Lancement
d'un essai de thérapie cellulaire de grande ampleur
Essai d'une fusée hypersonique en Australie
Découverte du secret des caresses
Le Fugu livre les secrets de son hérédité
Des cellules souches de la moelle pour réparer la rétine
Remettre les pendules à l’heure
Vers la télévision en rouleau et la montre molle
Nanostockage : maxi-densité, minitaille
Un numéro de Sciences et Avenir sur le dopage génique
Corée du Sud : enquête sur un possible clonage humain
La mémoire émotionnelle diffère selon le sexe
Les raëliens mettent en vente la première «machine à cloner»
Tentative de clonage pour un couple
Les souris « Einstein » sont arrivées
Du nouveau dans la thérapie génique
Le comité bioéthique : non au clonage pour la procréation
Un laser révolutionnaire est développé
Les OGM de retour dans les champs
Un gène humain de défense contre l'attaque du virus du sida
Débat sur le clonage thérapeutique : les malades ont la parole
Mieux armé contre les infections
Virus de laboratoire : faciles à créer et très dangereux
Victoire sur les rejets de greffes
Clonage humain : Antinori dément et risque la prison en Italie
Paralysie : le nez du patient pourrait apporter une amélioration
Les Raëliens disent travailler au clonage de "10 à 20 clients"
La tour de Babel pourrait-elle enfin voir le jour ?
Jouer tous les jours sur sa console vidéo rend plus irritable
Le Comité d'éthique refuse le "bébé-objet"
Greffes d'organes de porcs sur l'homme
Le cerveau de l'extraverti
Paris : un trottoir roulant "grande vitesse"
Des cils minuscules contrôlent l'asymétrie de nos organes
Éditorial : "A la conquête du nanomonde...
La mémoire dopée par la grasse matinée, le cerveau par la sieste
Biologie. Les succès de la fécondation in vitro...
Greffes de neurones, injection de cellules souches
Régénérer le système nerveux
30
juillet 2002 
Lancement d'un essai de thérapie cellulaire de grande
ampleur
L'Assistance publique-hôpitaux de Paris et la société américaine
Genzyme Biosurgery ont annoncé mardi le lancement d'un vaste essai
de thérapie cellulaire réalisé à partir de cellules prélevées sur
les malades, afin de développer un traitement contre l'insuffisance
cardiaque sévère. Cet essai, qui se déroulera en Europe et en Amérique
du nord, portera sur 300 patients. Il découle du succès du premier
essai mondial mené en France sur dix malades, sous la direction
du Pr Philippe Menasché, chirurgien-cardiaque à l'hôpital Georges
Pompidou, à Paris. Les premiers résultats de cet essai avaient été
publiés le 27 janvier 2001 dans la revue The Lancet. La technique
consiste à prélever sur le muscle de la cuisse du malade des cellules
dormantes capables de régénérer de nouvelles cellules musculaires,
de les mettre en culture, puis de les réinjecter en masse - on en
compte alors 800 à 900 millions - directement dans les zones du
coeur qui ont été détruites par la maladie cardiaque. Sur les dix
malades qui, à ce jour, ont bénéficié de cette technique, neuf sont
en bonne santé et un est mort d'un accident vasculaire cérébral,
a indiqué mardi devant la presse le Pr Menasché. "Ce programme de
thérapie du coeur est le plus important au monde (...) et l'insuffisance
cardiaque est la maladie la plus coûteuse en Europe et aux Etats-Unis",
a souligné le président de Genzyme, Duke Collier. Plus de 20 millions
de personnes souffrent d'insuffisance cardiaque dans le monde et,
dans la moitié des cas, cette maladie fait suite à un infarctus
du myocarde qui provoque une nécrose plus ou moins étendue du muscle
cardiaque. C'est précisément parce que ces cellules du coeur ne
possèdent pas de capacité de régénération que les chercheurs et
les cardiologues ont eu l'idée de prélever d'autres cellules capables,
elles, de redonner vie à la partie du coeur lésée. En France, environ
500.000 personnes souffrent d'insuffisance cardiaque et 120.000
nouveaux cas apparaissent chaque année, estime le Pr Menasché. Ce
traitement encore expérimental ne va probablement pas remplacer
la greffe du coeur mais, destiné à traiter des insuffisances cardiaques
gravissimes, il pourrait s'adresser à des patients pour lesquels
la greffe du coeur est contre-indiquée ou pour lesquels un pontage
n'est plus possible. Selon le Pr Menasché, "10% de ces insuffisances
cardiaques sont graves et répondent mal au traitement" et pourraient
donc bénéficier de cette "alternative thérapeutique". L'essai devrait
débuter au début du mois d'octobre. Les cellules qui seront utilisées
seront produites à l'hôpital Saint-Louis, à Paris, ainsi que dans
les laboratoires de Genzyme Biosurgery, à Cambridge, près de Boston
(Etats-Unis). La firme Genzyme - une des cinq premières sociétés
de biotechnologie dans le monde - concentre ses recherches sur les
maladies orphelines, les autogreffes de tissus et les traitements
et vaccins anti-cancéreux.
http://actu.dna.fr/020730135614.1s8ue3th.html
30
juillet 2002
Essai d'une
fusée hypersonique en Australie
Des
scientifiques australiens ont procédé mardi à un essai d'une fusée
qui pourrait voler à près de huit fois la vitesse du son et révolutionner
l'aviation. L'engin est monté à 300 km à Mach 7,6, soit 7,6 fois
la vitesse du son, propulsé depuis la base de Woomera, dans le sud
de l'Australie, par de l'oxygène qu'il absorbe au cours de sa trajectoire.
La fusée Terrier Orion Mk-70 est redescendue dix minutes plus tard.
L'essai dans le cadre du programme baptisé HyShot, un projet mis
au point par un centre de recherches de l'université du Queensland,
le ministère australien de la Défense et d'autres organismes internationaux
de recherche, a été qualifié de succès lors d'un premier examen.
Le projet vise à déboucher un jour sur un superjet qui mettrait
Londres à deux heures de Sydney au lieu de 22 aujourd'hui. Un précédent
tir avait échoué en octobre dernier. La technologie d'aspiration
d'oxygène signifie que les moteurs n'ont pas à emporter l'essentiel
de leur carburant.
http://actu.dna.fr/020730105750.juy78qco.html
29
juillet 2002
Découverte
du secret des caresses
Des chercheurs suédois et canadiens ont découvert les nerfs responsables
de cette émotion agréable et forte que l'on ressent en touchant
l'être aimé, selon le mensuel "Nature Neuroscience" du groupe des
revues Nature. L'étude paraissant dans le numéro de septembre de
la revue, suggère ainsi une fonction pour un type de nerfs dont
le rôle était resté jusque-là mystérieux. Pour établir leur démonstration,
Håkan Olausson, du département de neurophysiologie clinique de l'hôpital
universitaire Sahlgren à Göteborg (Suède) et ses collègues ont rencontré
quelques difficultés. Etudier les aspects émotionnels du toucher
(caresses, contacts peau à peau entre amoureux) n'est en effet pas
aisé parce qu'il s'agit d'un des sens qui active de nombreuses sortes
de nerfs différents. Afin de déterminer quel type de nerfs est important
pour provoquer une réponse émotionnelle, le Dr Olausson et ses confrères
suédois et canadiens (université Mc Gill, Montréal, Québec) ont
examiné une patiente qui a totalement perdu le sens du toucher sur
la plus grande partie du corps. Elle a cependant conservé intact
dans la peau un sous-groupe de nerfs spécialisés, appelé fibres
tactiles C. Ainsi en dépit de son handicap, elle est capable de
ressentir une sensation agréable et ténue déclenchée par la caresse
légère d'un pinceau. En se servant de l'imagerie par résonance magnétique
fonctionnelle (IRMF), les chercheurs ont découvert que les zones
du cerveau, impliquées dans le processus émotionnel, s'activaient
en réponse aux caresses agréables. Comme ces fibres nerveuses constituent
l'innervation prédominante qui subsiste sur le peau de cette femme,
les chercheurs en ont conclu qu'elles sont les capteurs du toucher
émotionnel.
http://actu.dna.fr/020729083056.mc4cfrl1.html
27
juillet 2002 
Le Fugu livre les secrets de son hérédité
Le génome du fugu, poisson célèbre pour sa consommation (les
Japonais ont fait de lui l'un des symboles de leur cuisine traditionnelle),
vient d'être déchiffré.
États-Unis, Grande-Bretagne, Singapour
Environ 95 % du génome du fugu, composé de 365 millions de paires
de bases, a été décrypté par une quarantaine de généticiens américains,
britanniques et singapouriens du Joint Genome Institute, un organisme
public dépendant du département américain de l'Énergie. Les résultats
sont publiés dans la revue Science du 25 juillet. Après l'homme,
il s'agit du second animal vertébré dont le génome est dévoilé.
L'ensemble des gènes du fugu présente d'ailleurs de nombreux points
communs avec celui de notre espèce. Tout d'abord, Fugu rubripes
a à peu près le même nombre de gènes, qui sont contenus dans un
génome beaucoup plus compact (huit fois plus petit que le nôtre),
car celui-ci n'est pas encombré par des séquences d'ADN répétées
à l'identique. De plus, les trois quarts des gènes humains ont leurs
homologues chez le fugu bien que l'homme et les tétraodontidés aient
évolué séparément depuis 400 millions d'années. L'étude du quart
restant devrait permettre de comprendre ce qui différencie, d'un
point de vue génétique, les poissons et les mammifères tels que
l'homme. En comparant les deux génomes, les chercheurs sont parvenus
à prédire l'existence d'un millier de gènes humains non identifiés.
Ce décryptage du génome du fugu présente de nombreuses similitudes
avec les travaux menés par le Centre national de séquençage d'Évry,
en France, sur un autre poisson, le Tetraodon nigroviridis, qui
appartient à la même famille des tétraonidés que le fugu et dont
le génome voisin est en cours de séquençage. Fugu rubripes appartient
à la famille des tétraodontidés, dont il existe une vingtaine de
variétés différentes. Il est surnommé poisson-ballon, poisson-coffre
ou poisson-lune car son estomac se gonfle d'eau et peut doubler
de volume quand il a peur. Le foie et les organes sexuels de l'animal
sécrètent un poison toxique, la tétrodotoxine, contre lequel il
n'existe aucun antidote et dont l'ingestion peut être mortelle.
Mal cuisiné, le fugu provoque chaque année la mort de plusieurs
centaines de gourmets.
27
juillet 2002
Des cellules
souches de la moelle pour réparer la rétine
PARIS (AGP)
Des cellules souches provenant de la moelle osseuse seraient capables
de traiter des maladies des yeux comme l'atteinte de la rétine des
diabétiques ou des détériorations de la vision liées à l'âge, selon
une étude américaine sur des souris publiée dans le numéro de septembre
de la revue "Nature Medicine" du groupe Nature. A l'origine de cet
espoir, une lignée particulière de cellules dites EPC (pour endothelial
precursor cells), capables de former des vaisseaux sanguins et issues
de la moelle osseuse, notre usine à fabriquer les cellules du sang
(globules rouges, blancs...). Martin Friedlander et ses collègues
(département de biologie cellulaire, Scripps Research Institute,
La Jolla, Californie) ont découvert que les cellules EPC issues
de cette lignée, injectées dans l'oeil de souris, allaient se fixer
sur des cellules de la rétine, les astrocytes. Une fois qu'elles
avaient ciblée ces cellules de la rétine, les EPC se mêlent aux
structures des vaisseaux sanguins existant et se révèlent capables
de réduire la détérioration vasculaire en formant de nouveaux vaisseaux
sanguins. De plus, ajoutent les chercheurs, si les cellules EPC
sont génétiquement modifiées avant d'être injectées dans l'oeil
de la souris, elles peuvent aussi stopper la prolifération indésirable
de vaisseaux sanguins. Selon les chercheurs, si cette technique
marche aussi bien chez les humains qu'elle le fait chez la souris,
alors ces cellules souches seraient susceptibles de traiter la rétinopathie
diabétique, une atteinte de la rétine fréquente au cours du diabète.
Les résultats, mis en ligne lundi sur le site de la revue américaine,
suggèrent que les cellules EPC génétiquement modifiées pourrait
être utilisées pour délivrer directement dans l'oeil, "au niveau
local, des substances pharmacologiques", et représenter ainsi un
nouveau mode d'administration des médicaments, ajoutent les chercheurs.
Le diabète, toutes formes confondues, touche plus de 150 millions
de personnes dans le monde. L'obésité, qui tue quelque 300.000 Américains
par an, prédispose à la forme la plus courante de diabète dite de
type 2. Le diabète entraîne une dégénérescence des petits vaisseaux
qui irriguent la rétine. La rétinopathie diabétique est la première
cause de cécité parmi les Américains actifs. Pratiquement tous les
personnes qui ont un diabète depuis plus de 30 ans auront une altération
de la vision. Une autre maladie, liée à l'âge, la dégénérescence
maculaire est une cause courante de perte de la vision parmi les
plus de 60 ans. La macula est la partie centrale de la rétine.
http://actu.dna.fr/020728181225.wdcnik32.html
26
juillet 2002
Remettre
les pendules à l’heure
Le vieillissement s’accompagnerait d’une désynchronisation des horloges
biologiques chez les mammifères, selon une équipe de chercheurs
américains et japonais. De précédents travaux ont mis en évidence
une dégradation des rythmes circadiens avec l’âge qui, en premier
lieu, se manifeste souvent par l’altération du rythme veille/sommeil.
L’équipe dirigée par Gene Block voulait préciser l’origine de ce
dérèglement des pendules. Vient-il de l’horloge centrale, les noyaux
suprachiasmatiques situés dans l’hypothalamus, ou bien des horloges
périphériques des tissus et des cellules, ou encore du système de
connections entre toutes ces horloges biologiques ? Les chercheurs,
qui publient leurs résultats cette semaine dans les Proceedings
of the National Academy of Sciences, ont mené leur étude sur des
rongeurs. Ils ont constaté que les noyaux suprachiasmatiques conservaient
un bon rythme, alors que certains organes, comme les poumons, perdaient
le tempo. Le vieillissement n’affecte donc pas toutes les horloges
de la même manière. Les chercheurs estiment que l’horloge interne
est un élément clef de notre longévité. Elle pourrait donc être
la cible de traitements préventifs anti-vieillissement.
http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20020724.OBS7984.html?0030
26
juillet 2002 
Vers la télévision en rouleau et la montre molle
Par Pete Harrison LONDRES (Reuters)
La production en série d'écrans de télévision flexibles et roulables
est désormais possible grâce aux recherches menées dans un laboratoire
britannique qui a adapté un composé plastique électroluminescent.
"Vous pouvez effectivement imprimer des télévisions (...) elles
peuvent être imprimées sur un film plastique aussi fin que du papier",
a déclaré vendredi le directeur général de Cambridge Display Technology
(CDT) David Fyfe. Son équipe a perfectionné un composé plastique
appelé p-phénylènevinylène et mis au point un polymère, le Light
Emitting Polymer (LEP). Découvert en 1989, le p-phénylènevinylène
était capable d'émettre un rayonnement jaune-vert lorsqu'il était
soumis à une charge électrique, il ne restait plus qu'à lui faire
émettre du bleu et du rouge pour que naisse la télévision "roulable".
Le marché des écrans électroluminescents devrait dépasser les 3
milliards de dollars d'ici 2005, contre 20-25 millions en 2000,
et le polymère de CDT pourrait s'octroyer la plus grosse part du
marché. Pour Fyfe, la production à des fins commerciales est pour
bientôt, dès que le dernier obstacle aura été franchi: trouver un
écran flexible pour protéger les composés de la corrosion par l'oxygène
et la vapeur d'eau, ce qui est presque fait selon lui. "Il est réaliste
de dire que vous verrez des rouleaux d'écrans autour de 2004-2005",
a-t-il ajouté. "Il y a à peine quatre semaines, Philips a présenté
un écran tout en plastique, une chose incroyable, épais de cinquante
millionièmes de pouce (127 millionièmes de cm). Si vous trouvez
un film plastique assez fin, vous aurez effectivement une télévision
en rouleau." Les fabricants japonais de téléviseurs, Sony, Hitachi
et Toshiba, bataillent pour mettre en application la technologie,
talonnés par l'industrie militaire qui s'imagine déjà consulter
des cartes pliables mises à jour par satellite. Le peintre Salvador
Dali avait représenté une montre molle sur fond de paysage surréaliste,
le laboratoire britannique a donc fait le premier pas vers la matérialisation
de l'imaginaire de l'Espagnol, les montres-télévisions figurant
en tête de liste ainsi que les panneaux d'affichage animés. "Je
pense qu'il y aura de nombreuses innovations", estime Fyfe. "Certains
parlent de coudre des écrans à des vêtements. Est-ce qu'il y aura
un marché pour cela ? J'en doute. Mais il y aura certainement quelqu'un
pour essayer."
http://fr.news.yahoo.com/020720/85/2om2e.html
25
juillet 2002
Nanostockage
: maxi-densité, minitaille
Cyril Fievet, 01net.
Les nanotechnologies permettent des évolutions majeures dans
la miniaturisation des supports de stockage. Tour d'horizon des
technologies les plus prometteuses.
La recherche en matière de manipulation des données à l'échelle
nanométrique (atomique ou moléculaire) progresse vite. Deux démonstrations
récentes laissent entrevoir des capacités et des densités de stockage
qui pourraient être plusieurs centaines de fois plus importantes
que celles d'aujourd'hui. Fin juin, l'université de Buffalo (université
d'Etat de New York) a établi un record : la mise au point d'un capteur
magnétique de quelques atomes de diamètre, permettant d'accéder
à des bits d'information avec une finesse jamais atteinte à ce jour,
surpassant de 3 000 % la précision des procédés traditionnels.
De l'infiniment petit à l'invisible
Le dispositif constitue une voie possible pour la miniaturisation
des supports de stockage magnétique. Lorsqu'on diminue la taille
des bits, leur champ magnétique devient en effet imperceptible,
et il est impossible de les détecter - ou d'y accéder - avec des
capteurs traditionnels. A terme, prévoient les responsables de l'expérimentation,
« le procédé pourrait permettre de stocker 50 DVD ou plus sur un
disque dur de la taille d'une carte de crédit ». Quelques jours
auparavant, IBM avait également fait état d'une avancée majeure.
Les chercheurs du centre de Zurich ont fait la démonstration d'un
dispositif permettant le stockage de données avec une densité vingt
fois supérieure à celle des procédés traditionnels les plus performants
à ce jour, soit mille milliards de bits par pouce carré. De quoi
stocker le contenu de 100 000 livres sur une surface de la taille
d'un timbre-poste.
Premières applications commerciales dans cinq ans
Le projet de recherche d'IBM, Millipede, vise à s'affranchir des
principes de stockage traditionnels. Le procédé repose sur plusieurs
milliers de nano-aiguilles de taille moléculaire, qui poinçonnent
la surface d'un film plastique, avec des trous « 50 000 fois plus
petits que le point final qui ponctue cette phrase ». La méthode
évoque les cartes perforées utilisées jadis, dans les premières
générations d'ordinateurs. Avec tout de même deux différences de
taille : la technologie est réinscriptible et permet de stocker
3 milliards de bits dans l'espace d'une seule perforation d'une
ancienne carte... Ces révolutions pourraient survenir à moyen terme.
Selon IBM, « un prototype, utilisant 4 000 aiguilles travaillant
simultanément sur une surface de 7 mm carrés, pourrait être opérationnel
début 2003 », et constituer la base de supports de stockage « de
10 à 15 Go, de la taille d'une mémoire Flash ». Les perspectives
sont plus distantes pour ce qui concerne les recherches à l'université
de Buffalo : selon H. Chopra, responsable du projet, il faudra attendre
« cinq à huit ans » avant de voir des applications commerciales
de cette technologie de stockage magnétique.
http://www.01net.com/rdn?oid=189995&rub=3187
25
juillet 2002 
Un numéro de Sciences et Avenir sur le dopage génique
La revue Sciences et Avenir publie dans son numéro du mois d'août,
à paraître lundi, un dossier sur les dernières pratiques en matière
de dopage, montrant comment la recherche génétique est détournée
par le sport. L'injection directe de facteurs de croissance est
déjà possible. Des transferts de gènes pour obtenir des cellules
réparatrices modifiées du muscle ou du tendon sont par ailleurs
réalisés chez des animaux. La pratique chez l'homme à des fins thérapeutiques
est prévue dans les cinq années à venir. Les quelques manipulations
génétiques nécessaires sont simples. "Je pourrais les réaliser dans
ma cuisine", explique Olivier Danos, directeur scientifique du centre
de recherche Généthon d'Evry (Essonne). Les cellules réparatrices
modifiées injectées directement dans le muscle deviennent de véritables
usines à produire des facteurs de croissance "naturels" ou de l'EPO.
L'effet dopant maximum, expérimenté sur des animaux, a déjà produit
des souris très musclées devenues célèbres dans les laboratoires
sous le nom de "souris Schwarzenegger", indique la revue. L'impunité
totale est de plus garantie, les risques d'être positif étant définitivement
effacés. Le muscle gagne en puissance sans risque de claquage, le
tendon étant lui-même bénéficiaire de véritables pansements génétiques.
A l'avenir, il sera possible de modifier la composition des muscles
en injectant des gènes et en développant ainsi des fibres lentes
ou des fibres rapides. "Cela voudra dire qu'on pourra fabriquer
des sprinters ou des marathoniens à la chaîne", indique Olivier
Danos. "Les premiers sportifs ayant recours à la génétique seront
aux jeux Olympiques de 2008. Actuellement, les vainqueurs sont ceux
qui disposent des meilleurs chimistes. Dans le futur, ce seront
ceux qui auront les meilleurs généticiens", estime Charles Yesalis,
épidémiologiste à l'université de Pennsylvanie (Etats-Unis). Listes
de produits dopants non recherchés, temps de détection maîtrisés,
techniques sophistiquées utilisées: Sciences et Avenir donne les
éléments qui permettent de comprendre comment les contrôles antidopage
sont actuellement contournés. Lors de ces contrôles, des analyses
ont montré, pour la première fois, que des sportifs utilisaient
des produits ne correspondant à aucun dopant connu. En fait, de
futurs médicaments encore à l'état expérimental. C'est "la preuve
de la complicité de certains laboratoires qui n'hésitent pas à transformer
les athlètes en cobayes", souligne la revue. Plus efficaces que
nombre d'analyses biologiques si facilement contournées, les courbes
de performances et l'analyse des rythmes cardiaques sont "autant
de preuves lumineuses du dopage", écrit Sciences et Avenir. En 1989,
7 coureurs réalisèrent la montée de l'Alpe-d'Huez en moins de 45
minutes dans le Tour de France cycliste. En 1997, ils étaient 60!
Certains "exploits" réalisés par les meilleurs d'entre eux dans
les étapes de montagne nécessitent de développer une puissance qui
permettrait de soulever un sac de 50 kilos sur une hauteur d'un
mètre, 1380 fois de suite à la cadence d'une fois par seconde!
http://actu.dna.fr/020725122541.mci6hagw.html
24
juillet 2002
Corée du
Sud : enquête sur un possible clonage humain
Les autorités sanitaires sud-coréennes ont déclaré mercredi avoir
lancé une enquête sur une expérience de clonage humain d'une société
liée à une secte basée aux Etats-Unis. BioFusion Tech, une filiale
coréenne de Clonaid, créée par le fondateur de la secte des raëliens,
a affirmé mardi qu'une Sud-coréenne était enceinte d'un embryon
cloné par Clonaid. BioFusion a ajouté que le clone naîtrait en Corée
du sud ou à l'étranger si une loi l'interdisait en Corée. Un porte-parole
du ministère de la Santé a déclaré que quatre enquêteurs avaient
été envoyés inspecter un laboratoire de BioFusion à Daegu. La Corée
du sud n'a encore pas de réglementation interdisant le clonage humain.
Un projet de loi a été rédigé par le ministère de la Santé et doit
être discuté par le parlement. Le ministère n'a pas exclu une enquête
pénale s'appuyant sur d'autres législations, a dit le porte-parole
Lee Doo-Ri. Un porte-parole de BioFusion, Kwak Gi-Hwa, avait dit
mardi que "des scientifiques des sièges américain et coréen avaient
implanté il y a un mois un embryon cloné sur une mère porteuse de
moins de trente ans". L'expérience pourrait être interrompue si
des tares étaient décelées par des tests génétiques, a-t-il ajouté
en référence au vieillissement précoce de la brebis clonée Dolly.
Clonaid a utilisé la même technologie que celle qui a servi à cloner
le mouton. La secte des raëliens a été fondée en 1973 par un ancien
journaliste français, Claude Vorilhon, dit "Raël". Celui-ci, qui
vit au Québec, se présente comme un prophète dans la lignée de Moïse
ou Mahomet et affirme que le clonage permettra à l'humanité d'atteindre
la vie éternelle. Raël, qui dit avoir 55.000 adeptes dans le monde,
professe que la vie sur Terre a été établie par des extra-terrestres
arrivés en soucoupes volantes il y a 25.000 ans et que les humains
ont été créés par clonage. Soulignant la difficulté de cloner des
animaux en dépit du succès médiatique de la brebis Dolly, la plupart
des chercheurs mettent en garde contre le clonage, une technique
qui, selon eux, produira des monstres. Depuis la naissance de Dolly
en 1997, les scientifiques sont parvenus à reproduire à l'identique
des souris, des vaches, des chèvres, des cochons, des lapins et
même des chats. Mais aucun singe, animal pourtant considéré comme
très proche de l'homme. Outre le fait qu'une tentative sur six,
pas plus, aboutit à une naissance, un bon nombre des animaux clonés
meurent peu après leur venue au monde. Et beaucoup de ceux qui survivent
sont handicapés ou affligés de difformités graves.
http://actu.dna.fr/020724093030.cx4khmus.html
23
juillet 2002
La mémoire
émotionnelle diffère selon le sexe
Si les femmes se souviennent mieux des moments bouleversants
de leur existence que les hommes, c'est parce que leur cerveau est
mieux organisé pour garder en mémoire les émotions.
États-Unis
La faculté des femmes au souvenir est 10 à 15% plus importante que
celle des hommes. Turhan Canli, professeur à l'Université de Stony
Brook, à New York et ses collègues de l'Université de Stanford,
en Californie, ont évalué la capacité d'individus à se souvenir
de photos chargées d'émotion, vues trois semaines auparavant. Ils
publient leurs résultats dans les Comptes-rendus de l'Académie américaine
des sciences du 23 juillet. Les chercheurs ont placé 12 hommes et
12 femmes en présence d'images neutres et d'images destinées à susciter
une émotion forte. Pour chaque photo, les sujets devaient indiquer
le degré d'intensité émotionnelle. Au même moment, à l'aide de l'imagerie
par résonance magnétique (IRM), Turhan Canli mesurait le flux de
sang dans les neurones et identifiait les sections en activité du
cerveau. Trois semaines plus tard, les cobayes revenaient individuellement
passer un test où on leur demandait de retrouver, parmi 48 photos
exposées pendant trois secondes, celles qu'ils avaient anotées comme
étant d'une intensité émotionnelle extrême lors de la première étape.
Les femmes se souvenaient de 75% de ces images et les hommes de
60%. Cette étude établit un lien important entre le comportement
cognitif et la structure du cerveau qui est alors activée en cas
de stimulation émotionnelle. Les scientifiques ont constaté que
les femmes mobilisaient neuf régions de leur cerveau pour capter
l'émotion, la mémoriser et la restituer, contre deux pour les hommes.
L'IRM a également montré que la réponse neuronale des femmes aux
scènes d'émotion était plus active que celle des hommes. La mémoire
regroupe un ensemble d'activités mentales dissociées qui permet
de capter, stocker, coder et conserver et restituer les informations
que nous recevons. Il n'existe pas une, mais des mémoires : la mémoire
sensorielle, la mémoire à court terme et la mémoire à long terme.
Pour Turhan Canli, ces recherches fournissent des indices permettant
d'expliquer le fait que la dépression clinique soit beaucoup plus
fréquente chez les femmes que chez les hommes, car le fait de ressasser
un souvenir douloureux est un facteur important dans la dépression.
23
juillet 2002
Les raëliens
mettent en vente la première «machine à cloner»
Agence France-Presse Washington
La société Clonaid, créée par le fondateur de la secte des raëliens,
a mis en vente la première «machine à cloner» afin, dit-elle, de
permettre la multiplication des efforts pour cloner des êtres humains
partout dans le monde, a-t-on appris lundi auprès de la firme. Cette
machine a été mise au point par une équipe de scientifiques coréens,
membres de la secte. Baptisée RMX 2010, elle permet de réaliser
l'opération de fusion nucléaire afin d'obtenir un embryon de clone
humain susceptible d'être implanté dans l'utérus d'une femme pour
débuter une grossesse. Elle peut être commandée sur le site Internet
de la société pour la somme de 9199 dollars. Clonaid a déjà vendu
plusieurs de ces machines, notamment après sa présentation au salon
Bio Expo Japan, à Tokyo, début juillet, a affirmé une porte-parole
de la société, Nadine Gary, sans en préciser le nombre. Elles ont
été achetées par des équipes de chercheurs, a-t-elle ajouté, sans
dévoiler leur nationalité. Le RMX 2010 ou «système de fusion cellulaire
embryonique» est capable, selon Clonaid, de créer une pulsation
électronique stable nécessaire pour développer un embryon humain
jusqu'au stade de la blastogenèse. Cette phase initiale du développement
de l'embryon correspond à cinq ou six jours après la fécondation
lorsque l'embryon est constitué de 100 à 150 cellules. Fabriquée
par la société coréenne BioFusion Tech, cette machine ressemble
un peu à une batterie d'automobile. La mention «2010» reflète l'espoir
que le clonage humain deviendra une pratique ordinaire d'ici cette
date. «Non seulement nous espérons être les premiers à cloner un
être humain mais nous voulons aussi contribuer à ce que les efforts
de clonage puissent se multiplier partout dans le monde, afin d'aider
à guérir toutes les maladies et à améliorer la race humaine», a
expliqué le fondateur de la secte, Raël. Il s'est réjoui par ailleurs
que les États-Unis n'aient toujours pas adopté une loi interdisant
le clonage humain, une «énorme victoire», selon lui. «Cinq pays
sont pleinement engagés dans des efforts de clonage: la Chine, la
Suède, la Grande-Bretagne, Israël et l'Arabie Saoudite», a-t-il
en outre affirmé. La secte des raëliens a été fondée en 1973 par
un ancien journaliste français, Claude Vorilhon, dit «Raël». Celui-ci,
qui vit au Québec, se présente comme un prophète dans la lignée
de Moïse ou Mahomet et affirme que le clonage permettra à l'humanité
d'atteindre la vie éternelle. Raël, qui dit avoir 55 000 adeptes
dans le monde, professe que la vie sur Terre a été établie par des
extra-terrestres arrivés en soucoupes volantes il y a 25 000 ans
et que les humains ont été créés par clonage.
www.clonaid.com
www.rael.org
22
juillet 2002
Tentative
de clonage pour un couple
UN COUPLE AMÉRICAIN
a affirmé à l'hebdomadaire écossais « Sunday Herald » qu'il était
l'un des six couples choisis pour une tentative « imminente » d'obtenir
un enfant par clonage dans une expérience menée par l'andrologue
américain Panos Zavos. Le couple, qui affirme avoir recours à ce
procédé en dernier ressort, après plusieurs tentatives vaines de
fécondations in vitro, attend un appel pour une destination secrète
dans un pays en voie de développement, le clonage étant interdit
aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. « Si nous pouvons cloner un
enfant, il deviendrait le nôtre. Nous ne voyons pas vraiment cela
comme un clonage. Pour nous, c'est un processus de fécondation in
vitro avancé », a expliqué au journal l'homme âgé d'une cinquantaine
d'années selon le journal.
Le Parisien , lundi 22 juillet 2002
19
juillet 2002 
Les souris « Einstein » sont arrivées
Des souris au cerveau surdimensionné viennent d’être créées par
des chercheurs américains. C’est ce que révèle un article publié
dans la revue Science. Les cortex cérébraux de ces supers rongeurs
auraient des similitudes avec celui des mammifères supérieurs dont
nous faisons partis. Une unique mutation génétique a permis à Christopher
A. Walsh, du Beth Israel Deaconess Medical Center de Boston (Massachussets),
d’obtenir des souris qui produisent en très grande quantité une
molécule, appelée béta-caténine. Cette dernière est essentielle
dans l’évolution des cellules du cerveau au cours de son développement.
Aux dires des chercheurs, elle pourrait agir comme un interrupteur
sur des cellules favorisant ou non leur devenir en neurones. Le
cortex des mammifères, siége de l’apprentissage et de l’intellect,
est plutôt grand. Il est forcé de se « tasser » et de froncer sa
surface pour tenir dans des petites boites crâniennes. L’aspect
plissé du cerveau est spécifique aux mammifères supérieurs. Le cerveau
super-développés de ces souris serait le résultat d’une multiplication
intense des cellules précurseurs de neurones, selon Christopher
A. Walsh. Normalement le cortex de ces petits rongeurs est plutôt
plat et lisse. Dopé à la béta-caténine, les cerveaux de ces souris
génétiquement modifiées ont eu un développement tellement spectaculaire
qu’ils ont dû se replier sur eux même, obtenant ainsi un aspect
humain. Cette découverte pourrait permettre de mieux comprendre
les différents processus qui ont marqué l’évolution intellectuelle.
Olivier Frégaville
http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20020719.OBS7811.html?1427
19
juillet 2002
Du nouveau
dans la thérapie génique
Une nouvelle technique de thérapie génique faciliterait l’introduction
de nouveaux gènes dans la cellule, selon un article publié par la
revue Nature. Uday Tirlapur et Karsten Konig, chercheurs à L’Université
Friedrich Schiller d’Iéna (Allemagne) ont ouvert temporairement
des cellules de mammifères en utilisant un laser infrarouge. En
agissant de cette manière, ils ont réussi à introduire de nouveaux
gènes dans des cellules, sans les endommager. Jusqu’à présent, la
méthode la plus utilisée pour rendre les membranes cellulaires poreuses,
procédait de l’emploi d’ impulsions électriques. Cette technique
ne permet pas de cibler une cellule en particulier. Au dire des
experts, le transfert de gènes n’est pas toujours réalisé. Pour
la thérapie génique, les scientifiques se servent le plus généralement
de vecteurs viraux pour introduire un gène dans une cellule. Les
chercheurs estiment que cette méthode n’est pas efficace à 100%,
car il est difficile de rendre un virus sélectif. Ce n’est pas la
première fois que des scientifiques tentent d’ouvrir une cellule
à l’aide d’un laser. Les premiers essais ont été effectués avec
des lasers ultra-violets et à forte impulsion, qui provoquaient
des dommages irréparables aux cellules. Uday Tirlapur et Karsten
Konig ont préféré utiliser des lasers infrarouges, plus doux, qui
n’ont apparemment pas endommagé les cellules testées. Cette méthode
permettrait de combattre des maladies infectieuses et virales en
fournissant aux cellules les gènes nécessaires à une bonne réaction
immunitaire. Les résultats encourageants obtenus par les deux chercheurs
ouvrent la voie à de nouvelles recherches en thérapie génique.
Olivier Frégaville
http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20020718.OBS7783.html?1759
17
juillet 2002
Le comité
bioéthique : non au clonage pour la procréation
Agence France-Presse Washington
Le clonage destiné à créer un enfant n'est pas éthique mais son
utilisation pour la recherche biomédicale, sur laquelle on doit
continuer à réfléchir, peut être acceptable, ont indiqué jeudi les
membres d'un comité de bioéthique chargé de conseiller le gouvernement
américain à l'issue de leurs six mois de travaux. Dans son rapport
remis au président George W. Bush, le Conseil présidentiel sur la
bioéthique indique que le clonage «représente un tournant dans l'histoire
de l'Homme, la frontière entre la procréation sexuée et asexuée
et le premier pas vers le contrôle génétique de la génération future».
«Cela entraîne nombre de conséquences troublantes pour les enfants,
la famille et la société», écrit le président Leon Kass dans une
lettre accompagnant le rapport, datée du 10 juillet. Le comité n'a
pas été unanime sur les conclusions éthiques et les recommandations
à en tirer pour la politique gouvernementale, dit le comité. Mais
«il a été unanime à considérer que le clonage pour produire des
enfants n'est pas éthique, ne doit pas être tenté et doit absolument
être interdit par la loi fédérale, qui que soit à l'origine de l'expérience
ou même si des fonds fédéraux ont été utilisés», ajoute-t-il. Néanmoins,
le clonage pour recherche biomédicale a donné lieu à des avis partagés.
Une minorité de sept experts, écrit M. Kass, «désireux de voir la
science avancer, ont recommandé d'autoriser la poursuite de la recherche
biomédicale, mais encadrée par des règlements fédéraux stricts».
Mais une majorité de 10 membres «convaincus qu'aucune clonage humain
ne doit être autorisé au moins pour la période actuelle, recommande
d'instituer, dans le cadre d'une loi, une interdiction de quatre
ans sur la recherche biomédicale, applicable à tous les chercheurs
même si des fonds fédéraux ont été utilisés». La majorité des conseillers
a demandé une révision de la politique fédérale concernant la recherche
en général sur l'embryon humain et la recherche génétique, «en vue
de faire des recommandations et de construire une vraie politique
éthique dans le domaine». Jeudi soir, le porte-parole de la Maison-Blanche,
Ari Fleischer, a indiqué que le président Bush «espère que les réflexions
des membres du comité entraîneront un grand débat national sur cette
question importante». «Il a une grande confiance dans la créativité
et le potentiel de la science et de la médecine moderne. En même
temps, nous devons nous assurer que les avancées dans la technologie
biomédicale ne soient jamais aux dépens de la dignité humaine»,
ajoute le communiqué. La Chambre des Représentants, à majorité républicaine,
avait adopté en juillet 2001 un texte très restrictif faisant du
clonage humain un crime. Néanmoins, un projet de loi présenté en
avril suivant par des sénateurs américains, démocrates et républicains,
ayant l'appui de la communauté scientifique, l'interdit sauf pour
la seule recherche médicale. Le président Bush «presse le Sénat
de suivre l'exemple de la Chambre des représentants et se prononce
contre tout clonage humain», a ajouté le communiqué de la Maison-Blanche.
Vendredi, dans un entretien publié par le quotidien français Libération,
le gynécologue italien Severino Antinori a affirmé qu'un premier
bébé, issu d'un embryon obtenu par clonage, pourrait naître en décembre.
«J'ai fait 18 transferts d'embryons créés par clonage. Et j'ai obtenu
une grossesse. Elle est dans sa quinzième semaine. Le foetus a une
bonne morphologie», a affirmé le gynécologue dans un entretien accordé
début juillet à Vienne. Le gynécologue italien avait fait scandale
en 1994 en permettant pour la première fois à une femme ménopausée
de 63 ans de procréer.
http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0207/sci_102070117688.html
16
juillet 2002 
Un laser révolutionnaire est développé
Associated Press Neuchatel
Des chercheurs de l'Université suisse de Neuchâtel ont développé
un laser révolutionnaire, dont les applications multiples et variées
concernent aussi bien les télécommunications que l'environnement,
la consommation ou le diagnostique médical, a annoncé mardi le Fonds
national suisse de la recherche scientifique (FNS). Le laser à cascade
quantique (LCQ) intéresse particulièrement les télécommunications.
Télécharger un film sur Internet nécessite actuellement des trésors
de patience, car les lignes téléphoniques ne se prêtent pas au transfert
de données à haut débit, à cause de ce que l'on appelle le «dernier
kilomètre': la plupart des foyers sont encore raccordés au réseau
téléphonique par un simple fil de cuivre, qui fonctionne comme un
véritable «goulet d'étranglement». L'une des solutions serait de
passer par des liaisons laser aériennes, mais les lasers existants
émettent à des longueurs d'onde qui ne traversent pas l'air ou l'humidité
sur de longues distances. Le cas échéant, les technologies sont
chères ou font appel à des techniques trop lourdes. Or, le rayon
laser suisse «émet de la lumière infrarouge, donc invisible pour
l'oeil, qui traverse sans perte excessive le brouillard et les nuages,
la pluie et la neige», explique le chef de projet, Mathias Beck.
«Notre laser émet en continu et à température ambiante», ajoute-t-il.
Il est par ailleurs d'un prix abordable et consomme peu d'énergie,
alors que l'utilisation de fibres optiques (d'une meilleure qualité
toutefois) ou des ondes radio nécessitent des travaux, un permis
de construire ou une licence d'émission, ce qui est long et coûteux.
«Il suffit d'installer un petit émetteur d'environ 60cm de diamètre
et 1 mètre de long sur le bâtiment émetteur et un autre sur le récepteur,
et la lumière transporte l'information», explique à l'Associated
Press l'un des chercheurs, Jérôme Faist. «En outre, la bande passante
est très large, ce qui permet de transmettre plus de données que
par radio» ou par satellite, situé trop loin. Le laser quantique
possède également des applications dans le domaine du «sensing»,
c'est-à-dire du repérage de certaines molécules par la vibration
des atomes. Il est beaucoup plus sensible que les procédés actuels.
Ces facultés peuvent être utilisées par exemple pour le diagnostic
médical, par l'analyse de l'air exhalé par le patient -des expériences
sont en cours sur les ulcères par exemple-, ou pour contrôler la
qualité de l'air, que ce soit dans l'atmosphère ou à la sortie du
pot d'échappement d'une voiture qui passe. On peut aussi mesurer
le degré d'alcool dans le vin ou la bière, ou encore vérifier la
saveur des sodas. Les applications industrielles ne manquant pas,
l'Institut de physique a créé une société, Alpes Lasers, pour gérer
les aspects commerciaux.
http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0207/sci_102070118685.html
16
juillet 2002
Les OGM de
retour dans les champs
La recherche sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) est
relancée en France. Le Ministère de l’agriculture a autorisé, le
4 juillet dernier, huit nouveaux essais de plantation d’OGM en plein
champs. Les quatre sociétés bénéficiaires sont Biogemma, Bayer Cropscience
France, Pioneer génétique et AGPM Techniques. Dans le même temps,
on apprenait que depuis mai dernier, un programme d’étude sur les
OGM et leur traçabilité a été lancé dans trois départements français.
Selon Daniel Bloc, directeur du comité scientifique à l’origine
de ce projet, aucune étude en plein champs n’avait été faite sur
cet axe de recherche. Depuis la destruction en juin 1999 de champs
et de serres par la confédération paysanne, présidée par José Bové,
les fabricants d’OGM avaient tenté de se faire oublier du grand
public. L’annonce du Ministère de l’Agriculture, relance le débat
: faut-il continuer de faire des recherches sur les OGM devant le
refus des consommateurs d’en utiliser ? En 1999, les pays d’Europe
ont adopté un moratoire strict concernant la mise sur le marché
d’OGM sur tout le territoire européen. Pour l’instant, l’Europe
résiste. Les plus gros producteurs d’OGM sont Les Etats-Unis, le
Canada et l’Argentine.
http://permanent.nouvelobs.com/sciences/20020715.OBS7627.html?1117
15
juillet 2002 
Découverte d'un gène humain de défense contre
l'attaque du virus du sida
Une équipe anglo-américaine de chercheurs a découvert un gène humain
qui représente un nouveau type de résistance au virus du sida (VIH).
Cette découverte "pourrait ouvrir la voie à la mise au point de
nouveaux traitements contre le sida", selon les chercheurs dont
les travaux sont publiés en ligne par la revue scientifique britannique
Nature. Le gène nommé CEM15 confère une résistance naturelle au
virus, mais il est normalement neutralisé par une petite protéine
du VIH, appelée Vif (pour virion infectivity facteur). Le rôle essentiel,
que joue ce facteur de pouvoir infectieux Vif dans la multiplication
du VIH, était connu des chercheurs, mais il leur reste encore beaucoup
à apprendre à son sujet. Le professeur Michael Malim du King’s College
à Londres et le Dr Ann Sheehy et ses collègues de l'université de
Pennsylvanie (Philadelphie, Pennsylvanie) ont étudié des cellules
infectées par une forme défectueuse du VIH, car dépourvue de Vif.
Les chercheurs ont ainsi constaté que le gène CEM15, interfère avec
le cycle de reproduction du VIH, en rendant non infectieuses, donc
sans danger, les nouvelles particules virales. "Ces résultats sont
très importants et pourraient ouvrir la porte à de nouveaux traitements
dans le futur", selon le Pr. Malim. Des travaux antérieurs avaient
montré le rôle décisif de la protéine Vif dans l'infection et la
neutralisation des défenses des cellules encore saines. "Nos recherches
ont identifié le CEM15 comme un élement-clé de ce système. Si nous
trouvons un moyen de bloquer l'action de Vif, cela permettrait au
gène CEM15 de travailler correctement afin d'empêcher la diffusion
du VIH", souligne ce spécialiste des maladies infectieuses. Les
médicaments anti-rétroviraux actuels agissent en bloquant des enzymes
dont se sert le virus pour se reproduire dans l'organisme. Ils sont
capables de réduire le virus dans le sang à un niveau indétectable,
mais sans l'éliminer complètement. De plus, ces traitements administrés
en cocktail (trithérapie) présentent à long terme des effets secondaires
(risque cardiaque) et le virus peut devenir résistant à leur efficacité
thérapeutique. D'où la nécessité de développer de nouvelles approches.
"Les traitements basés sur une autre protéine-clé du virus, la protéine
Env qui permet au VIH d'entrer dans les cellules et de les infecter,
sont testés avec quelques succès dans des essais cliniques"; ainsi,
en déduit le Pr. Malim, il y a un "potentiel" dans les recherches
sur Vif pour trouver un nouveau moyen de combattre le virus. "C'est
très ambitieux, mais on pourrait voir Vif être développée comme
nouvelle cible thérapeutique dans les dix prochaines années", dit-il.
http://actu.dna.fr/020715141131.k3nk8bop.html
15
juillet 2002
Débat sur
le clonage thérapeutique : les malades ont la parole
Pour la première fois en France, des représentants d’associations
de malades concernés par les progrès de la génétique et notamment
par l’utilisation des cellules souches humaines, vont pouvoir exprimer
leur avis sur la question grâce à une initiative de l’Association
Française contre les Myopathies (AFM) qui a organisé le 27 juin
dernier un débat intitulé ‘Cellules souches et clonage thérapeutique
: les experts face aux malades’, réunissant un panel de plus de
15 experts et 12 représentants d’associations de malades. Organisé
sur le principe d’une conférence de consensus, ce débat, animé par
le journaliste M. Horwitz, a couvert différents aspects de l’utilisation
des cellules souches embryonnaires et adultes (recherche, statut
de l’embryon humain, législation) et permis aux malades d’interroger
les experts à la suite de leurs interventions. Cette journée était
destinée à élaborer des propositions émanant des malades ou des
associations de malades, sur la conduite et l’encadrement des recherches
dans le domaine des cellules souches humaines. Elles seront rendues
publiques en septembre prochain. «Ne reconduisons pas les erreurs
faites sur l’atome, mais approprions-nous ce débat de société [cellules
souches et médecine régénératrice]». C’est ainsi que Eric Molinié,
président de l’AFM, a introduit le débat. Dans un contexte de forte
avancée des recherches ( voir dépêche caducee du 24/06 ) et face
aux questions de société que pose l’utilisation des cellules souches
humaines, ce débat se situait en plein centre d’une actualité brûlante
sur fond de révision des lois de bio-éthique. Les chercheurs interrogés
se sont dits favorables à l’établissement de banques de cellules
souches embryonnaires, afin de satisfaire aux exigences à la fois
de quantités (les recherches nécessitent un grand nombre de cellules)
et de qualité (reproductibilité des recherches et besoin de clarté
vis à vis de l’opinion dans un encadrement juridique stricte). Les
problèmes d’éthique, inévitablement rencontrés lors de débats sur
le sujet des cellules souches embryonnaires, ont suscité de nombreuses
questions, et renvoient finalement toujours au même problème, celui
de donner un vrai statut à l’embryon : sujet de recherche ou individu
à part entière, simple ‘amas de cellules’ ou bien être vivant dès
sa conception ? Autant de questions qui sont données à la réflexion
du panel représentant les malades, qui donnera ses avis et ses recommandations
en septembre, sous forme d’un texte écrit, et qui les portera à
la connaissance des parlementaires. Source: AFM débat “Cellules
souches et clonage thérapeutique:les experts face aux maladies”;
27 juin 2002, Evry (Essonne).
http://www.caducee.net/breves/breve.asp?idp=&idb=4111&cal=
12
juillet 2002 
Mieux armé contre les infections
Des chercheurs québécois ont découvert comment les cellules de
notre organisme combattent les microbes.
Canada
La médecine moderne dispose actuellement d'antibiotiques qui permettent
de guérir presque toutes les infections. Mais la résistance des
bactéries rend ces maladies infectieuses de plus en plus difficiles,
voire impossibles, à soigner. L'homme est-il en passe de perdre
la guerre contre les microbes ? Peut-être pas. Car la manière dont
les microbes s'introduisent dans nos cellules et provoquent des
maladies est désormais connue. C'est ce qu'annonce le professeur
au département de pathologie et de biologie cellulaire de l'Université
de Montréal, Michel Desjardins, dans un article publié le 12 juillet
dans la revue Cell. Le scientifique a étudié le phénomène de phagocytose,
mécanisme cellulaire dont sont dotés les mammifères pour lutter
contre les agressions microbiennes. Il a constaté que la manière
dont les macrophages (cellules du système immunitaire qui détruisent
les agents pathogènes) combattaient les bactéries n'était pas celle
qu'on croyait. Un microbe qui entre dans une cellule est emprisonné
dans un compartiment isolé, appelé phagosome. En étudiant les protéines
qui composent le phagosome, Michel Desjardins a découvert qu'elles
provenaient du réticulum endoplasmique, une membrane à l'intérieur
de la cellule. Ce qui indique que les cellules du système immunitaire
utilisent le réticulum endoplasmique lors de leur guerre aux microbes.
Celui-ci analyse la bactérie afin de savoir quel type d'anticorps
envoyer pour la combattre. Puis le micro-organisme est dirigé vers
le lysosome, une autre membrane cellulaire qui renferme de nombreuses
enzymes, qui le détruit alors. Cependant certains pathogènes profitent
de leur passage dans le réticulum endoplasmique pour inhiber les
défenses des macrophages. Ils arrêtent ainsi le processus de destruction.
Michel Desjardins espère mettre au point des médicaments capables
d'éliminer l'étape impliquant le réticulum endoplasmique. Une autre
possibilité serait de favoriser la capture des microbes par les
neutrophiles, d'autres cellules du système immunitaire plus efficaces,
qui tuent les microbes plus rapidement parce qu'elles les dirigent
directement vers le lysosome, sans passer par le réticulum endoplasmique.
12
juillet 2002 
Virus de laboratoire : faciles à créer et très dangereux
Paul Recer Associated Press Washington
L'information, à paraître vendredi dans la revue scientifique américaine
«Science», fait froid dans le dos: grâce à une formule trouvée sur
Internet et à partir de gènes achetés par correspondance, des chercheurs
américains ont fabriqué une version artisanale du virus de la polio.
Une manière pour eux de prouver, en ces temps de psychose aux États-Unis,
que la fabrication d'armes bactériologiques est à la portée de n'importe
quel terroriste. Ces scientifiques de l'Université new-yorkaise
de Stony Brook ont mis au point le virus, avant de l'inoculer à
des souris. Les rongeurs ont d'abord été paralysées, puis sont morts.
«Nous l'avons fait pour prouver que c'était possible, et maintenant
c'est une réalité», a déclaré le Dr Eckard Wimmer, patron de l'équipe
de recherche biomédicale et coauteur de l'étude. «On en avait déjà
parlé, mais les gens ne prenaient pas cela au sérieux. Maintenant
ils le doivent. Les progrès de la recherche biomédicale ont leurs
avantages, mais aussi leurs inconvénients: il y a un danger inhérent
au progrès scientifique. C'est une réalité nouvelle, à prendre en
considération.» Cet essai en laboratoire prouve aussi qu'éradiquer
un virus dans la nature ne signifie pas qu'il ait disparu à tout
jamais: désormais, les biochimistes peuvent les reconstituer à partir
de «modèles» facilement accessibles dans les archives scientifiques
et les matériaux biologiques disponibles par correspondance. De
plus, avertit Jeronimo Cello, auteur principal de l'étude, le virus
de la poliomyélite assemblé par l'équipe scientifique est l'un des
plus simples. «C'était très facile», dit-il. Si la variole et d'autres
virus mortels sont plus complexes à construire, «ce sera probablement
possible dans l'avenir», ajoute-t-il. «Le monde ferait mieux d'être
prêt», surenchérit son collègue Wimmer. La variole, le virus dont
un hypothétique retour terrifie aujourd'hui l'Amérique, a été éradiquée
officiellement en 1980, mais des souches ont été conservées aux
États-Unis et sur le territoire de l'ex-URSS. Craignant, après la
vague bioterroriste des courriers piégés au bacille du charbon aux
États-Unis l'automne dernier, que des terroristes ne mettent la
main sur cette arme mortelle, les responsables américains ont mis
en oeuvre la fabrication de quantités de vaccins suffisantes pour
protéger la totalité de la population. Quant à la polio, elle est
près d'être éradiquée sur la planète, ne sévissant plus que dans
quelques zones d'Afrique subsaharienne et d'Asie centrale, et l'on
envisage d'arrêter la vaccination après la certification de son
éradication. Ce que déconseille fortement le Dr Wimmer: l'émergence
d'une nouvelle génération particulièrement sensible à cette polio
tout juste disparue serait une cible toute désignée pour ce virus
devenu arme mortelle. L'Organisation mondiale de la santé (OMS)
envisage d'ailleurs de constituer des stocks de vaccins pour être
prête à un éventuel retour du virus, et Wimmer estime que cette
politique devrait être généralisée: «notre message est qu'il faut
garder des stocks de vaccins pour chaque agent que vous tentez d'éradiquer».
Ces travaux de Cello et Wimmer ne plaisent pas du tout à C. J. Peters,
directeur du Centre de biodéfense de l'Université du Texas, à Galveston.
«Nous savons depuis longtemps qu'il était possible de créer un virus
de laboratoire. Nous savions que c'était juste une question de temps.»
Et d'estimer que la démonstration qui est en aujourd'hui faite ne
sert à rien, au contraire: pour lui, la publicité autour de ces
virus synthétiques risque de pousser certains à penser «qu'il n'y
a rien à faire contre le bioterrorisme, ce qui n'est pas le cas».
Selon lui, il serait possible de recréer en laboratoire des virus
aussi mortels que celui d'Ebola, mais seul un tout petit nombre
d'individus dans le monde possède ce genre de talent. «Je ne crois
pas que nous devions encourager les gens à pratiquer ces choses
à titre de hobby...»
http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0207/sci_102070117372.html
11
juillet 2002
Victoire
sur les rejets de greffes
Le problème des rejets après une greffe de moelle osseuse est en
passe d'être surmonté. Canada 10/07/2002 - Un procédé qui permet
d'éviter les rejets suite à une transplantation de moelle osseuse
vient d'être conçu par le docteur Denis-Claude Roy, hématologue
à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont et chercheur chez Celmed Biosciences,
une entreprise montréalaise axée sur la thérapie cellulaire. Ce
dernier publie un article qui paraîtra le 15 juillet dans la revue
Blood de l'american Society of Hematology. Lorsqu'une personne reçoit
une greffe de moelle osseuse, son organisme s'expose à la réaction,
que les scientifiques appellent, du greffon contre l'hôte. Celle-ci
est liée à l'effet de certaines cellules immunitaires contenues
dans le greffon, les lymphocytes T, qui détruisent les différents
tissus de l'hôte. Ce phénomène se produit en dépit de la prise de
médicaments immunosuppresseurs sensés l'endiguer. Le docteur Roy
a développé un traitement photodynamique, baptisé Theralux et qui
permet d'éliminer ces lymphocytes T du greffon. Il a testé cette
technique sur des cellules humaines isolées en laboratoire. Avec
succès. Une fois que les cellules souches de la moelle osseuse à
greffer ont été prélevées chez le donneur, elles sont mises en présence
du tissu provenant du receveur. Les chercheurs ajoutent ensuite
un colorant qui se fixe sur les lymphocytes T activés, qui ont reconnu
les cellules hôtes et s'apprêtent à les détruire. Puis ils exposent
le tout à la lumière, qui transforme le colorant en substance toxique
pour les cellules qui l'ont absorbé. Ce procédé permet d'éradiquer
les lymphocytes T impliqués dans la réaction du greffon contre l'hôte,
tout en épargnant ceux qui continuent à assurer la défense de l'organisme
contre les virus. « Cette thérapie se révèle comme étant la percée
la plus importante pour la prévention et le traitement des réactions
du greffon contre l'hôte », a affirmé le docteur Roy. « Elle présente
un énorme potentiel pour bon nombre de maladies ou désordres auto
ou allo-immuns », a-t-il ajouté.
11
juillet 2002 
Clonage humain : Antinori dément et risque la prison
en Italie
ROME (AFP)
Le gynécologue italien Severino Antinori, 56 ans, a démenti vendredi
avoir réalisé un clonage humain, acte considéré comme un délit passible
de 10 à 20 ans de prison, d'une lourde amende et de la radiation
à vie de la profession par la nouvelle législation italienne. "Le
professeur Antinori dément catégoriquement toutes les informations
qui lui sont attribuées, relatives à des événements cliniques de
naissance et qui n'ont rien à voir avec le programme scientifique
sérieux dont il s'occupe actuellement", a-t-il affirmé dans un communiqué
signé. La nouvelle législation italienne adoptée le 19 juin sur
la procréation médicalement assistée interdit formellement le clonage
humain. Le personnel médical impliqué dans de tels actes encourt
une peine de 10 à 20 ans de prison, une amende pouvant s'élever
à un million d'euros et la radiation à vie de la profession. Severino
Antinori dément avoir tenu les propos publié vendredi dans le quotidien
français Libération et tenus lors d'un entretien accordé début juillet
à Vienne. Selon cet entretien, il a annoncé : "J'ai fait 18 transferts
d'embryons créés par clonage. Et j'ai obtenu une grossesse. Elle
est dans sa quinzième semaine. Le foetus a une bonne morphologie".
Il précise que l'enfant naîtra "ailleurs qu'en Italie" et ne sera
pas présenté "tout de suite à la naissance". "Vu le climat anticlonage,
ce serait soumettre les parents à une pression terrible", explique-t-il.
"On fera beaucoup de tests sur cet enfant et on attendra qu'il y
ait une vingtaine d'enfants nés de clonage pour faire une publication
scientifique", ajoute-t-il. Si la grossesse parvient à son terme,
le bébé pourrait naître en décembre prochain et la patiente du gynécologue
italien accouchera du clone de son mari. Jusqu'à présent, Severino
Antinori, pourtant avide de renommée, a toujours nié toute implication
dans les grossesses en cours à partir d'embryon humains clonés.
"Si j'étais impliqué, bien sur je ne le dirais pas", avait-il ainsi
déclaré le 8 mai à Rome après avoir annoncé trois grossesses en
cours, l'une dans un pays islamique et les deux autres dans des
Républiques de l'ex-URSS. Mais il n'a jamais caché vouloir être
le premier à réaliser un clonage humain. En 1985, il a ouvert à
cette fin avec sa femme, la biologiste Caterina Versaci, un centre
de recherche pour la reproduction assistée à Rome, près du Vatican.
Il a également rejoint un consortium international de scientifiques
engagé dans ces recherches dont fait partie l'andrologue américain
Panayiotis Zavos. Le gynécologue italien avait fait scandale en
1994 en permettant pour la première fois à une femme ménopausée
de 63 ans de procréer. Soulignant la difficulté de cloner des animaux
en dépit du succès médiatique de la brebis Dolly, la plupart des
chercheurs mettent en garde contre le clonage, une technique qui,
selon eux, produira des monstres. Depuis la naissance de Dolly en
1997, les scientifiques sont parvenus à reproduire à l'identique
des souris, des vaches, des chèvres, des cochons, des lapins et
même des chats. Mais aucun singe, animal pourtant considéré comme
très proche de l'homme.
http://fr.news.yahoo.com/020712/202/2o8dn.html
10
juillet 2002
Paralysie
: le nez du patient pourrait apporter une amélioration
Des cellules extraites du nez d'un patient pourraient un jour servir
à réparer les dégâts de sa paralysie, selon des travaux australiens
dont la revue de vulgarisation britannique New Scientist se fait
l'écho dans son édition datée de samedi. C'est du moins l'espoir
soulevé par des chercheurs en neurologie d'Australie qui ont annoncé
cette semaine avoir commencé à tester ce traitement sur des patients,
après des expérimentations conduites avec succès sur des rats, indique
le magazine. L'équipe d'Alan Mackay-Sim, de l'université Griffith
à Brisdane, a recruté pour cet essai trois patients paralysés des
jambes depuis six mois à trois ans, et prévoit d'en inclure cinq
autres. La moitié d'entre eux recevront une injection de cellules
nasales dans la colonne vertébrale, au niveau de la moelle épinière.
Il s'agit de cellules nerveuses olfactives. Mais contrairement à
la plupart des cellules nerveuses, elles continuent à se régénérer
tout au long de la vie, propriété probablement liée au fait qu'elles
peuvent être détruites par les infections. Seuls quelques microns
(quelques millionièmes de mètre) de mucus séparent ces terminaisons
nerveuses de l'air ambiant, relève Mackay-Sim. Selon les chercheurs,
les cellule greffées vont servir de pont pour permettre aux nerfs
de la moelle épinière de repousser à travers la zone endommagée.
Diverses équipes ont travaillé sur cette piste chez les rongeurs
et ont même obtenu que des rats retrouvent le contrôle de leurs
pattes paralysées. L'opération nécessite de disposer d'un grand
nombre de cellules pour la greffe. Obstacle que l'équipe australienne
a franchi en mettant en culture, dans leur laboratoire, les cellules
nasales prélevées sous anesthésie locale. Chaque patient participant
à l'essai fera l'objet d'une batterie de tests afin de vérifier
s'il y a une amélioration de leur état. "S'ils retrouvent certaines
sensations au niveau des jambes et du siège, cela sera extrême utile
pour prévenir les complications de l'alitement. Une amélioration
du fonctionnement de la vessie et des intestins ainsi que de la
fonction sexuelle représenterait un pas de plus", indique à New
Scientist un membre de l'équipe, Tim Geraghty, directeur de l'unité
des blessés de la moelle de l'hôpital Princesse Alexandra à Brisbane.
http://actu.dna.fr/020710180235.7y714y7n.html
10
juillet 2002
Les Raëliens
disent travailler au clonage de "10 à 20 clients"
TOKYO
Les Raëliens affirment travailler actuellement au clonage de
"10 à 20 clients". Selon un responsable de Clonaid (www.clonaid.com),
société de clonage humain liée à la secte, "50 mères porteuses"
ont accepté de participer à l´opération. "Nous les avons choisis
dans une liste de 2000 ou 3000 personnes", a précisé le vice-président
de Clonaid, Thomas Känzig. Ce Suisse d´origine et membre de la secte
des Raéliens a présenté ces recherches à la presse dans le cadre
de la première Exposition internationale Bio au Japon. La société
présentera des résultats de son projet "dans quelques mois". Le
premier salon Bio Expo Japan réunissait 250 exposants japonais et
étrangers de l´industrie médicale dont Du Pont et Roche Diagnostics.
En dépit de promesses faites sur le site de Clonaid de montrer les
résultats partiels du processus de clonage, M. Känzig a refusé de
dire à quel stade le mouvement est exactement parvenu. De nombreux
scientifiques doutent du sérieux de l´opération. La firme Clonaid
affirme que le clonage humain permettra aux gens souffrant d´infertilité
ainsi qu´aux célibataires et homosexuels d´avoir des descendants.
"Grâce au clonage, ils peuvent réaliser leur rêve", a dit M. Känzig,
estimant que le clonage d´une personne coûtera environ 200 000 dollars.
La secte des Raéliens a été créée par "Raël", alias Claude Vorilhon,
un ancien journaliste français qui vit au Québec, se présente comme
un prophète dans la lignée de Moïse ou Mohammed et affirme que le
clonage permettra à l´humanité d´atteindre la vie éternelle. Les
Raëliens disent avoir 55 000 adeptes dans le monde. Ils pensent
que la vie sur la terre a été établie par des extra-terrestres arrivés
en soucoupes volantes il y a 25 000 ans et que les humains ont été
créés par clonage. (ats / 10 juillet 2002 11:27)
http://www.romandie.com/ats/lastnews/0710f137888482608689440.asp
09
juillet 2002
La tour de
Babel pourrait-elle enfin voir le jour ?
Tel est le sens du projet de tour géante de deux architectes espagnols,
Maria Rosa Cervera et Javier Pioz. L'idée est née du constat des
limites de l'urbanisme traditionnel, gourmand en espaces et destructeur
d'environnement. Se fondant sur une discipline, la bionique, qui
mêle biologie et électronique, les deux architectes ont fait le
tour du monde à partir de 1997, avec un projet, celui d'une "tour-ville
bionique verticale". Et ont finalement conclu un accord avec la
Chine concernant Shanghaï. D'ici quinze ans, sera construite dans
cette ville qui atteindra alors 30 millions d'habitants une ville-tour
dans laquelle vivront pas moins de 100 000 personnes ! L'ouvrage
est d'une ampleur inconnue : construction pharaonique d'un coût
de 15 à 18 milliards de dollars, sa structure en anneaux comme un
arbre dépassera de loin les plus hauts gratte-ciel actuels, avec
1 228 mètres et 300 étages. Au total, 2 millions de mètres carrés
de surface. 400 ascenseurs verticaux et horizontaux serviront les
étages. Il faudra moins de deux minutes pour parvenir à son sommet.
Avantage de cette tour géante, elle occupera paradoxalement peu
d'espace. "Bionic Tower" est en effet organisée en deux complexes
: la tour elle-même, qui est le cœur du projet, composée de douze
quartiers de 80 mètres de hauteur en moyenne, séparés par des jardins
et des réservoirs d'eau. Autour de la tour, un deuxième complexe
comprend des bâtiments de taille moyenne, des lacs artificiels et
des jardins sur un diamètre de 1 km. Ainsi, la surface occupée est
très inférieure à celle requise par un urbanisme classique, qui
nécessiterait 4 kilomètres de diamètre pour 100 000 habitants. Le
projet dégage donc de l'espace et permet de concilier urbanisme
et nature. Mais la tour sera bien une ville puisqu'on y trouvera
logements, commerces, cinémas et hôpitaux. La tour peut-elle devenir
infernale ? Les auteurs du projet affirment que la structure en
quartiers indépendants lui permettra de rester inébranlable en cas
d'incendie ou d'impact d'avion. Pas de scénario possible du type
Twin Towers pour cette tour de Babel chinoise. Edouard Pflimlin
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3266--284034-,00.html
09
juillet 2002
Jouer tous
les jours sur sa console vidéo rend plus irritable
Un chercheur japonais a averti mardi que s'installer tous les jours
devant sa console de jeux vidéo entraîne une baisse de l'activité
du cerveau dans la partie contrôlant les émotions et peut augmenter
l'irritabilité du joueur. Akio Mori, professeur de neurologie spécialiste
des nerfs crâniens à l'Université Nihon de Tokyo, a prévu de présenter
les résultats de ses recherches lors d'une réunion en novembre de
la Société de Neurosciences à Orlando (Floride). Le professeur a
conduit des expérimentations ces deux dernières années au Japon
sur 240 personnes âgées de 6 à 29 ans. Selon ses conclusions, les
personnes qui jouent de 2 à 7 heures par jour aux jeux vidéos n'émettent
pas d'ondes cérébrales bétas, qui mesurent l'activité de la partie
du lobe frontal servant au contrôle des émotions et à stimuler la
créativité. "Si le niveau des ondes béta est très faible, les gens
se mettent plus facilement en colère et ont des difficultés à se
concentrer", a expliqué M. Mori. "Nous sommes très inquiets de l'impact
des jeux vidéos sur le cerveau des enfants", a indiqué le professeur.
"Nous sommes aussi très inquiets d'un impact éventuel des jeux vidéos
sur le système nerveux autonome" qui contrôle des fonctions comme
la respiration. Un des sujets de l'étude qui avait une activité
cérébrale beta particulièrement réduite a vu son niveau d'ondes
beta revenir à la normale après avoir été privé pendant trois mois
de jeux vidéos et avoir à la place joué à lancer de petits sachets
de haricots, selon M. Mori.
http://actu.dna.fr/020709094638.avsc6o88.html
08
juillet 2002
Le Comité
d'éthique refuse le "bébé-objet"
Sélectionner un embryon ou faire un enfant uniquement pour s'en
servir comme d'un "bébé-médicament", pour tenter de sauver un frère
ou une soeur atteints d'une maladie gravissime, est "inacceptable",
a estimé lundi le Comité consultatif nationale d'éthique (CCNE)
laissant cependant entrevoir une ouverture sous conditions. "En
aucun cas la justification de la naissance d'un enfant ne peut être
la préparation d'une greffe", a déclaré à l'AFP le professeur Axel
Kahn, généticien membre du CCNE. "En revanche, permettre qu'un enfant
désiré représente, en plus, un espoir de guérison pour son aîné,
est un objectif acceptable" si l'aspect thérapeutique vient en "second",
souligne le comité dans son avis rendu public sur "l'extension du
diagnostic préimplantatoire" (DPI). Dans certains cas, a déclaré
à l'AFP Gérard Bréard, rapporteur de ce 72e avis, "le Comité d'éthique
accepte l'idée d'extension du diagnostic préimplantatoire (DPI),
mais insiste sur la nécessité d'informer" correctement les parents
car, dit-il, "il ne faut pas sur-estimer les possibilités de guérison
et sous-estimer les risques pour l'enfant à naître si la greffe
échoue". Une information d'aide à la décision des parents fait partie
du contrat liant le couple et l'équipe médicale, selon lui. "C'est
un problème de société que le législateur doit trancher tout en
posant des limites", relève la philosophe Monique Canto-Sperber
(CNRS), membre du CCNE. "Les parents doivent se montrer responsables",
ajoute-t-elle. Le DPI est une technique utilisée dans certaines
maladies (mucoviscidose, myopathies, retard mental lié au chromosome
X..) pour trier les embryons obtenus par fécondation in vitro, avant
l'implantation dans le ventre maternel. Il y a deux ans, aux Etats-Unis,
des parents ont pu pour la première fois concevoir un bébé pour
sauver sa soeur malade. Le bébé compatible avait été sélectionné
parmi 15 embryons. Récemment l'Angleterre a autorisé le recours
à cette technique pour un couple dont un enfant était gravement
malade . Le CCNE a été saisi en 2001 par des équipes de recherche
pour sept familles touchées par la maladie de Fanconi, maladie héréditaire
pouvant résulter d'anomalies (mutations) de plusieurs gènes. La
maladie de Fanconi s'accompagne progressivement d'une incapacité
de la moelle osseuse (aplasie médullaire) à produire les cellules
sanguines (globules blancs et rouges et plaquettes intervenant dans
la coagulation). La mort survient avant 15-20 ans par infection
ou hémorragie. Parfois, le décès résulte d'une leucémie ou d'un
cancer. Avec le DPI "le médecin espère donner un petit coup de pouce
à la chance", relève le Pr Kahn. "Même si l'enfant est potentiellement
un donneur de cellules médullaires, ce n'est qu'un espoir", avertit
le généticien en évoquant les "échecs souvent douloureux" de ce
qui "reste une médecine d'exception". Un embryon sain ne peut être
écarter "sous le seul prétexte" qu'il n'est pas compatible avec
son aîné malade, mais reconnaît Mme Canto-Sperber, on ne peut pas
non plus imposer l'implantation au couple.
07
juillet 2002 
Les conseillers du gouvernement australien recommandent
les greffes d'organes de porcs sur l'homme
CANBERRA, Australie (AP)
Des transplantations expérimentales d'organes de porcs génétiquement
modifiés sur l'homme devraient être autorisées dans le cadre de
recherches médicales, recommandent lundi les principaux conseillers
médicaux du gouvernement australien. Un rapport du Conseil national
pour la santé et la recherche médicale estime que des expériences
de transplantations de cellules, de tissus ou d'organes animaux
sur l'homme, appelées xénogreffes, susciteraient des avancées supérieur
aux risques. Selon la présidente du comité consacré à la xénogreffre
au sein de ce conseil, le Dr Kerry Breen, les premières expériences
sur des humains pourraient débuter dans deux ans, si ces recommandations
sont appliquées. Ce type de greffes pourrait permettre de résorber
le manque de donneurs d'organes humains, et d'aider les malades
souffrant de diabète, d'insuffisances du foie ou de la maladie de
Parkinson. Un porte-parole du ministère fédéral de la Santé, Kay
Patterson a déclaré que le gouvernement n'a pas encore élaboré de
réponse à ce rapport, qui a provoqué des protestations. Certains
scientifiques craignent que ces transplantations ne provoquent la
transmission à l'homme de virus touchant les animaux, ce qui pourrait
provoquer des épidémies importantes. "Si vous observez les principales
épidémies qui touchent l'homme: le sida, la grippe et même la rougeole,
toutes semblent provenir d'une source animale", a souligné le Dr
Peter Colignon, qui dirige l'unité des maladies transmissibles à
l'hôpital de Canberra. Selon lui, la recommandation de n'utiliser
que des organes génétiquement modifiés augmente ce risque, car ces
tissus animaux sont rendus plus "proches de l'homme". Pourtant,
le groupe de Kerry Breen estime que ce risque est "théorique" et
peut être contrôlé. Le conseil affirme que des expériences de xénogreffes
autorisées par les autorités sont menées aux Etats-Unis, au Mexique
et en Europe. Des expériences porteraient sur des tissus et des
cellules de porc, mais le conseil n'a pas connaissance d'expériences
portant sur des organes. L'avantage principal des porcs est que
leurs organes sont très semblables à ceux des hommes. Les chercheurs
estiment qu'il y a moins de risque de maladie avec des greffes de
porcs qu'avec des greffes de singes. AP lp/ma http://fr.news.yahoo.com/020708/5/2o1tl.html
07
juillet 2002
Le cerveau
de l'extraverti
Agence Science Presse Vous êtes timide? Ou au contraire, exubérant?
Les scientifiques sont peut-être sur le point de vous expliquer
à quelle région de votre cerveau vous devez cela. Tout part de l'amygdale
-une région de notre cerveau, à ne pas confondre avec celles qu'on
vous a enlevées. Depuis des années, les neurologues savent qu'une
partie de l'amygdale s'active lorsque nous rencontrons un visage
apeuré; cela constituerait apparemment un élément fondamental de
notre apprentissage, dès notre plus jeune âge. Mais ces mêmes neurologues
étaient perplexes devant le fait que si tous les cerveaux réagissent
ainsi, certains ne réagissent pas du tout aux visages heureux. C'est
là qu'intervient la personnalité de chacun, vient d'affirmer dans
la revue Science Turhan Canli, de l'Université d'État de New York
à Stony Brooks. Plus une personne est extravertie, dit-il, et plus
sera vive la réponse de son amygdale aux visages heureux. « Le plus
gros impact de cette recherche, commente pour le New Scientist Liz
Phelps, professeur de psychologie à l'Université de New York, c'est
l'idée que nous devions prendre en considération des variations
individuelles, lorsque nous étudions des réponses émotionnelles
». Cette phrase paraît énoncer une évidence pour le commun des mortels,
mais était tout sauf évidente pour les neurologues. Reste à savoir
si une activité accrue de l'amygdale fait de nous des extravertis,
ou si c'est le fait d'être extraverti qui entraîne une activité
accrue de l'amygdale… La suite au prochain épisode. http://www.cyberpresse.ca/reseau/sciences/0207/sci_102070115509.html
06
juillet 2002 
Paris : un trottoir roulant "grande vitesse"
"Pas de position particulière, décontractez-vous, tenez bien la
main courante" : les employés de la RATP multiplient les conseils
sur les 185 mètres du trottoir roulant à grande vitesse, premier
du genre au monde, inauguré mardi dans les profondeurs du métro
Montparnasse. Le trottoir rapide, baptisé "Gateway" par son développeur
l'entreprise CNIM, spécialisée dans les escaliers mécaniques, est
présenté comme le "chaînon manquant" entre les trottoirs roulants
classiques (continus mais lents) et les transports rapides (discontinus)
comme les bus, métro ou navettes. Exemplaire unique, il verra son
sens de circulation inversé en fonction des heures de pointe. Il
est divisé en trois parties. La plus importante, qui occupe une
majorité de la longueur du tapis, est la partie centrale, le transporteur,
un trottoir roulant classique circulant à vitesse constante, 11
km/H, soit quatre fois plus qu'un trottoir ordinaire. Pour accéder
au transporteur, une partie "accélérateur" -fait de rouleaux massants-
permet en quelques mètres de passer progressivement de la vitesse
du pas à la vitesse de croisière. Un décélérateur au bout du tapis
joue le rôle inverse. Le point le plus délicat est le passage d'un
système à un autre, de l'accélérateur au transporteur et du transporteur
au décélérateur. "Surtout se laisser gentiment aller", suggèrent
les gens de la RATP. Et bien tenir la main courante, parfaitement
synchrone avec la vitesse d'un bout à l'autre du tapis roulant.
"Ca surprend un peu mais on va s'habituer", estimait un néophyte.
Son concepteur, Pierre Patin, un ancien directeur des études générales
à la RATP à la retraite, explique que plus il va vite, plus il est
confortable : "Tout est calculé pour une vitesse maximale". Avant
de le mettre en service, la RATP l'a essayé auprès de quelque 20.000
personnes, le week-end dernier : grand-mères aventureuses, familles
amusées, étrangers "enthousiastes", affirme Wilfried Koehl, un des
responsables du projet. Pour les plus réticents, la RATP a laissé
en place en parallèle deux tapis roulants à petite vitesse. "Indépendamment
du temps gagné, ce trottoir permet de vivre autrement les correspondances",
a souligné le PDG de la RATP, Jean-Paul Bailly. La région Ile-de-France
a financé le trottoir à 25%, la RATP prenant 50% à sa charge et
le Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF) les 25% restants,
pour un total de 4,5 millions d'euros. La CNIM a assumé le coût
de développement du produit. La CNIM espère élargir son marché aux
aéroports, aux relations entre gares ou aux centres commerciaux,
voire à plus long terme aux transports de surface. Cette société
qui a déjà mis en place à Hong-Kong un trottoir classique s'attend
à "un succès commercial à l'échelle de la planète".
06
juillet 2002 
Des cils minuscules contrôlent l'asymétrie de nos
organes
Agence France-Presse Paris
Le battement de cils microscopiques, découverts chez la plupart
des groupes de vertébrés, détermine la position des futurs organes
à droite ou à gauche du corps, selon une étude japonaise menée sur
l'embryon de souris, publiée jeudi dans Nature. Alors que l'aspect
extérieur du corps des vertébrés est symétrique, certains organes
comme le coeur ou l'intestin se développent dans l'asymétrie. Ce
mystère est donc en passe d'être résolu, selon ces travaux menés
par l'équipe du Pr Shigenori Nonaka (université d'Osaka). Chez l'embryon
de souris âgé de sept jours, on détecte la présence de filaments
mobiles au niveau de cellules situées dans la partie supérieure
de l'embryon. Les cils, d'abord découverts chez la souris, existent
vraisemblablement chez la plupart des vertébrés, comme le montrent
les travaux de Joseph Yost (Salt Lake City) publiés dans le même
numéro de la revue scientifique britannique. Au cours d'un développement
normal, le battement de ces minuscules cils génère un courant vers
la partie ventrale de l'embryon. L'équipe du professeur Nonaka l'a
décrit comme étant dirigé de la droite vers la gauche de l'embryon.
Le sens de ce courant conditionne la position des futurs organes.
Les chercheurs considèrent en effet que ce courant agit sur la concentration
d'une molécule (ou un message chimique), encore non identifiée,
responsable de la répartition des organes. Si cette molécule est
déplacée vers le côté gauche de l'embryon, le développement est
normal. Pour le prouver, les chercheurs ont d'abord modifié mécaniquement
le courant généré par les cellules ciliées en l'inversant. Résultat
: les organes normalement placés à droite se sont développés...
à gauche. Chez des souris génétiquement modifiées pour être dépourvues
de cils, ils ont par ailleurs constaté un développement aléatoire
de l'asymétrie. Le développement de l'asymétrie a lieu au 8e jour
d'une gestation qui en dure 21.
04
juillet 2002 
Éditorial : "A la conquête du nanomonde ou les promesses de l'infiniment
petit"
Le 29 décembre 1959, le grand physicien américain Richard Feynmann
prononçait un discours resté fameux, intitulé « Il y a beaucoup
d’espace en bas » ( http://www.resonance-pub.com/feynmann.htm).
Devant un auditoire sidéré, Feynman, en génial visionnaire, imaginait
et développait, avec un demi-siècle d’avance, les perspectives d’application
des nanotechnologies. Feynman soulignait avec une assurance tranquille
que " Les lois physiques autorisent a priori la manipulation et
le positionnement contrôlé des atomes et des molécules, individuellement,
un par un. S’appuyant sur ce constat, il déclara " Pourquoi ne pourrait-on
pas écrire les 24 volumes de l’encyclopédie Britannica sur une tête
d’épingle? Plus de 25 ans s’écoulèrent, après ce discours historique
de Feynmann, avant que les recherches appliquées en nanotechnologie
commencent vraiment en 1985, lorsque Richard Smalley, prix Nobel
de chimie, eut découvert une forme de carbone pouvant servir de
matière première à ces appareils miniatures. En 1986, K. Eric Drexler,
théoricien scientifique, écrivit un ouvrage de nanotechnologie devenu
un classique - Engines of Creation - où il expliquait les fondements
de la science et ses applications potentielles. Selon lui, la manipulation
de la matière au niveau de l'atome peut créer un futur d'abondance
utopique, où tout pourrait être rendu meilleur marché et où presque
tous les problèmes physiques imaginables pourraient être résolus
à l'aide de la nanotechnologie et de l'intelligence artificielle.
En 1991, la découverte des nanotubes de carbone par le physicien
Japonais Ijima a constitué une nouvelle étape fondamentale pour
l'essor des nanotechnologies. Plus récemment, des scientifiques
sont parvenus à observer et à manipuler directement des atomes.
Parallèlement, des chercheurs des universités de Rice et de Yale
ont réalisé les premières étapes vers la création de circuits moléculaires
qui pourraient remplacer les actuelles puces de silicium. Pour bien
comprendre l'enjeu scientifique et industriel que représentent les
nanotechnologies, il faut d’abord faire un constat. Depuis toujours,
on extrait de notre terre des matériaux, on les modifie, on les
chauffe, on leur applique des pressions, on y suscite des réactions
physico- chimiques, on les assemble, on les soude, on les colle,
etc. Tout cela utilise beaucoup d’énergie (ce qui entraîne aussi
beaucoup de déchets !). C’est sur ce principe de base que repose
la technologie actuelle de production industrielle. Avec les nanotechnologies,
l’approche en matière de fabrication est d'une nature radicalement
différente. La nanotechnologie se définit d’abord par l’échelle
spatiale, c’est-à-dire le nanomètre ou un milliardième de mètre
(http://perso.wanadoo.fr/nanotechnologie ) Le nanomètre (10 –9 mètre)
ne représente que 4 fois le diamètre d’un atome et il faut 1000
nanomètres pour faire un micron. (10 –6 mètre). On se représente
mieux le rapport vertigineux entre le nanomètre et le mètre quand
on comprend qu’il est le même que le rapport entre le millimètre
et une distance de 1000 kilomètres ! Comment s’est faite l’évolution
de la technologie jusqu’à ce jour ? Elle s’est appuyée sur une approche
globale appelée top-down, c’est-à-dire qu’on part du plus grand
pour aller vers le plus petit. Par définition, la nanotechnologie,
c’est l’approche inverse (bottom- up), c’est-à-dire partir du plus
petit pour aller vers le plus grand. Dans ce contexte, on utilise
directement les atomes individuels et, en les manipulant et en faisant
appel à des procédés d’assemblage, on forme des groupes d’atomes.
Si on était capable de les organiser correctement, on pourrait ainsi
former des nanomatériaux ou des nanomachines. Il y a donc une nuance
importante quant à la manière de faire les choses. Ce que j’appelle
ici " nanotechnologie ", c’est cette façon d’aborder la technologie
de la miniaturisation. Il est important de faire cette distinction
car au cours des dix dernières années, on a appelé " nanotechnologie
" toute technologie liée à l’échelle du nanomètre ou même jusqu’à
100 nanomètres, quel que soit le type d’approche. Pour définir la
nanotechnologie, on peut donc dire que c’est la création de nouveaux
matériaux, dispositifs ou systèmes, par le contrôle de la matière
à l’échelle atomique. C’est également l’exploitation de nouveaux
phénomènes ayant lieu à l’échelle nanométrique, parce qu’il est
maintenant clairement établi, grâce aux travaux des dix dernières
années, qu’à cette échelle, les propriétés fondamentales des matériaux,
c’est-à-dire les propriétés biologiques, mécaniques, thermiques,
électriques, magnétiques, optiques, dépendent de la taille des nanostructures
et peuvent différer énormément du matériau bulk. Par exemple, des
nanostructures peuvent posséder des propriétés mécaniques extraordinairement
plus élevées que les propriétés du même matériau sous forme de bulk.
On dispose déjà d’outils permettant de manipuler des atomes, mais
peut-on pour autant fabriquer des nanomachines ? Même si on possédait
un appareil capable de manipuler un million d’atomes par seconde,
il faudrait à l’heure actuelle 13 milliards d’années juste pour
reconstruire une feuille de papier ! Or, la nature fait beaucoup
mieux : elle utilise des machines moléculaires, l’ADN, l’ARN, les
ribosomes pour construire des êtres vivants. Elle a aussi inventé
quelque chose d’extraordinaire. Comme nous l’avons tous appris dans
nos cours de biologie, une cellule se reproduit par division : c’est
ce qu’on appelle la croissance géométrique. Si on arrivait à faire
des réplicateurs basés sur ce principe, notre feuille de papier
se ferait en deux minutes. En 1986, Eric Drexler dans son livre,
Les engins créateurs, pousse un peu plus loin ce concept de nanotechnologie.
Il fonde également par la suite l’institut américain Foresight dont
l’objectif depuis une dizaine d’années est de sensibiliser le grand
public à ce domaine. Dans son essai, Drexler, s’inspirant des outils
et méthodes inventés par la nature pour construire les objets vivants,
imagine des « assembleurs » capables de synthétiser de manière parfaite,
avec le minimum d’énergie, et sans aucun déchet, n’importe quelle
molécule. Son modèle : les ribosomes. Mesurant à peine quelques
milliers de nanomètres cubes, ces mini-usines sont chargées de synthétiser,
en trois dimensions, toutes les protéines vivantes de la planète
en combinant des morceaux d'ARN. Infiniment petits, les ribosomes
fabriquent plus grands qu'eux en suivant un " programme ", celui
du code génétique. Il y a évidemment un mur entre la chimie organique
(qui crée la vie) et la chimie inorganique, mais les nanotechnologistes
ne désespèrent pas de trouver la passerelle entre ces deux univers.
" Imaginez ce que pourrait être notre monde si nous pouvions construire,
sans eau et sans cellules vivantes, des objets possédant un degré
de perfection atomique aussi grand que celui des organismes vivants
! " écrit Richard E. Smalley. Voilà sans doute le défi majeur que
devront relever les nanotechnologies. Parlons des nanotubes. Les
nanotubes de carbone ont des propriétés absolument exceptionnelles.
Les nanotubes de carbone sont des molécules 50 000 fois plus fines
qu'un cheveu, cent fois plus solides et six fois plus légères que
l'acier, qui permettent de nombreuses applications futuristes. Ces
molécules peuvent être utilisées aussi bien pour les vêtements des
astronautes, les cordes des raquettes de tennis que pour les écrans
d'affichage. Elles permettent aussi de stocker des substances diverses.
Récemment, un dispositif électronique basé sur ces nanotubes et
fonctionnant à 10 terahertz a été mis au point. Des nanotubes ont
également été utilisés pour des applications dans le domaine des
écrans plats parce que ce sont d’excellents émetteurs d’électrons.
On prévoit aussi de les employer pour le stockage d’hydrogène, pour
les pompes à chaleur à absorption, pour le renforcement de matériaux.
Dans quelques années, nous trouverons des applications de la nanotechnologie
pratiquement dans tous les secteurs. En ce qui a trait, par exemple,
aux applications potentielles des nanomatériaux, on peut nommer
les barrières thermiques, la catalyse à haute sélectivité, les piles
à combustible, les batteries, le stockage d’hydrogène, les prothèses,
les dispensateurs de médicaments, etc. Pour celles des nanostructures,
citons les dispositifs électroniques, photoniques, magnétiques,
les bio-détecteurs, les nanosenseurs, etc. Notons que plusieurs
de ces dispositifs ont déjà été développés dans les laboratoires.
Il reste encore beaucoup à faire en matière de recherche fondamentale
dans le domaine de la nanotechnologie mais certaines applications
ne sont déjà plus de la fiction. Projetons-nous à présent dans le
futur et imaginons que l'on parvienne demain à manipuler les atomes
et à former de la matière à partir de ceux-ci, que pourrait-il arriver
? On pourrait ainsi auto-fabriquer à partir d’atomes de la matière,
des objets, sans produire de déchets (recyclage à 100 %) Ce rêve
est fascinant. Y arrivera-t-on ? On ne le sait pas. On pourrait
imaginer faire des matériaux sans défaut, parfaitement optimisés
pour une application donnée. En fait, on reproduirait en laboratoire
ce que la nature a réussi à réaliser au cours de centaines de millions
d’années. Même si ces projections sont encore du domaine de la fiction,
rappelons que la technologie a souvent été plus rapide que les prédictions
humaines. Permettez-moi de citer un exemple. Lorsque les premiers
transistors sont apparus, un comité d’experts fit la prédiction
suivante en ce qui a trait aux ordinateurs : " C’est bien, on va
arriver à la fin du siècle à faire 5000 opérations par seconde avec
un appareil de 3000 livres qui consommera des centaines de kilowatts.
" Il est donc facile de se tromper quand on fait des prédictions
à partir d’un raisonnement évolutionniste. Cette erreur est due
au fait que la microélectronique a été une véritable révolution
et non une évolution. Le même comité affirmait qu’on aurait besoin
au maximum d’une dizaine d’ordinateurs aux États-Unis. Ceci montre
qu’on peut donc se permettre de rêver sans trop se tromper. J'ai
la conviction qu'à partir de 2020, nanomatériaux et nanofabrication
seront partout présents dans les productions industrielles mettant
en jeu des nanomatériaux. Mais il est probable que les grands développements
se feront dans le domaine de la nanoélectronique et de la photonique,
simplement parce que les besoins en technologies de l’information
et des communications ne cessent de croître. On sait qu'en matière
de miniaturisation électronique la loi de Moore, énoncée par Gordon
Moore en 1965 et qui prévoit que le nombre de transistors par puce
double tous les 18 mois a été globalement respectée jusqu'à présent.
Ceci explique les progrès extraordinaires de l'informatique car
depuis le premier microprocesseur en 1971 (2200 transistors) jusqu'au
dernier Pentium IV (42 millions de transistors) le nombre de transistors
sur une seule puce a été multiplié par 20.000 ! Avec la technologie
CMOS telle qu’on la connaît actuellement, Intel pense réduire la
finesse de gravure des puces à 65 nanomètres en 2005 (0,06 micron),
45 nanomètres en 2007 et 30 nanomètres en 2009, contre 140 aujourd'hui
(0,14 micron), ce qui permettra d'intégrer un milliard de transistors
sur une seule puce ! Mais cette technologie de gravure par lithographie
a des limites imposées par les lois de la physique et de l'optique
et même en utilisation des longueurs d'ondes situées dans l'ultraviolet
extrême, il ne sera pas possible de descendre en dessous de 10 nanomètres,
limite qui devrait être atteinte vers 2015. Dans cette course vers
l'infiniment petit, la France n'a pas dit son dernier mot et le
Laboratoire d'électronique, de technologie et d'instrumentation
(LETI) à Grenoble a mis au point en novembre 1999, le plus petit
transistor jamais réalisé : 20 nanomètres ( http://www.adit.fr/adit_editionpdf/tf/
ATF58.pdf ). Toutes proportions gardées, un tel transistor (qui
ne sera opérationnel qu'en 2015 à cause des problèmes d'intégration)
posé sur une puce de circuit intégré d'environ 2 cm carré, équivaut
à un cheveu posé au milieu d'un stade de football ! En juin 2001,
le géant mondial des microprocesseurs, Intel, annonçait à son tour
((http://www.intel.com/pressroom/archive/releases/20010611tech.htm
) qu'il serait en mesure de produire des transistors de 20 nanomètres
vers 2010. Mais pourquoi, me direz-vous, a-t-on besoin de composants
électroniques aussi petits ? Il faut bien comprendre qu'aujourd'hui,
ce n'est plus le besoin de miniaturisation, mais la course à la
puissance qui force l'industrie informatique à faire toujours plus
petit. Le calcul est simple : plus les composants sont petits, plus
on peut stocker de transistors sur une même surface. Et comme le
temps nécessaire pour qu'un électron traverse le système diminue,
la vitesse de travail augmente. Les puces de 2015, qui intégreront
1 milliard de transistors de 20 nanomètres fonctionneront à une
fréquence d'au moins 20 GHz et auront une puissance de dix à cent
fois supérieure à celle des puces actuelles. Quant aux puces-mémoires,
leur capacité prévisible sera, à la même époque, époustouflante
: 16000 Gigabits, de quoi stocker un milliard de pages, l'équivalent
de la Bibliothèque nationale toute entière ! On mesure mieux le
chemin parcouru vers l'infiniment petit en rappelant qu'en 1971,
la taille des transistors était de 8 microns, en 1978, de 4 microns.
Dans le dernier Pentium, elle est de 0,14 micron (140 nanomètres)
et cette taille va donc descendre, avec les techniques de photolithographie
actuelles, jusqu'à 10 nanomètres (0,01 micron). Pour descendre en
dessous de cette barrière et entrer dans le nanomonde, un saut technologique
s'impose car la fréquence des photons de lumière devient trop grande
pour graver des canaux si fins dans le silicium. Or, cette barrière
des 10 nanomètres, nous l'avons vu, devrait être atteinte dans une
dizaine d'années. Après 2010, on peut donc imaginer que la convergence
entre nanotechnologies et physique quantique permettra un saut technologique
majeur avec l'avènement de la nano-électronique quantique. Un pas
décisif vers la nanoélectronique quantique a été franchi en 2001.
Dans le numéro du 29 juin 2001 de la revue Science, des chercheurs
hollandais ont annoncé un transistor à nanotube à électron unique,
le premier en son genre à fonctionner efficacement à température
ambiante. Alors même que les chercheurs fabriquent des micro puces
toujours plus petites, l'idée d'utiliser un type de transistor appelé
" transistor à électron unique " (ou SET) semble de plus en plus
séduisante. Tout comme beaucoup d'autres appareils électroniques
de ce genre, ces transistors peuvent être fabriqués à une échelle
moléculaire et ainsi occuper beaucoup moins de place que leurs confrères
conventionnels fabriqués en silicium. L'avantage particulier des
SET est qu'ils n'ont besoin que d'un seul électron pour alterner
entre " marche " et " arrêt ". Par opposition, les transistors utilisés
dans la microélectronique conventionnelle ont besoin de millions
d'électrons pour réaliser ces mêmes fonctions. Le transistor SET
mis au point par ces scientifiques hollandais mesurait seulement
1 nanomètre de large et 20 nanomètres de long. A peine deux mois
après cette percée technologique, IBM annonçait, en août 2001, la
mise au point d'un nanotransistor 50 000 fois plus fin qu´un cheveu.
Ce mini-transistor est basé sur un nanotube de carbone, une molécule
cylindrique, composée d'atomes de carbone, 500 fois plus fine que
le silicium. Ce procédé ouvrait la voie vers des processeurs beaucoup
plus performants que ceux d’aujourd’hui, puisqu´ils contiendraient
10 000 fois plus de transistors dans le même espace. Il y a exactement
un mois le 20 mai, IBM annonçait, dans le prolongement de son annonce
de 2001, la mise au point d'un nanotransistor dont les performances
sont supérieures aux modèles actuels utilisant du silicium, et qui
ouvre vraiment la voie à des ordinateurs incomparablement plus petits
et plus rapides que ceux que nous utilisons aujourd'hui. ( http://www.ibm.com/news/us/2002/05/20.html)
Dans le domaine des mémoires, Les chercheurs d'IBM viennent par
ailleurs de redécouvrir les avantages d'une technique de stockage
des données vieille d'un siècle : la carte perforée. Après six ans
de travail, les laboratoires du groupe à Zurich, sont parvenus à
percer des trous 6.000 fois plus petits que le diamètre d'un cheveu
dans une pièce de plastique de la taille d'un timbre-poste, ce qui
permet de stocker 100 gigaoctets d'informations, soit 15 fois plus
que le meilleur disque dur magnétique. Les données sont enregistrées
sous la forme de 1.000 milliards de trous, percés par une nano-aiguille
à haute température, précisent les chercheurs Pour le Nobel Gerd
Binnig ce nouveau type de mémoire nano-mécanique constitue une vraie
révolution. Le célèbre chercheur ajoute : "On pense toujours que
l'électronique, c'est l'avenir. Nous pensons plutôt que l'avenir
appartient à la mécanique, conjointement à l'électronique. Avec
ce type de mémoire nano-mécanique, on pourra atteindre des densités
d'enregistrement mille fois supérieures à celles d'aujourd'hui".
(voir article dans la rubrique nanotechnologies de notre lettre
@RTFlash de ce jour et site d’IBM (http://www.zurich.ibmcom/st/storage/
millipede.html). Parmi les dernières avancées remarquables vers
la nanoélectronique, il faut aussi souligner la production d'un
fil nanoscopique par les laboratoires du Centre d’élaboration de
matériaux et d’études structurales (CEMES-CNRS, Toulouse) et du
Département de physique et d’astronomie de l’université de Aarhus
(Danemark). Large de 0.75 nanomètres, soit deux atomes de cuivre,
cette structure repousse les limites de la miniaturisation. Le minuscule
ouvrier est une molécule organique composée de 90 atomes de carbone
et 98 d’hydrogène. Ses quatre minuscules pieds posés sur une surface
plane de cristal de cuivre lui confèrent une étonnante propriété
: celle d’auto-assembler les atomes de cuivre en un fil atomique.
(http://www.sciencemag.org/cgi/content/summary/296/5566/270). «
Cette technique représente un nouveau processus d’auto-fabrication
nanoscopique pour la nanoélectronique », concluent les chercheurs.
On voit donc que depuis 2 ans plusieurs étapes décisives ont été
franchies qui ouvrent la voie vers une révolution technologique,
la nanoélectronique quantique, qui succédera à partir de 2010 à
la technologie actuelle sur silicium. Mais peut-on aller encore
plus loin que la nano-électronique et que les transistors mono-électroniques
et imaginer des nano-ordinateurs fabriqués à l'aide de molécules
biologiques ? Ce rêve ne relève plus tout à fait de la science-fiction
depuis qu'en octobre 2001, un groupe de chercheurs sous la direction
du professeur Ehud Shapiro de l'Institut Weizmann, a utilisé des
molécules biologiques pour créer de minuscules ordinateurs programmables.
Selon un article publié dans la revue scientifique Nature, ces nano-ordinateurs
sont si petits qu'on en trouve mille milliards (1 000 000 000 000)
dans une goutte d'un dixième de millilitre de solution aqueuse à
température ambiante. Ces ordinateurs exécutent ensemble un milliard
d'opérations par seconde avec une exactitude supérieure à 99.8%
pour chaque opération, tout en consommant une énergie de moins d'un
milliardième de watt. Cette recherche pourrait conduire à l'avenir
à des ordinateurs opérant à l'intérieur du corps humain en interaction
avec son environnement biochimique et permettre de nouvelles applications
biologiques et pharmaceutiques. Il est fascinant de constater qu'à
ce niveau de recherche, technologies de l'information et sciences
du vivant convergent et que les frontières disciplinaires et théoriques
multiséculaires entre biologie et physique s'estompent. Les cellules
représentent en effet des machines extraordinairement complexes.
Comparés à l’organisation de leurs atomes, dont chacun ou presque
a une fonction spécifique, les circuits intégrés imaginés en électronique
paraissent d’une simplicité enfantine. L’enjeu des nanotechnologies
consiste à créer des machines qui rivalisent avec la nature pour
aider la médecine. Ce rêve commence à être du domaine du possible
grâce à la manipulation de molécules ou même d’atomes au moyen d’outils
très élaborés. Grâce à la nanotechnologie, on entrevoit la possibilité
d'offrir des traitements pharmacologiques qui seront beaucoup plus
ciblés et par conséquent plus efficaces. Exemple type des nanotechnologies,
les puces à ADN sont en train de révolutionner la médecine. Avec
la connaissance globale et fine des réponses d’une cellule, d’un
tissu, d’un organisme, on peut maintenant imaginer que les médicaments
de demain s’adresseront à chacun spécifiquement en tenant compte
de son caractère individuel et unique. Les nanotechnologies à finalité
thérapeutique permettront donc à la fois de définir des traitements
"sur mesure", parfaitement adaptés au profil génétique du malade
et de cibler ces traitements au niveau moléculaire et cellulaire
avec une précision absolue dans l'espace et le temps. Il y a deux
ans, deux équipes scientifiques ont chacune mis au point un "moteur
moléculaire", en réussissant à faire tourner une molécule soit à
l'aide d’un élément chimique, soit par la lumière. Les deux découvertes,
l'une réalisée par une équipe américaine, l'autre par une équipe
japonaise et néerlandaise, font franchir un pas important aux nanotechnologies
: dans ce monde de l'infiniment petit, si on savait déjà fabriquer
des "machines" de la taille d'une ou quelques molécules, les moteurs
faisaient jusqu'ici cruellement défaut. Ainsi, l'équipe menée par
le Dr Ross Kelly, du Centre de Chimie du Boston College, a découvert
une molécule qui, sous l'influence d'une réaction chimique provoquée
par du chlorure de carbonyle, décrit une rotation de 120 degrés
dont on peut décider le sens. Ce moteur transforme ainsi l'énergie
chimique en mouvement. La molécule fait alors une rotation sur elle-même
de 360 degrés, dans un sens que l'on peut choisir. Ces nanomoteurs
pourraient déboucher à terme sur des machineries moléculaires déclenchées
par la lumière, source extérieure facile à employer. Ces découvertes
ouvrent d'extraordinaires perspectives thérapeutiques dans le domaine
médical car il devient désormais envisageable d'imaginer des nanorobots
réparant avec une précision incomparable cellules et tissus endommagés.
Il y a quelques mois, un autre pas important était franchi dans
la recherche sur les nanomachines. Une équipe de l'université Cornell
aux Etats-Unis, menée par Carlo Montemagno, a couplé un enzyme à
un support et des pales en nickel de quelques nanomètres pour fabriquer
ces engins microscopiques. Le carburant utilisé pour faire tourner
le tout est la molécule d'ATP, qui est utilisé par tout être vivant
pour se fournir en énergie. Les nanomachines ont pu tourner sans
discontinuer pendant huit heures. Les scientifiques espèrent, à
terme, pouvoir mettre au point des machines qui pourront être injectées
dans le corps du patient pour le soigner. (Voir Cornell News http://www.news.cornell.edu/releases/Nov00/propeller.hrs.html
On mesure mieux l'enjeu industriel et économique des nanotechnologies
quand on sait que le marché mondial des nanocomposants est déjà
de l'ordre de 30 milliards de dollars par an selon CMP. Mais la
National Science Foundation, principal organisme public américain
de recherche dans le domaine des nanotechnologies prévoit un chiffre
d'affaires mondial de l'ordre de 1000 milliards de dollars par an
à l'horizon 2015 ! Malheureusement, dans le domaine des nanotechnologies
comme dans celui de l'effort global de recherche, l'Europe est en
train de se laisser distancer par les Etats Unis . En 1997, les
budgets annuels gouvernementaux du Japon, de l’Europe et des Etats-Unis
pour la recherche sur les nanotechnologies étaient équivalents,
soient environ 120 millions de dollars (130 millions d’euros), avec
une légère avance pour l’Europe de l’Ouest (128 millions de dollars).
En 1999, les Etats-Unis, mesurant l’ampleur de l’enjeu, ont décidé
de se donner les moyens de devenir leader dans ce domaine technologique
capital pour leur compétitivité. Dans une lettre datée du 14 décembre
1999, Neal Lane, conseiller de Bill Clinton, écrit au président
: "Les Etats-Unis ne peuvent pas se permettre d’être à la seconde
place dans le domaine des nanotechnologies. Le pays qui conduira
la découverte et la réalisation des nanotechnologies aura un avantage
considérable sur la scène économique et militaire pour les décennies
à venir. Les nanotechnologies sont la première révolution scientifique
et technologique économiquement importante depuis la Seconde Guerre
mondiale dans laquelle les Etats-Unis ne sont pas entrés avec la
position de leader. Il est temps d’agir". Bill Clinton a répondu
en octroyant 500 millions de dollars (550 millions d’euros) au programme
national NNI (National nanotechnology initiative) pour l’année 2001,
doublant ainsi le budget 2000. L'Etat japonais, pour sa part, a
consacré une enveloppe budgétaire de plus de 60 milliards de yens
(516 millions d'euros) pour les nanotechnologies durant l'année
fiscale 2001, soit presque autant que les Etats-Unis. Le Japon a
une forte avance sur les nanotubes de carbones, les fullerènes,
les dispositifs à un électron et les techniques de nanofabrication.
L’Europe, pour sa part n’a consacré qu’environ 200 millions d’euros
à la recherche en nanotechnologies en 2001. George Bush vient d'annoncer
une hausse de 13 % des activités de recherche de l'Etat fédéral
américain alors que depuis plusieurs années, l'effort de recherche
de l’Union stagne à 1,9% de son PIB, quand celui-ci atteint 2,6%
pour les Etats-Unis, et presque 3 % pour le Japon selon les dernières
données disponibles (1999). Pour l'année 2002, l'effort de recherche
fédéral américain dans le cadre du National Nanotechnology Initiative
(NNi) s'élève à 604 millions de dollars, soit plus de 664 millions
d'euros ! On voit donc à quel point l'écart se creuse entre les
Etats Unis, qui se donnent les moyens de devenir leader dans ce
domaine stratégique, et l'Europe. La France compte trois programmes
majeurs : les " Matériaux nanostructurés " et le "Réseau de recherche
en micro et nanotechnologie" (RMNT) du ministère de la Recherche
et de la Technologie et le programme "Nano-objets individuels" du
CNRS créé en 1999 à l’initiative de Catherine Bréchignac, alors
directrice du CNRS, qui comporte trois axes : physique, biologie
et chimie. Le budget des "Matériaux nanostructurés" est de l’ordre
de 2,3 millions d'euros, celui du RMNT d’environ 11,5 millions et
celui des NO1 de l’ordre de 9 millions d'euros. Au total, la France
consacre 23 millions d'euros seulement pour les nanotechnologies,
soit presque 30 fois moins que l'effort fédéral américain pour 2002
(664 millions d'euros). La France est également très loin derrière
l’Allemagne (laquelle investit 10 fois plus) et l’Angleterre. Les
nanotechnologies sont inscrites au 6e programme-cadre de la Commission
européenne comme l’un des sept grands thèmes prioritaires. Le sixième
programme-cadre européen 2002-2006 qui vient d'être bouclé, prévoit
en effet 1,3 milliard d'euros pour le secteur des nanotechnologies/nanosciences,
auquel sont joints les matériaux et procédés de production. Mais
cet effort réel qui va porter à 216 millions d'euros par an (240
millions de dollars) le budget européen consacré aux nanotechnologies
restera néanmoins presque trois fois inférieur à l'effort budgétaire
annuel des USA au cours de la même période. Si nous voulons nous
donner les moyens de rester dans cette course technologique majeure,
et capitale pour notre compétitivité, nous devons donc consentir,
au niveau national et européen comme au niveau de nos entreprises,
un effort financier considérable pour ne pas nous trouver définitivement
distancés par les Etats-Unis et le Japon . Parce qu’elles bouleversent
les limites des champs disciplinaires et les relations entre les
grands domaines de la connaissance scientifique et qu'elles nous
conduisent à une nouvelle représentation de la réalité, et à une
nouvelle vision de la nature, les nanotechnologies représentent
non seulement un enjeu techno-industriel capital, en tant que moteur
de la compétitivité économique, mais aussi un immense défi intellectuel,
culturel et éducatif qui doit nous amener à penser le monde dans
toutes ses dimensions spatiales et temporelles et dans son irréductible
complexité d’organisation. René TRÉGOUËT Sénateur du Rhône
03
juillet 2002 
La mémoire dopée par la grasse matinée, le cerveau par la sieste
La mémorisation de nouveaux acquis est favorisée par la grasse matinée
et les performances du cerveau sont dopées par la sieste, selon
deux études américaines à paraître mercredi. Des chercheurs de l'école
de médecine de l'université de Harvard ont constaté une amélioration
de 20% des capacités d'apprentissage de tâches d'habileté motrice
chez les personnes pouvant dormir plus longtemps le matin, comparées
aux performances des lève-tôt, selon les résultats d'une étude publiée
dans le numéro de juillet de la revue américaine Neuron. Une autre
équipe de la même université à Boston (Massachusetts, nord-est)
a pu démontrer qu'une sieste à la mi-journée pouvait effacer les
signes de fatigue du cerveau et augmenter ses performances pour
le reste de la journée, selon l'étude publiée dans le numéro de
juillet de la revue britannique Nature Neuroscience. La première
étude a des implications importantes pour l'apprentissage d'un sport,
d'un instrument de musique ou d'un mouvement artistique tel qu'un
pas de danse. "L'apprentissage de telles actions nouvelles pourrait
demander davantage de sommeil pour que le bénéfice maximum de l'entraînement
puisse s'exprimer", explique Matthew Walker, qui a dirigé l'une
des équipes de chercheurs. Surtout, ces derniers considèrent que
l'apprentissage de ces nouveaux gestes ou mouvements est consolidé
dans la mémoire durant les dernières heures d'une nuit de sommeil,
et particulièrement dans la dernière phase de sommeil paradoxal
(période de rêve) du petit matin, dont sont privés les lève-tôt.
"L'érosion de la période de sommeil engendrée par la vie moderne
pourrait priver votre cerveau de certaines capacités d'apprentissage",
ajoute M. Walker. L'étude souligne aussi l'importance du sommeil
pour les personnes en rééducation pour une paralysie provoquée par
un accident vasculaire cérébral. Le constat des chercheurs peut
aussi expliquer l'importance du sommeil chez les jeunes enfants
: "l'intensité de leur apprentissage pourrait conduire le cerveau
à réclamer une large quantité de sommeil", avance M. Walker. L'effet
réparateur de la sieste sur le cerveau est pour sa part démontré
par les chercheurs qui ont soumis les participants à l'une des étude
à une batterie de tests visuels entraînant un épuisement cérébral.
Les résultats des quatre sessions de tests quotidiennes sont allés
en empirant à mesure qu'avançait la journée pour les personnes ne
faisant pas de sieste. En revanche, la baisse de performance a été
stoppée après la deuxième session pour ceux qui ont pu faire une
sieste de 30 minutes avant de reprendre les examens. Et une sieste
d'une heure a eu pour effet d'accroître les performances des troisième
et quatrième sessions, comparées à la seconde, remettant le cerveau
à sa capacité maximum du début de journée, selon cette étude placée
sous la direction de Sara Mednick. Les chercheurs ont également
pu déterminer que l'épuisement cérébral provoqué par les sessions
de tests était limité au système de perception visuel et qu'il ne
s'agissait pas d'une fatigue du cerveau dans son ensemble. Les scientifiques
en ont déduit que le réseau de neurones du cortex visuel "est graduellement
saturé d'informations à la suite des tests répétés, ce qui empêche
le traitement de nouvelles informations visuelles". Ils estiment
que cette érosion des capacités pourrait donc être un mécanisme
de protection du cerveau destiné à "préserver les informations déjà
traitées mais pas encore consolidées dans la mémoire par l'effet
du sommeil". D'où l'importance de la sieste en milieu de journée,
qui permet de rafraîchir le cerveau par "des mécanismes de plasticité
corticale" qui se déroulent durant le sommeil de courte durée, lui-même
dominé par les ondes cérébrales lentes. "Les ondes cérébrales lentes
ont un rôle critique dans la restauration des performances de perception",
écrivent encore les chercheurs.
03
juillet 2002 
Biologie. Les succès de la fécondation in vitro et les promesses
de la thérapie cellulaire au menu du congrès de Vienne.
La cellule souche s'enracine dans le paysage médical
Par Corinne BENSIMON Vienne (Autriche)
Les espoirs mis dans les cellules souches placent les experts à
l'avant-garde des débats éthiques sur la manipulation de l'embryon
humain. Ses enfants sont venus de loin, d'Australie et d'Inde, d'Israël
et des Emirats, d'Italie, de Belgique, des cinq continents pour
entendre leur père, lundi, à Vienne, sur les bords du Danube. Une
heure durant, ils ont écouté avec ferveur le gentleman à la belle
chevelure grise . Ils étaient plus de 4 000 dans la salle. 4 000
médecins et biologistes de tous âges, tous fils et filles spirituels
de Bob Edwards, 75 ans, à qui ils doivent d'avoir fondé la discipline
qu'ils exercent aujourd'hui : la médecine de la reproduction. Robert
G. Edwards, «créateur» de Louise Brown, le premier bébé-éprouvette
il y a vingt-quatre ans, a donné, devant un auditorium comble, le
coup d'envoi du Congrès annuel de la société européenne de reproduction
humaine et d'embryologie (ESHRE) qui s'achève aujourd'hui dans la
capitale autrichienne. Cette réunion de trois jours consacre une
nouvelle fois la phénoménale progression de la fécondation in vitro
dans le monde. Mais elle est également l'écho d'un tournant sans
précédent dans l'histoire de cette jeune ART (Assisted Reproductive
Technology, désignation anglophone de la procréation médicalement
assistée). Les spécialistes de la discipline ont potentiellement
une nouvelle corde à leur arc, qui n'a guère à voir avec la lutte
contre l'infertilité : la recherche sur les cellules souches embryonnaires.
Carrefour. En effet, les espoirs mis dans ces cellules «à tout faire»
placent aujourd'hui les spécialistes de la reproduction humaine,
experts de l'embryon et également «gardiens» des stocks d'embryons
surnuméraires, à un carrefour pour les nouvelles thérapies cellulaires.
Et à l'avant-garde des débats éthiques suscités par l'autorisation
de manipuler l'embryon humain. A l'horizon de la médecine de reproduction,
il y aurait donc la médecine, dans son ensemble. Pour Bob Edwards,
nulle surprise face à cette extension du domaine qu'il a fondé.
La maî trise de la reproduction humaine conduit naturellement à
tenter de mieux connaître l'embryon et ses cellules. A ce jour,
s'est-il émerveillé, «plus d'un million d'enfants sont nés dans
le monde par fécondation in vitro». Mais les succès d'implantation
dans l'utérus des embryons obtenus in vitro restent faibles, «de
l'ordre de 15 à 20», souligne-t-il. Les échecs sont-ils à imputer
à des défauts du jeune organisme ? «46,3 % des embryons présentent
des anomalies», a-t-il souligné, citant une étude publiée par l'Américain
Marquez en 2000. «Pour augmenter les chances de grossesses, nous
devons donc découvrir comment contrôler la qualité des embryons
que nous transférons in utero.» Ce qui suppose, a-t-il expliqué,
d'en savoir plus «sur les 10 000 gènes qui fonctionnent dans le
tout jeune embryon», avec l'espoir d'isoler des «marqueurs» présages
d'un bon développement embryonnaire. Ainsi donc, l'étude des cellules
embryonnaires devient, selon le maître, la nouvelle frontière de
cette médecine de la reproduction qui a dû résoudre auparavant bien
d'autres questions : cycles hormonaux, maîtrise de l'ovulation,
congélation du sperme et de l'embryon... Edwards s'en réjouit, lui
qui a rappelé que son laboratoire explorait les mystères de la différentiation
des cellules embryonnaires depuis... 1963. «La biologie des cellules
souches est révolutionnaire», a-t-il conclu lundi. L'enthousiasme
est d'autant plus grand que Bob Edwards est citoyen de Sa Majesté
britannique dont le gouvernement autorise, depuis dix ans, la recherche
sur l'embryon humain. Adultes. Cependant, le potentiel des thérapies
cellulaires est tel qu'il amène déjà des éminences de la FIV (fécondation
in vitro) à quitter la recherche sur l'infertilité pour celle sur
les cellules souches embryonnaires... et adultes. C'est le cas de
l'Australien Alan Trounson, invité hier par l'ESHRE à une présentation
sur les cellules souches. Alan Trounson, «créateur du premier bébé
FIV australien», fut l'un des pionniers de l'aventure aux côtés
d'Edwards et des Français Frydmann et Testart. Embryologiste de
renom, il est aujourd'hui un homme heureux : «J'ai reçu 66 millions
de dollars australiens [37,76 millions d'euros, ndlr] pour créer
un centre de biotechnologies dédié à l'étude des cellules souches
embryonnaires et adultes.» Adultes ? «Une récente publication (1)
démontrant que l'homme semble abriter des cellules aux multiples
potentialités, similaires à celles de l'embryon, pousse à travailler
sur les deux origines cellulaires. Il faut comprendre toute cette
évolution cellulaire.» Démodée, donc, la recherche sur l'infertilité,
démodé aussi... le clonage animal. Alan Trounson, à l'université
de Monach, a produit de nombreux clones, de vaches, de souris, de
rats. Des clones transgéniques, aussi. «Pour la reproduction humaine,
c'est périlleux et ça marche mal. Quant à un usage thérapeutique,
c'est un projet tiré par les cheveux. Il faut beaucoup d'ovules
pour faire un clone, la stratégie est bien trop compliquée. Le clonage
reste simplement une technique intéressante pour la recherche fondamentale.».
>(1) Lire Libération du 22 juin 2002.
02
juillet 2002 
Greffes de neurones, injection de cellules souches
Régénérer le système nerveux
Pour la première fois, un homme paraplégique a reçu une greffe de
nerfs. Avec succès : il a pu contracter un muscle paralysé! Une
solution parmi de multiples voies explorées. Hier, un rat paraplégique
remarchait grâce à une greffe de neurones dans la moelle épinière
(voir Sciences et Avenir n° 599, janvier 1997). Aujourd’hui, révolution
: c’est un homme qui a bénéficié de cette opération. Une première.
« Deux greffons de nerfs périphériques ont été implantés dans la
moelle épinière dorsale d’un patient paraplégique complet depuis
plus d’un an, expose le professeur Marc Tadié, chef du service de
neurochirurgie au CHU du Kremlin- Bicêtre, près de Paris. Ces greffons
ont été connectés aux racines motrices des muscles.» Les résultats,
qui seront prochainement publiés dans la revue Journal of Neurotrauma,
laissent sans voix : «Neuf mois après l’intervention, une contraction
volontaire est apparue dans les muscles adducteurs et le vaste latéral,
poursuit le praticien. Avec deux ans de recul, on constate que cette
contraction s’est renforcée. » La possibilité de régénérer des réseaux
fonctionnels de neurones de la moelle épinière humaine est donc
confirmée. Une conclusion tout simplement inconcevable il y a dix
ans. Le dogme qui édictait, depuis le xixe siècle, qu’un neurone
lésé était perdu à jamais vole en éclats. Tous les spécialistes
de la régénération du système nerveux se sont rassemblés pour l’affirmer,
lors des 3es Journées de Deauville sur la pathologie médullaire
: oui, les neurones peuvent survivre à une lésion ; oui, ils peuvent
repousser ; oui, ils peuvent renaître et se multiplier pour se reconnecter,
pourvu qu’on les y aide un peu… beaucoup. « Une moelle lésée n’est
pas une moelle détruite, martèle Alain Privat, chercheur à l’Unité
336 de l’Inserm de Montpellier, président du symposium de Deauville.
Bien que, pour la restaurer, nous soyons encore face à une espèce
de puzzle d’une immense complexité avec de nombreuses pièces manquantes.»
Des dizaines de laboratoires et de médecins ultra-motivés s’attellent
à la tâche, étudiant le problème sous toutes ses facettes pour trouver
des solutions. Pour remédier au pire, il existe déjà des gestes
simples et des pistes prometteuses.
Une course contre la montre
La première bataille à livrer est contre le temps. A partir de l’instant
où le diagnostic d’une lésion médullaire est posé – le plus souvent
suite à un accident– un contre-la-montre s’engage dès l’arrivée
des premiers secours. Plus on tarde à agir sur l’accidenté, plus
ses risques de récupération sont faibles. Objectif: éviter la mort
des neurones touchés. Lorsque la moelle épinière est traumatisée,
des milliers de neurones sont, en effet, tués sur le coup. Mais
pas tous. Ceux qui avoisinent directement la lésion peuvent être
sauvés. Chaque minute compte. C’est pourquoi l’Institut pour la
recherche sur la moelle épinière (Irme) a mis en place depuis 1992
un protocole précis de prise en charge des blessés médullaires à
bord des ambulances. Les urgentistes doivent assurer le maintien
de certains paramètres. Premier geste, maintenir la pression artérielle.
«S’il y a baisse de pression artérielle ou d’oxygénation, il y a
perte immédiate de plusieurs milliers de neurones », explique Marc
Tadié. Deuxième geste : la chirurgie précoce de décompression et
de stabilisation quand la moelle est comprimée. « Elle donne une
amélioration neurologique très satisfaisante. Sur 29 patients victimes
d’une lésion de la moelle cervicale incomplète, 28 remarchent!»,
poursuit Marc Tadié.
Faire repousser les neurones
Passées les premières heures, il est vital de favoriser la repousse
immédiate de l’axone des motoneurones, qui assure la transmission
des influx nerveux vers les muscles (voir le schéma p. 75). Chez
certaines espèces animales comme la salamandre, la repousse de l’axone
est automatique. La moelle épinière lésée se reconstruit toute seule
et, en quelques jours, l’amphibien se remet à marcher comme si rien
n’était arrivé. Chez les mammifères, il en va autrement. Pourquoi?
«Certains chercheurs estiment que le processus de régénération rapide
du système nerveux central n’a pas été retenu chez les espèces supérieures
comme critère d’évolution car cela aurait rendu notre cerveau trop
plastique, explique Jean-Philippe Hugnot, chercheur de l’Unité 336
de l’Inserm. Si les neurones se renouvelaient sans cesse, ainsi
que leurs connexions, ils seraient incapables de fixer un souvenir,
par exemple. Un cerveau peu plastique nous garantit donc la mémoire.
» D’un point de vue physiologique, les mécanismes sont connus. «
Si l’axone ne repousse pas après une lésion, explique Alain Privat,
c’est qu’à l’extérieur de la cellule neurale quelque chose l’en
empêche.» Autour de la lésion se forme, en effet, une cicatrice
gliale. C’est-à-dire une zone de prolifération de cellules appelées
astrocytes et oligodendrocytes –qui constituent la glie (voir le
schéma). Ces cellules non neurales, désorganisées, forment une barrière
qui empêche la régénération. Une étude récente réalisée par le Dr
Minerva Gimenez y Ribotta, de l’Inserm de Montpellier, vient de
montrer que chez des souris transgéniques, qui ne produisent pas
de cicatrice gliale, l’axone des neurones lésés repousse. A Cleveland
(Etats-Unis), le professeur Jerry Silver a identifié les molécules
responsables de l’inhibition de la régénération, les protéoglycanes.
Une cible de choix, donc. Une fois l’inhibition levée, reste encore
à activer la repousse elle-même. « Il est maintenant établi que
la régénération d’axones moteurs et le rétablissement des connexions
fonctionnelles sont possibles si l’on entoure d’un manchon de collagène
les deux extrémités d’un nerf sciatique sectionné», expose le docteur
Jacques Mallet, du CHU de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Ce médecin
travaille à augmenter le taux de régénération en introduisant dans
les neurones endommagés un adénovirus génétiquement modifié, porteur
du gène d’un facteur trophique. L’adénovirus, injecté dans le muscle,
remonte jusqu’au motoneurone et se met à y produire sa molécule
« booster ». « Pour passer à l’application clinique, nous travaillons
à désarmer des virus et à réguler l’expression du gène pour ne pas
être débordés par une production incontrôlable d’un facteur de croissance
», explique-t-il. Ultime étape thérapeutique: la greffe de neurones,
qui vient de franchir la porte des laboratoires. «Nous sommes arrivés
à réactiver la motricité de rats paraplégiques en greffant sous
la lésion certains neurones dont on a identifié parfaitement les
neurotransmetteurs, explique Alain Privat. Attention, cette motricité
est automatique, ne passe pas par le cerveau, comme les premiers
pas réflexes du nouveau-né. La même intervention chez l’homme ne
lui permettra pas de recouvrer une locomotion volontaire. En revanche,
une méthode dérivée de celle-ci est très sérieusement envisagée
pour rétablir la fonction uro-génitale qui handicape terriblement
les victimes de paraplégie. »
Un problème de connexion
Greffer des neurones, c’est bien, mais cela implique de savoir exactement
comment les connecter. Or «le système nerveux central est très dur
à réparer parce qu’il y a une grande diversité de cellules, plusieurs
types de neurones et de cellules satellites connectées entre elles
dans des réseaux très complexes que l’on comprend encore mal, explique
Jean-Philippe Hugnot. Si le corps se chargeait de les instruire
à notre place pour qu’ils s’adaptent au mieux et créent les meilleures
connexions possibles, ce serait idéal». Pour le chercheur de Montpellier,
les cellules souches neurales sont l’une des solutions d’avenir
(lire p. 75). Injectées ou stimulées directement in situ, elles
formeraient spontanément des réseaux de neurones fonctionnels en
lieu et place des manquants. Et si demain l’homme pouvait s’injecter
des cellules souches neurales dans le cerveau pour doper sa mémoire
ou développer telle ou telle fonction ? Une fiction qui germe déjà
dans l’imagination des chercheurs.
Eléna Sender
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