Les
bébés in vitro n'ont pas de séquelle psychologique
Un nouvel exemple de thérapie génique réussie...
Un gène pourrait aider à évaluer les risques cardiaques
Nouveau succès de la thérapie génique pour deux "bébés-bulles"
Nouvelles cellules souches
Contre limaces et escargots, la caféine serait un pesticide efficace
Les Absurdites des Dogmes
Quand le parfum soulage la douleur... des femmes seulement
Nouveau gadget pour James Bond
Les microprocesseurs du futur
Pérou : une loi rend obligatoire l'enseignement des droits de l'homme
Des
cellules souches adultes très prometteuses ont été découvertes
Cellules souches embryonnaires : les 2 académies se prononcent
Tabac : de plus en plus de dégâts
Demain, des puces informatiques sans fil
Un rayon laser téléporté
Immunité : le thymus a ses cellules souches
Une tomate génétiquement modifiée pour combattre le cancer
Découverte d'un système solaire similaire au nôtre
En 2050, des humanoïdes battront les champions du monde de football
Le porte-monnaie électronique en novembre 2002
ASTRONOMIE
Un oeil électronique permet à huit aveugles de "voir"
L'alphabet génétique rallongé
La génétique donne une chance à des anti-cancéreux prometteurs
Une nouvelle technologie pour entreposer les données
Vivre centenaire : la cause génétique se confirme
L'ADN des Islandais au service du décryptage du génome humain
Inde
: accès internet au passage de l'autocar
La
télémédecine bénéficierait-elle aux patients et à l’assurance maladie
Robotique
: déjà une réalité à l'hôpital
Brevetabilité
de l'être humain
Les
Suisses ont voté en faveur de la dépénalisation de l'avortement
Clonage
thérapeutique : des essais concluants chez l’animal
Transplantation
réussie sur des vaches de tissus obtenus par clonage
29
juin 2002 
Les bébés in vitro n'ont pas de séquelle psychologique
Agence France-Presse
Londres Les enfants nés de mère porteuse ne subissent aucune séquelle
psychologique et ont au contraire de meilleurs rapports avec leurs
parents que les enfants conçus naturellement, selon une étude rendue
publique lundi à Londres et à Vienne. Les familles dont l'enfant
est né d'une fécondation in vitro ou de mère porteuse obtiennent
des résultats supérieurs à ceux des familles dont les enfants ont
été conçus naturellement sur quatre aspects de la parentalité: l'affection,
le rapport émotionnel ainsi que les qualités maternelles et paternelles,
selon cette étude réalisée par des chercheurs de la City University.
Pour le cinquième facteur étudié, la sensibilité de la mère envers
son enfant, les résultats sont équivalents dans les trois types
de famille, selon les résultats que l'équipe du professeur Susan
Golombok a présenté lundi à Vienne dans le cadre de la conférence
annuelle de la Société européenne de reproduction humaine et d'embryologie.
«Ces résultats sont rassurants», a conclu l'un des chercheurs auteur
de l'étude, Fiona McCullum. «Il n'y a pas de preuve confirmant les
doutes exprimés à propos du recours à des mères porteuses, a-t-elle
poursuivi. Seulement, ces enfants sont toujours très jeunes et il
reste à voir comment leur famille va évoluer lorsqu'ils grandiront».
L'étude a comparé 43 familles dont l'enfant est né de mère porteuse
à 51 familles dont l'enfant est né d'une fécondation in vitro et
86 familles dont l'enfant a été conçu naturellement. Quarante mères
porteuses sont enregistrées par an au Royaume-Uni.
29
juin 2002 
Un nouvel exemple de thérapie génique réussie pour traiter une forme
de déficit immunitaire combiné sévère
Des chercheurs italiens et israéliens sont parvenus à corriger un
déficit immunitaire sévère (SCID, severe combined immunodeficiency
disorder) chez deux enfants. La technique employée combine greffe
de cellules souches hématopoïétiques et thérapie génique. Les deux
enfants n’ont plus besoin de vivre dans un environnement stérile
et se développent normalement, rapportent les chercheurs. La thérapie
génique a déjà été employée avec succès dans le SCID. En avril 2000,
une équipe française (Cavazzana-Calvo et al.) rendaient compte dans
la revue Science de l’utilisation de la thérapie génique par cellules
souches sanguines pour traiter un déficit immunitaire combiné sévère
lié au chromosome X (SCID-X1) chez deux nouveau-nés. Aujourd’hui,
de nouveaux résultats montrent qu’un protocole assez proche permet
de traiter une forme de déficit immunitaire sévère nommé ADA-SCID.
La maladie est due à un déficit en adénosine déaminase (ADA) et
se traduit par un développement et un fonctionnement lymphocytaire
anormal auquel s’ajoutent des anomalies métaboliques. Cette correction
de la maladie par thérapie génique est rapportée par Aiuti et al.
dans l’édition de Science du 28 juin. Le coordonnateur de ces travaux,
Claudio Bordignon (Universita Vat-Salute San Raffaele, Milan), explique
que l’ADA-SCID est rare puisqu’on estime qu’il naît chaque année
environ 30 à 50 enfants touchés par la maladie. Deux stratégies
thérapeutiques sont disponibles : la greffe de moelle osseuse ou
bien une enzymothérapie par injection d’ADA d’origine bovine. Les
deux patients traités par thérapie génique n’avaient pas de donneur
de moelle compatible et ne pouvaient accéder au traitement de complémentation
avec l’ADA bovine, expliquent les chercheurs. Un prélèvement de
moelle osseuse a été effectué sur la crête iliaque des deux patients
qui étaient âgés de sept mois et de deux ans et six mois en début
d’essai. Les cellules souches hématopoïétiques CD34+ ont été isolées
à partir de ces prélèvements. Elles ont ensuite été mises en culture
avec un vecteur rétroviral porteur d’une copie fonctionnelle du
gène ADA, ce qui a permis d’insérer cette version saine dans ces
cellules couches. Une des caractéristiques du protocole était le
recours à un « conditionnement non myéloablatif », expliquent les
chercheurs. « Afin de fournir un avantage initial aux cellules souches
hématopoïétiques transduites et créer de l’espace dans la moelle
osseuse, nous avons traité les patients par un conditionnement non
myéloablatif de faible intensité », écrivent les chercheurs. « Cela
nous permet d’exploiter au maximum l’avantage sélectif des cellules
génétiquement corrigées et d’évaluer l’efficacité clinique de la
thérapie génique ». Une fois ce pré-traitement réalisé, les cellules
souches hématopoïétiques modifiées ont été réinjectées chez les
deux patients. Les chercheurs ont montré que les cellules modifiées
avaient bien migré vers la moelle osseuse quelques semaines après
leur injection. Par ailleurs, elles se différenciaient en diverses
lignées lymphocytaires (lymphocytes T, B, cellules NK). Les fonctions
immunitaires étaient améliorées avec par exemple une réponse en
anticorps spécifiques suite à une vaccination antitétanique « Douze
mois après la thérapie génique, un des patients de montrait plus
de signe d’infection respiratoire, de gale et s’est rétabli normalement
après deux épisodes de diarrhées », ajoutent les chercheurs. Ces
problèmes étaient fréquents avant l’intervention. Les anomalies
métaboliques liées à l’absence de l’ADA ont été également corrigées.
Les enfants vivent aujourd’hui chez eux, leur état est satisfaisant
et leur croissance normale. Source : Science 2002 ;296 :2410-3.
American Association for the Advancement of Science.
28
juin 2002 
Un gène pourrait aider à évaluer les risques cardiaques
Des chercheurs du Centre d'immunologie de l'hôpital Saint-Vincent
de Sydney ont découvert qu'un gène baptisé MIC-1 pourrait permettre
de mieux identifier les personnes susceptibles d'avoir une attaque
cardiaque. Les personnes ayant un taux élevé d'une protéine produite
par ce gène seraient autant sujettes à un infarctus que celles ayant
un fort taux de cholestérol ou une pression artérielle élevée. Selon
les chercheurs, un contrôle sanguin du taux de MIC-1 pourrait ainsi
à l'avenir faire partie, avec d'autres tests, d'un diagnostic préventif
global. Les chercheurs ont découvert et cloné le MC-1 en 1997 mais
ce n'est que récemment qu'un lien entre le MIC-1 et une maladie
inflammatoire des artères, l'artérosclérose, a été fait. Les scientifiques
se sont aperçus que les personnes ayant eu une attaque cardiaque
avaient toutes des taux de MIC-1 plus élevés que celles n'ayant
pas eu de problèmes de coeur. L'étude est publiée dans le journal
médical britannique The Lancet.
27
juin 2002 
Nouveau succès de la thérapie génique pour deux "bébés-bulles"
WASHINGTON (AFP)
La thérapie génique a rencontré un nouveau succès dans le traitement
de deux bébés affectés d'un grave déficit immunitaire héréditaire
les obligeant à vivre dans une "bulle" stérile pour éviter les microbes,
rapportent une équipe de chercheurs internationaux dans la revue
américaine Science à paraître vendredi. Ces chercheurs italiens
et israéliens ont ajouté une étape à la méthode mise au point en
2000 par une équipe française qui avait abouti aux premières guérisons
de bébés affectés d'immunodéficience combinée sévère (DICS). La
maladie caractérisée par l'absence totale de cellules de défense,
laisse l'enfant à la merci des infections, provoquant sa mort en
l'absence de greffe de moelle osseuse ou de l'abri en chambre stérile.
Dans ce dernier cas, les deux enfants traités, âgés respectivement
de sept mois et deux ans et demi, étaient affectés d'une forme de
la maladie appelée ADA-DICS, un déficit de l'enzyme ADA nécessaire
à la production de cellules immunitaires. Dans un premier temps,
les médecins ont fait un prélèvement de moelle osseuse des deux
patients pour isoler des cellules souches sanguines, qui ont le
potentiel de se développer en érythrocytes et en leucocytes variés.
Les chercheurs ont ensuite exposé ces cellules à un virus génétiquement
modifié porteur d'une version saine du gène de l'ADA. Le virus a
alors inséré ce gène dans le génome des cellules souches. Avant
de réinjecter les cellules ainsi modifiées, les chercheurs ont introduit
une étape supplémentaire dont ils pensent qu'elle augmentera les
chances de succès dans le traitement du DICS, un processus appelé
"conditionnement non myéloblatif". "Le conditionnement non myéloblatif
signifie que la moelle osseuse n'est pas détruite mais que le patient
reçoit un seul des médicaments utilisés lors de greffes, à dose
beaucoup plus faible, afin de "faire de la place" pour la moelle
modifiée et lui permettre de mieux s'implanter et de se développer",
a expliqué l'un des chercheurs, Claudio Bordignon, de l'Université
Vita-Salute San Raffaele, à Milan (Italie). Quelques semaines après
l'injection, les cellules souches modifiées avaient migré vers la
moelle osseuse et commencé à produire des cellules immunitaires
(lymphocytes B, T et NK), selon les chercheurs. Un an plus tard,
l'un des patients ne souffrait plus d'infections des voies respiratoires
ou de diarrhée chronique. Selon l'un des co-auteurs de l'étude,
Shimon Slavin, qui dirige le service de greffe de moelle osseuse
du Hadassah Medical Center de Jérusalem, la méthode utilisée "peut
être appliquée à toutes les maladies génétiques nécessitant de modifier
des cellules souches pour élaborer des produits normaux, particulièrement
quand les patients n'ont pas de donneur compatible pour une greffe
de moelle osseuse". Cette étude fait suite a des recherches françaises
sur la maladie publiées dans Science le 28 avril 2000 par les Dr
Alain Fischer, de l'hôpital Necker (Paris) et Marina Cavazzana-Calvo
de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm,
France).
26
juin 2002 
Nouvelles cellules souches
Une étude réalisée par des chercheurs de l'Université du Minnesota
et publiée dans l'édition du 20 juin de la revue Nature vient appuyer
l'idée que des cellules souches qui peuvent se métamorphoser en
n'importe quelle autre cellule spécialisée, comme celles du foie
ou du poumon, existent au sein des organismes adultes. L'équipe
du Dr Catherine Verfaillie a isolé des cellules présentes dans la
moelle osseuse de souris et de rats. Ces cellules, appelées multipotent
adult progenitor cells (MAPCs), ont été injectées dans des embryons.
Les individus ainsi formés contiennent jusqu'à 40% de cellules provenant
des MAPCs et réparties partout dans leur organisme. Dans les premiers
stades du développement de l'embryon, les cellules souches engendrent
les trois feuillets de cellules qui donneront ensuite naissance
à tous les tissus et organes : l'endoderme, le mésoderme et l'ectoderme.
Les MAPCs ont la capacité de générer ces trois lignées de cellules.
Quelques études ont déjà montré la possibilité d'utiliser des cellules
souches adultes pour engendrer certains organes ou tissus, mais
c'est la première fois qu'un seul type de cellules aussi prolifiques
est identifié et isolé. Cette découverte entretient les espoirs
que place la médecine dans les cellules souches en ce qui concerne,
entre autres, la régénération des tissus. De plus, les embryons
obtenus par les chercheurs américains ne montrent pas les effets
secondaires typiquement liés à l'implantation de cellules souches,
comme des tumeurs, appelées tératomes. Enfin, l'utilisation de cellules
souches adultes permet d'éviter une grande partie des questionnements
éthiques que suscite l'utilisation de cellules souches embryonnaires.
En effet, pour obtenir ces cellules, on doit tuer les embryons dans
lesquels sont prélevées les cellules souches.
26
juin 2002 
Contre limaces et escargots, la caféine serait un pesticide efficace
Les limaces et les escargots détestent la caféine et celle-ci pourrait
se révéler un pesticide non seulement efficace mais acceptable pour
l'environnement, selon une étude à paraître jeudi dans la revue
britannique Nature. Robert Hollingsworth, du département Recherche
au Département de l'Agriculture américain, et ses collèges avaient
procédé à des brumisations de caféine sur une grenouille nuisible
faisant des ravages sur les cultures en pots à Hawaï. Ce faisant,
ils avaient constaté qu'une solution de 1 à 2 % de caféine suffisait
à tuer limaces et escargots. Des concentrations aussi faibles que
0,01% suffisaient à décourager de façon très significative leur
appétit, précisent les chercheurs. Ces derniers avaient enterré
des limaces (Veronicelle cubensis) dans la terre de plantes en pots
et humecté la terre d'une solution aqueuse contenant 2% de caféine:
moins de quatre heures plus tard, 25% des limaces étaient toujours
dans la terre. 48 heures plus tard, elles avaient toutes déserté
le pot de fleurs et 92% avaient succombé. Une tasse de café instantané
contient environ 0,05% de caféine, et le café moulu en contient
plus. On ignore comment exactement les mollusques sont tués par
la caféine. Les chercheurs suggèrent que ce peut être l'effet d'une
neurotoxine, les limaces soumises au traitement se tordant dans
des "contorsions désordonnées" avant de trépasser. La caféine, substance
d'origine végétale présente dans les grains de café et fortement
toxique à dose élevée, est un produit naturel classé comme non dangereux
(GRAS generally recognized as sage) par la Food and Drug Administration
américaine. Elle pourrait être utilisée comme alternative aux pesticides
du commerce qui contiennent des ingrédients actifs chimiques dont
les résidus ne sont pas permis sur les cultures vivrières aux Etats
Unis, selon Nature.
24
juin 2002 
Les Absurdites des Dogmes
- Les medias americains cette semaine etaient porteurs d'une saine
interrogation : " Can a nation debate the merits of cloning when
fewer than half its adults can give a decent definition of DNA?"
c'est a dire : une nation peut elle debattre des merites du clonage
alors que moins de la moitie des adultes qui la composent ne peuvent
pas donner une definition decente de ce qu'est l'ADN ? CNN disait
: Cette nation peut elle rendre un bon jugement sur les aliments
genetiquement modifies alors que seulement un quart d'entre eux
sait definir ce qu'est une molecule ? Et est ce que les americains
peuvent comprendre les declarations contradictoires de differents
medecins alors que seulement un tiers a une bonne comprehension
des processus scientifiques ? Les experts sont inquiets de ces rapports
sur la comprehension scientifique des Americains mais ne sont pas
surpris. Un show tres populaire en soiree aux US s'en amusait recemment
en posant des questions aux gens de la rue
Q: Ou trouvez vous de la chlorophylle ?
R: Probablement dans vos toilettes ;-)
Le presentateur annoncait son emission en disant : Une etude de
la National Science Foundation dit que 70% des americains ne comprennent
rien a la science. Ce qui est triste c'est que 30% ne savent meme
pas ce que 70% veut dire ;-) cette derniere partie bien sur est
une plaisanterie mais l'etude montre des chiffres assez deroutant
:
· 45 % pouvait definir l'ADN comme le materiel qui transporte notre
code genetique.
· 22 % pouvait definir une molecule comme l'unite de base des produits
chimiques.
· 48 % savait que les electrons sont plus petits que les atomes.
Mais ce n'est pas typique des US puisque le meme type d'etude est
conduit ailleurs et les US font mieux que 14 autres pays industrialises,
et aussi bien que le Danemark et la Hollande. Un autre point d'interrogation
vient du fait que les US ne "produisent" pas assez de scientifiques
americains. Un quart des employes detenteurs d'un doctorat aux US
est ne a l'etranger. Le chiffre monte a 45% pour l'engineering et
a 27% pour les sciences biologiques. Une derniere question encore
pour rire :
Q: qui a invente la pasteurization ?
R: euh… un agriculteur je crois…. Du Nebraska…
24
juin 2002 
Quand le parfum soulage la douleur... des femmes seulement
Parfums et essences de vanille ou d'amande, les bonnes odeurs soulagent
la douleur des femmes, mais pas celle des hommes, selon une étude
québécoise qui laisse entrevoir une nouvelle manière de soulager
la souffrance. Serge Marchand et Pierre Arsenault du département
des sciences de l'université du Québec (Canada) démontrent pour
la première fois l'influence des odeurs sur la perception de la
douleur. Leurs travaux, qui porte sur 40 volontaires dont la moitié
de femmes, paraissent dans la revue spécialisée Physiology and Behavior,
éditée par le groupe Elsevier. L'éventail des essences testées va
de l'extrait d'amande ou de vanille, en passant par l'huile de massage,
les lotions après-rasage et autres produits d'hygiène, au vinaigre
blanc et à l'antiseptique de dentisterie (zonaline). Chaque sujet
a d'abord déterminé les senteurs qu'il trouvait plaisantes, leur
intensité et l'humeur qu'il lui associait. Puis, pour les besoins
de la cause, les volontaires ont dû plonger la main dans une bassine
d'eau brûlante (3 minutes à 46-48°C) en respirant les essences (des
plus au moins agréables aux neutres de type eau distillée). Ils
étaient ainsi invités à exprimer leur peine, minutieusement mesurée
et enregistrée par les scientifiques. Résultats : plus les senteurs
sont agréables, plus l'humeur des sujets - des deux sexes - est
bonne, tandis que les odeurs désagréables tendent à les rendre plus
grincheux. En revanche, les fragrances délicieuses atténuent la
douleur mais uniquement chez les femmes. "Cette étude ne permet
pas de savoir si des différences culturelles ou d’éducation entre
hommes et femmes contribuent à expliquer ces résultats", a indiqué
à l'AFP Serge Marchand. "Je me suis principalement intéressé à l’aspect
fonctionnel de l’effet des odeurs sur la douleur, mais j’espère
que des études cliniques verront le jour", a-t-il ajouté. Les odeurs
déplaisantes ne paraissent pas accentuer la douleur de manière significative.
Ce qui n'empêche pas de s'interroger sur le retentissement des effluves
de désinfectants sur le moral des patients hospitalisés. L'odeur
altèrerait la perception de la douleur liée au toucher. Les effets
des odeurs sur la douleur et la bonne humeur pourraient dépendre
de mécanismes différents, selon les chercheurs. Le recours aux techniques
d'imagerie cérébrale pourrait éclaircir cette question, selon eux.
23
juin 2002 
Nouveau gadget pour James Bond
La réalité se rapproche de la science fiction : deux scientifiques
britanniques ont inventé un implant dentaire qui contient une radio
miniature.
Royaume-Uni
James Auger et Jimmy Loizeau, du Royal College of Arts, à Londres,
ont introduit un récepteur radio dans une molaire. Les signaux reçus
d'une radio ou d'un téléphone cellulaire sont ensuite convertis
en son et retransmis jusqu'à l'oreille interne par les vibrations
de l'ossature. Les sons ne peuvent ainsi être entendus que par le
porteur de la « techno-dent ». Les utilités d'une telle invention
sont nombreuses. Elles vont de la réception d'information routière
aux conseils prodigués par un responsable des communications à un
politicien pendant une entrevue télévisée embêtante… Selon les concepteurs
de l'objet, il serait même assez simple d'y ajouter un microphone
et ainsi permettre au possesseur de l'engin de renvoyer des signaux
à un autre appareil radio, qu'il soit dans une dent ou non. Pour
l'instant, l'outil miniature fonctionne grâce à une batterie, miniature
elle aussi. Éventuellement, son énergie pourra aussi lui être fournie
par une micro-génératrice électro-magnétique qui se chargerait quand
le porteur de la dent mange, parle ou secoue la tête!
23
juin 2002 
Les microprocesseurs du futur
Les puces de silicium atteindront-elles un jour leurs limites ?
Ce moment est régulièrement prédit, mais de nouvelles découvertes
la font reculer. La méthode d’impression mise au point par l’équipe
de Stephen Chou, de l’Université de Princeton (New Jersey, USA),
pourrait permettre de multiplier par 100 le nombre de transistors
intégrés sur un microprocesseur. Le procédé de Chou n’a pas recours
à la méthode actuellement utilisée pour produire les microprocesseurs
: la photolithographie. Avec ce processus de gravure une puce est
fabriquée en 10 à 20 minutes. Avec l’invention de Chou, cela s’accomplirait
le temps d’un battement de cil. Ces résultats ont été publiés le
20 juin dans la revue Nature. Une matrice est pressée sur une couche
de silicium, qui fond sous l’action d’un rayon laser et prend la
forme du moule. Des figures de 10 nanomètres peuvent être ainsi
imprimées sur le silicium, contre 130 nanomètres pour la photolithographie.
Tout cela en une fraction de seconde. Stephen Chou estime par ailleurs
que son procédé, baptisé LADI (Laser-Assisted Direct Imprint), serait
moins coûteux.
21
juin 2002 
Pérou : une
loi rend obligatoire l'enseignement des droits de l'homme
Le Journal officiel péruvien (El Peruano) a publié le 29 mai 2002
une loi portant sur la politique éducative en matière de droits
de l'homme et l'élaboration d'un plan national en vue de leur diffusion
et leur enseignement (loi n° 27741). Divisée en dix articles, cette
loi dispose que l'enseignement de la Constitution politique du Pérou,
des droits de l'homme ainsi que du droit international humanitaire
sera obligatoire à tous les échelons du système éducatif civil ou
militaire et dans le cadre de l'éducation supérieure universitaire
et non universitaire. En outre, elle ordonne au pouvoir exécutif
d'élaborer un plan national à cet effet et de le présenter dans
un délai de 120 jours à compter de la date de publication de la
loi. Le CICR se félicite de l'initiative de l'État péruvien visant
à élaborer un plan national d'enseignement des droits de l'homme
et du droit international humanitaire. Au Pérou, l'institution apporte
son soutien et ses conseils aux forces armées afin que celles-ci
puissent intégrer le droit international humanitaire à leurs procédures
et leurs programmes d'enseignement. Le CICR contribue également
à l'incorporation du droit international humanitaire dans les études
universitaires et réalise à l'intention de la police nationale des
programmes de formation en matière de droits de l'homme. Comme le
CICR s'emploie aussi à diffuser les principes humanitaires au sein
de la société civile, l'ensemble de ces activités pourra apporter
une contribution positive aux nouveaux programmes d'enseignement.
21
juin 2002
Des cellules
souches adultes très prometteuses ont été découvertes
Baptisées MAPS, ces cellules peuvent se différencier dans les lignées
à l'origine de tous les tissus et de tous les organes. Ces travaux
pourraient ouvrir la voie à une formidable médecine régénératrice.
Bien que toute récente, l'histoire des cellules souches a d'ores
et déjà profondément modifié le regard des biologistes sur un vivant
incroyablement plus plastique qu'ils ne l'imaginaient jusqu'à présent.
Cette histoire s'enrichit aujourd'hui d'un nouvel et important chapitre
écrit par un groupe de biologistes américains de l'Institut de cellules
souches (SCI) de l'université du Minnesota. La revue scientifique
britannique Nature révèle, dans son prochain numéro, que ces chercheurs
ont pour la première fois découvert, chez des organismes mammifères
adultes, l'existence de cellules souches d'un genre particulier,
capables de se différencier dans les trois catégories de lignées
cellulaires embryonnaires à l'origine de tous les tissus et organes.
Dirigée par le docteur Catherine Verfaillie, le travail de l'équipe
du SCI marque ainsi, de l'avis de la communauté scientifique spécialisée,
une étape fondamentale dans l'utilisation de cellules prélevées
sur des adultes pour lutter contre des maladies dégénératives. La
perspective d'une médecine régénératrice fondée sur l'usage de cellules
ayant conservé leur potentialité originelle de différenciation est
apparue il y a quatre ans, quand des chercheurs américains ont pour
la première fois démontré que de telles cellules existaient dans
des embryons de mammifères, qu'elles pouvaient être identifiées,
isolées et mises en culture. On a depuis découvert que des cellules
similaires pouvaient aussi être présentes dans des organismes mammifères
adultes. Dans un premier temps - en 1999 et en 2000 -, des biologistes
ont identifié, dans une région particulière du cerveau, des éléments
cellulaires que l'on tenait jusqu'alors pour être engagés dans un
processus irréversible de différenciation. En fait, on a montré
qu'ils gardaient une forme de plasticité, et qu'ils pouvaient, dans
certaines conditions, donner naissance à d'autres variétés cellulaires.
Des cellules souches présentes dans la moelle osseuse ont ainsi
pu engendrer des cellules de différents tissus.
POTENTIEL EXTRAORDINAIRE
Le travail de l'équipe dirigée par le docteur Catherine Verfaillie
concerne une catégorie bien particulière des cellules souches présentes
dans la moelle osseuse, désignée sous le nom de multipotent adult
progenitor cells (ou MAPS). Celles-ci ont le pouvoir de se différencier,
in vitro et mieux encore in vivo, dans tous les types de cellules
qui constituent les tissus et les organes du corps adulte au sein
duquel on les a prélevées. Les recherches ont pour l'essentiel été
conduites à partir de prélèvements de moelle osseuse effectués sur
des souris et des rats. Ils démontrent que les MAPS peuvent engendrer
les cellules des lignées de l'endoderme, du mésoderme et de l'ectoderme,
les trois feuillets primitifs de l'embryon qui assurent le développement
de l'ensemble de l'organisme. Après marquage, ces cellules ont été
injectées dans des embryons. Les chercheurs américains ont de la
sorte pu obtenir des embryons chimériques, constitués pour certains
de 40 % de cellules étrangères distribuées dans tous les tissus.
Cela laisse penser que ces cellules sont fonctionnelles, ce que,
précisément, visent les promoteurs de la médecine régénératrice.
Deux éléments doivent en outre être signalés. Le premier est que
les chercheurs du Minnesota n'ont pas observé les effets secondaires
- la formation de certaines formes de tumeurs baptisées tératomes
- auxquels expose en théorie l'utilisation de cellules indifférenciées.
Le second est l'extraordinaire potentiel de développement des MAPS,
une cellule mise en culture pouvant, au bout de 300 jours engendrer
10 puissance 38 de ses semblables - soit un 1 suivi de 38 zéros
- sans que des signes de vieillissement cellulaire soient observés.
L'annonce de cette première ne manquera pas de fournir de nouveaux
et puissants arguments à ceux qui, pour des raisons scientifiques
ou éthiques, estiment que l'essentiel des efforts de recherche doit
être mené sur les cellules souches présentes dans les organismes
adultes et non pas, d'emblée du moins, sur leurs homologues embryonnaires.
MÉDECINE RÉGÉNÉRATRICE
Reproduits et confirmés par d'autres équipes de biologistes, les
résultats spectaculaires de l'équipe du docteur Catherine Verfaillie
accréditeraient l'hypothèse selon laquelle une véritable médecine
régénératrice pourra voir le jour. Elle suggère aussi que nous avons
chacun, au sein de nous, les outils cellulaires susceptibles de
s'opposer au développement de phénomènes dégénératifs qui demeurent,
pour l'heure, incurables. Dans la même livraison de Nature, une
autre équipe américaine basée à Bethesda (Maryland) et dirigée par
le professeur Ron McKay (Instituts nationaux américains de la santé)
annonce avoir réussi à transplanter des cellules souches dans le
cerveau de rats constituant un modèle expérimental de maladie de
Parkinson. Les chercheurs expliquent que, greffées dans la zone
cérébrale directement impliquée dans la physiopathologie de cette
affection neurodégénérative, ces cellules ont engendré une importante
quantité de neurones naturellement capables de synthétiser de la
dopamine, molécule neurotransmettrice dont la production insuffisante
est responsable des symptômes qui caractérisent la maladie de Parkinson.
Cette démonstration expérimentale de la possibilité, pour des cellules
souches, non seulement de pouvoir se différencier après transplantation
dans un organisme étranger de manière à acquérir la morphologie
des cellules environnantes, mais aussi d'être fonctionnelles et
de corriger des symptômes pathologiques, constitue une nouvelle
preuve, spectaculaire, de la possible émergence d'une véritable
révolution médicale.
Jean-Yves Nau
21
juin 2002
Cellules
souches embryonnaires : les 2 académies se prononcent conjointement
L’académie des sciences et l’académie nationale de médecine ont
présenté à la presse ce matin leurs recommandations relatives à
l’utilisation des cellules souches embryonnaires (CSE). Faisant
suite au colloque inter-académique du mois de mars sur le sujet
(voir dépêches caducée du 25/03/02 et du 27/03/02), ces deux instances
consultatives ont réaffirmé leur volonté d’autoriser la recherche
sur l’embryon et également sur le transfert somatique (clonage thérapeutique),
dans un cadre juridique strict, tout en insistant sur leur opposition
à toute sorte de clonage reproductif humain. Dans un contexte politique
et scientifique extrêmement sensible (révisions des lois de bio-éthique
en cours, recherche internationale qui progresse rapidement), le
sujet des CSE se trouve au centre de la médecine régénératrice de
demain et interpelle scientifiques et médecins. C’est pourquoi des
groupes de travail des deux académies se sont concertés pour partager
leurs sentiments et surtout converger vers des positions communes
vis à vis de l’utilisation et de l’encadrement des CSE dans les
applications médicales. Ce travail en commun a abouti à l’élaboration
de 2 communiqués des 2 académies, complémentaires et consensuels
avec des spécificités relatives aux missions respectives des deux
instances conseillères des plus hautes autorités de l’état. Les
académies sont d’accord pour autoriser la recherche sur les CSE
et interdire le clonage reproductif. L’académie des sciences «souligne
l’importance des nouvelles recherches sur le transfert intraovocytaire»,
l’académie de médecine quant à elle «n’exprime pas d’opposition
de principe au transfert d’un noyau somatique dans un ovocyte»,
les deux académies s’opposant catégoriquement au clonage reproductif
à visée de procréation. Si de nombreux problèmes d’ordre éthique
restent encore en suspens (notamment la question centrale du statut
de l’embryon), les académiciens sont dans leur plus grande majorité
favorables à la recherche sur les CSE (qu’elles proviennent d’ailleurs
d’embryons, d’adultes ou d’un transfert nucléaire) et comme l’a
souligné Maurice Tubiana, président de l’académie nationale de médecine
: «Beaucoup de briques sont encore à ajouter pour construire le
mur haut et large de la compréhension et de la maîtrise des cellules
souches…le temps nécessaire se chiffrera en décennies, avant d’avoir
le recul nécessaire…seule l’expérimentation permettra de délimiter
les potentiels des cellules souches». Source:
Académie Nationale de Médecine 21 juin 2002, Paris
20
juin 2002 
Tabac : de plus en plus de dégâts
Pour ceux qui ont encore du mal à faire respecter la loi Evin autour
d’eux, le Centre de recherche international sur le cancer (CIRC)
apporte des arguments de poids. Les cancers induits par le tabac
sont encore plus nombreux qu’on ne pensait. Les cancers de l’estomac,
du foie, du col utérin, du rein ainsi que la leucémie myéloïde,
rejoignent la liste des cancers liés au tabac. En revanche, les
cancers du sein, de l’endomètre ou de la prostate ne seraient pas
liés au tabagisme. Ce centre de recherche de l’OMS basé à Lyon avait
mobilisé 29 chercheurs de 12 pays pour réaliser une monographie
sur le tabagisme et le cancer. A partir de toutes les publications
passées en revue, ce groupe d’experts a publié une nouvelle évaluation
des risques liés au tabagisme, actif ou passif. Il vient ainsi de
classer officiellement le tabagisme passif dans la catégorie des
cancérogènes. «L’exposition involontaire à la fumée de tabac provoque
le cancer du poumon» écrit noir sur blanc le CIRC dans son communiqué.
Le CIRC constate avec regret que la consommation de tabac augmente
à l’échelle de la planète. « La moitié des fumeurs succombent à
une pathologie provoquée par le tabac » soulignent les experts.
Le meilleur moyen de prévenir le cancer au 21ème siècle est donc
d’éviter la consommation de tabac ou d’inciter à son abandon, diagnostique
le CIRC.
20
juin 2002
Demain, des
puces informatiques sans fil
Cyril Fievet, 01net.
Des recherches menées aux Etats-Unis laissent entrevoir une évolution
radicale du sans-fil : des puces autonomes dotées d'émetteurs. Au
cours d'une expérience effectuée en mai dernier, des chercheurs
de l'université de Floride ont démontré la faisabilité d'un composant
unique, de la taille d'un ongle, regroupant processeur, émetteur-récepteur
et antenne au sein d'une seule et même puce. Le degré de miniaturisation
de la puce est admirable. Mais ses applications potentielles sont
encore plus étonnantes. En premier lieu, une puce sans fil peut
constituer une alternative aux composants traditionnels, pour augmenter
la rapidité des ordinateurs, en supprimant les connexions à l'intérieur
même du processeur. En d'autres termes, la puce communiquerait,
sans fil, avec elle-même, ou plus exactement synchroniserait les
différentes parties qui la composent, par ondes radio : donc, de
façon quasi instantanée. Une technologie qui pourrait permettre
de produire des processeurs cadencés à 100 GHz, tout en s'affranchissant
de la problématique de la finesse de gravure des composants. De
multiples applications Mais des puces sans fil pourraient aussi
communiquer avec l'extérieur. En tant que composants autonomes,
elles pourraient avoir de multiples applications. En temps de guerre,
les militaires pourraient larguer sur une zone plusieurs milliers
de puces couplées à de minuscules micros, permettant d'espionner
ce qui se dit au sol. On pourrait également répartir des puces dotées
de capteurs de mouvements à l'intérieur des murs d'un bâtiment,
permettant ainsi de détecter des présences humaines en cas d'effondrement...
« Le principal avantage de l'intégration d'antennes dans des puces
sans fil réside dans le faible coût, la compacité et la simplicité
d'utilisation », explique l'un des responsables du projet à l'université
de Floride. Mais si le principe est intéressant, ses applications
sont encore loin d'être pleinement opérationnelles. En particulier,
le problème de l'alimentation électrique des puces n'est pas simple.
Il y a deux possibilités : soit alimenter les puces en les connectant
comme des composants traditionnels (mais leur utilisation est alors
moins simple car dépendante d'un circuit externe), soit leur adjoindre
des piles miniatures (et se pose alors le problème de l'autonomie).
« Si le circuit transmet de façon peu fréquente, par exemple, quelques
fois par jour, il est toutefois possible d'envisager une durée de
vie très longue, de plusieurs années », envisage le responsable.
La réalité économique de la technologie demeure incertaine, même
si son concepteur se veut optimiste : « Je pense qu'une puce
sans fil pourrait être disponible commercialement dans les cinq
prochaines années », prédit-il.
19
juin 2002
Un rayon
laser téléporté
Un nouveau pas a été franchi dans le domaine de la téléportation
: des chercheurs de l’université nationale de Canberra (Australie)
annoncent qu’ils ont réussi à téléporter un rayon laser. Concrètement,
cela signifie qu’un rayon disparaît à un endroit pour réapparaître
immédiatement à l’identique un peu plus loin. La téléportation s’appuie
sur les principes de la physique quantique, notamment sur celui
de l’intrication. Selon ce principe, décrit de façon totalement
théorique en 1935 par Einstein, Podolski et Rosenberg, il existe
des particules liées entre elles par un lien étrange qui permet
de modifier l’état de l’une en modifiant l’état de l’autre, même
si elles sont à des kilomètres l’une de l’autre. Grâce à ces particules
intriquées, qui se comportent de façon prévisible et connue, les
physiciens font voyager de l’information sans support physique.
L’équipe de Ping Koy Lam avait introduit un signal radio dans un
rayon laser. Le rayon a été détruit mais le signal a été envoyé
sur un récepteur, où le rayon s’est reconstitué quelques milliardièmes
de secondes plus tard. Appliquer aux télécommunications, la téléportation
quantique pourrait accélérer la vitesse de transmission des données
et permettre la création de système de cryptage inviolable. Les
résultats de Ping Koy Lam doivent être présentés à une conférence
internationale sur l’électronique quantique à Moscou la semaine
prochaine.
19
juin 2002
Immunité
: le thymus a ses cellules souches
Des chercheurs australiens ont réussi à reconstituer le thymus à
partir de cellules souches chez la souris. Le thymus est un organe
crucial pour le système immunitaire : c’est dans cette glande que
se forment les lymphocytes T matures, ces globules blancs qui luttent
contre les infections. Jason Gill et Richard Boyd, de la Monash
University Medical School de Melbourne, ont isolé sur la paroi (épithélium)
du thymus une population de cellules capables de régénérer un thymus.
Ces cellules souches ont été introduites sous la peau des souris
et plusieurs thymus complets et fonctionnels se sont ainsi formés.
Ces résultats ont été publiés dans l’édition en ligne de la revue
Nature Immunology. Le système immunitaire de la souris étant proche
de celui de l’homme, les chercheurs espèrent désormais identifier
cette population de cellules épithéliales sur le thymus humain.
A très long terme, ces recherches aideront peut-être à soigner les
personnes immunodéprimées, dont le niveau de cellules T est très
bas. C’est le cas des personnes souffrant du sida ou des patients
traités par chimiothérapie.
19
juin 2002
Une tomate
génétiquement modifiée pour combattre le cancer
C’est la prouesse technologique qu’ont réalisé des chercheurs de
l’université de Purdue (West Lafayette, Indiana, EU), en réalisant
une variété de tomates transgéniques contenant l’anti-oxydant lycopène
(un caroténoïde) à une concentration supérieure à trois fois la
concentration moyenne retrouvée normalement dans ces légumes. le
lycopène, grâce à ses propriétés anti-oxydantes, possède un potentiel
de réduction du risque de certains cancers notamment celui de la
prostate. Le lycopène est retrouvé en particulier dans les tomates,
c’est le pigment lui conférant sa couleur rouge. Il a déjà été montré
comme un élément pouvant abaisser le risque de cancer de la prostate
de manière significative. Roshni Mehta et ses collaborateurs ont
inséré dans le génome de la tomate un gène de levure (l’enzyme adenosylméthionine
decarboxylase ou ySAMdc :Spe2) qui permet au légume d’augmenter
les taux de polyamines, ayant pour conséquence de prolonger la durée
de vie des tomates (en ralentissant leur mûrissement) et donc la
production de lycopène. Les chercheurs sont enthousiastes sur leurs
découvertes et ils voient d’autres applications de ce genre dans
différents produits alimentaires en augmentant le potentiel phytonutritionnel
anti-oxydatif dans d’autres fruits et légumes.
18
juin 2002
Découverte
d'un système solaire similaire au nôtre
Des astronomes américains ont annoncé jeudi la découverte d'un système
solaire similaire au nôtre, doté de trois planètes dont l'une est
comparable à Jupiter, en orbite autour de son soleil, à 41 années-lumières
de la Terre dans la constellation du Cancer. "Nous annonçons aujourd'hui
la découverte d'une planète qui pour la première fois ressemble
à une planète de notre propre système solaire", a déclaré sur un
ton solennel l'astronome Geoffrey Marcy de l'Université de Californie
à Berkeley, en débutant une conférence de presse au siège de la
NASA, à Washington. Les chercheurs ont identifié cette planète extra-solaire
ou exoplanète en orbite autour de l'étoile 55 de la constellation
du Cancer, qui est elle-même similaire à notre Soleil, selon le
chercheur. "Ce nouveau système solaire présente donc des similarités
avec le nôtre", a-t-il dit. Lors de la même conférence de presse,
M. Marcy et son collègue Paul Butler, de la Carnegie Institution
à Washington, ont annoncé la découverte d'un total de 15 nouvelles
exoplanètes, parmi lesquelles la plus petite jamais repérée, qui
tourne autour de l'étoile HD49674 dans la constellation du Cocher
(Auriga), à une distance de 0,05 UA, soit un vingtième de la distance
de la Terre au Soleil. "Toutes les autres planètes extrasolaires
découvertes jusqu'à maintenant sont en orbite plus proche autour
de leur étoile. Cette nouvelle planète est en orbite aussi loin
de son étoile que notre propre Jupiter est en orbite autour du Soleil",
selon le professeur Marcy. Les astronomes ont fait cette découverte
après 15 ans d'étude de cette étoile. Ils avaient déjà annoncé en
1996 la présence d'une planète située dix fois plus près de cette
étoile que l'est la Terre du Soleil. Jeudi, outre l'existence de
la planète ressemblant à Jupiter, les chercheurs ont annoncé l'existence
d'une troisième planète, située elle aussi dans une orbite proche
de l'étoile 55 de la constellation du Cancer. Cette étoile est âgée
de cinq milliards d'années et "c'est une étoile que l'on peut voir
à l'oeil nu", a précisé le professeur Marcy pour souligner sa relative
proximité et la possibilité d'obtenir dans un proche avenir une
image directe de cette planète ressemblant à Jupiter. La planète
met environ 13 ans pour faire le tour de son étoile, une durée comparable
à celle de Jupiter dont une révolution prend 11,86 ans. Et cette
planète a une masse de 3,5 à 5 fois celle de Jupiter. "Nous n'avons
pas encore trouvé un système solaire exactement analogue au nôtre,
avec une orbite circulaire et une masse plus proche de celle de
Jupiter. Mais cela montre que nous nous en approchons, nous en sommes
au point où nous découvrons des planètes à des distances supérieures
à 4 UA (unités astronomiques) de leur étoile", a pour sa part expliqué
M. Butler. L'UA est une unité de distance qui représente approximativement
la distance moyenne de la Terre au Soleil (149 millions de km).
"Je pense que nous allons en trouver beaucoup d'autres parmi les
1.200 étoiles que nous étudions", a ajouté l'astronome. L'équipe
de chercheurs a partagé ses données avec Greg Laughlin, professeur
adjoint d'astronomie de l'Université de Californie à Santa Cruz,
qui a réalisé une simulation montrant qu'une planète similaire à
la Terre pourrait survivre en orbite stable entre les deux planètes
proches de l'étoile et celle qui en est éloignée. Et les astronomes
Marcy et Butler n'ont pas exclu de repérer une planète d'une masse
similaire à la Terre dans l'orbite de cette étoile lors de leurs
prochaines observations, en raison de l'existence d'un "grand fossé"
entre les deux planètes les plus proche de l'étoile et la troisième,
éloignée comme l'est Jupiter dans notre système solaire. Cette série
de découvertes porte le total des planètes connues en dehors de
notre système solaire à plus de 80. La première de ces planètes
n'avait été identifiée qu'il y a six ans, a souligné M. Marcy en
saluant la rapidité des découvertes dans ce domaine de l'astronomie.
18
juin 2002 
En 2050, des humanoïdes battront les champions du
monde de football
Hiroaki Kitano présente Morph 3. En 2050, nous aurons une équipe
de robots humanoïdes complètement autonomes capables de battre les
champions du monde de football : Hiroaki Kitano, 41 ans, ingénieur-chercheur
chez Sony, n'est ni un fou ni un illuminé. Il est l'initiateur depuis
1997 d'une compétition annuelle entre robots, RoboCup, à laquelle
participeront pour la première fois cette année des bipèdes à forme
humaine (androïdes ou humanoïdes) du 19 au 25 juin à Fukuoka (sud).
L'édition 2003 est prévue en Italie, à Padoue. "C'est la première
fois que des humanoïdes frapperont dans un ballon et en plus l'événement
est parallèle au Mondial", s'est réjoui vendredi Hiroaki Kitano,
président de la Fédération RoboCup et chef du projet Kitano Symbiotic
Systems au sein de l'Agence gouvernementale des sciences et technologies.
Au total, 193 équipes de 30 pays ou régions et plus de 1.000 chercheurs
participeront à RoboCup 2002 dans le Dôme de Fukuoka. Pour le concours
entre humanoïdes proprement dit, 12 équipes de 30 pays apporteront
des robots mesurant de 40 à 180 cm. "Pour se qualifier, le robot
doit d'abord être capable de se tenir sur une jambe. Comme il ne
peut pas courir, il devra pouvoir marcher à un certain rythme mais
aussi tirer un penalty et faire un exercice libre amusant ou intéressant
pendant une minute", a expliqué M. Kitano. Il a admis que les humanoïdes
capables de telles performances ne sont pas encore suffisamment
nombreux pour former une équipe et jouer au foot et les spectateurs
devront se contenter de démonstrations individuelles. "Dans deux
ou trois ans déjà, on pourra voir les robots jouer en équipe", a
estimé M. Kitano, en soulignant que "taper dans un ballon est très
simple pour un humain mais cela implique des mouvements latéraux
et c'est difficile pour un robot de ne pas tomber à ce moment là".
Des matches sont prévus en revanche entre robots de petite taille
(Small-size Robot league) jouant avec une balle de golf, de moyenne
taille (Middle-Size Robot League) montés sur roues, robots chiens
Aibo de Sony (Sony Legged Robot League) et entre concepteurs de
logiciels (Simulation League). Parallèlement, une foire des producteurs
de robotique rassemblera 50 entreprises. Se tiendront aussi RoboCup
Junior regroupant des enfants du monde entier amateurs de robots
et RoboCup Rescue, rassemblement des concepteurs de robots de secours
dont certains utilisés à New York après le 11 septembre. L'une des
stars du ballon rond sera Morph 3, humanoïde de Kitano Project aux
yeux exorbités à la "E.T", à carcasse blanche et articulations métallisées,
capable de contorsions inimaginables. Des célébrités comme le petit
androïde de Honda, Asimo, sont aussi annoncées. Même si M. Kitano
avoue une passion totale pour le football et a assisté au match
Japon-Tunisie au stade national de Tokyo vendredi, remporté 2 à
0 par le Japon, le projet dont il est le promoteur a surtout une
vocation scientifique. Il conçoit la Coupe du monde 2050 entre robots
et humains non pas comme un affrontement mais comme un défi pour
les chercheurs. "Si les robots battent les humains, ce sera une
victoire pour les scientifiques qui les auront mis au point", a-t-il
estimé. "Derrière cet objectif amusant, l'idée est de susciter un
processus d'innovation afin de créer des robots pour les soins aux
humains, de sauvetage ou de sécurité", a encore expliqué M. Kitano.
Les 4.000 chercheurs de 35 pays participant à l'énorme projet RoboCup
travaillent aussi sur les technologies du futur comme les logiciels
d'intelligence artificielle, la reconnaissance et le contrôle en
temps réel ou la robotique sûre (des robots ne faisant pas de mal
aux humains). Car pour que les humains acceptent de se frotter à
des robots sur un terrain, M. Kitano prévient que les androïdes
de 2050 ne devront pas être en métal mais d'un matériau "plus souple"
et qu'ils devront pouvoir contrôler leurs mouvements pour ne pas
faire mal aux athlètes lors de tacles ou dribbles musclés.
15
juin 2002
Le porte-monnaie
électronique en novembre 2002
Stéphane Long, 01net.
Dès le mois de novembre, les Franciliens pourront régler leurs achats
de moins de 30 euros avec le porte-monnaie électronique Moneo. Fin
2003, tous les Français bénéficieront de ce nouveau moyen de paiement.
Le développement du porte-monnaie électronique français s'accélère.
Moneo sera officiellement lancé à Paris et en Ile-de-France le 6
novembre prochain, avant de gagner l'ensemble de l'Hexagone fin
2003, avec un an d'avance sur le calendrier initial. Fin 2002, le
nouveau moyen de paiement électronique, développé par BMS (Billetique
monétique services), sera déjà présent dans près de 60 % du territoire.
12 millions de transactions effectuées avec Moneo Pour les actionnaires
de BMS, qui comprend les principaux groupes bancaires français,
le succès de Moneo dans les régions déjà équipées justifie ce coup
d'accélérateur. « Tous les sites qui bénéficiaient déjà de Moneo
fin 2001 ont connu une très forte augmentation de leur activité
au moment du passage à l'Euro », expliquent les représentants de
la société dans un communiqué. Depuis son lancement, en janvier
2000 à Tours, Moneo s'est progressivement étendu en Bretagne, en
Indre-et-Loire, à Vienne, Lyon, Bordeaux et Montpellier. 500 000
consommateurs utiliseraient aujourd'hui le porte-monnaie électronique
chez 27 000 commerçants équipés d'un terminal compatible. Près de
60 000 transactions seraient effectuées chaque jour, pour des achats
de petits montants, 4 euros en moyenne. Deux choix : carte à puce
ou carte bancaire, avec option Moneo Le principe de fonctionnement
de Moneo est simple. Les consommateurs disposent d'une carte à puce
pour régler les achats d'un montant inférieur à 30 euros. La carte
doit initialement être créditée (entre 20 et 100 euros), puis rechargée
dans les bornes des agences bancaires ou directement auprès des
commerçants (maximum de 30 euros). Les consommateurs peuvent également
utiliser leur carte bancaire, si celle-ci dispose de l'option Moneo.
Dans ce cas, les règlements inférieurs à 10 euros sont automatiquement
débités sur le compte Moneo. Entre 10 et 30 euros, le client a le
choix d'utiliser Moneo ou le compte de sa carte bancaire. La plupart
des cartes bancaires nouvelles ou renouvelées disposeraient déjà
de la fonction Moneo (identifiées par un logo au dos). « Le nombre
de cartes compatibles atteindra 16 millions fin 2002, et le double
un an plus tard », affirment les représentants de BMS. Un service
payant qui doit encore convaincre Les transactions par Moneo ne
sont pas gratuites. Dans tous les cas, chaque banque est libre de
fixer ses tarifs : un forfait annuel pour les consommateurs (8 à
10 euros) et une commission pour les commerçants (environ 1 à 3
% sur le montant des opérations). Selon BMS, « les consommateurs
qui utilisent Moneo apprécient particulièrement son côté pratique
et sécurisé ». Mais le porte-monnaie électronique serait loin de
faire l'unanimité. D'après un article du quotidien Le Monde, le
bilan de Moneo à Bordeaux est mitigé. « Très peu de gens s'en servent.
Certains vont même retirer de l'argent au distributeur d'en face,
alors qu'ils ont Moneo sur eux. En fait, ils n'ont pas envie de
bouleverser leurs habitudes », confie un commerçant de la ville,
interrogé par le quotidien.
15
juin 2002
ASTRONOMIE
La Nasa vient d'annoncer la découverte d'une dizaine de nouvelles
planètes extrasolaires. Un nouveau Jupiter à 60 années-lumière.
L'équipe d'astronomes américains menée par Geoffrey Marcy et Paul
Butler a annoncé hier la découverte d'une dizaine de nouvelles planètes
en dehors du système solaire, dont une ressemblant à Jupiter, lors
d'une conférence de presse organisée par la Nasa à Washington. Ils
ont également découvert la plus petite planète extrasolaire, qui
pèserait seulement un dixième de la masse de Jupiter. Il s'agit
d'un pas important vers la détection de planètes ressemblant à la
Terre, très difficiles à trouver car très légères.
Cyrille Vanlerberghe [14 juin 2002]
C'est désormais une certitude : notre système solaire n'est pas
une exception dans le cosmos. Une équipe d'astronomes américains
de l'université de Californie et de l'Institut Carnegie vient de
découvrir une poignée de nouvelles planètes, dont une qui rappelle
fortement Jupiter, la plus grosse planète qui tourne autour de notre
Soleil. Les chercheurs, menés par les Américains Geoffrey Marcy
et Paul Butler, ont également déclaré avoir déniché la plus petite
planète jamais vue au-delà de notre système solaire. L'annonce à
été faite hier lors d'une conférence de presse organisée par la
Nasa, à Washington, alors que les publications scientifiques concernant
les découvertes n'ont toujours pas été formellement acceptées par
la revue Astrophysical Journal. La nouvelle Jupiter tourne autour
d'une étoile appelée 55 Cancri qui ressemble assez au Soleil, dans
la constellation du Cancer à une distance de 60 années-lumière.
C'est la première planète découverte jusqu'ici qui a une orbite
très similaire à celle de Jupiter, puisqu'elle tourne à plus de
880 millions de kilomètres de son étoile. Autre élément très important,
deux autres planètes plus petites orbitent également autour de 55
Cancri, ce qui en fait un des systèmes planétaires les plus riches
jamais découverts. Il ne faudrait pas pourtant penser que ces nouvelles
planètes puissent abriter la vie telle qu'on la connaît sur Terre
: ces gros corps ne sont pas rocheux, mais gazeux, tout comme Jupiter,
Saturne, Uranus et Neptune. Même si les astronomes ont des preuves
de leur présence, ils ne les ont encore jamais vus dans leurs télescopes.
La méthode de détection utilisée jusqu'ici pour les trouver explique
d'ailleurs pourquoi cette nouvelle découverte est exceptionnelle.
En effet, les chasseurs de planètes repèrent plus facilement celles
qui sont très proches de leur étoile, car ce sont celles qui laissent
les « traces » les plus visibles. Les astronomes ne cherchent pas
à « voir » directement les planètes, dont la très faible luminosité
est totalement saturée par l'éclat de leur étoile, mais plutôt à
détecter leur influence gravitationnelle sur l'étoile autour de
laquelle elles tournent. Selon les principes de la mécanique de
Newton, les planètes tournent autour de leur étoile parce qu'elles
sont attirées par la masse énorme de cette dernière, mais en retour,
les planètes ont aussi une influence, beaucoup plus faible mais
détectable, sur les mouvements de l'étoile. Ce sont justement ces
petites variations dans la vitesse des étoiles que recherchent les
astronomes, à l'aide de spectromètres installés au foyer des télescopes.
Les Américains utilisent pour cela le plus gros télescope au monde,
l'un des deux Keck installés à Hawaï. Plus la planète est grosse
et proche de l'étoile, plus elle la perturbe, et est alors facilement
détectable. Les corps éloignés comme Jupiter compliquent encore
la tâche des chercheurs car ils ont une période de révolution très
longue, de plusieurs années. La nouvelle Jupiter boucle par exemple
un tour complet en 14 ans. Les astronomes américains ont pu la découvrir
uniquement parce qu'ils avaient commencé leurs recherches en 1988.
Après 14 ans de prises de mesures, ils sont enfin capables d'affirmer
que la perturbation qu'ils observent est bien cyclique, et qu'il
peut donc s'agir une planète. Marcy et Butler avaient en fait des
soupçons depuis quelques années sur l'existence de cette planète,
mais ne pouvaient rien annoncer avant d'avoir enregistré une révolution
entière. Parmi les douze autres planètes moissonnées par l'équipe
du télescope Keck, la plus étrange est également la plus petite.
Elle ne fait que 36 fois la masse de la Terre, ce qui est le nouveau
record de détection. Encore une fois, cette petite planète n'a aucune
chance de ressembler à la Terre. Comme la première planète découverte
en 1995 autour de 51 Pégase, elle est extrêmement proche de son
étoile (8,5 millions de kilomètres), et fait une révolution tous
les 5 jours ! Aussi près de l'étoile, la température doit être beaucoup
trop élevée pour avoir une chance d'y trouver de la vie. Plus que
l'objet lui-même, qui est très exotique par rapport à ce que l'on
observe dans notre système solaire, c'est sa petite taille qui intéresse
les chercheurs. « C'est un pas important vers la découverte future
de planètes de la taille de la Terre », estime Jean Schneider, spécialiste
des planètes extrasolaires à l'Observatoire de Paris-Meudon. Une
fois les planètes « terrestres » découvertes dans quelques années,
les astronomes pourront ensuite y chercher d'éventuelles traces
de vie.
14
juin 2002
Un oeil électronique
permet à huit aveugles de "voir"
Huit aveugles peuvent aujourd'hui "voir" suffisamment pour recouvrer
une certaine autonomie grâce à l'implantation d'un oeil électronique
réalisée discrètement en avril dernier dans un hôpital de Lisbonne.
Les résultats de ces opérations, réalisées par le neurochirurgien
portugais Joao Lobo Antunes, dans le cadre d'un programme du Dobelle
Institute américain, ont été soumis pour publication jeudi à la
revue américiane Journal of the American Society for Artificial
Internal Organs, selon le site de l'institut. L'opération, qui dure
quatre heures sous anesthésie générale, consiste à implanter une
petite plaque de plastique munie de seize électrodes dans le crâne
afin de stimuler le cortex visuel et la production de phosphènes.
Une caméra miniature fixée sur les lunettes du patient retransmet
les images à un petit ordinateur porté en bandoulière, lui même
relié par des électrodes au cortex. Le premier prototype a été expérimenté
en 2000 sur un Américain, Jerry. En avril dernier le Canadien Jens
(39 ans), les Américains Dennis (27 ans), Gerald (77 ans) et Keith
(42 ans), le Britannique Kenneth (70 ans), l'Italienne Marina (41
ans), l'Argentin Edmundo (51 ans) et l'Allemand Klaus (51 ans) ont
subi avec succès l'opération à l'hôpital privé de CUF à Lisbonne.
Leur champ de vision diffère, mais aujourd'hui ils arrivent à s'orienter
dans l'espace tout seuls et à distinguer les formes de personnes
ou d'objets. Quatre d'entre eux réussissent à "voir" des couleurs,
selon le Dobelle Institute. Jens a même pu conduire une voiture
-à vitesse réduite- sur un circuit privé, sans pouvoir se servir
toutefois des rétroviseurs dont le niveau de résolution est trop
faible. "Il faut savoir qu'il y a encore beaucoup à améliorer",
avertit toutefois Joao Lobo Antunes, interrogé par le quotidien
portugais Diario de Noticias. "Les risques d'infection ne sont pas
encore totalement quantifiés", explique-t-il. Le logiciel doit aussi
être retravaillé afin d'obtenir une meilleure définition de l'image
et une meilleure vision. L'implant de l'"oeil Dobelle" ne peut être
réalisé que sur des non-voyants qui ne sont pas aveugles de naissance
ou dont le cortex visuel n'a pas été endommagé. Joao Lobo Antunes,
neuro-chirurgien de renom au Portugal, a entamé sa collaboration
avec le médecin américain William Dobelle en 1975 aux Etats-Unis.
Le Dobelle Institute indique qu'il va commencer à commercialiser
son système de vision artificielle. Le coût de l'opération s'élève
à 75.000 dollars environ.
14
juin 2002
L'alphabet
génétique rallongé
Des chercheurs japonais ont mis au point une nouvelle sorte de
manipulation génétique en ajoutant deux nouveaux nucléotides à l'hélice
d'ADN de bactéries.
Japon, États-Unis
Ischiro Hirao et son équipe ont réussi à incorporer au code génétique
d'une bactérie deux nouvelles bases artificielles, baptisées S et
Y. Elles viennent s'ajouter aux quatre nucléotides, A,C,G et T,
qui forment l'ADN des êtres vivants. Dans la nature, ces quatre
éléments de l'acide désoxyribonucléique s'agencent pour former une
paire de brins où A s'associe exclusivement avec C et G avec T.
Chaque série de trois bases correspond à un acide aminé. Ces acides
aminés sont les éléments de base des protéines. En ajoutant des
nucléotides supplémentaires à l'ADN, les chercheurs espèrent agencer
de nouveaux acides aminés et ainsi créer des protéines jusqu'ici
inexistantes dans la nature. Ces molécules serviront aux industries
pharmaceutique et biotechnologique. Il reste à savoir si les êtres
vivants ainsi modifiés survivent aux changements imposés. Une vingtaine
de nucléotides artificiels ont déjà été créés par Peter Schultz,
de l'Institut de recherche Scripps, à LaJolla en Californie. Certains
d'entre eux ont été introduits avec succès dans des bactéries E.
coli. On sait aussi qu'une autre bactérie, Bacillus subtilis, survit
dans un environnement où un acide aminé naturel, le tryptophane,
a été remplacé par un autre qui lui ressemble, le fluorotryptophane.
La bactérie incorpore alors facilement ce nouvel acide aminé dans
ses protéines. Son adaptation est si efficace que si on remet du
tryptophane dans son environnement, elle ne l'utilise plus. Toutes
ces innovations soulèvent bien des questions éthiques à propos de
leurs utilisations futures. Et comme la science a souvent une longueur
d'avance sur la loi, la plupart des pays n'ont aucun système de
réglementation qui les concerne.
12
juin 2002
La génétique
donne une chance à des anti-cancéreux prometteurs
Les maytansinoïdes, des agents anti-cancéreux à fort potentiel,
découverts dans les années 70 mais n’ayant pas donné de résultats
cliniques probants, reviennent à l’actualité grâce à une équipe
de chimistes qui a fait produire par génie génétique à une bactérie
l’un de ces composés, l’ansamitocine. A l’époque, les maytansinoïdes,
des inhibiteurs de tumeurs trouvés dans une plante d’Ethiopie, n’avaient
pas pu être produits en quantités suffisantes et montraient une
cytotoxicité trop importante malgré leur grand potentiel thérapeutique.
Tin-Wein Yu et ses collaborateurs de Seattle (EU) et de Bonn (Allemagne),
ont modifié par génie génétique la structure d’un des gènes des
maytansinoïdes et l’ont cloné dans la bactérie Actinosynnema pretiosum
spp. Auranticum. Ce travail, qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet,
intéressent plusieurs sociétés pharmaceutiques qui souhaitent utiliser
les maytansinoïdes en combinaison avec des anticorps dirigés contre
les antigènes tumoraux. «C’est grâce à la manipulation de la structure
des maytansinoïdes que nous pourrons à terme développer des médicaments
anti-cancéreux plus efficaces», a conclu Yu. Source: Proc Natl Acad
USA
12
juin 2002
Une nouvelle
technologie pour entreposer les données
IBM a annoncé la mise au point d'une nouvelle technologie d'entreposage
ultra-dense de données qui s'apparente aux anciennes cartes perforées
informatiques. Selon le communiqué de l'entreprise, les prototypes
peuvent entreposer jusqu'à vingt fois plus de données que les systèmes
magnétiques actuels. La nanotechnologie aurait permis aux chercheurs
de condenser 25 millions de pages imprimées de données sur la surface
d'un timbre-poste. L'entreprise n'a pas encore décidé d'aller de
l'avant avec cette nouvelle technologie mais si elle décidait de
le faire, elle pourrait commencer à remplacer les cartes de mémoire
flash en silicium dans les ordinateurs portables et les téléphones
mobiles à la fin de 2005.
11
juin 2002
Vivre centenaire
: la cause génétique se confirme
Une vaste étude américaine vient de montrer que les frères et sœurs
de centenaires ont plus de chances de dépasser le siècle de vie.
Comparé à la population générale, ces frères et sœurs ont aussi
une mortalité plus faible à tous les âges. Globalement, les résultats
laissent entendre que cet avantage de survie est imputable à des
facteurs génétiques et pas seulement environnementaux. Faut-il en
conclure que la génétique explique à elle-seule les écarts de longévité
entre les personnes d’une même population ? Le Dr Thomas Perls (Harvard
Medical School) et ses confrères qui ont mené cette étude n’expriment
pas un avis aussi tranché. Ils estiment plutôt que les raisons des
longévités exceptionnelles ont un « composant génétique substantiel
», selon leur article qui paraît aujourd’hui dans la revue Proceedings
of The National Academy of Sciences. Il est clairement démontré
que la survie dépend fortement de facteurs environnementaux et comportementaux,
expliquent Perls et ses collaborateurs. Cependant, les variations
de mortalité selon la classe sociale s’atténuent dans les âges les
plus avancés et ces différences tendent donc à disparaître pour
les tranches les plus âgées de la population. Ces scientifiques
ont émis l’hypothèse que la longévité exceptionnelle était due,
au moins en partie, à une composante génétique au sein des familles.
Si tel est le cas, la longévité moyenne dans les familles où il
existe un ou plusieurs centenaires devrait être supérieure à celle
retrouvée dans les familles qui ne présentent pas cette caractéristique.
Cette hypothèse a été testée par l’analyse de 444 familles de centenaires
aux Etats-Unis. La mortalité et la longévité des frères et sœurs
de ces centenaires ont été comparées à celles d’un groupe contrôle
représentatif de la population générale. C’est au total 2.092 frères
et sœurs de centenaires qui ont été étudiés dans cette enquête.
Les chercheurs ont ainsi pu montrer que quel que soit l’âge considéré,
la mortalité est plus faible chez les frères et sœurs de centenaires
que dans la population contrôle. Ainsi, le taux de décès des sœurs
de centenaires est environ deux fois inférieur à celui de la population
nationale, et cela pour tous les âges considérés. Une tendance similaire
a été retrouvée chez les hommes bien que cet avantage soit moins
marqué pendant la période de l’adolescence et les premières années
de l’âge adulte. Au final, les calculs de l’équipe menée par Perls
montrent que comparés à la population contrôle, les frères de centenaires
ont 17 fois plus de chances d’atteindre 100 ans et les sœurs de
centenaires ont 8 fois plus de chances. D’après les chercheurs,
la stabilité de l’avantage de survie retrouvé chez les frères et
sœurs de centenaires à tous les âges indique que ce bénéfice est
imputable à des facteurs génétiques plutôt |