Un grand pas vient d'être franchi dans le domaine de la biologie. Un mécanisme appelé " interférence ARN ", permettant de désactiver et de réactiver des gênes, notamment pathogènes, a été mis au jour par deux équipes de chercheurs, l'une américaine, l'autre européenne. Cette découverte majeure est déjà utilisée dans la plupart des laboratoires depuis un an. Mais la nouveauté vient du fait que, le mois dernier, des tests ont été menés avec réussite sur des cellules humaines. Jusqu'à présent, les recherches n'avaient porté que sur des plantes (pétunias, champignons) et des animaux (vers, mouches). Les chercheurs ont cette fois réussi à immuniser des cellules contre le virus du SIDA et de la poliomyélite. Cette découverte marque donc le passage à une nouvelle ère dans le domaine de la biologie que les chercheurs nomment période post-génomique. En fait, toutes les informations génétiques sont contenues dans l'ADN (lui-même composé de deux branches, la deuxième étant "complémentaire" de la première). Mais pour que les cellules puissent les lire et exécuter les ordres du programme génétique, ces informations doivent tout d'abord être transformées en une molécule voisine de celle de l'ADN : l'ARN. La découverte est en fait très simple. Les chercheurs ont montré que si, au lieu d'avoir uniquement une copie ARN de l'information génétique, on obtenait également une copie ARN du message complémentaire (correspondant au deuxième bras de l'ADN), alors l'information est inhibée et la cellule n'exécute plus l'ordre donné. L'interférence ARN permet donc, mais pour l'instant uniquement en laboratoire, de modifier l'expression de n'importe quel gêne, de manière transitoire, à condition de connaître sa séquence. " Or, on connaît pratiquement la séquence de tous les gênes chez l'homme et la souris ", fait remarquer François Dautry. Problème : on ne sait toutefois pas quelle est leur fonction exacte. La plus grande difficulté consiste donc désormais à transférer sur un organisme humain les expériences menées en laboratoire. " En laboratoire, explique François Dautry, on a les moyens de faire pénétrer une molécule d'ARN double brins (comprenant la copie de l'information génétique et celle du message complémentaire) dans les cellules, sans que ça pose de problèmes majeurs. Mais on est alors obligé de trouer l'enveloppe des cellules. Faire la même chose sur un corps humain va nécessiter l'utilisation de cellules intermédiaires, de vecteurs, qui feront pénétrer dans les cellules de l'organisme, sans les abîmer, les molécules d'ARN ". Le problème fondamental auquel sont confrontés les chercheurs est désormais d'ordre pharmacologique : fabriquer des médicaments qui pénétreront dans les cellules sans causer de dégâts. " Mais il faut faire très attention et ne pas désactiver n'importe quel gêne, met en garde le directeur de l'Institut André Lwoff. En effet, un gêne peut être indispensable à une cellule. Si on empêche l'expression de ce gêne, la cellule peut mourir ". Cette découverte ouvre cependant des portes vers de nouveaux traitements contre les maladies virales (VIH, hépatites, fièvres hémorragiques comme le virus Ebola etc.), les cancers et même les phénomènes de rejet en cas de greffes. " Il y a des possibilités d'utilisation thérapeutique de l'interférence ARN à long terme, admet François Dautry. Notamment pour inhiber l'expression des gênes étrangers au corps humain. Par exemple, dans le cas d'infections virales, le virus apporte son information génétique dans les cellules. Il suffit, en théorie, d'empêcher l'expression des gênes viraux pour éviter l'infection et sa propagation. Il a été démontré cet été que cette stratégie fonctionne sur différentes infections virales dont le VIH ". Les malades du SIDA, notamment ceux résistants à tous les traitements existants actuellement, espèrent maintenant que ces avancées scientifiques aboutiront au lancement sur le marché d'une nouvelle gamme de médicaments. La vraie révolution dans ce domaine serait d'arriver à un produit qui élimine complètement le virus. Et on en est malheureusement encore loin… La même règle est appliquée dans le cas de cancers et autres pathologies tumorales : " Comme l'information génétique est différente dans les cellules cancéreuses et les cellules normales, on peut, en principe, empêcher l'expression des gênes malades sans causer d'effets sur les cellules saines ", affirme François Dautry. Encore faut-il introduire ces molécules thérapeutiques dans les cellules tumorales, ce qui n'est pas une mince affaire en raison de la structure même des tumeurs. Les premières expériences de ce type détermineront si empêcher l'expression d'un gêne modifié va réellement induire la mort des cellules tumorales. Toujours est-il qu'aussi extraordinaire que puisse être cette découverte, elle n'offre pas encore d'espoirs concrets pour les maladies génétiques. En effet, dans ce genre de cas, la personne est porteuse de défauts dans ses informations génétiques depuis sa naissance. Or, comme le démontre François Dautry, " empêcher le fonctionnement du ou des gênes responsable(s) de la maladie génétique n'enlèvent pas les défauts ". Pour résoudre le problème, il faudrait intervenir directement sur l'embryon de manière à ce qu'à la naissance, l'individu ne soit pas porteur de ces défauts. Seconde difficulté, les chercheurs savent actuellement travailler sur un ou deux gênes simultanément mais pas, situation plus complexe, sur une multitude de gênes, comme c'est le cas, par exemple, pour les trisomies 21 (où il existe un chromosome de plus, donc un nombre très important de gênes supplémentaires). La mise au jour de l'interférence ARN aura au moins comme conséquence indéniable d'accélérer le rythme des découvertes en biologie. En effet, " c'est un mécanisme central du monde vivant ", explique le directeur de l'Institut André Lwoff. C'est-à-dire que chaque cellule possédant un noyau (autrement dit tous les êtres vivants - végétaux, animaux ou humains - en dehors des bactéries) sont soumis à ce dispositif. Il a ainsi été avéré que, chez les plantes, ce mécanisme leur permettent de se défendre contre les infections virales. Elles l'utilisent pour empêcher l'expression du virus et deviennent ainsi résistantes aux infections. Même si rien ne permet encore de dire que des médicaments dérivés de cette découverte arriveront sur le marché à court terme, les industries pharmaceutiques voient déjà les profits qu'elles pourront en tirer, et financent généreusement ces recherches. Elles pourront en effet, grâce à l'interférence ARN, tester différents gênes pour déterminer, en une semaine seulement, lequel est responsable du type de pathologie à soigner. Une fois le bon gêne ciblé, elles rechercheront alors des inhibiteurs classiques sur ce gêne précis grâce à des tests de pharmacologie standard. Le temps de recherche en sera donc considérablement abaissé. Encore quelques années ou quelques décennies quand même d'attente pour les malades, avant de pouvoir bénéficier de ces avancées scientifiques. Et pour les firmes pharmaceutiques avant de commencer à récolter les fruits de leurs investissements....
Maryse Borgetto ©Digipresse 2002

http://fr.news.yahoo.com/020827/108/2q8k6.html

23 août 2002
Un anaconda femelle isolée depuis 26 ans se reproduit mystérieusement à Rio
Rafaela, une anaconda de 32 ans, a mystérieusement donné naissance à 23 petites femelles alors qu'elle vit depuis 26 ans isolée avec une dizaine de boas dans un vivarium de l'Etat de Rio, ont indiqué mercredi des biologistes. Seulement trois des "bébés" ont survécu. Ils possèdent tous 100% des caractéristiques des anacondas (ou eunectes). Cette espèce de serpents aquatiques peut mesurer jusqu'à 10 mètres de long. Rafaela en fait cinq et pèse 45 kg. Le mystère sur "le père des petites" sera élucidé par le Département de Recherches Génétiques de l'Institut National du Cancer (Inca) de Rio, qui va effectuer des tests d'ADN sur la mère, ses filles et les boas. D'ors et déjà, le biologiste Anibal Gimenez émet trois hypothèses. La première, que Rafaela ait croisé avec l'un des boas du vivarium, est "scientifiquement peu probable", car les boas sont des "boïdés". "Bien que de la même famille, ce serait comme si un homme croisait avec un singe", a expliqué le scientifique. Selon la seconde, l'anaconda, capturée par l'armée en 1976 dans le centre-ouest du Brésil, pourrait s'être accouplée à l'époque avec un mâle et avoir conservé pendant tout ce temps le sperme dans un organe réservoir. "Cette hypothèse a déjà été prouvée chez des reptiles comme le serpent à sonnettes mais jamais pour une durée aussi longue", a précisé le biologiste. La dernière hypothèse, "la plus probable" serait que l'anaconda ait vécu un rare phénomène de parthénogenèse (division cellulaire qui forme un embryon, sans fécondation). "Des altérations hormonales de la vieillesse peuvent déclencher ce processus, mais nous ne connaissons aucun précédent pour cette espèce. La parthénogenèse est fréquente chez les scorpions jaunes et les lézards qui n'ont pas de mâles", a précisé Gimenez. D'après lui, "l'anaconda a pu agir par instinct de préservation de l'espèce, comme une sorte d'autoclonage", a conclu le biologiste qui recueille toutes les données pour les publier dans une revue spécialisée.

http://actu.dna.fr/020822154053.p8je7x5i.html

23 août 2002
Mitochondrie paternelle
La découverte ne fait pas la une des journaux, et pourtant… elle a de quoi déclencher une révolution dans le domaine de la génétique. Un de ses dogmes est remis en question : l’ADN mitochondrial pourrait être transmis par le père, et pas seulement par la mère comme le pensent les généticiens. Mauvaise nouvelle pour les spécialistes de la génétique des populations, qui se basent sur l’ADN mitochondrial (ADNmt) pour reconstruire des arbres généalogiques. C’est ainsi qu’une ancêtre commune, l’Eve africaine, a été établie pour tous les Homo sapiens. Marianne Schwartz et John Vissing publient leur surprenante découverte dans l’édition du 22 août du New England Journal of Medicine. Ces deux professeurs de Copenhague (Danemark) étudiaient le cas d’un patient de 28 ans atteint d’une myopathie mitochondriale –une maladie due à une mutation génétique au sein de l’ADNmt. Les analyses génétiques ont révélé que la mutation était hébergée par l’ADNmt du père, non de la mère. Or les généticiens considèrent que l’ADNmt du père, porté par le sperme, est détruit, inactivé ou dissous par l’ADN mitochondrial de l’ovocyte au cours de l’embryogenèse. Chez les plantes, la transmission de l’ADNmt n’est pas l’apanage d’un seul parent. Chez les mammifères, le phénomène est rare. Il a été observé chez la souris, mais jamais chez un être humain en bonne santé. «Les échantillons étudiés étaient peut-être trop petits pour permettre de détecter une transmission paternelle» suggère dans son commentaire Sanders William, chercheur au Duke University Medical Center (USA). Reste à connaître la fréquence d’une telle transmission. «Le cas inhabituel décrit par Schwartz et Vissing est bien plus qu’une simple curiosité» conclut Williams.
Cécile Dumas

http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20020823.OBS9101.html?0027

22 août 2002
Grand-Bretagne: progrès dans la transplantation d'organes de porcs
LONDRES (AFP)
Therapeutics, la société britannique de biopharmacie à l'origine du clonage de la brebis Dolly, a annoncé jeudi une nouvelle avancée vers la transplantation sur l'homme d'organes de porcelets clonés. La firme, basée en Ecosse, a indiqué dans un communiqué avoir produit dans sa filiale américaine à Blacksburg (Virginie) cinq porcelets totalement dépourvus d'un gène qui cause le rejet par le corps humain d'un organe de porc transplanté. Les porcelets sont nés le 25 juillet, mais l'un d'eux est mort peu après sa naissance "pour une cause inconnue", a indiqué une porte-parole de la société. PPL a précisé avoir réalisé une première mondiale en trouvant un moyen de désactiver les deux versions du gène alpha 1,3 galactosyl transfarase. En janvier, la société avait annoncé avoir désactivé ce gène, qui produit un enzyme ajoutant un sucre à la surface des cellules du porcelet, lequel permet aux cellules humaines de reconnaître qu'il s'agit d'un corps étranger. Lorsque les cellules humaines repèrent un corps étranger, elles le rejettent et la greffe échoue. En fait, PPL n'avait supprimé qu'une version du gène, l'autre restant active. Jeudi, c'est la capacité à supprimer entièrement ce gène qui a été annoncée. "Cette avancée nous rapproche d'une solution au problème mondial que représente la pénurie d'organes et de cellules destinés à la transplantation", a déclaré le vice-président de la société David Ayares. La société estime que les premières applications de cette technologie pourraient être liées au diabète, avec la transplantation de cellules produisant de l'insuline. Les essais cliniques pourraient démarrer dans quatre ans.


22 août 2002
Des chercheurs japonais veulent ressusciter le mammouth
TOKYO (AP)
Des scientifiques japonais caressent le rêve un peu fou de créer en Sibérie une sorte de Jurassic Park, dont les vedettes ne seraient pas des dinosaures mais des mammouths, ou plutôt une variété génétiquement hybride, entre le pachyderme disparu et l'éléphant actuel. Une entreprise difficilement réalisable mais semble-t-il pas impossible. Les chercheurs du "Projet de création de mammouths" (PCM) doivent encore résoudre un important obstacle technique. Depuis plusieurs années, ils mènent des fouilles en Sibérie dans l'espoir de trouver de l'ADN sur des restes de mammouth, qui pourrait être utilisé pour féconder un éléphant. "Si nous pouvons trouver une cellule somatique (du corps) ou de préférence une cellule de sperme, qui est intacte, nous pouvons recréer un mammouth", assure Shoji Okutsu, un expert vétérinaire de l'université de Kagoshima. "Si tout se passe bien et que nous obtenons des bébés mammouths, nous voulons qu'ils vivent dans un environnement aussi proche que possible de celui de leurs ancêtres." Avec l'ADN, les chercheurs féconderaient un éléphant et pourraient ainsi produire un hybride mi-éléphant mi-mammouth. Après plusieurs générations une créature génétiquement proche de celle de la préhistoire pourrait être obtenue, selon eux. La réussite de l'opération semble très hypothétique. Jusqu'ici aucune cellule de mammouth contenant une qualité d'ADN permettant un clonage n'a été découverte et il n'est pas sûr qu'elle le sera un jour. Malgré tout, les chercheurs ont obtenu en 1996 l'autorisation de la région russe de Sakha d'utiliser une réserve de 135 kilomètres carrés près de Duvannyi Yar, en Sibérie, pour y installer leur éventuel parc. Le sanctuaire n'est actuellement accessible que par hélicoptère et n'est pas ouvert au public. Mais, selon le président de la Société pour la création du mammouth, Kazutoshi Kobayashi, il a l'avantage d'être peuplé d'animaux dont on pense qu'ils ont cohabité avec les mammouths il y a des milliers d'années: le tigre, le cerf géant, l'élan et d'autres espèces de Sibérie. M. Kobayashi est le président de Field, une société de brevetage de technologies qui finance le PCM. Les chercheurs nippons de l'université de Kagoshima et de l'université Kinki ont jusqu'ici mené des fouilles le long de la rivière Kolimaya dans l'ouest de la Sibérie. Ils ont trouvé des fossiles de mammouths sous le permafrost. Mais l'ADN avait subi les outrages du temps et de changements climatiques et était inutilisable. Les recherches doivent se poursuivre l'an prochain. Tetsuya Taga, le directeur de l'Institut d'embryologie moléculaire et de génétique à l'université de Kumamoto, qui n'est pas associé au projet, souligne qu'en théorie, du sperme congelé pourrait être suffisamment bien préservé, mais qu'en trouver devrait être difficile. Et même si des mammouths peuvent être créés, certains experts doutent de la viabilité du projet. Mitsuko Masui, directeur du zoo de Yokohama, note que l'on sait peu de choses sur l'animal. "On ne peut recréer l'environnement dans lequel vivaient les mammouths. Un mammouth peut-il réellement survivre dans l'environnement d'aujourd'hui?" Créer une population capable de se reproduire pourrait être encore plus difficile, ajoute M. Masui. Les chercheurs japonais reconnaissent que la route est encore longue et que le principal obstacle reste pour l'heure le manque d'ADN utilisable. AP

http://fr.news.yahoo.com/020822/5/2q1ol.html

21 août 2002
Apport calorique et risque d’Alzheimer
Selon des travaux récents, un apport calorique élevé est associé à un risque accru de maladie d’Alzheimer surtout chez des sujets qui présentent une prédisposition génétique. Cette étude publiée dans le numéro d’août des Archives of Neurology porte sur le suivi de 4 ans de 980 personnes qui ne présentaient pas de signe de démence en début d’étude. Un questionnaire semi-quantitatif était utilisé pour mesurer l’apport alimentaire des participants au cours de la période de suivi. Dans leur article, Luchsinger et al. expliquent avoir mis en évidence une relation entre les apports caloriques les plus élevés et le risque de développer un Alzheimer les porteurs de l'allèle epsilon 4 du gène de l'Apo E. Chez ces sujets, le risque serait multiplié par 2,3 dans la catégorie où l’apport calorique est le plus élevé, comparé à la catégorie où l’apport calorique est le plus faible. Chez ceux qui n’étaient pas porteurs de cet allèle, l’augmentation du risque en fonction de l’apport calorique n’était pas significative, ajoutent les auteurs. Ces résultats semblent donc conforter l’idée qu’une restriction calorique peut influer sur les mécanismes liés au vieillissement. Dans ce contexte, il serait intéressant d’évaluer l’effet de ce type d’intervention sur le risque d’Alzheimer chez les porteurs de l’allèle APOE epsilon 4.
http://fr.news.yahoo.com/020820/54/2pyi5.html


21 août 2002
Première : une greffe d'utérus mène à une grossesse
Des chercheurs de l'Université de Goeteborg, en Suède, ont annoncé avoir réussi à développer une grossesse dans un utérus greffé chez une souris, une intervention qui crée de nouveaux espoirs dans le traitement de la stérilité féminine. Les chercheurs expliquent avoir greffé un utérus étranger dans le ventre d'une souris, en supplément de son propre utérus. Trois embryons ont ensuite été implantés dans chaque utérus. L'ensemble des embryons placés dans l'utérus du rongeur ont donné des foetus sains. Un embryon sur trois s'est développé dans l'utérus greffé. La grossesse provoquée a été interrompue par les chercheurs après 14 jours. Selon ces derniers, cette intervention montre que l'on peut avoir des grossesses complètes et normales dans un utérus greffé. La première greffe utérine humaine a été réalisée au début de l'année par des médecins en Arabie saoudite. Elle a cependant échoué après deux cycles menstruels. Les résultats de cette recherche sont publiés dans le Journal of Endocrinology.

http://radio-canada.ca/url.asp?/nouvelles/sante.asp

20 août 2002
Un «interrupteur» de protéines influerait sur la perte de poids

Presse Canadienne Ottawa Des chercheurs d'Ottawa ont fait une découverte permettant d'expliquer pourquoi les gens qui suivent un régime amaigrissant ne perdent pas tous du poids rapidement, a rapporté le quotidien Ottawa Citizen. Une équipe de chercheurs de l'hôpital d'Ottawa et de l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa a découvert qu'à l'intérieur des cellules musculaires se cache un «interrupteur» secret qui déclenche une activité permettant de brûler la graisse. L'interrupteur n'est pas aussi efficace pour tout le monde. C'est pour cette raison que plusieurs personnes obèses qui suivent un régime identique peuvent obtenir des résultats complètement différents. «Ces gens étaient souvent accusés d'avoir sous-estimé leur consommation d'aliments (...) ou d'avoir triché, dit le Dr Robert Bent, directeur de la clinique de gestion de poids de l'hôpital d'Ottawa. «En réalité, il existe une autre raison. Certaines personnes ne perdent pas de poids parce qu'une particularité biologique les empêche de le faire aussi rapidement que d'autres.» Le Dr Bent, la biochimiste Mary-Ellen Harper et la Dre Ruth McPherson font part de leurs conclusions dans le numéro de ce mois-ci de la publication médicale Diabetes. L'élément le plus important de leur découverte, disent-ils, est une protéine appelée mitochondrie, qui transforme les aliments en énergie que les cellules musculaires peuvent utiliser. La biochimiste Harper a réussi à démontrer que les gens qui perdent du poids rapidement ont un «interrupteur» de protéines qui permet aux cellules de brûler l'énergie plus rapidement, alors que les gens qui maigrissent moins vite ne possèdent pas des interrupteurs aussi efficaces. Dans le cadre de sa recherche, l'équipe a retiré - par intervention chirurgicale - environ trois grammes de tissu musculaire sur les jambes de certaines femmes et ont analysé les cellules pour tenter d'y découvrir la protéine ciblée. L'étude a porté sur 12 femmes qui maigrissaient rapidement et 12 femmes qui perdaient du poids lentement. Le groupe qui avait un interrupteur efficace brûlait en moyenne 20% de son poids en suivant un régime, alors que l'autre groupe n'en perdait que 10%.
http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0208/sci_102080128241.html


19 août 2002
Le muscle artificiel est arrivé
Les produits de la mer ont permis à des chercheurs japonais de fabriquer un muscle artificiel, selon un article paru dans la revue Advanced Materials. C’est la première fois que des scientifiques utilisent les véritables composants musculaires pour recréer un muscle de remplacement. Le muscle est constitué d’unités contractiles contenant des filaments fins d’actine et des filaments plus épais de myosine. Pour lui permettre de se contracter, la myosine rampe le long du filament d’actine. Ce mouvement nécessite de l’énergie sous forme d’ATP (Adénosine TriPhosphate). A partir de mollusques et de crustacés, l’équipe de Yoshihito Osada de la Graduate School of Science de Sapporo a extrait de la myosine et de l’actine. Après quelques réactions chimiques, les chercheurs ont réussi à lier les molécules de myosine ainsi que celles d’actine entre elles et ont ainsi obtenu deux gels caoutchouteux. Sous microscope, ils ont mélangé les deux gels dans un bain d’ATP. Après quelques secondes, Yoshihito Osada a observé que le filament d’actine, entraîné par celui de myosine, avançait de quelques centaines de millimètres par seconde. Ce mouvement est très étonnant. En effet, la même expérience avec un muscle issu d’un organisme vivant ne donne pas le même résultat. Seules les molécules à la surface du gel peuvent interagir avec celles de l’autre composant. Selon les chercheurs, ce muscle reconstitué pourrait être utilisé en chirurgie pour réparer des membres abîmés, et il ne devrait pas y avoir de problème de rejet par le système immunitaire.
Olivier Frégaville

http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20020819.OBS8893.html?0025

19 août 2002
Découverte du gène responsable du bon emplacement des viscères chez l'homme
Agence France-Presse Genève Des chercheurs de l'Université de médecine de Genève ont découvert le gène qui place notamment chez l'homme et la souris le coeur à gauche et les poumons au milieu du thorax, indique lundi un communiqué de l'université. Ce gène, baptisé DNAH11, est responsable du bon emplacement de chacun des viscères dans le corps de l'homme, son dérèglement pouvant les positionner de manière aléatoire et entraîner de graves maladies, respiratoires surtout, mais aussi l'infertilité, précise le Dr Jean-Louis Blouin, directeur de recherche à l'Université de Genève. «Cette mauvaise position des organes, connue sous le nom de syndrome de Kartagener -- du nom d'un médecin zurichois, le Dr Manes Kartagener, qui l'a mise en évidence en 1933 -- touche environ un patient sur 20 000», précise-t-il. Depuis 1994, une équipe de chercheurs internationaux de l'université de Genève travaille sur ce syndrome, également connu sous le nom de «syndrome de dyskinésie ciliaire primaire». L'équipe a suivi plusieurs lignées familiales atteintes de ce syndrome et regroupées à Genève en association. Au fil de leurs observations, les chercheurs ont remarqué que ce syndrome prenait sa source dans un mouvement anormal ou absent des cils vibratiles entourant certaines cellules, positionnant alors de manière aléatoire les viscères. Ce mouvement est liée à un gène spécifique, désormais mis en évidence, et à sa protéine, qui, expérimentalement amputée de moitié, dérègle les mouvements ciliaires des cellules et, par voie de conséquence, la position des organes dans le corps. Cette étude vient d'être publiée dans le numéro d'août de la revue scientifique médicale américaine Proceedings of the National Academy of Sciences.
http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0208/sci_102080128363.html


15 août 2002
Sperme de bouc et de cochon produit par des souris
Des chercheurs américains et allemands ont réussi à faire produire par des souris du sperme de cochon et de bouc, grâce à des greffes de tissus provenant d'animaux nouveaux-nés, selon leurs travaux publiés jeudi dans la revue britannique Nature. Les souris sont ainsi les premiers animaux à produire du sperme fonctionnel d'autres espèces de mammifères aussi éloignées de la leur, selon les chercheurs. Ces greffes représentent "un outil inestimable pour la préservation des espèces en danger, ou précieuses", estiment-ils. En médecine, elles pourraient servir à étudier les effets sur la fonction des testicules des toxiques et des contraceptifs masculins potentiels. Pour la procréation assistée, les greffes de tissus testiculaires humains sur des souris pourraient être une source quasi illimitée de spermatozoïdes, contrairement à la congélation de sperme. Les chercheurs ont greffé des minuscules morceaux de tissus testiculaires de souris, de cochons et de chèvres, sur le dos de souris mâles, castrées, immunodéficientes et dénuées de poils. Les fragments, de la taille d'une tête d'épingle, greffés sous la peau des rongeurs, provenaient d'animaux nouveau-nés, par conséquent immatures sur le plan sexuel. "Plus de 60% des greffes" ont pris, "leur volume a augmenté, de plus de cent fois dans certains cas" et ces testicules miniatures ont "finalement produit du sperme mature", notent les chercheurs. Les greffes "ont donné autant de spermatozoïdes que les testicules de l'espèce donneuse", relève Ina Dobrinski (université de Pensylvanie) qui a participé à l'étude réalisée avec Stefan Schlatt (université de Münster, Allemagne). Les tests de fécondation in vitro ont montré que le sperme des trois espèces recueilli fonctionne. "C'est la première fois que l'on rapporte l'obtention d'une spermatogenèse complète à partir de greffe de tissus interespèces" aussi éloignées, souligne-t-elle. Des transplantions entre rongeurs proches (rats, souris, hamster) avaient auparavant donné des résultats similaires, mais les tentatives avec des mammifères d'espèces plus éloignées (lapins, chiens, cochons, cheval, primates...) avaient échoué à produire un sperme qui fonctionne, selon les chercheurs. La spermatogenèse est le processus qui aboutit à la formation de spermatozoïdes mûrs. "Ce type de greffe pourrait permette de produire du sperme à partir d'individus qui n'ont pas atteint leur maturité sexuelle, et ce de façon potentiellement intarissable, contrairement à la congélation du sperme", expliquent les chercheurs. L'étude montre aussi qu'entre mammifères, la testostérone (hormone mâle) d'une espèce peut agir dans l'organisme d'une autre espèce.
http://actu.dna.fr/020814195851.ls34cjk4.html


15 août 2002
Les sondes Voyager s'approchent d'une région inexplorée du système solaire
Pasadena, Californie (AP)
Près de vingt-cinq ans après leur lancement par la NASA et le survol de Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, les sondes Voyager 1 et 2 sont loin d'avoir fini leur odyssée: elles se dirigent désormais vers l'héliopause, zone inexplorée qui marque la fin de l'influence du Soleil. Les engins ont sans doute déjà comblé les chercheurs de la NASA au-delà de leurs espérances. Lancées respectivement le 5 septembre et le 20 août 1977, Voyager 1 et 2 devaient initialement étudier Jupiter et Saturne jusqu'en 1981. Finalement leur programme de vol a été prolongé, permettant ainsi à Voyager 2 de rendre visite à Uranus en 1986 et Neptune en 1989, les deux autres géantes gazeuses du système solaire. Au total, entre 1979 et 1989, les sondes jumelles ont à elles deux exploré les quatre planètes et 48 de leurs satellites. Elles ont également transmis plus de données sur le système solaire qu'aucun autre astronef auparavant. Ces 10 ans d'exploration "ont peut-être été la plus grande mission de découverte dans l'histoire de l'humanité", souligne Charles Kohlhase, un ancien responsable de la mission. Elles ont permis de mieux connaître le système solaire. Aujourd'hui Voyager 1 et 2 continuent à s'éloigner inexorablement. La première, située actuellement à 12,8 milliards de kilomètres, est l'objet construit par l'homme le plus éloigné de la Terre. Voyager 2 se trouve elle à 10,1 milliards de kilomètres. "Elles montrent des signes de leur grand âge mais il n'y a pas de raisons de penser qu'elles ne dureront pas encore une vingtaine d'années", souligne Tim Hoble, l'ingénieur des systèmes Voyager au Laboratoire de propulsion par réaction (JPL) de la NASA. Les deux sondes, qui transmettent toujours des données scientifiques, poursuivent leur course en suivant deux trajectoire très différentes. Se déplaçant dans le vide spatial à une vitesse de 17 kilomètres par seconde Voyager 1 est aujourd'hui deux fois plus éloignée que Pluton, la planète la plus distante du système. Dès 2003 ou 2004, elle devrait atteindre une onde de choc appelée "termination shock", qui est située juste avant l'héliopause, région qui marque la fin de la zone d'influence du Soleil. Au-delà se trouve le milieu interstellaire, composé de particules émises par des étoiles mourantes. Voyager 1, suivi peu de temps après par sa jumelle, devrait atteindre l'héliopause dans un délai de sept à 21 ans. "Au-delà, c'est vraiment l'espace interstellaire", souligne M. Hogle. Mais le système solaire ne s'arrête pas à l'héliopause. Après avoir laissé derrière elles les neuf planètes du système il y a plus de dix ans, les Voyager devront encore naviguer quelque 40.000 ans pour dire adieux aux derniers corps qui composent le système solaire: le nuage de Oort, un regroupement de comètes. A ce moment-là, elles auront parcouru deux années-lumière. Elles devraient ensuite poursuivre leur odyssée s'approchant à une distance très respectable d'étoiles. On estime ainsi que dans environ 40.000 ans, Voyager 1 se trouvera à 1,6 année-lumière d'AC+79 3888. Chaque sonde emporte un disque de cuivre plaqué or contenant des informations sur la Terre, des sons et des images, ainsi que des messages de l'ex-président américain Jimmy Carter et de l'ancien secrétaire général des Nations unies Kurt Waldheim. Au cas où des extraterrestres tomberaient sur ces "bouteilles à la mer" cosmiques...
http://fr.news.yahoo.com/020814/202/2pqso.html


14 août 2002
Comme si on y était !