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La rubrique Info science s'arrête en décembre 2002, mais vous pouvez retrouvez des sujets pertinents sur le Forum, rubrique "Tout sur la science"




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2002

Les bébés in vitro n'ont pas de séquelle psychologique
Un nouvel exemple de thérapie génique réussie...

Un gène pourrait aider à évaluer les risques cardiaques

Nouveau succès de la thérapie génique pour deux "bébés-bulles"

Nouvelles cellules souches

Contre limaces et escargots, la caféine serait un pesticide efficace

Les Absurdites des Dogmes

Quand le parfum soulage la douleur... des femmes seulement

Nouveau gadget pour James Bond

Les microprocesseurs du futur

Pérou : une loi rend obligatoire l'enseignement des droits de l'homme

Des cellules souches adultes très prometteuses ont été découvertes
Cellules souches embryonnaires : les 2 académies se prononcent

Tabac : de plus en plus de dégâts

Demain, des puces informatiques sans fil

Un rayon laser téléporté

Immunité : le thymus a ses cellules souches

Une tomate génétiquement modifiée pour combattre le cancer

Découverte d'un système solaire similaire au nôtre

En 2050, des humanoïdes battront les champions du monde de football

Le porte-monnaie électronique en novembre 2002

ASTRONOMIE

Un oeil électronique permet à huit aveugles de "voir"

L'alphabet génétique rallongé

La génétique donne une chance à des anti-cancéreux prometteurs

Une nouvelle technologie pour entreposer les données

Vivre centenaire : la cause génétique se confirme

L'ADN des Islandais au service du décryptage du génome humain

Inde : accès internet au passage de l'autocar
La télémédecine bénéficierait-elle aux patients et à l’assurance maladie
Robotique : déjà une réalité à l'hôpital

Brevetabilité de l'être humain
Les Suisses ont voté en faveur de la dépénalisation de l'avortement
Clonage thérapeutique : des essais concluants chez l’animal

Transplantation réussie sur des vaches de tissus obtenus par clonage

29 juin 2002
Les bébés in vitro n'ont pas de séquelle psychologique

Agence France-Presse
Londres Les enfants nés de mère porteuse ne subissent aucune séquelle psychologique et ont au contraire de meilleurs rapports avec leurs parents que les enfants conçus naturellement, selon une étude rendue publique lundi à Londres et à Vienne. Les familles dont l'enfant est né d'une fécondation in vitro ou de mère porteuse obtiennent des résultats supérieurs à ceux des familles dont les enfants ont été conçus naturellement sur quatre aspects de la parentalité: l'affection, le rapport émotionnel ainsi que les qualités maternelles et paternelles, selon cette étude réalisée par des chercheurs de la City University. Pour le cinquième facteur étudié, la sensibilité de la mère envers son enfant, les résultats sont équivalents dans les trois types de famille, selon les résultats que l'équipe du professeur Susan Golombok a présenté lundi à Vienne dans le cadre de la conférence annuelle de la Société européenne de reproduction humaine et d'embryologie. «Ces résultats sont rassurants», a conclu l'un des chercheurs auteur de l'étude, Fiona McCullum. «Il n'y a pas de preuve confirmant les doutes exprimés à propos du recours à des mères porteuses, a-t-elle poursuivi. Seulement, ces enfants sont toujours très jeunes et il reste à voir comment leur famille va évoluer lorsqu'ils grandiront». L'étude a comparé 43 familles dont l'enfant est né de mère porteuse à 51 familles dont l'enfant est né d'une fécondation in vitro et 86 familles dont l'enfant a été conçu naturellement. Quarante mères porteuses sont enregistrées par an au Royaume-Uni.


29 juin 2002
Un nouvel exemple de thérapie génique réussie pour traiter une forme de déficit immunitaire combiné sévère

Des chercheurs italiens et israéliens sont parvenus à corriger un déficit immunitaire sévère (SCID, severe combined immunodeficiency disorder) chez deux enfants. La technique employée combine greffe de cellules souches hématopoïétiques et thérapie génique. Les deux enfants n’ont plus besoin de vivre dans un environnement stérile et se développent normalement, rapportent les chercheurs. La thérapie génique a déjà été employée avec succès dans le SCID. En avril 2000, une équipe française (Cavazzana-Calvo et al.) rendaient compte dans la revue Science de l’utilisation de la thérapie génique par cellules souches sanguines pour traiter un déficit immunitaire combiné sévère lié au chromosome X (SCID-X1) chez deux nouveau-nés. Aujourd’hui, de nouveaux résultats montrent qu’un protocole assez proche permet de traiter une forme de déficit immunitaire sévère nommé ADA-SCID. La maladie est due à un déficit en adénosine déaminase (ADA) et se traduit par un développement et un fonctionnement lymphocytaire anormal auquel s’ajoutent des anomalies métaboliques. Cette correction de la maladie par thérapie génique est rapportée par Aiuti et al. dans l’édition de Science du 28 juin. Le coordonnateur de ces travaux, Claudio Bordignon (Universita Vat-Salute San Raffaele, Milan), explique que l’ADA-SCID est rare puisqu’on estime qu’il naît chaque année environ 30 à 50 enfants touchés par la maladie. Deux stratégies thérapeutiques sont disponibles : la greffe de moelle osseuse ou bien une enzymothérapie par injection d’ADA d’origine bovine. Les deux patients traités par thérapie génique n’avaient pas de donneur de moelle compatible et ne pouvaient accéder au traitement de complémentation avec l’ADA bovine, expliquent les chercheurs. Un prélèvement de moelle osseuse a été effectué sur la crête iliaque des deux patients qui étaient âgés de sept mois et de deux ans et six mois en début d’essai. Les cellules souches hématopoïétiques CD34+ ont été isolées à partir de ces prélèvements. Elles ont ensuite été mises en culture avec un vecteur rétroviral porteur d’une copie fonctionnelle du gène ADA, ce qui a permis d’insérer cette version saine dans ces cellules couches. Une des caractéristiques du protocole était le recours à un « conditionnement non myéloablatif », expliquent les chercheurs. « Afin de fournir un avantage initial aux cellules souches hématopoïétiques transduites et créer de l’espace dans la moelle osseuse, nous avons traité les patients par un conditionnement non myéloablatif de faible intensité », écrivent les chercheurs. « Cela nous permet d’exploiter au maximum l’avantage sélectif des cellules génétiquement corrigées et d’évaluer l’efficacité clinique de la thérapie génique ». Une fois ce pré-traitement réalisé, les cellules souches hématopoïétiques modifiées ont été réinjectées chez les deux patients. Les chercheurs ont montré que les cellules modifiées avaient bien migré vers la moelle osseuse quelques semaines après leur injection. Par ailleurs, elles se différenciaient en diverses lignées lymphocytaires (lymphocytes T, B, cellules NK). Les fonctions immunitaires étaient améliorées avec par exemple une réponse en anticorps spécifiques suite à une vaccination antitétanique « Douze mois après la thérapie génique, un des patients de montrait plus de signe d’infection respiratoire, de gale et s’est rétabli normalement après deux épisodes de diarrhées », ajoutent les chercheurs. Ces problèmes étaient fréquents avant l’intervention. Les anomalies métaboliques liées à l’absence de l’ADA ont été également corrigées. Les enfants vivent aujourd’hui chez eux, leur état est satisfaisant et leur croissance normale. Source : Science 2002 ;296 :2410-3. American Association for the Advancement of Science.


28 juin 2002
Un gène pourrait aider à évaluer les risques cardiaques

Des chercheurs du Centre d'immunologie de l'hôpital Saint-Vincent de Sydney ont découvert qu'un gène baptisé MIC-1 pourrait permettre de mieux identifier les personnes susceptibles d'avoir une attaque cardiaque. Les personnes ayant un taux élevé d'une protéine produite par ce gène seraient autant sujettes à un infarctus que celles ayant un fort taux de cholestérol ou une pression artérielle élevée. Selon les chercheurs, un contrôle sanguin du taux de MIC-1 pourrait ainsi à l'avenir faire partie, avec d'autres tests, d'un diagnostic préventif global. Les chercheurs ont découvert et cloné le MC-1 en 1997 mais ce n'est que récemment qu'un lien entre le MIC-1 et une maladie inflammatoire des artères, l'artérosclérose, a été fait. Les scientifiques se sont aperçus que les personnes ayant eu une attaque cardiaque avaient toutes des taux de MIC-1 plus élevés que celles n'ayant pas eu de problèmes de coeur. L'étude est publiée dans le journal médical britannique The Lancet.


27 juin 2002
Nouveau succès de la thérapie génique pour deux "bébés-bulles"

WASHINGTON (AFP)
La thérapie génique a rencontré un nouveau succès dans le traitement de deux bébés affectés d'un grave déficit immunitaire héréditaire les obligeant à vivre dans une "bulle" stérile pour éviter les microbes, rapportent une équipe de chercheurs internationaux dans la revue américaine Science à paraître vendredi. Ces chercheurs italiens et israéliens ont ajouté une étape à la méthode mise au point en 2000 par une équipe française qui avait abouti aux premières guérisons de bébés affectés d'immunodéficience combinée sévère (DICS). La maladie caractérisée par l'absence totale de cellules de défense, laisse l'enfant à la merci des infections, provoquant sa mort en l'absence de greffe de moelle osseuse ou de l'abri en chambre stérile. Dans ce dernier cas, les deux enfants traités, âgés respectivement de sept mois et deux ans et demi, étaient affectés d'une forme de la maladie appelée ADA-DICS, un déficit de l'enzyme ADA nécessaire à la production de cellules immunitaires. Dans un premier temps, les médecins ont fait un prélèvement de moelle osseuse des deux patients pour isoler des cellules souches sanguines, qui ont le potentiel de se développer en érythrocytes et en leucocytes variés. Les chercheurs ont ensuite exposé ces cellules à un virus génétiquement modifié porteur d'une version saine du gène de l'ADA. Le virus a alors inséré ce gène dans le génome des cellules souches. Avant de réinjecter les cellules ainsi modifiées, les chercheurs ont introduit une étape supplémentaire dont ils pensent qu'elle augmentera les chances de succès dans le traitement du DICS, un processus appelé "conditionnement non myéloblatif". "Le conditionnement non myéloblatif signifie que la moelle osseuse n'est pas détruite mais que le patient reçoit un seul des médicaments utilisés lors de greffes, à dose beaucoup plus faible, afin de "faire de la place" pour la moelle modifiée et lui permettre de mieux s'implanter et de se développer", a expliqué l'un des chercheurs, Claudio Bordignon, de l'Université Vita-Salute San Raffaele, à Milan (Italie). Quelques semaines après l'injection, les cellules souches modifiées avaient migré vers la moelle osseuse et commencé à produire des cellules immunitaires (lymphocytes B, T et NK), selon les chercheurs. Un an plus tard, l'un des patients ne souffrait plus d'infections des voies respiratoires ou de diarrhée chronique. Selon l'un des co-auteurs de l'étude, Shimon Slavin, qui dirige le service de greffe de moelle osseuse du Hadassah Medical Center de Jérusalem, la méthode utilisée "peut être appliquée à toutes les maladies génétiques nécessitant de modifier des cellules souches pour élaborer des produits normaux, particulièrement quand les patients n'ont pas de donneur compatible pour une greffe de moelle osseuse". Cette étude fait suite a des recherches françaises sur la maladie publiées dans Science le 28 avril 2000 par les Dr Alain Fischer, de l'hôpital Necker (Paris) et Marina Cavazzana-Calvo de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm, France).


26 juin 2002
Nouvelles cellules souches

Une étude réalisée par des chercheurs de l'Université du Minnesota et publiée dans l'édition du 20 juin de la revue Nature vient appuyer l'idée que des cellules souches qui peuvent se métamorphoser en n'importe quelle autre cellule spécialisée, comme celles du foie ou du poumon, existent au sein des organismes adultes. L'équipe du Dr Catherine Verfaillie a isolé des cellules présentes dans la moelle osseuse de souris et de rats. Ces cellules, appelées multipotent adult progenitor cells (MAPCs), ont été injectées dans des embryons. Les individus ainsi formés contiennent jusqu'à 40% de cellules provenant des MAPCs et réparties partout dans leur organisme. Dans les premiers stades du développement de l'embryon, les cellules souches engendrent les trois feuillets de cellules qui donneront ensuite naissance à tous les tissus et organes : l'endoderme, le mésoderme et l'ectoderme. Les MAPCs ont la capacité de générer ces trois lignées de cellules. Quelques études ont déjà montré la possibilité d'utiliser des cellules souches adultes pour engendrer certains organes ou tissus, mais c'est la première fois qu'un seul type de cellules aussi prolifiques est identifié et isolé. Cette découverte entretient les espoirs que place la médecine dans les cellules souches en ce qui concerne, entre autres, la régénération des tissus. De plus, les embryons obtenus par les chercheurs américains ne montrent pas les effets secondaires typiquement liés à l'implantation de cellules souches, comme des tumeurs, appelées tératomes. Enfin, l'utilisation de cellules souches adultes permet d'éviter une grande partie des questionnements éthiques que suscite l'utilisation de cellules souches embryonnaires. En effet, pour obtenir ces cellules, on doit tuer les embryons dans lesquels sont prélevées les cellules souches.


26 juin 2002
Contre limaces et escargots, la caféine serait un pesticide efficace

Les limaces et les escargots détestent la caféine et celle-ci pourrait se révéler un pesticide non seulement efficace mais acceptable pour l'environnement, selon une étude à paraître jeudi dans la revue britannique Nature. Robert Hollingsworth, du département Recherche au Département de l'Agriculture américain, et ses collèges avaient procédé à des brumisations de caféine sur une grenouille nuisible faisant des ravages sur les cultures en pots à Hawaï. Ce faisant, ils avaient constaté qu'une solution de 1 à 2 % de caféine suffisait à tuer limaces et escargots. Des concentrations aussi faibles que 0,01% suffisaient à décourager de façon très significative leur appétit, précisent les chercheurs. Ces derniers avaient enterré des limaces (Veronicelle cubensis) dans la terre de plantes en pots et humecté la terre d'une solution aqueuse contenant 2% de caféine: moins de quatre heures plus tard, 25% des limaces étaient toujours dans la terre. 48 heures plus tard, elles avaient toutes déserté le pot de fleurs et 92% avaient succombé. Une tasse de café instantané contient environ 0,05% de caféine, et le café moulu en contient plus. On ignore comment exactement les mollusques sont tués par la caféine. Les chercheurs suggèrent que ce peut être l'effet d'une neurotoxine, les limaces soumises au traitement se tordant dans des "contorsions désordonnées" avant de trépasser. La caféine, substance d'origine végétale présente dans les grains de café et fortement toxique à dose élevée, est un produit naturel classé comme non dangereux (GRAS generally recognized as sage) par la Food and Drug Administration américaine. Elle pourrait être utilisée comme alternative aux pesticides du commerce qui contiennent des ingrédients actifs chimiques dont les résidus ne sont pas permis sur les cultures vivrières aux Etats Unis, selon Nature.


24 juin 2002
Les Absurdites des Dogmes

- Les medias americains cette semaine etaient porteurs d'une saine interrogation : " Can a nation debate the merits of cloning when fewer than half its adults can give a decent definition of DNA?" c'est a dire : une nation peut elle debattre des merites du clonage alors que moins de la moitie des adultes qui la composent ne peuvent pas donner une definition decente de ce qu'est l'ADN ? CNN disait : Cette nation peut elle rendre un bon jugement sur les aliments genetiquement modifies alors que seulement un quart d'entre eux sait definir ce qu'est une molecule ? Et est ce que les americains peuvent comprendre les declarations contradictoires de differents medecins alors que seulement un tiers a une bonne comprehension des processus scientifiques ? Les experts sont inquiets de ces rapports sur la comprehension scientifique des Americains mais ne sont pas surpris. Un show tres populaire en soiree aux US s'en amusait recemment en posant des questions aux gens de la rue
Q: Ou trouvez vous de la chlorophylle ?
R: Probablement dans vos toilettes ;-)
Le presentateur annoncait son emission en disant : Une etude de la National Science Foundation dit que 70% des americains ne comprennent rien a la science. Ce qui est triste c'est que 30% ne savent meme pas ce que 70% veut dire ;-) cette derniere partie bien sur est une plaisanterie mais l'etude montre des chiffres assez deroutant :
· 45 % pouvait definir l'ADN comme le materiel qui transporte notre code genetique.
· 22 % pouvait definir une molecule comme l'unite de base des produits chimiques.
· 48 % savait que les electrons sont plus petits que les atomes.
Mais ce n'est pas typique des US puisque le meme type d'etude est conduit ailleurs et les US font mieux que 14 autres pays industrialises, et aussi bien que le Danemark et la Hollande. Un autre point d'interrogation vient du fait que les US ne "produisent" pas assez de scientifiques americains. Un quart des employes detenteurs d'un doctorat aux US est ne a l'etranger. Le chiffre monte a 45% pour l'engineering et a 27% pour les sciences biologiques. Une derniere question encore pour rire :
Q: qui a invente la pasteurization ?
R: euh… un agriculteur je crois…. Du Nebraska…


24 juin 2002
Quand le parfum soulage la douleur... des femmes seulement

Parfums et essences de vanille ou d'amande, les bonnes odeurs soulagent la douleur des femmes, mais pas celle des hommes, selon une étude québécoise qui laisse entrevoir une nouvelle manière de soulager la souffrance. Serge Marchand et Pierre Arsenault du département des sciences de l'université du Québec (Canada) démontrent pour la première fois l'influence des odeurs sur la perception de la douleur. Leurs travaux, qui porte sur 40 volontaires dont la moitié de femmes, paraissent dans la revue spécialisée Physiology and Behavior, éditée par le groupe Elsevier. L'éventail des essences testées va de l'extrait d'amande ou de vanille, en passant par l'huile de massage, les lotions après-rasage et autres produits d'hygiène, au vinaigre blanc et à l'antiseptique de dentisterie (zonaline). Chaque sujet a d'abord déterminé les senteurs qu'il trouvait plaisantes, leur intensité et l'humeur qu'il lui associait. Puis, pour les besoins de la cause, les volontaires ont dû plonger la main dans une bassine d'eau brûlante (3 minutes à 46-48°C) en respirant les essences (des plus au moins agréables aux neutres de type eau distillée). Ils étaient ainsi invités à exprimer leur peine, minutieusement mesurée et enregistrée par les scientifiques. Résultats : plus les senteurs sont agréables, plus l'humeur des sujets - des deux sexes - est bonne, tandis que les odeurs désagréables tendent à les rendre plus grincheux. En revanche, les fragrances délicieuses atténuent la douleur mais uniquement chez les femmes. "Cette étude ne permet pas de savoir si des différences culturelles ou d’éducation entre hommes et femmes contribuent à expliquer ces résultats", a indiqué à l'AFP Serge Marchand. "Je me suis principalement intéressé à l’aspect fonctionnel de l’effet des odeurs sur la douleur, mais j’espère que des études cliniques verront le jour", a-t-il ajouté. Les odeurs déplaisantes ne paraissent pas accentuer la douleur de manière significative. Ce qui n'empêche pas de s'interroger sur le retentissement des effluves de désinfectants sur le moral des patients hospitalisés. L'odeur altèrerait la perception de la douleur liée au toucher. Les effets des odeurs sur la douleur et la bonne humeur pourraient dépendre de mécanismes différents, selon les chercheurs. Le recours aux techniques d'imagerie cérébrale pourrait éclaircir cette question, selon eux.


23 juin 2002
Nouveau gadget pour James Bond

La réalité se rapproche de la science fiction : deux scientifiques britanniques ont inventé un implant dentaire qui contient une radio miniature.
Royaume-Uni
James Auger et Jimmy Loizeau, du Royal College of Arts, à Londres, ont introduit un récepteur radio dans une molaire. Les signaux reçus d'une radio ou d'un téléphone cellulaire sont ensuite convertis en son et retransmis jusqu'à l'oreille interne par les vibrations de l'ossature. Les sons ne peuvent ainsi être entendus que par le porteur de la « techno-dent ». Les utilités d'une telle invention sont nombreuses. Elles vont de la réception d'information routière aux conseils prodigués par un responsable des communications à un politicien pendant une entrevue télévisée embêtante… Selon les concepteurs de l'objet, il serait même assez simple d'y ajouter un microphone et ainsi permettre au possesseur de l'engin de renvoyer des signaux à un autre appareil radio, qu'il soit dans une dent ou non. Pour l'instant, l'outil miniature fonctionne grâce à une batterie, miniature elle aussi. Éventuellement, son énergie pourra aussi lui être fournie par une micro-génératrice électro-magnétique qui se chargerait quand le porteur de la dent mange, parle ou secoue la tête!


23 juin 2002
Les microprocesseurs du futur

Les puces de silicium atteindront-elles un jour leurs limites ? Ce moment est régulièrement prédit, mais de nouvelles découvertes la font reculer. La méthode d’impression mise au point par l’équipe de Stephen Chou, de l’Université de Princeton (New Jersey, USA), pourrait permettre de multiplier par 100 le nombre de transistors intégrés sur un microprocesseur. Le procédé de Chou n’a pas recours à la méthode actuellement utilisée pour produire les microprocesseurs : la photolithographie. Avec ce processus de gravure une puce est fabriquée en 10 à 20 minutes. Avec l’invention de Chou, cela s’accomplirait le temps d’un battement de cil. Ces résultats ont été publiés le 20 juin dans la revue Nature. Une matrice est pressée sur une couche de silicium, qui fond sous l’action d’un rayon laser et prend la forme du moule. Des figures de 10 nanomètres peuvent être ainsi imprimées sur le silicium, contre 130 nanomètres pour la photolithographie. Tout cela en une fraction de seconde. Stephen Chou estime par ailleurs que son procédé, baptisé LADI (Laser-Assisted Direct Imprint), serait moins coûteux.


21 juin 2002
Pérou : une loi rend obligatoire l'enseignement des droits de l'homme

Le Journal officiel péruvien (El Peruano) a publié le 29 mai 2002 une loi portant sur la politique éducative en matière de droits de l'homme et l'élaboration d'un plan national en vue de leur diffusion et leur enseignement (loi n° 27741). Divisée en dix articles, cette loi dispose que l'enseignement de la Constitution politique du Pérou, des droits de l'homme ainsi que du droit international humanitaire sera obligatoire à tous les échelons du système éducatif civil ou militaire et dans le cadre de l'éducation supérieure universitaire et non universitaire. En outre, elle ordonne au pouvoir exécutif d'élaborer un plan national à cet effet et de le présenter dans un délai de 120 jours à compter de la date de publication de la loi. Le CICR se félicite de l'initiative de l'État péruvien visant à élaborer un plan national d'enseignement des droits de l'homme et du droit international humanitaire. Au Pérou, l'institution apporte son soutien et ses conseils aux forces armées afin que celles-ci puissent intégrer le droit international humanitaire à leurs procédures et leurs programmes d'enseignement. Le CICR contribue également à l'incorporation du droit international humanitaire dans les études universitaires et réalise à l'intention de la police nationale des programmes de formation en matière de droits de l'homme. Comme le CICR s'emploie aussi à diffuser les principes humanitaires au sein de la société civile, l'ensemble de ces activités pourra apporter une contribution positive aux nouveaux programmes d'enseignement.


21 juin 2002
Des cellules souches adultes très prometteuses ont été découvertes
Baptisées MAPS, ces cellules peuvent se différencier dans les lignées à l'origine de tous les tissus et de tous les organes. Ces travaux pourraient ouvrir la voie à une formidable médecine régénératrice. Bien que toute récente, l'histoire des cellules souches a d'ores et déjà profondément modifié le regard des biologistes sur un vivant incroyablement plus plastique qu'ils ne l'imaginaient jusqu'à présent. Cette histoire s'enrichit aujourd'hui d'un nouvel et important chapitre écrit par un groupe de biologistes américains de l'Institut de cellules souches (SCI) de l'université du Minnesota. La revue scientifique britannique Nature révèle, dans son prochain numéro, que ces chercheurs ont pour la première fois découvert, chez des organismes mammifères adultes, l'existence de cellules souches d'un genre particulier, capables de se différencier dans les trois catégories de lignées cellulaires embryonnaires à l'origine de tous les tissus et organes. Dirigée par le docteur Catherine Verfaillie, le travail de l'équipe du SCI marque ainsi, de l'avis de la communauté scientifique spécialisée, une étape fondamentale dans l'utilisation de cellules prélevées sur des adultes pour lutter contre des maladies dégénératives. La perspective d'une médecine régénératrice fondée sur l'usage de cellules ayant conservé leur potentialité originelle de différenciation est apparue il y a quatre ans, quand des chercheurs américains ont pour la première fois démontré que de telles cellules existaient dans des embryons de mammifères, qu'elles pouvaient être identifiées, isolées et mises en culture. On a depuis découvert que des cellules similaires pouvaient aussi être présentes dans des organismes mammifères adultes. Dans un premier temps - en 1999 et en 2000 -, des biologistes ont identifié, dans une région particulière du cerveau, des éléments cellulaires que l'on tenait jusqu'alors pour être engagés dans un processus irréversible de différenciation. En fait, on a montré qu'ils gardaient une forme de plasticité, et qu'ils pouvaient, dans certaines conditions, donner naissance à d'autres variétés cellulaires. Des cellules souches présentes dans la moelle osseuse ont ainsi pu engendrer des cellules de différents tissus.
POTENTIEL EXTRAORDINAIRE
Le travail de l'équipe dirigée par le docteur Catherine Verfaillie concerne une catégorie bien particulière des cellules souches présentes dans la moelle osseuse, désignée sous le nom de multipotent adult progenitor cells (ou MAPS). Celles-ci ont le pouvoir de se différencier, in vitro et mieux encore in vivo, dans tous les types de cellules qui constituent les tissus et les organes du corps adulte au sein duquel on les a prélevées. Les recherches ont pour l'essentiel été conduites à partir de prélèvements de moelle osseuse effectués sur des souris et des rats. Ils démontrent que les MAPS peuvent engendrer les cellules des lignées de l'endoderme, du mésoderme et de l'ectoderme, les trois feuillets primitifs de l'embryon qui assurent le développement de l'ensemble de l'organisme. Après marquage, ces cellules ont été injectées dans des embryons. Les chercheurs américains ont de la sorte pu obtenir des embryons chimériques, constitués pour certains de 40 % de cellules étrangères distribuées dans tous les tissus. Cela laisse penser que ces cellules sont fonctionnelles, ce que, précisément, visent les promoteurs de la médecine régénératrice. Deux éléments doivent en outre être signalés. Le premier est que les chercheurs du Minnesota n'ont pas observé les effets secondaires - la formation de certaines formes de tumeurs baptisées tératomes - auxquels expose en théorie l'utilisation de cellules indifférenciées. Le second est l'extraordinaire potentiel de développement des MAPS, une cellule mise en culture pouvant, au bout de 300 jours engendrer 10 puissance 38 de ses semblables - soit un 1 suivi de 38 zéros - sans que des signes de vieillissement cellulaire soient observés. L'annonce de cette première ne manquera pas de fournir de nouveaux et puissants arguments à ceux qui, pour des raisons scientifiques ou éthiques, estiment que l'essentiel des efforts de recherche doit être mené sur les cellules souches présentes dans les organismes adultes et non pas, d'emblée du moins, sur leurs homologues embryonnaires.
MÉDECINE RÉGÉNÉRATRICE
Reproduits et confirmés par d'autres équipes de biologistes, les résultats spectaculaires de l'équipe du docteur Catherine Verfaillie accréditeraient l'hypothèse selon laquelle une véritable médecine régénératrice pourra voir le jour. Elle suggère aussi que nous avons chacun, au sein de nous, les outils cellulaires susceptibles de s'opposer au développement de phénomènes dégénératifs qui demeurent, pour l'heure, incurables. Dans la même livraison de Nature, une autre équipe américaine basée à Bethesda (Maryland) et dirigée par le professeur Ron McKay (Instituts nationaux américains de la santé) annonce avoir réussi à transplanter des cellules souches dans le cerveau de rats constituant un modèle expérimental de maladie de Parkinson. Les chercheurs expliquent que, greffées dans la zone cérébrale directement impliquée dans la physiopathologie de cette affection neurodégénérative, ces cellules ont engendré une importante quantité de neurones naturellement capables de synthétiser de la dopamine, molécule neurotransmettrice dont la production insuffisante est responsable des symptômes qui caractérisent la maladie de Parkinson. Cette démonstration expérimentale de la possibilité, pour des cellules souches, non seulement de pouvoir se différencier après transplantation dans un organisme étranger de manière à acquérir la morphologie des cellules environnantes, mais aussi d'être fonctionnelles et de corriger des symptômes pathologiques, constitue une nouvelle preuve, spectaculaire, de la possible émergence d'une véritable révolution médicale.
Jean-Yves Nau


21 juin 2002
Cellules souches embryonnaires : les 2 académies se prononcent conjointement
L’académie des sciences et l’académie nationale de médecine ont présenté à la presse ce matin leurs recommandations relatives à l’utilisation des cellules souches embryonnaires (CSE). Faisant suite au colloque inter-académique du mois de mars sur le sujet (voir dépêches caducée du 25/03/02 et du 27/03/02), ces deux instances consultatives ont réaffirmé leur volonté d’autoriser la recherche sur l’embryon et également sur le transfert somatique (clonage thérapeutique), dans un cadre juridique strict, tout en insistant sur leur opposition à toute sorte de clonage reproductif humain. Dans un contexte politique et scientifique extrêmement sensible (révisions des lois de bio-éthique en cours, recherche internationale qui progresse rapidement), le sujet des CSE se trouve au centre de la médecine régénératrice de demain et interpelle scientifiques et médecins. C’est pourquoi des groupes de travail des deux académies se sont concertés pour partager leurs sentiments et surtout converger vers des positions communes vis à vis de l’utilisation et de l’encadrement des CSE dans les applications médicales. Ce travail en commun a abouti à l’élaboration de 2 communiqués des 2 académies, complémentaires et consensuels avec des spécificités relatives aux missions respectives des deux instances conseillères des plus hautes autorités de l’état. Les académies sont d’accord pour autoriser la recherche sur les CSE et interdire le clonage reproductif. L’académie des sciences «souligne l’importance des nouvelles recherches sur le transfert intraovocytaire», l’académie de médecine quant à elle «n’exprime pas d’opposition de principe au transfert d’un noyau somatique dans un ovocyte», les deux académies s’opposant catégoriquement au clonage reproductif à visée de procréation. Si de nombreux problèmes d’ordre éthique restent encore en suspens (notamment la question centrale du statut de l’embryon), les académiciens sont dans leur plus grande majorité favorables à la recherche sur les CSE (qu’elles proviennent d’ailleurs d’embryons, d’adultes ou d’un transfert nucléaire) et comme l’a souligné Maurice Tubiana, président de l’académie nationale de médecine : «Beaucoup de briques sont encore à ajouter pour construire le mur haut et large de la compréhension et de la maîtrise des cellules souches…le temps nécessaire se chiffrera en décennies, avant d’avoir le recul nécessaire…seule l’expérimentation permettra de délimiter les potentiels des cellules souches». Source:
Académie Nationale de Médecine 21 juin 2002, Paris


20 juin 2002
Tabac : de plus en plus de dégâts

Pour ceux qui ont encore du mal à faire respecter la loi Evin autour d’eux, le Centre de recherche international sur le cancer (CIRC) apporte des arguments de poids. Les cancers induits par le tabac sont encore plus nombreux qu’on ne pensait. Les cancers de l’estomac, du foie, du col utérin, du rein ainsi que la leucémie myéloïde, rejoignent la liste des cancers liés au tabac. En revanche, les cancers du sein, de l’endomètre ou de la prostate ne seraient pas liés au tabagisme. Ce centre de recherche de l’OMS basé à Lyon avait mobilisé 29 chercheurs de 12 pays pour réaliser une monographie sur le tabagisme et le cancer. A partir de toutes les publications passées en revue, ce groupe d’experts a publié une nouvelle évaluation des risques liés au tabagisme, actif ou passif. Il vient ainsi de classer officiellement le tabagisme passif dans la catégorie des cancérogènes. «L’exposition involontaire à la fumée de tabac provoque le cancer du poumon» écrit noir sur blanc le CIRC dans son communiqué. Le CIRC constate avec regret que la consommation de tabac augmente à l’échelle de la planète. « La moitié des fumeurs succombent à une pathologie provoquée par le tabac » soulignent les experts. Le meilleur moyen de prévenir le cancer au 21ème siècle est donc d’éviter la consommation de tabac ou d’inciter à son abandon, diagnostique le CIRC.


20 juin 2002
Demain, des puces informatiques sans fil
Cyril Fievet, 01net.
Des recherches menées aux Etats-Unis laissent entrevoir une évolution radicale du sans-fil : des puces autonomes dotées d'émetteurs. Au cours d'une expérience effectuée en mai dernier, des chercheurs de l'université de Floride ont démontré la faisabilité d'un composant unique, de la taille d'un ongle, regroupant processeur, émetteur-récepteur et antenne au sein d'une seule et même puce. Le degré de miniaturisation de la puce est admirable. Mais ses applications potentielles sont encore plus étonnantes. En premier lieu, une puce sans fil peut constituer une alternative aux composants traditionnels, pour augmenter la rapidité des ordinateurs, en supprimant les connexions à l'intérieur même du processeur. En d'autres termes, la puce communiquerait, sans fil, avec elle-même, ou plus exactement synchroniserait les différentes parties qui la composent, par ondes radio : donc, de façon quasi instantanée. Une technologie qui pourrait permettre de produire des processeurs cadencés à 100 GHz, tout en s'affranchissant de la problématique de la finesse de gravure des composants. De multiples applications Mais des puces sans fil pourraient aussi communiquer avec l'extérieur. En tant que composants autonomes, elles pourraient avoir de multiples applications. En temps de guerre, les militaires pourraient larguer sur une zone plusieurs milliers de puces couplées à de minuscules micros, permettant d'espionner ce qui se dit au sol. On pourrait également répartir des puces dotées de capteurs de mouvements à l'intérieur des murs d'un bâtiment, permettant ainsi de détecter des présences humaines en cas d'effondrement... « Le principal avantage de l'intégration d'antennes dans des puces sans fil réside dans le faible coût, la compacité et la simplicité d'utilisation », explique l'un des responsables du projet à l'université de Floride. Mais si le principe est intéressant, ses applications sont encore loin d'être pleinement opérationnelles. En particulier, le problème de l'alimentation électrique des puces n'est pas simple. Il y a deux possibilités : soit alimenter les puces en les connectant comme des composants traditionnels (mais leur utilisation est alors moins simple car dépendante d'un circuit externe), soit leur adjoindre des piles miniatures (et se pose alors le problème de l'autonomie). « Si le circuit transmet de façon peu fréquente, par exemple, quelques fois par jour, il est toutefois possible d'envisager une durée de vie très longue, de plusieurs années », envisage le responsable. La réalité économique de la technologie demeure incertaine, même si son concepteur se veut optimiste : « Je pense qu'une puce sans fil pourrait être disponible commercialement dans les cinq prochaines années », prédit-il.


19 juin 2002
Un rayon laser téléporté
Un nouveau pas a été franchi dans le domaine de la téléportation : des chercheurs de l’université nationale de Canberra (Australie) annoncent qu’ils ont réussi à téléporter un rayon laser. Concrètement, cela signifie qu’un rayon disparaît à un endroit pour réapparaître immédiatement à l’identique un peu plus loin. La téléportation s’appuie sur les principes de la physique quantique, notamment sur celui de l’intrication. Selon ce principe, décrit de façon totalement théorique en 1935 par Einstein, Podolski et Rosenberg, il existe des particules liées entre elles par un lien étrange qui permet de modifier l’état de l’une en modifiant l’état de l’autre, même si elles sont à des kilomètres l’une de l’autre. Grâce à ces particules intriquées, qui se comportent de façon prévisible et connue, les physiciens font voyager de l’information sans support physique. L’équipe de Ping Koy Lam avait introduit un signal radio dans un rayon laser. Le rayon a été détruit mais le signal a été envoyé sur un récepteur, où le rayon s’est reconstitué quelques milliardièmes de secondes plus tard. Appliquer aux télécommunications, la téléportation quantique pourrait accélérer la vitesse de transmission des données et permettre la création de système de cryptage inviolable. Les résultats de Ping Koy Lam doivent être présentés à une conférence internationale sur l’électronique quantique à Moscou la semaine prochaine.


19 juin 2002
Immunité : le thymus a ses cellules souches
Des chercheurs australiens ont réussi à reconstituer le thymus à partir de cellules souches chez la souris. Le thymus est un organe crucial pour le système immunitaire : c’est dans cette glande que se forment les lymphocytes T matures, ces globules blancs qui luttent contre les infections. Jason Gill et Richard Boyd, de la Monash University Medical School de Melbourne, ont isolé sur la paroi (épithélium) du thymus une population de cellules capables de régénérer un thymus. Ces cellules souches ont été introduites sous la peau des souris et plusieurs thymus complets et fonctionnels se sont ainsi formés. Ces résultats ont été publiés dans l’édition en ligne de la revue Nature Immunology. Le système immunitaire de la souris étant proche de celui de l’homme, les chercheurs espèrent désormais identifier cette population de cellules épithéliales sur le thymus humain. A très long terme, ces recherches aideront peut-être à soigner les personnes immunodéprimées, dont le niveau de cellules T est très bas. C’est le cas des personnes souffrant du sida ou des patients traités par chimiothérapie.


19 juin 2002
Une tomate génétiquement modifiée pour combattre le cancer
C’est la prouesse technologique qu’ont réalisé des chercheurs de l’université de Purdue (West Lafayette, Indiana, EU), en réalisant une variété de tomates transgéniques contenant l’anti-oxydant lycopène (un caroténoïde) à une concentration supérieure à trois fois la concentration moyenne retrouvée normalement dans ces légumes. le lycopène, grâce à ses propriétés anti-oxydantes, possède un potentiel de réduction du risque de certains cancers notamment celui de la prostate. Le lycopène est retrouvé en particulier dans les tomates, c’est le pigment lui conférant sa couleur rouge. Il a déjà été montré comme un élément pouvant abaisser le risque de cancer de la prostate de manière significative. Roshni Mehta et ses collaborateurs ont inséré dans le génome de la tomate un gène de levure (l’enzyme adenosylméthionine decarboxylase ou ySAMdc :Spe2) qui permet au légume d’augmenter les taux de polyamines, ayant pour conséquence de prolonger la durée de vie des tomates (en ralentissant leur mûrissement) et donc la production de lycopène. Les chercheurs sont enthousiastes sur leurs découvertes et ils voient d’autres applications de ce genre dans différents produits alimentaires en augmentant le potentiel phytonutritionnel anti-oxydatif dans d’autres fruits et légumes.

18 juin 2002
Découverte d'un système solaire similaire au nôtre
Des astronomes américains ont annoncé jeudi la découverte d'un système solaire similaire au nôtre, doté de trois planètes dont l'une est comparable à Jupiter, en orbite autour de son soleil, à 41 années-lumières de la Terre dans la constellation du Cancer. "Nous annonçons aujourd'hui la découverte d'une planète qui pour la première fois ressemble à une planète de notre propre système solaire", a déclaré sur un ton solennel l'astronome Geoffrey Marcy de l'Université de Californie à Berkeley, en débutant une conférence de presse au siège de la NASA, à Washington. Les chercheurs ont identifié cette planète extra-solaire ou exoplanète en orbite autour de l'étoile 55 de la constellation du Cancer, qui est elle-même similaire à notre Soleil, selon le chercheur. "Ce nouveau système solaire présente donc des similarités avec le nôtre", a-t-il dit. Lors de la même conférence de presse, M. Marcy et son collègue Paul Butler, de la Carnegie Institution à Washington, ont annoncé la découverte d'un total de 15 nouvelles exoplanètes, parmi lesquelles la plus petite jamais repérée, qui tourne autour de l'étoile HD49674 dans la constellation du Cocher (Auriga), à une distance de 0,05 UA, soit un vingtième de la distance de la Terre au Soleil. "Toutes les autres planètes extrasolaires découvertes jusqu'à maintenant sont en orbite plus proche autour de leur étoile. Cette nouvelle planète est en orbite aussi loin de son étoile que notre propre Jupiter est en orbite autour du Soleil", selon le professeur Marcy. Les astronomes ont fait cette découverte après 15 ans d'étude de cette étoile. Ils avaient déjà annoncé en 1996 la présence d'une planète située dix fois plus près de cette étoile que l'est la Terre du Soleil. Jeudi, outre l'existence de la planète ressemblant à Jupiter, les chercheurs ont annoncé l'existence d'une troisième planète, située elle aussi dans une orbite proche de l'étoile 55 de la constellation du Cancer. Cette étoile est âgée de cinq milliards d'années et "c'est une étoile que l'on peut voir à l'oeil nu", a précisé le professeur Marcy pour souligner sa relative proximité et la possibilité d'obtenir dans un proche avenir une image directe de cette planète ressemblant à Jupiter. La planète met environ 13 ans pour faire le tour de son étoile, une durée comparable à celle de Jupiter dont une révolution prend 11,86 ans. Et cette planète a une masse de 3,5 à 5 fois celle de Jupiter. "Nous n'avons pas encore trouvé un système solaire exactement analogue au nôtre, avec une orbite circulaire et une masse plus proche de celle de Jupiter. Mais cela montre que nous nous en approchons, nous en sommes au point où nous découvrons des planètes à des distances supérieures à 4 UA (unités astronomiques) de leur étoile", a pour sa part expliqué M. Butler. L'UA est une unité de distance qui représente approximativement la distance moyenne de la Terre au Soleil (149 millions de km). "Je pense que nous allons en trouver beaucoup d'autres parmi les 1.200 étoiles que nous étudions", a ajouté l'astronome. L'équipe de chercheurs a partagé ses données avec Greg Laughlin, professeur adjoint d'astronomie de l'Université de Californie à Santa Cruz, qui a réalisé une simulation montrant qu'une planète similaire à la Terre pourrait survivre en orbite stable entre les deux planètes proches de l'étoile et celle qui en est éloignée. Et les astronomes Marcy et Butler n'ont pas exclu de repérer une planète d'une masse similaire à la Terre dans l'orbite de cette étoile lors de leurs prochaines observations, en raison de l'existence d'un "grand fossé" entre les deux planètes les plus proche de l'étoile et la troisième, éloignée comme l'est Jupiter dans notre système solaire. Cette série de découvertes porte le total des planètes connues en dehors de notre système solaire à plus de 80. La première de ces planètes n'avait été identifiée qu'il y a six ans, a souligné M. Marcy en saluant la rapidité des découvertes dans ce domaine de l'astronomie.


18 juin 2002
En 2050, des humanoïdes battront les champions du monde de football

Hiroaki Kitano présente Morph 3. En 2050, nous aurons une équipe de robots humanoïdes complètement autonomes capables de battre les champions du monde de football : Hiroaki Kitano, 41 ans, ingénieur-chercheur chez Sony, n'est ni un fou ni un illuminé. Il est l'initiateur depuis 1997 d'une compétition annuelle entre robots, RoboCup, à laquelle participeront pour la première fois cette année des bipèdes à forme humaine (androïdes ou humanoïdes) du 19 au 25 juin à Fukuoka (sud). L'édition 2003 est prévue en Italie, à Padoue. "C'est la première fois que des humanoïdes frapperont dans un ballon et en plus l'événement est parallèle au Mondial", s'est réjoui vendredi Hiroaki Kitano, président de la Fédération RoboCup et chef du projet Kitano Symbiotic Systems au sein de l'Agence gouvernementale des sciences et technologies. Au total, 193 équipes de 30 pays ou régions et plus de 1.000 chercheurs participeront à RoboCup 2002 dans le Dôme de Fukuoka. Pour le concours entre humanoïdes proprement dit, 12 équipes de 30 pays apporteront des robots mesurant de 40 à 180 cm. "Pour se qualifier, le robot doit d'abord être capable de se tenir sur une jambe. Comme il ne peut pas courir, il devra pouvoir marcher à un certain rythme mais aussi tirer un penalty et faire un exercice libre amusant ou intéressant pendant une minute", a expliqué M. Kitano. Il a admis que les humanoïdes capables de telles performances ne sont pas encore suffisamment nombreux pour former une équipe et jouer au foot et les spectateurs devront se contenter de démonstrations individuelles. "Dans deux ou trois ans déjà, on pourra voir les robots jouer en équipe", a estimé M. Kitano, en soulignant que "taper dans un ballon est très simple pour un humain mais cela implique des mouvements latéraux et c'est difficile pour un robot de ne pas tomber à ce moment là". Des matches sont prévus en revanche entre robots de petite taille (Small-size Robot league) jouant avec une balle de golf, de moyenne taille (Middle-Size Robot League) montés sur roues, robots chiens Aibo de Sony (Sony Legged Robot League) et entre concepteurs de logiciels (Simulation League). Parallèlement, une foire des producteurs de robotique rassemblera 50 entreprises. Se tiendront aussi RoboCup Junior regroupant des enfants du monde entier amateurs de robots et RoboCup Rescue, rassemblement des concepteurs de robots de secours dont certains utilisés à New York après le 11 septembre. L'une des stars du ballon rond sera Morph 3, humanoïde de Kitano Project aux yeux exorbités à la "E.T", à carcasse blanche et articulations métallisées, capable de contorsions inimaginables. Des célébrités comme le petit androïde de Honda, Asimo, sont aussi annoncées. Même si M. Kitano avoue une passion totale pour le football et a assisté au match Japon-Tunisie au stade national de Tokyo vendredi, remporté 2 à 0 par le Japon, le projet dont il est le promoteur a surtout une vocation scientifique. Il conçoit la Coupe du monde 2050 entre robots et humains non pas comme un affrontement mais comme un défi pour les chercheurs. "Si les robots battent les humains, ce sera une victoire pour les scientifiques qui les auront mis au point", a-t-il estimé. "Derrière cet objectif amusant, l'idée est de susciter un processus d'innovation afin de créer des robots pour les soins aux humains, de sauvetage ou de sécurité", a encore expliqué M. Kitano. Les 4.000 chercheurs de 35 pays participant à l'énorme projet RoboCup travaillent aussi sur les technologies du futur comme les logiciels d'intelligence artificielle, la reconnaissance et le contrôle en temps réel ou la robotique sûre (des robots ne faisant pas de mal aux humains). Car pour que les humains acceptent de se frotter à des robots sur un terrain, M. Kitano prévient que les androïdes de 2050 ne devront pas être en métal mais d'un matériau "plus souple" et qu'ils devront pouvoir contrôler leurs mouvements pour ne pas faire mal aux athlètes lors de tacles ou dribbles musclés.


15 juin 2002
Le porte-monnaie électronique en novembre 2002
Stéphane Long, 01net.
Dès le mois de novembre, les Franciliens pourront régler leurs achats de moins de 30 euros avec le porte-monnaie électronique Moneo. Fin 2003, tous les Français bénéficieront de ce nouveau moyen de paiement. Le développement du porte-monnaie électronique français s'accélère. Moneo sera officiellement lancé à Paris et en Ile-de-France le 6 novembre prochain, avant de gagner l'ensemble de l'Hexagone fin 2003, avec un an d'avance sur le calendrier initial. Fin 2002, le nouveau moyen de paiement électronique, développé par BMS (Billetique monétique services), sera déjà présent dans près de 60 % du territoire. 12 millions de transactions effectuées avec Moneo Pour les actionnaires de BMS, qui comprend les principaux groupes bancaires français, le succès de Moneo dans les régions déjà équipées justifie ce coup d'accélérateur. « Tous les sites qui bénéficiaient déjà de Moneo fin 2001 ont connu une très forte augmentation de leur activité au moment du passage à l'Euro », expliquent les représentants de la société dans un communiqué. Depuis son lancement, en janvier 2000 à Tours, Moneo s'est progressivement étendu en Bretagne, en Indre-et-Loire, à Vienne, Lyon, Bordeaux et Montpellier. 500 000 consommateurs utiliseraient aujourd'hui le porte-monnaie électronique chez 27 000 commerçants équipés d'un terminal compatible. Près de 60 000 transactions seraient effectuées chaque jour, pour des achats de petits montants, 4 euros en moyenne. Deux choix : carte à puce ou carte bancaire, avec option Moneo Le principe de fonctionnement de Moneo est simple. Les consommateurs disposent d'une carte à puce pour régler les achats d'un montant inférieur à 30 euros. La carte doit initialement être créditée (entre 20 et 100 euros), puis rechargée dans les bornes des agences bancaires ou directement auprès des commerçants (maximum de 30 euros). Les consommateurs peuvent également utiliser leur carte bancaire, si celle-ci dispose de l'option Moneo. Dans ce cas, les règlements inférieurs à 10 euros sont automatiquement débités sur le compte Moneo. Entre 10 et 30 euros, le client a le choix d'utiliser Moneo ou le compte de sa carte bancaire. La plupart des cartes bancaires nouvelles ou renouvelées disposeraient déjà de la fonction Moneo (identifiées par un logo au dos). « Le nombre de cartes compatibles atteindra 16 millions fin 2002, et le double un an plus tard », affirment les représentants de BMS. Un service payant qui doit encore convaincre Les transactions par Moneo ne sont pas gratuites. Dans tous les cas, chaque banque est libre de fixer ses tarifs : un forfait annuel pour les consommateurs (8 à 10 euros) et une commission pour les commerçants (environ 1 à 3 % sur le montant des opérations). Selon BMS, « les consommateurs qui utilisent Moneo apprécient particulièrement son côté pratique et sécurisé ». Mais le porte-monnaie électronique serait loin de faire l'unanimité. D'après un article du quotidien Le Monde, le bilan de Moneo à Bordeaux est mitigé. « Très peu de gens s'en servent. Certains vont même retirer de l'argent au distributeur d'en face, alors qu'ils ont Moneo sur eux. En fait, ils n'ont pas envie de bouleverser leurs habitudes », confie un commerçant de la ville, interrogé par le quotidien.


15 juin 2002
ASTRONOMIE
La Nasa vient d'annoncer la découverte d'une dizaine de nouvelles planètes extrasolaires. Un nouveau Jupiter à 60 années-lumière. L'équipe d'astronomes américains menée par Geoffrey Marcy et Paul Butler a annoncé hier la découverte d'une dizaine de nouvelles planètes en dehors du système solaire, dont une ressemblant à Jupiter, lors d'une conférence de presse organisée par la Nasa à Washington. Ils ont également découvert la plus petite planète extrasolaire, qui pèserait seulement un dixième de la masse de Jupiter. Il s'agit d'un pas important vers la détection de planètes ressemblant à la Terre, très difficiles à trouver car très légères.
Cyrille Vanlerberghe [14 juin 2002]
C'est désormais une certitude : notre système solaire n'est pas une exception dans le cosmos. Une équipe d'astronomes américains de l'université de Californie et de l'Institut Carnegie vient de découvrir une poignée de nouvelles planètes, dont une qui rappelle fortement Jupiter, la plus grosse planète qui tourne autour de notre Soleil. Les chercheurs, menés par les Américains Geoffrey Marcy et Paul Butler, ont également déclaré avoir déniché la plus petite planète jamais vue au-delà de notre système solaire. L'annonce à été faite hier lors d'une conférence de presse organisée par la Nasa, à Washington, alors que les publications scientifiques concernant les découvertes n'ont toujours pas été formellement acceptées par la revue Astrophysical Journal. La nouvelle Jupiter tourne autour d'une étoile appelée 55 Cancri qui ressemble assez au Soleil, dans la constellation du Cancer à une distance de 60 années-lumière. C'est la première planète découverte jusqu'ici qui a une orbite très similaire à celle de Jupiter, puisqu'elle tourne à plus de 880 millions de kilomètres de son étoile. Autre élément très important, deux autres planètes plus petites orbitent également autour de 55 Cancri, ce qui en fait un des systèmes planétaires les plus riches jamais découverts. Il ne faudrait pas pourtant penser que ces nouvelles planètes puissent abriter la vie telle qu'on la connaît sur Terre : ces gros corps ne sont pas rocheux, mais gazeux, tout comme Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Même si les astronomes ont des preuves de leur présence, ils ne les ont encore jamais vus dans leurs télescopes. La méthode de détection utilisée jusqu'ici pour les trouver explique d'ailleurs pourquoi cette nouvelle découverte est exceptionnelle. En effet, les chasseurs de planètes repèrent plus facilement celles qui sont très proches de leur étoile, car ce sont celles qui laissent les « traces » les plus visibles. Les astronomes ne cherchent pas à « voir » directement les planètes, dont la très faible luminosité est totalement saturée par l'éclat de leur étoile, mais plutôt à détecter leur influence gravitationnelle sur l'étoile autour de laquelle elles tournent. Selon les principes de la mécanique de Newton, les planètes tournent autour de leur étoile parce qu'elles sont attirées par la masse énorme de cette dernière, mais en retour, les planètes ont aussi une influence, beaucoup plus faible mais détectable, sur les mouvements de l'étoile. Ce sont justement ces petites variations dans la vitesse des étoiles que recherchent les astronomes, à l'aide de spectromètres installés au foyer des télescopes. Les Américains utilisent pour cela le plus gros télescope au monde, l'un des deux Keck installés à Hawaï. Plus la planète est grosse et proche de l'étoile, plus elle la perturbe, et est alors facilement détectable. Les corps éloignés comme Jupiter compliquent encore la tâche des chercheurs car ils ont une période de révolution très longue, de plusieurs années. La nouvelle Jupiter boucle par exemple un tour complet en 14 ans. Les astronomes américains ont pu la découvrir uniquement parce qu'ils avaient commencé leurs recherches en 1988. Après 14 ans de prises de mesures, ils sont enfin capables d'affirmer que la perturbation qu'ils observent est bien cyclique, et qu'il peut donc s'agir une planète. Marcy et Butler avaient en fait des soupçons depuis quelques années sur l'existence de cette planète, mais ne pouvaient rien annoncer avant d'avoir enregistré une révolution entière. Parmi les douze autres planètes moissonnées par l'équipe du télescope Keck, la plus étrange est également la plus petite. Elle ne fait que 36 fois la masse de la Terre, ce qui est le nouveau record de détection. Encore une fois, cette petite planète n'a aucune chance de ressembler à la Terre. Comme la première planète découverte en 1995 autour de 51 Pégase, elle est extrêmement proche de son étoile (8,5 millions de kilomètres), et fait une révolution tous les 5 jours ! Aussi près de l'étoile, la température doit être beaucoup trop élevée pour avoir une chance d'y trouver de la vie. Plus que l'objet lui-même, qui est très exotique par rapport à ce que l'on observe dans notre système solaire, c'est sa petite taille qui intéresse les chercheurs. « C'est un pas important vers la découverte future de planètes de la taille de la Terre », estime Jean Schneider, spécialiste des planètes extrasolaires à l'Observatoire de Paris-Meudon. Une fois les planètes « terrestres » découvertes dans quelques années, les astronomes pourront ensuite y chercher d'éventuelles traces de vie.


14 juin 2002
Un oeil électronique permet à huit aveugles de "voir"
Huit aveugles peuvent aujourd'hui "voir" suffisamment pour recouvrer une certaine autonomie grâce à l'implantation d'un oeil électronique réalisée discrètement en avril dernier dans un hôpital de Lisbonne. Les résultats de ces opérations, réalisées par le neurochirurgien portugais Joao Lobo Antunes, dans le cadre d'un programme du Dobelle Institute américain, ont été soumis pour publication jeudi à la revue américiane Journal of the American Society for Artificial Internal Organs, selon le site de l'institut. L'opération, qui dure quatre heures sous anesthésie générale, consiste à implanter une petite plaque de plastique munie de seize électrodes dans le crâne afin de stimuler le cortex visuel et la production de phosphènes. Une caméra miniature fixée sur les lunettes du patient retransmet les images à un petit ordinateur porté en bandoulière, lui même relié par des électrodes au cortex. Le premier prototype a été expérimenté en 2000 sur un Américain, Jerry. En avril dernier le Canadien Jens (39 ans), les Américains Dennis (27 ans), Gerald (77 ans) et Keith (42 ans), le Britannique Kenneth (70 ans), l'Italienne Marina (41 ans), l'Argentin Edmundo (51 ans) et l'Allemand Klaus (51 ans) ont subi avec succès l'opération à l'hôpital privé de CUF à Lisbonne. Leur champ de vision diffère, mais aujourd'hui ils arrivent à s'orienter dans l'espace tout seuls et à distinguer les formes de personnes ou d'objets. Quatre d'entre eux réussissent à "voir" des couleurs, selon le Dobelle Institute. Jens a même pu conduire une voiture -à vitesse réduite- sur un circuit privé, sans pouvoir se servir toutefois des rétroviseurs dont le niveau de résolution est trop faible. "Il faut savoir qu'il y a encore beaucoup à améliorer", avertit toutefois Joao Lobo Antunes, interrogé par le quotidien portugais Diario de Noticias. "Les risques d'infection ne sont pas encore totalement quantifiés", explique-t-il. Le logiciel doit aussi être retravaillé afin d'obtenir une meilleure définition de l'image et une meilleure vision. L'implant de l'"oeil Dobelle" ne peut être réalisé que sur des non-voyants qui ne sont pas aveugles de naissance ou dont le cortex visuel n'a pas été endommagé. Joao Lobo Antunes, neuro-chirurgien de renom au Portugal, a entamé sa collaboration avec le médecin américain William Dobelle en 1975 aux Etats-Unis. Le Dobelle Institute indique qu'il va commencer à commercialiser son système de vision artificielle. Le coût de l'opération s'élève à 75.000 dollars environ.


14 juin 2002
L'alphabet génétique rallongé
Des chercheurs japonais ont mis au point une nouvelle sorte de manipulation génétique en ajoutant deux nouveaux nucléotides à l'hélice d'ADN de bactéries.
Japon, États-Unis
Ischiro Hirao et son équipe ont réussi à incorporer au code génétique d'une bactérie deux nouvelles bases artificielles, baptisées S et Y. Elles viennent s'ajouter aux quatre nucléotides, A,C,G et T, qui forment l'ADN des êtres vivants. Dans la nature, ces quatre éléments de l'acide désoxyribonucléique s'agencent pour former une paire de brins où A s'associe exclusivement avec C et G avec T. Chaque série de trois bases correspond à un acide aminé. Ces acides aminés sont les éléments de base des protéines. En ajoutant des nucléotides supplémentaires à l'ADN, les chercheurs espèrent agencer de nouveaux acides aminés et ainsi créer des protéines jusqu'ici inexistantes dans la nature. Ces molécules serviront aux industries pharmaceutique et biotechnologique. Il reste à savoir si les êtres vivants ainsi modifiés survivent aux changements imposés. Une vingtaine de nucléotides artificiels ont déjà été créés par Peter Schultz, de l'Institut de recherche Scripps, à LaJolla en Californie. Certains d'entre eux ont été introduits avec succès dans des bactéries E. coli. On sait aussi qu'une autre bactérie, Bacillus subtilis, survit dans un environnement où un acide aminé naturel, le tryptophane, a été remplacé par un autre qui lui ressemble, le fluorotryptophane. La bactérie incorpore alors facilement ce nouvel acide aminé dans ses protéines. Son adaptation est si efficace que si on remet du tryptophane dans son environnement, elle ne l'utilise plus. Toutes ces innovations soulèvent bien des questions éthiques à propos de leurs utilisations futures. Et comme la science a souvent une longueur d'avance sur la loi, la plupart des pays n'ont aucun système de réglementation qui les concerne.


12 juin 2002
La génétique donne une chance à des anti-cancéreux prometteurs
Les maytansinoïdes, des agents anti-cancéreux à fort potentiel, découverts dans les années 70 mais n’ayant pas donné de résultats cliniques probants, reviennent à l’actualité grâce à une équipe de chimistes qui a fait produire par génie génétique à une bactérie l’un de ces composés, l’ansamitocine. A l’époque, les maytansinoïdes, des inhibiteurs de tumeurs trouvés dans une plante d’Ethiopie, n’avaient pas pu être produits en quantités suffisantes et montraient une cytotoxicité trop importante malgré leur grand potentiel thérapeutique. Tin-Wein Yu et ses collaborateurs de Seattle (EU) et de Bonn (Allemagne), ont modifié par génie génétique la structure d’un des gènes des maytansinoïdes et l’ont cloné dans la bactérie Actinosynnema pretiosum spp. Auranticum. Ce travail, qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet, intéressent plusieurs sociétés pharmaceutiques qui souhaitent utiliser les maytansinoïdes en combinaison avec des anticorps dirigés contre les antigènes tumoraux. «C’est grâce à la manipulation de la structure des maytansinoïdes que nous pourrons à terme développer des médicaments anti-cancéreux plus efficaces», a conclu Yu. Source: Proc Natl Acad USA


12 juin 2002
Une nouvelle technologie pour entreposer les données
IBM a annoncé la mise au point d'une nouvelle technologie d'entreposage ultra-dense de données qui s'apparente aux anciennes cartes perforées informatiques. Selon le communiqué de l'entreprise, les prototypes peuvent entreposer jusqu'à vingt fois plus de données que les systèmes magnétiques actuels. La nanotechnologie aurait permis aux chercheurs de condenser 25 millions de pages imprimées de données sur la surface d'un timbre-poste. L'entreprise n'a pas encore décidé d'aller de l'avant avec cette nouvelle technologie mais si elle décidait de le faire, elle pourrait commencer à remplacer les cartes de mémoire flash en silicium dans les ordinateurs portables et les téléphones mobiles à la fin de 2005.


11 juin 2002
Vivre centenaire : la cause génétique se confirme
Une vaste étude américaine vient de montrer que les frères et sœurs de centenaires ont plus de chances de dépasser le siècle de vie. Comparé à la population générale, ces frères et sœurs ont aussi une mortalité plus faible à tous les âges. Globalement, les résultats laissent entendre que cet avantage de survie est imputable à des facteurs génétiques et pas seulement environnementaux. Faut-il en conclure que la génétique explique à elle-seule les écarts de longévité entre les personnes d’une même population ? Le Dr Thomas Perls (Harvard Medical School) et ses confrères qui ont mené cette étude n’expriment pas un avis aussi tranché. Ils estiment plutôt que les raisons des longévités exceptionnelles ont un « composant génétique substantiel », selon leur article qui paraît aujourd’hui dans la revue Proceedings of The National Academy of Sciences. Il est clairement démontré que la survie dépend fortement de facteurs environnementaux et comportementaux, expliquent Perls et ses collaborateurs. Cependant, les variations de mortalité selon la classe sociale s’atténuent dans les âges les plus avancés et ces différences tendent donc à disparaître pour les tranches les plus âgées de la population. Ces scientifiques ont émis l’hypothèse que la longévité exceptionnelle était due, au moins en partie, à une composante génétique au sein des familles. Si tel est le cas, la longévité moyenne dans les familles où il existe un ou plusieurs centenaires devrait être supérieure à celle retrouvée dans les familles qui ne présentent pas cette caractéristique. Cette hypothèse a été testée par l’analyse de 444 familles de centenaires aux Etats-Unis. La mortalité et la longévité des frères et sœurs de ces centenaires ont été comparées à celles d’un groupe contrôle représentatif de la population générale. C’est au total 2.092 frères et sœurs de centenaires qui ont été étudiés dans cette enquête. Les chercheurs ont ainsi pu montrer que quel que soit l’âge considéré, la mortalité est plus faible chez les frères et sœurs de centenaires que dans la population contrôle. Ainsi, le taux de décès des sœurs de centenaires est environ deux fois inférieur à celui de la population nationale, et cela pour tous les âges considérés. Une tendance similaire a été retrouvée chez les hommes bien que cet avantage soit moins marqué pendant la période de l’adolescence et les premières années de l’âge adulte. Au final, les calculs de l’équipe menée par Perls montrent que comparés à la population contrôle, les frères de centenaires ont 17 fois plus de chances d’atteindre 100 ans et les sœurs de centenaires ont 8 fois plus de chances. D’après les chercheurs, la stabilité de l’avantage de survie retrouvé chez les frères et sœurs de centenaires à tous les âges indique que ce bénéfice est imputable à des facteurs génétiques plutôt