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2002


Une rétine bionique permet à des aveugles de revoir la lumière
La fusée, bientôt un moyen de transport aussi banal que l'avion ?
Jeux vidéo pour rester zen

Interdiction du clonage : Severino Antinori parle d'intolérance
Cellules souches : la recherche permise au cas par cas
Que se passe-t-il quand on fait l'amour ?
Une puce électronique implantée sur trois personnes
Nanoboom ! Ce que les nanotechnologies changeront...
La nicotine s'attaque à la production de neurones
Une méthode de fécondation à partir d'embryons congelé...
Un engrais naturellement miraculeux…
L'euthanasie bientôt légale en Belgique
L'autogreffe
Nouveau rôle pour une cellule souche adulte
Cinq équipes seraient dans la course au clonage humain
On provoque une contraction musculaire chez un paraplégique
La Belgique, deuxième pays à légaliser l'euthanasie
Des scientifiques reproduisent des agneaux de huit semaines
Un chercheur israélien crée la poule sans plumes
Des ultra-sons pour toucher les futurs bébés
Des moustiques transgéniques pour arrêter la transmission...
La médecine régénératrice ouvre d'immenses espoirs
France Télécom teste un blouson téléphone
Naissance prévue des premiers clones humains fin 2002
Vibro-masseur pour truie
Grâce à son ADN, le tigre de Tasmanie pourrait revoir le jour
La vie n’est pas si vieille
De grandes quantités d'eau glacée sont présentes sur Mars
Regain d'espoir pour la thérapie génique
Publication d'une importante étude sur le stress
La naissance annoncée des premiers clones humains
L'enfant à venir de l'Eglise raélienne
31 mai 2002
L'enfant à venir de l'Eglise raélienne
En matière de clonage humain, il faut compter avec l'Eglise raélienne, un mouvement fondé sur la croyance dans l'existence de plusieurs mondes habités et de visiteurs de l'espace et d'extraterrestres. Pour celui-ci, les acquis de la biologie, et notamment de la biologie moléculaire, sont autant d'éléments plaidant en faveur de ses thèses, opposées à la théorie évolutionniste. La matérialisation du projet raélien de clonage humain résulte d'une rencontre avec un couple américain qui a perdu un enfant de dix mois à la suite d'une erreur médicale. Ces parents - qui ont déjà deux autres enfants - tiennent à "recréer" ce bébé afin qu'il "poursuive sa vie" prématurément et injustement interrompue. Ils ont décidé de consacrer à ce projet les sommes importantes provenant du procès qu'ils ont gagné contre l'hôpital où est décédé leur enfant. En juin 2000, ils ont pris contact avec les raéliens. Et quoiqu'ils n'appartiennent pas à la secte, un accord a pu être trouvé : c'est leur enfant que les raéliens tentent actuellement de cloner.
ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 25.05.02 http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3244--277062-,00.html


31 mai 2002
La naissance annoncée des premiers clones humains
Dans un entretien au "Monde", le professeur Severino Antinori affirme que trois enfants conçus par clonage verront le jour en décembre 2002 ou en janvier 2003. Le spécialiste italien n'est plus le seul à postuler que ce procédé permettra de lutter contre la stérilité. Sabaudia (Italie) de notre envoyé spécial Lors du congrès médical international qu'il a organisé du 19 au 22 mai à Sabaudia, station italienne renommée de la côte tyrrhénienne, le très controversé professeur Severino Antinori (université Torvergata, Rome) a confirmé son intention de développer au plus vite le clonage reproductif dans l'espèce humaine afin de pallier certaines formes, aujourd'hui incurables, de stérilité. Il a aussi affirmé que trois femmes, actuellement enceintes d'embryons conçus selon cette technique, doivent accoucher en décembre 2002 ou janvier 2003. Après s'être rendu célèbre pour avoir permis à de nombreuses femmes ménopausées de donner naissance à des enfants, le gynécologue-obstétricien romain relance donc une nouvelle fois la controverse sur le clonage reproductif, pratique unanimement condamnée par l'ensemble des institutions nationales et internationales. Consacrée aux progrès présents et à venir dans la lutte contre la stérilité, la rencontre de Sabaudia a permis de montrer que le professeur Antinori n'était pas, tant s'en faut, le seul spécialiste à estimer que le clonage reproductif ne justifiait pas l'anathème international dont il fait l'objet et que le jour n'était pas si lointain où cette technique ferait officiellement partie de l'arsenal de la lutte contre la stérilité et l'infertilité humaines. C'est d'ailleurs pour défendre ce point de vue que le professeur Antinori vient de créer l'"association mondiale de la médecine reproductive", qu'il préside avec Paul Dmowsky (Chicago), Izu Eibschitz (Haïfa) et Yuri Verlinsky (Chicago). Plusieurs dizaines de spécialistes, jusqu'alors adhérents d'une autre association internationale qui regroupe les meilleures équipes travaillant dans les centres privés de reproduction assistée, ont rejoint ses rangs. Lors d'un "forum" organisé à Sabaudia, les membres de cette nouvelle association mondiale de la médecine reproductive ont développé leurs arguments en faveur du clonage reproductif. "Nous estimons, a expliqué le professeur Eibschitz, que le clonage de l'espèce humaine permettra de lutter contre certaines maladies et d'aider les couples stériles. Cette technique a de très grandes potentialités. Mais, a-t-il précisé, en matière de reproduction, le choix d'avoir ou non recours au clonage ne pourra résulter que d'un débat ouvert et multidisciplinaire dans lequel les couples concernés devraient avoir droit à la parole." Les participants à ce forum ont cependant rappelé que rien, en pratique, ne séparait la technique du clonage thérapeutique de celle du clonage reproductif et que l'on ne pouvait pas, en toute logique, être favorable au premier et condamner le second. Dans les deux cas, il s'agit de procéder au transfert du noyau d'une cellule prélevée sur un organisme adulte dans un ovocyte énucléé, de manière à obtenir un embryon humain in vitro. RÉPONSE THÉRAPEUTIQUE Lors d'un clonage thérapeutique, on détruit cet embryon à un stade précoce de son développement de manière, d'une part, à obtenir et à développer des lignées de cellules souches et, de l'autre, à mettre au point de nouvelles thérapeutiques régénératrices contre des affections aujourd'hui incurables. Pour le professeur Antinori et ceux qui partagent ses convictions, les embryons ainsi obtenus peuvent également fournir une forme de réponse thérapeutique à la stérilité d'un couple dès lors qu'au lieu de les détruire on procède à leur transfert in utero. Tout en exposant dans le détail les arguments avancés par tous ceux qui, pour des raisons éthiques ou scientifiques, s'opposent à la création d'êtres humains par clonage les participants au forum de Sabaudia estiment être en mesure de démontrer que les leurs doivent prévaloir. Le clonage reproductif serait condamnable, affirment certains, du fait que l'enfant serait le " jumeau"de la personne chez laquelle on a prélevé la cellule ? C'est oublier, rétorquent d'autres, que son patrimoine héréditaire comportera une fraction issue de la femme chez qui on aura prélevé un ovocyte. Le clonage menacerait-il l'équilibre familial ? C'est faire bien peu de cas de la liberté de choix de chacun et des couples, soulignent les promoteurs du clonage. LA LIBERTÉ DE LA RECHERCHE Condamner le clonage reproductif serait aussi s'opposer à la liberté de la recherche scientifique et interdire la possibilité d'une perpétuation de la vie en cas de catastrophe, naturelle ou provoquée par l'homme. Et, à ceux qui invoquent les limites techniques actuelles du clonage, les scientifiques participants à ce forum rappellent que les procédés actuels de procréation médicalement assistée nécessitent également de grandes quantités d'ovocytes. Ils soulignent également que la plupart des anomalies observées chez les animaux clonés sont le fait de mauvaises conditions des cultures embryonnaires alors que les milieux de culture des embryons humains ont, depuis un quart de siècle, fait l'objet de nombreux et notables progrès. Ils rappellent enfin les grandes différences existant dans la physiologie de la reproduction chez les mammifères et qui font que la manipulation des cellules sexuelles apparaît beaucoup plus aisée chez l'homme que dans d'autres espèces. Quoi qu'on pense de la position qu'ils défendent, les partisans du clonage reproductif présents à Sabaudia développent ainsi des arguments qui peuvent sans doute être contestés, mais qui ont le mérite de s'inscrire dans une démarche objective à visée thérapeutique. Ils se démarquent de ce fait d'une autre entreprise de clonage humain, annoncée par l'Eglise raélienne. Dans les couloirs du palace où était organisée la rencontre, on a aussi longuement évoqué les tentatives secrètes de clonage humain qui seraient en cours dans différents pays comme le Brésil et la Chine et qui, réussies ou non, ne devraient pas, à court terme du moins, faire l'objet de communications scientifiques.
Jean-Yves Nau


31 mai 2002
Publication d'une importante étude sur le stress
Futura-Sciences.com
Les Mayo Clinic Proceedings (USA) publient une importante étude menée par le Mid-America Heart Institute du St. Luke's Hospital et de l'Université de Missouri à Kansas City sur l'impact du comportement qualifié de "Type A" (agressivité, nervosité, anxiété, impatience exacerbées) sur l'évolution des affections cardiovasculaires et l'incidence d'attaques cardiaques. Les personnes présentant ces traits de caractères activent beaucoup trop, souvent dans des circonstances banales, le système nerveux sympathique responsable des réactions rapides et bénéfiques lors d'événements stressants ou dangereux. Les cardiologues estiment que 40% des crises cardiaques résultent directement du stress. D'autres facteurs viennent s'ajouter à cette constellation qui stimule trop le système sympathique : dépression, diabète, obésité, hypertension, apnée et utilisation de certains médicaments contre l'hypertension. En revanche, la prescription de bêtabloquants semble constituée un traitement parfait pour ces personnes, tout comme l'exercice physique régulier et modéré semble constituer le meilleur régulateur de l'activité sympathique. Source : Agence pour la Diffusion de l´Information Technologique (ADIT, http://www.adit.fr)


30 mai 2002
Regain d'espoir pour la thérapie génique
Paul Elias Associated Press Alameda, Californie Photothèque La Presse Modélisation d'une molécule d'ADN Après le succès des essais menés sur des bébés-bulle par un équipe de recherche française, les sociétés américaines spécialisées dans le domaine de la thérapie génique gagnent du terrain. L'une d'entre elle, la société Avigen d'Alameda en Californie, vient de recevoir des autorités fédérales l'autorisation de mener un essai de thérapie génique chez des personnes atteintes d'hémophilie. De son côté, la société Onyx Pharmaceuticals située près de Richmond en Californie, mène actuellement des essais de thérapie génique sur des personnes atteintes de différents cancers, notamment côlorectal et pancréatique. Cette publicité venue de France est la bienvenue pour les chercheurs qui travaillent dans ce domaine et qui espèrent voir leurs espoirs un jour aboutir, après que de nombreux essais de thérapie génique aient été suspendus pour négligence. En 1999, Jesse Gelsinger, un jeune homme de 18 ans était mort au cours d'un essai. «La roue est en train de tourner», s'est félicité le Dr W. French Anderson de l'Université de Californie du sud, qui, en 1990, lançait le premier essai au monde de thérapie génique. «Beaucoup de personnes se sont retirées de ce secteur de recherche mais ceux qui y sont restés vont commencer à faire de réels progrès». La thérapie génique est un procédé qui vise à introduire dans une cellule cible un gène-médicament dans le but de corriger ou de pallier le dysfonctionnement d'un ou de plusieurs gènes. Cette thérapie s'applique théoriquement à l'ensemble des maladies génétiques, dont les maladies neuromusculaires ou cardiovasculaires. Elle donne de grands espoirs aussi dans le secteur des maladies neurodégénératives, les cancers et certaines maladies virales, notamment le sida. Son champ d'application potentiel est donc immense. Aux États-Unis, depuis la mort de Jesse Gelsinger, le nombre des demandes d'autorisation aux autorités pour effectuer des expérimentations a fortement baissé. À l'heure actuelle, quelque 2200 personnes participent à 470 essais aux États-Unis.


29 mai 2002
De grandes quantités d'eau glacée sont présentes sur Mars WASHINGTON (AFP)
De grandes quantités d'eau glacée sont présentes dans le sous-sol de la planète Mars, selon des observations réalisées par la sonde américaine Mars Odyssey, qui incitent à l'envoi sur la planète rouge de nouveaux engins pour y explorer la possibilité d'une vie passée. "La glace détectée en sous-sol par Odyssey pourrait ne représenter que la pointe d'un iceberg gelé en profondeur", a estimé l'astronome Jim Bell, de Cornell University à New York, dans une mise en perspective des résultats à paraître vendredi dans la revue Science. "Cette découverte pourrait servir à guider la sélection de futurs sites où iront se poser de nouveaux engins d'exploration de Mars, à la recherche de traces de vie sur cette planète", estiment les astronomes auteurs des travaux. Ces données -- les premières collectées par les trois principaux instruments de la sonde-- sont résumées dans trois études consacrées à leur analyse, publiées par Science. Les cartes établies indiquent que la plus forte concentration de glace serait située entre 30 et 60 centimètres sous la surface de Mars, dans des régions situées aux pôles. Les données "suggèrent que 20 à 35% du poids des couches contenant de la glace est constitué de glace", précisent les chercheurs. Si les observations étaient confirmées, elles permettrait de répondre à une question que se posent depuis des années les spécialistes de la planète rouge : à quel endroit est stockée l'eau dont les astronomes ont détecté des traces lors des premières études de la surface de Mars. "Les résultats, après seulement un mois d'observation (par la sonde Odyssey) sont impressionnants", s'est encore enthousiasmé l'astronome Bell. Mars Odyssey, lancée en avril 2001, est dotée de trois instruments qui ont permis ces observations. Le premier est un spectrographe à rayons gamma (GRS) capable de détecter la présence de 20 éléments chimiques de base (carbone, silicium, fer, magnésium, etc.). Il comprend un détecteur de neutrons à haute énergie décelant la présence d'eau et de glace sur Mars, jusqu'à un mètre de profondeur. Ce GRS était déjà à bord de la sonde Mars Observer mais avait cessé de fonctionner seulement trois jours avant l'entrée de la sonde dans l'orbite de Mars en 1993. "De nombreux spécialistes de Mars attendaient ces données depuis plus de 15 ans", a rappelé le professeur Bell. La sonde comporte également un système d'imagerie thermale (THEMIS) consistant en une caméra filmant Mars dans la partie visible et infrarouge du spectre lumineux, afin de déterminer la distribution des minéraux à la surface de la planète. Enfin, un spectrographe à particules énergétiques (MARIE) permet d'analyser la nature des radiations présentes dans l'environnement martien et qui pourraient présenter un danger pour l'homme en cas de futures missions habitées. D'un coût de 297 millions de dollars, cette mission - baptisée en hommage au livre de Arthur C. Clarke et du film de Stanley Kubrick "2001 Odyssée de l'espace" - est considérée comme la reprise de l'exploration de Mars pour la NASA. La sonde est la première du nouveau programme d'exploration planétaire mis en place, après l'échec des sondes Mars Climate Orbiter et Mars Polar Lander qui s'étaient écrasées sur la planète rouge en 1999.


29 mai 2002
La vie n’est pas si vieille
Cécile Dumas
La vie est-elle apparue sur Terre il y a plus de 3,8 milliards d’années, soit environ 700 millions d’années après la formation de la planète ? Des chercheurs pensaient en avoir une preuve, mais des confrères remettent en cause leur découverte dans un article publié par la revue Science du 24 mai. Une équipe de géologue annonçait l’an dernier dans la revue Nature la découverte d’une forme de vie fossilisée de 3,85 milliards d’années dans des roches de l’île d’Akilia, au Groenland. Ils démontraient que des micro-organismes avaient été pris au piège dans des sédiments particuliers, appelés BIF pour Banded Iron Formation, et, sous l’effet de la chaleur, de la pression et du temps, ils s’étaient transformés en graphite –un type de carbone. Christopher Fedo et Martin Whitehouse remettent en cause ces conclusions. Selon eux, il ne s’agit pas de BIF mais de roches d’origine volcanique formées à des températures trop élevées pour un organisme vivant. Les deux auteurs rejettent également l’interprétation basée sur les isotopes du graphite, trop hasardeuse à leur goût. Cette critique est évidemment loin d’en finir avec le sujet. On peut prédire sans trop de risque que la discussion sur l’origine de ce graphite va repartir de plus belle.


28 mai 2002
Grâce à son ADN, le tigre de Tasmanie pourrait revoir le jour
SYDNEY (AFP)
Une équipe de chercheurs australiens a annoncé mardi être en mesure, par des manipulations génétiques, de ramener à la vie le tigre de Tasmanie, une espèce disparue depuis plus de 60 ans. Le tigre, un animal connu sous le nom scientifique de thylacine et qui ressemble à un chien, était le plus grand marsupial carnivore connu jusqu'à son extinction en 1936 après des décennies de chasse en raison de son caractère nuisible. Le professeur Mike Archer, directeur de l'Australian Museum, a cependant indiqué mardi que de l'ADN issu d'un petit de thylacine conservé dans de l'ethanol avait pu être reproduit avec succès et que cela rend théoriquement possible, d'ici une dizaine d'années, la résurrection de cette espèce, une prouesse génétique jusqu'alors jamais réalisée. Si le clonage du tigre de Tasmanie est couronné de succès, cela pourrait ouvrir la voie à d'autres tentatives pour rendre à la vie des espèces éteintes, a-t-il indiqué à la presse. Le chercheur a précisé que d'autres sources de tissus de bonne qualité, dont un os, une dent et des muscles déshydratés, avaient par ailleurs été découvertes dans la collection du musée. "Nous disposons de bien plus d'ADN de grande qualité que nous le pensions quand nous avons démarré ce projet de recherche", a déclaré M. Archer. Il a souligné que son équipe a été en mesure d'obtenir de l'ADN à même de réagir de manière positivement à un processus appelé réaction en chaîne préliminaire (PCR), ce qui constitue une étape majeure rendant ensuite possible le clonage de molécules. "Pour moi, cela a une signification qui provoque un enthousiasme extraordinaire parce que ça veut dire que l'ADN supposée morte que nous avions découverte, réagit en fait de la même manière que l'ADN vivante", a indiqué le scientifique. Un bibliothèque de l'ADN du thylacine va maintenant être réalisée par les chercheurs et, en théorie, le tigre de Tasmanie pourrait retrouver la vie d'ici une dizaine d'années.


25 mai 2002
Vibro-masseur pour truie
LA HAYE (AFP)
Une compagnie néerlandaise a développé des vibro-masseurs pour truies afin de leur rendre plus agréable le processus d'insémination artificielle. L'instrument, développé par une société de Bladel, une ville du sud des Pays-Bas, est un vibro-masseur relié à un réservoir de sperme. Les vibrations permettent aux truies "d'être excités sexuellement très rapidement" et facilitent ainsi l'insémination artificielle, a précisé une porte-parole de la société à l'agence ANP. "Les gens utilisent des vibro-masseurs et nous nous sommes dit: pourquoi ne pas adapter cela pour les cochons", a-t-elle ajouté en soulignant que cette découverte améliorait la condition des animaux


25 mai 2002
Le Pr Antinori confirme : Naissance prévue des premiers clones humains fin 2002

Associated Press Paris
Les premiers bébés clonés devraient voir le jour à la fin de l'année ou au début de l'année prochaine: le professeur italien Severino Antinori, le très controversé spécialiste de la procréation assistée, a confirmé au «Monde» que trois femmes portent actuellement des embryons conçus par la technique du clonage. «Je confirme que trois femmes sont aujourd'hui enceintes, deux en Russie et la troisième dans un autre pays, après implantation in utero d'embryons humains obtenus à partir de la technique du transfert nucléaire et que les naissances devraient survenir en décembre 2002 ou en janvier 2003», déclare le Pr Antinori dans un entretien que publie vendredi le quotidien du soir. Mais la naissance des premiers clones humains ne sera annoncée que «lorsque dix anfants issus de cette technique auront atteint l'âge de deux ans», précise l'Italien, évoquant «l'opposition mondiale» au clonage humain. «Il y a un an déjà, une telle grossesse avait été obtenue en Russie, mais elle s'était conclue par une fausse couche», précise-t-il, tout en reconnaissant être impliqué dans l'obtention des trois grossesses en cours. «Je suis effectivement à l'origine d'un réseau de spécialistes qui souhaitent pouvoir mettre en oeuvre la technique du transfert nucléaire comme méthode permettant de lutter contre certaines formes de stérilité». Un réseau dont fait partie notamment le biologiste américain Pavos Zanos et «deux chercheurs britanniques de grand renom qui souhaitent conserver l'anonymat». Déjà au coeur de la polémique en 1994, lorsqu'il avait permis à une femme de 63 ans de mettre un enfant au monde grâce à un don d'ovocyte, le gynécologue obstrétricien, professeur de physiologie reproductive à l'université Tovergata de Rome, est l'un des rares défenseurs du clonage humain, dénoncé au nom de l'éthique par l'ensemble de la communauté internationale. Publicité Considéré comme un «apprenti-sorcier» par nombre de ses confrères, le Pr Antinori dit d'ailleurs avoir porté plainte devant le tribunal de Rome contre l'ancien ministre français délégué à la Santé, Bernard Kouchner qui l'avait qualifié de «docteur Foléthique». «Il est dans le même camp que ceux qui, il y a un quart de siècle, condamnaient Robert Edwards et sa première tentative réussie de fécondation in vitro», estime-t-il. «Au-delà des fantasmes de la duplication des êtres», le professeur se dit «intimement convaincu qu'à court ou moyen terme, le clonage trouvera sa place dans l'arsenal des techniques contre la stérilité humaine».


24 mai 2002
Dans le cadre de ses travaux sur les vêtements intelligents, France Télécom teste un blouson téléphone

Paris, le 21 juin 2000
France Télécom R&D, le centre de recherche et développement de l'opérateur, vient de mettre au point son premier prototype de blouson communicant, dont le mode de fonctionnement s'apparente à celui d'un kit mains libres. Tout à fait ordinaire, ce prototype héberge la technologie existante et offre les fonctionnalités d'un téléphone mobile sans écran ni clavier apparent. Le blouson dispose d'un téléphone mobile extra-plat (100 grammes) éclaté et intégré dans sa doublure, dans le rabat du veston (clavier de numérotation) et dans son col (micros). Une simple pression sur un bouton suffit pour obtenir la ligne ou raccrocher. Le choix des correspondants s'effectue essentiellement par commande vocale, en prononçant leur nom à voix haute ou en pianotant leur numéro sur la partie du blouson prévue à cet effet. La qualité de la communication établie égale celle obtenue avec n'importe quel mobile. Les chercheurs de France Télécom mènent actuellement une série de tests en condition réelle d'utilisation pour recueillir les réactions des populations cibles et déceler de nouveaux usages d'utilisation. Ces expérimentations impliqueront dans un premier temps des professionnels en mobilité (ouvriers du BTP, par exemple), des sportifs pratiquant leur discipline en loisir, et des adolescents et jeunes étudiants. Les résultats enregistrés serviront également à améliorer l'ergonomie des blousons : une nouvelle série de prototypes, lancée en fin d'année, tiendra compte plus précisément des contraintes d'usages des ces utilisateurs. Des contacts sont également actuellement en cours avec des industriels et des fabricants de vêtements, intéressés par une adaptation plus fine de ces blousons à des activités de maintenance à distance ou à des enfants. Parmi les futures améliorations figure notamment une fonction de sonnerie/vibreur, qui alertera en toute discrétion l'utilisateur de l'arrivée d'un appel. Un système innovant de réchauffement du tissu en contact avec la peau est également à l'étude pour l'avertir instantanément, quelque soit son environnement sonore. L'utilisateur a par ailleurs le libre choix de placer le terminal sur la partie du corps qui lui convient (hanche, flanc…). A terme, ces vêtements communicants serviront de mode d'accès simplifié et mobile à un réseau global connecté à tous types de terminaux : téléphone portable, Palm Pilot, ordinateur individuel… Ils fonctionneront comme un véritable média de transmission, autorisant une joignabilité permanente. Ces premières réalisations permettent d'ores et déjà à France Télécom de franchir un nouveau pas dans sa démarche d'intégration globale de services. France Télécom R&D, centre de recherche & développement, est le moteur de l'innovation de France Télécom et de ses filiales, en France et à l'étranger. Son rôle : anticiper les révolutions technologiques et d'usages, innover pour offrir aux clients le meilleur des télécommunications, tout en imaginant dès maintenant les technologies qui feront partie demain de leur quotidien. Les résultats de France Télécom R&D placent le groupe, en Europe, à la 1ère place de la recherche & développement en télécommunications.


22 mai 2002
La médecine régénératrice ouvre d'immenses espoirs (cellules-souches au Sénat)

Depuis 5 ans, les avancées en biologie ont montré que l'irréversibilité génétique des cellules dites différenciées n'est plus aussi certaine. Contrairement à ce qui était admis il y a encore quelques années, on sait désormais que presque tous les types de cellules, et non les seules cellules embryonnaires, possèdent une étonnante plasticité cellulaire. De nombreuses perspectives thérapeutiques régénératrices voient le jour avec l'avènement des cellules-souches, embryonnaires ou adultes, et l'on peut penser que dans un avenir assez proche (c'est déjà le cas avec les greffes de cellules-souches hématopoïétiques), il sera possible de réparer n'importe quel tissu lésé. Récemment, un malade cardiaque de 74 ans, Jim Nichol, a été traité avec des cellules-souches adultes à l´hôpital John Hunter de Newcastle en Australie. Cet hôpital travaille sur l'utilisation de ces cellules pour stimuler la croissance de nouveaux vaisseaux sanguins dans le coeur de patients ne pouvant plus être soignés grâce aux méthodes conventionnelles d´angioplastie ou de pontage. L'équipe du cardiologue Suku Thambar a extrait des cellules souches provenant de la moelle de la hanche de Jim Nichol, les a cultivées puis réinjectées au niveau du muscle cardiaque. Il faut à présent attendre le résultat des études complémentaires sur six mois pour savoir si l'expérience est véritablement concluante. Le docteur Michel Levesque du Cedars-Sinai Medical Center de Los Angeles avait utilisé une méthode similaire pour traiter un patient atteint de la maladie de Parkinson. Il avait prélevé des cellules-souches adultes du cerveau du malade, puis les lui avait réinjectées. Deux ans après, l'homme ne présenterait plus de symptômes de la maladie. Ces exemples montrent que la biologie est en train de vivre une nouvelle révolution technologique, cinquante ans après la découverte de la double hélice d'ADN. Maurice Tubiana, Président de l'Académie nationale de médecine, en clôture du colloque sur les cellules-souches et la thérapie cellulaire qui s'est tenu à l'Académie des sciences, a d'ailleurs souligné récemment les possibilités nouvelles qu'offrent chaque jour les recherches sur les potentialités des cellules souches embryonnaires et adultes. Cependant, de nombreux mystères restent à éclaircir et la recherche sur la plasticité cellulaire n'en est qu'à ses débuts. On ne sait pas encore si les cellules-souches qu'on observe se différencier dans les organes (foie, cerveau, moelle épinière notamment) proviennent des organes eux-mêmes (réservoirs), de la migration des cellules-souches provenant d'un autre endroit, ou bien encore si elles ne dérivent pas d'une trans-différenciation provoquée par une réversibilité génétique (théorie émise par Neil Theise, du New York University Medical Center). Mais les observations et des preuves expérimentales accumulées depuis 5 ans par de nombreuses équipes de recherches confirment la réalité d'une plasticité cellulaire de nombreuses cellules (hématopoïétiques, hépatiques, neurales, etc'), c'est-à-dire la capacité à pouvoir de nouveau revenir à un état totipotent et pour, sous certaines conditions, se redifférencier en d'autres types cellulaires. La naissance de la brebis Dolly a mis en évidence que l'on était capable de reprogrammer le noyau d'une cellule adulte pour en faire un embryon capable de générer tous les types cellulaires. De même, les cellules-souches adultes, qui pourraient constituer une alternative aux cellules-souches embryonnaires, semblent être en mesure de fournir une réserve pour de nombreux types cellulaires (cellules-souches de muscle squelettique en cardiomyocytes, cellules-souches de cerveau en cellules hématopoïétiques, etc'). Alors que le débat éthique sur le clonage thérapeutique s'intensifie et que l'importation de deux lignées de cellules-souches embryonnaires vient d'être autorisée par le Ministère de la Santé, une nouvelle découverte scientifique vient encore de confirmer l'extraordinaire plasticité des cellules-souches adultes. Une équipe de chercheurs français, norvégiens et américains a réussi à reprogrammer et à transformer en éprouvette des cellules adultes humaines de peau en cellules nerveuses radicalement différentes (Nature biotechnology de mai 2002 http://www.nature.com/cgi-taf/dynapage.taf?file=/nbt/journal/v20/n5/index.html).
Ces dernières se comportent comme des acteurs du système immunitaire ou du système nerveux sans passer par l'étape du clonage thérapeutique qui comporte de nombreux et sérieux risques de dérives éthiques, comme le clonage reproductif ou les risques de dérive marchande des ovocytes féminins. L'équipe d'Anne-Mari Hakelien, de l'université d'Oslo, et de Philippe Collas, a mis au point un procédé novateur à partir de fibroblastes qu'ils ont rendus perméables pour éliminer certains composants avant de les mettre en présence d'une « soupe » de cellules T du système immunitaire. Cette « soupe » contient des facteurs nucléaires qui ont été transportés jusque dans le noyau des fibroblastes. Ils se sont liés à l'ADN et ont réussi à réguler l'expression de certains gènes dans un sens radicalement différent. Cette transformation particulièrement impressionnante a perduré au moins deux mois. L'équipe a ensuite réalisé une opération similaire à partir de fibroblastes transformés cette fois à l'aide de précurseurs de neurones, en cellules porteuses de projections ressemblant à des débuts d'axones et synthétisant des neurofilaments protéiques. Si cette flexibilité cellulaire se confirme, elle pourrait constituer une alternative prometteuse au clonage thérapeutique et ouvrir une voie royale vers une médecine régénératrice, permettant d'obtenir à partir des propres cellules de peau d'un patient, des cellules dotées de propriétés radicalement différentes. La communauté scientifique est à présent persuadée que de tels outils seront la source d'innovations thérapeutiques qui bouleverseront la médecine de demain : capacité de régénérer les neurones dans les maladies neurodégénératives ou bien les cellules cardiaques après un IDM, remplacement des cellules pancréatiques déficientes dans le diabète, et bien d'autres applications encore. Notre pays a enfin pris la mesure de ces extraordinaires perspectives de réparation cellulaire, et des immenses enjeux économiques qui en découlent, en autorisant il y a quelques jours l'importation de cellules-souches embryonnaires. Cette décision était réclamée depuis novembre 2001 par de nombreux chercheurs français, dont quatre prix Nobel : G. Charpak, J. Dausset, F. Jacob et J.M. Lehn. Elle devrait permettre à la France de ne pas se laisser distancer dans la compétition scientifique internationale par les pays autorisant déjà la recherche sur les embryons surnuméraires (EU, GB notamment). Nous devons cependant être conscients que ces avancées extraordinaires de la biologie, caractérisées notamment par une maîtrise croissante des techniques de clonage, vont soulever dans un futur proche de redoutables questions éthiques dont les débats sur le clonage thérapeutique ne sont que les prémices. Les immenses espoirs soulevés par cette médecine régénérative vont susciter une pression économique et sociale très forte pour développer toutes les voies de recherche en matière de cellules-souches et de plasticité cellulaire. Nous devons donc rester très vigilants et veiller à ce que ces recherches prometteuses gardent une finalité thérapeutique incontestable et se poursuivent de manière transparente dans un cadre législatif et éthique précis et rigoureux.
René Trégouët Sénateur du Rhône
http://www.tregouet.org/lettre/index.html
http://www.medito.com/article177.html


22 mai 2002
Des moustiques transgéniques pour arrêter la transmission du paludisme
Paris (AFP)
Des chercheurs américains sont parvenus à modifier génétiquement des moustiques de façon à les rendre impuissants à transmettre le paludisme, selon la revue Nature. Le paludisme ou malaria, terme désignant un groupe de maladies caractérisées par des crises fébriles périodiques, tue entre 1 et 3 millions de personnes par an, principalement en Afrique, et si aucune mesure n'était prise, il devrait faire deux fois plus de victimes d'ici à vingt ans. Les efforts pour le vaincre se heurtent à la résistance aux médicaments du Plasmodium (l'agent du paludisme), à la résistance aux insecticides développée par les moustiques, et à l'absence de tout vaccin, rappelle la revue britannique. Les moustiques étant les vecteurs obligés pour la transmission de la maladie, celle-ci pourrait être mise à mal s'ils sont privés de leur capacité à transmettre des parasites. Un grand nombre des outils nécessaires pour une manipulation génétique des moustiques à cet effet ont déjà été développés. Des gènes étrangers susceptibles de conférer des propriétés anti-malariennes peuvent désormais être introduits dans des cellules reproductrices chez deux types de moustiques, les culicidés et les anophèles. Ces gènes produisent une molécule qui bloque le développement du Plasmodium, en l'empêchant de se transporter de l'intestin jusqu'aux glandes salivaires du moustique. Ce parcours est crucial dans la transmission de la maladie, qui se transmet du sang d'une personne à celui d'une autre par l'intermédiaire d'une piqûre de moustique. Ces découvertes effectuées en laboratoire par Marcelo Jacobs-Lorena, généticien à l'université Case Western Reserve de Cleveland (Ohio) pourraient être décisives pour la mise au point de nouvelles stratégies de lutte contre la maladie, même si le chemin à parcourir reste énorme, selon un commentaire de chercheurs du Laboratoire Européen de Biologie Moléculaire de Heidelberg cité par Nature.


21 mai 2002
Des ultra-sons pour toucher les futurs bébés
Reuters Chicago
Aux futurs parents qui n'en peuvent plus d'attendre pour toucher leur prochain bébé, la société américaine Novint Technologies propose son logiciel e-Touch, couplé avec une technologie de rendu d'images en trois dimensions grâce aux ultra-sons. La technologie développée par cette société d'Albuquerque, dans l'État du Nouveau-Mexique, permet de ressentir la sensation du toucher à travers un stylet promené sur l'image en ultra-sons du futur nouveau-né alors qu'il est encore dans le ventre de sa mère. «Vous pouvez en fait voir beaucoup plus clairement à quoi ressemble le bébé», explique le directeur de Novint, Tom Anderson, 27 ans, dont la femme attend son premier enfant pour juillet. «La sensation est un peu molle, comme celle de la peau. Vous pouvez passer sur toute la surface et ressentir un peu du contour et de la pression.» Cette sensation du toucher possède de nombreuses applications médicales potentielles. Elle peut aider, par exemple, à surveiller le développement d'un foetus. «Si un bébé a une anomalie, cela peut aider les parents à savoir comment il est formé», souligne Jan Easton Carrasco, président de la société New Mexico Sonographics, partenaire de Novint. Autres applications possibles: l'évaluation des tumeurs du sein ou des polypes du côlon, afin de diminuer le risque d'erreur chirurgicale en permettant au médecin de s'entraîner avant l'intervention. «La sensation du toucher est extrêmement importante du point de vue chirurgical», explique le Dr. Glenroy Heywood, chirurgien des hôpitaux universitaires du Nouveau-Mexique, qui travaille à développer des applications pour la technologie e-Touch. Couplé à une radiographie par tomographie ou à une image par résonance magnétique, le logiciel e-Touch permet au chirurgien de ressentir la texture et le relief du corps du patient, comme lors d'une opération en aveugle. Mais la société Novint travaille aussi à des applications dans l'ergonomie des automobiles, les jeux de hasard sur ordinateur et la prospection souterraine de gaz et de pétrole.


21 mai 2002
Un chercheur israélien crée la poule sans plumes
Reuters Jérusalem
Un généticien israélien a inventé par croisement une poule sans plumes qu'il pare de toutes les vertus. Selon Avigdor Cahaner, de l'Université hébraïque israélienne, l'absence de plumes permet de favoriser la croissance sous les latitudes tropicales, alors qu'avec les espèces ordinaires, il faut veiller à ce que la température ne s'élève pas trop. Du coup, son invention peut aussi entraîner des économies sur les frais de ventilation des poulaillers ainsi que sur l'eau nécessaire au plumage dans les abattoirs. En revanche, ces poules à la peau rose tirant sur le rouge craignent le froid. «Cela leur ferait du mal si ces animaux étaient forcés d'être dehors, l'hiver. Ce ne sont pas des poules faites pour la campagne anglaise en hiver», prévient le généticien. Il a déjà produit plusieurs dizaines de ces volatiles issus du croisement d'un petit oiseau à la peau naturellement nue et d'une poule ordinaire. Cahaner dit vouloir encore améliorer cette race hybride pour la porter à une taille normale, alors que pour l'instant ses poules sont plus petites que la moyenne.


20 mai 2002
Des scientifiques reproduisent des agneaux de huit semaines

Agence France-Presse Varsovie
Des scientifiques polonais et tchèques ont réussi à reproduire des agneaux de huit semaines dont les gamètes immatures males et femelles mis en culture avaient été croisés puis implantés sur des mères porteuses, a-t-on appris vendredi. «Une des mères porteuses a donné, après 146 jours de gestation, naissance à trois agneaux en bonne santé», a déclaré à l'AFP le professeur Edward Wierzchos de l'Académie agricole de Cracovie (sud). L'expérience «raccourcit le laps de temps entre deux générations et peut avoir d'importantes applications dans l'élevage des animaux», a-t-il expliqué. Elle permettra aux éleveurs de déterminer plus rapidement la qualité reproductrice et génétique des animaux, selon M. Wierzchos. Il reconnaît également que de telles manipulations seraient aussi possibles chez l'être humain. «Biologiquement tout est possible, la question est: pour quoi faire?», a-t-il ajouté.


19 mai 2002
La Belgique, deuxième pays à légaliser l'euthanasie

Les députés belges ont adopté jeudi soir une loi faisant de la Belgique le deuxième pays au monde, après les Pays-Bas, à légaliser partiellement l'euthanasie. Le texte de loi a été adopté par 86 voix pour, 51 voix contre et 10 abstentions, au terme de deux journées de débat, rapporte l'AFP. Ce vote constituait la dernière étape d'un parcours législatif entamé en 1999. Après l'entrée en vigueur de la loi, d'ici environ trois mois, la pratique de l'euthanasie restera strictement encadrée. Pour éviter les abus, les pouvoirs publics belges devront en outre assurer le développement de programmes de soins palliatifs dans les hôpitaux du pays. Le texte de la loi stipule que le médecin qui procèdera à une euthanasie «ne commettra pas d'infraction, dès le moment que son patient, affligé d'une souffrance physique ou psychique constante et insupportable des suites d'une affection accidentelle ou pathologique incurable, se trouve dans une situation médicale sans issue». Le praticien devra aussi s'assurer que le patient est «majeur et conscient», que sa demande est «formulée de manière volontaire, réfléchie et répétée et qu'elle ne résulte pas d'une pression extérieure». Le sénateur libéral Philippe Monfils, l'un des initateurs de la loi sur l'euthanasie, a estimé à l'issue du vote qu'il s'agissait d'une «victoire de la liberté et du respect de la dignité des patients». L'opposition sociale-chrétienne, qui avait présenté une centaine d'amendements, a voté sans surprise contre le texte. «Nous voulons des pouvoirs publics qui incitent à la solidarité entre les générations. Nous combattrons cette loi jusque devant la Cour européenne des droits de l'hommr», a dit leur chef de file, Tony Van Parys. Dans le but d'éviter que des personnes défavorisées, isolées ou fragiles ne soient tentées d'en finir avec la vie pour des raisons économiques, une loi sur les soins palliatifs, adoptée également dans la soirée, impose aux pouvoirs publics de garantir le droit pour chaque patient à bénéficier de ces soins. Tout médecin répondant à une demande d'euthanasie devra informer le malade de l'existence de tels soins. Jusqu'à ce jour, seuls les Pays-Bas avaient légalisé l'euthanasie, en avril 2001, dans des conditions comparables à celles adoptées par la Belgique. Le vote belge intervient moins d'un semaine après le décès dans la souffrance de Diane Pretty, une Britannique de 43 ans, paralysée et incurable à qui les tribunaux du Royaume-Uni et la Cour européenne des droits de l'homme ont refusé le droit de se faire aider par son mari pour mourir. Selon un sondage publié l'année dernière par le quotidien catholique La Libre Belgique, 72% des Belges étaient favorables à la légalisation sous conditions de l'euthanasie.


18 mai 2002
On provoque une contraction musculaire chez un paraplégique

Des chirurgiens français ont réussi à provoquer une contraction musculaire chez une personne paraplégique depuis plus d'un an en pratiquant sur elle une greffe de neurone au niveau de la moelle épinière lésée. Ces résultats présentés récemment à Deauville (Calvados), lors du colloque scientifique international organisé par l'Institut pour la recherche sur la moelle épinière, seront publiés en juin dans une revue scientifique spécialisée ("Journal of neutrotrauma"). Les équipes dirigées par le Professeur Marc Tadie, du service de neurochirurgie à l'hôpital Bicêtre (Le Kremlin-Bicêtre), et le Professeur Roger Robert, (CHU de Nantes), ont greffé un morceau de nerf périphérique au-dessus de la lésion médullaire du patient, avant de le relier aux racines motrices (des nerfs moteurs) situées en-dessous de la lésion. Neuf mois après, un des patients a présenté des contractions volontaires au niveau de certains groupes musculaires de la cuisse, les muscles adducteurs notamment, contractions qui ont continué à s'améliorer durant l'année qui a suivi. Cette expérience menée avec l'autorisation du Comité de protection des personnes, montre, selon les chirurgiens, que la technique qui consiste à faire repousser des neurones par l'intermédiaire d'un greffon de nerf périphérique, et à les faire sortir vers la moelle pour atteindre une cible musculaire est aussi possible chez l'être humain. De nombreux travaux avaient été réalisés sur l'animal.

18 mai 2002
Cinq équipes seraient dans la course au clonage humain
Cinq équipes de chercheurs dans le monde sont engagées dans une course mondiale pour faire naître le premier bébé cloné, probablement en 2003, a affirmé mercredi à Washington l'andrologue américain Panos Zavos. "La technologie du clonage se développe très vite", a-t-il dit, lors d'une audition devant une sous-commission de la Chambre des représentants. "Mon sentiment est que la première naissance ne pourra avoir lieu cette année. Elle aura lieu en 2003", a-t-il ajouté. Outre sa propre équipe, l'équipe italienne du gynécologue Severino Antinori et celle de la chimiste française Brigitte Boisselier, liée à la secte des Raëliens, le Dr Zavos a affirmé qu'il connaissait plusieurs équipes "qui font d'importants progrès" dans ce domaine, en citant "les Chinois et les Russes". Il a confié vouloir arriver le premier. "Je suis dans la course pour gagner et pour gagner le premier", a-t-il dit. "Les Chinois vont probablement nous dépasser", a-t-il cependant ajouté, sans vouloir en dire davantage. Interrogé par ailleurs sur l'état de ses propres travaux, le Dr Zavos, qui dirige l'Institut d'andrologie d'Amérique, à Lexington (Kentucky), a affirmé ne pas avoir encore débuté sa tentative de clonage humain. "Je n'ai pas produit d'embryons humains clonés (...) Je n'ai pas de grossesses clonales en cours", a-t-il affirmé, alors qu'il témoignait sous serment. Enfin, il a fortement mis en doute la véracité des propos récents de son ancien partenaire italien, le Dr Antinori, selon qui trois femmes seraient actuellement porteuses d'embryons humains clonés dans des Républiques de l'ex-URSS et dans un pays islamique. "J'ai de bonnes raisons de penser que ce n'est pas vrai", a-t-il dit.

17 mai 2002
Nouveau rôle pour une cellule souche adulte

Des chercheurs du Stem Cell Institute (Minnesota, USA) ont obtenu des hépatocytes, des cellules du foie, à partir de cellules souches adultes de la moelle osseuse. Catherine Verfaillie et ses collègues du SCI confirment ainsi l’intérêt des MPAC, « multipotent adult progenitor cells », des cellules multipotentes qu’ils ont mis en évidence il y a peu chez les humains et les rongeurs. Leurs derniers travaux, publiés dans le Journal of Clinical Investigation du mois de mai, montrent que les cellules obtenues à partir des MAPC se comportent comme des hépatocytes. Elles produisent trois éléments clefs : l’albumine, l’urée et l’enzyme cytochrome P450, indispensable pour la détoxication du sang. Ces chercheurs ont déjà obtenu d’autres tissus à partir des MAPC, comme le muscle ou le cartilage. A long terme, Catherine Verfaillie espère que ces recherches permettront de la culture de foies pour les personnes souffrant d’un dysfonctionnement ou d’une maladie de cet organe vital. Dans l’immédiat, ces cellules pourront aider l’industrie pharmaceutiques à tester ses molécules.


16 mai 2002
L'autogreffe
Une nouvelle génération de greffe est arrivée avec le génie tissulaire, science qui répare, régénère, remplace et reconstruit les tissus ou les organes d'un individu à partir de ses propres cellules.
Canada
En direct de l'ACFAS Après l'allogreffe et la xénogreffe, l'implantation d'une portion de tissu ou d'organe venant respectivement d'un tiers et d'un animal, voici venue l'autogreffe, où le donneur et le receveur ne font qu'une seule et même personne. « L'autogreffe évite les problèmes de rejet et les complications infectieuses dues au greffon lui-même ou à l'état de faiblesse dans lequel se trouve le patient », a expliqué le docteur François Auger du Laboratoire d'organogenèse expérimentale (LOEX) de l'hôpital Saint-Sacrement, à Québec. Le génie tissulaire, qui fabrique des pièces de rechange pour le corps humain et lui permet de se guérir tout seul, compense le manque d'organes à transplanter. Par ailleurs, certains pays, comme le Japon, sont très intéressés parce que là-bas, le don d'organes n'existe pas. Cette science permet de traiter les grands brûlés et les ulcères chroniques. Prélever des morceaux de peau saine sur une personne brûlée au troisième degré, en isoler les cellules pour les mettre en culture et les lui réimplanter ensuite permet de lui sauver la vie. Depuis 1986, François Auger a soigné plus d'une centaine de patients. « Le génie tissulaire a permis d'augmenter les chances de survie d'une personne atteinte de brûlures graves», a affirmé le chercheur. « De plus, la cicatrisation est plus rapide qu'avec une greffe classique », a-t-il ajouté. Outre la peau et les vaisseaux sanguins, les scientifiques songent maintenant à cultiver des ligaments, des cartilages et d'autres tissus plus complexes. À quand la fabrication in vitro d'organes entiers ?


16 mai 2002
L'euthanasie bientôt légale en Belgique

Les députés belges doivent adopter mercredi un projet de loi autorisant l’euthanasie. Cette pratique sera strictement encadrée. Les pouvoirs publics s’engageront dans le même temps à développer des programmes de soins palliatifs dans les hôpitaux. Mis en ligne le 15 mai 2002 Un an après les Pays-Bas, la Belgique devrait devenir mercredi le deuxième pays au monde à légaliser partiellement l'euthanasie, avec l'adoption définitive prévue au Parlement d'un projet de loi sur la "mort douce".
Situation médicale sans issue
Dans un pays à forte culture catholique, l'idée de légaliser la "mort douce" n'a paradoxalement donné lieu à aucune polémique enflammée. Selon un sondage publié l'an passé par le quotidien catholique La Libre Belgique, 72% des Belges se disent favorables sous conditions à l'euthanasie. Le vote des députés attendu mercredi est le dernier d'un parcours législatif de trois ans, à l'issue d'un débat ouvert après l'arrivée au pouvoir en Belgique en juin 1999 de la première coalition "laïque" (libéraux, socialistes, écologistes) du pays depuis 40 ans. Le sénat belge a déjà donné son feu vert au projet en octobre 2001. Selon le texte soumis aux députés, le médecin qui procèdera à une euthanasie "ne commettra pas d'infraction", dès lors que son patient, affligé d'une "souffrance physique ou psychique constante et insupportable" des suites d'une "affection accidentelle ou pathologique incurable", "se trouve dans une situation médicale sans issue". Le praticien devra aussi s'assurer que le patient est "majeur et conscient", que sa demande est "formulée de manière volontaire, réfléchie et répétée" et qu'elle "ne résulte pas d'une pression extérieure".
Garantir le droit aux soins palliatifs
Parallèlement, la loi sur les "soins palliatifs" que les députés devraient aussi adopter mercredi, imposera aux pouvoirs publics de "garantir le droit pour chaque patient" à bénéficier de ces soins. L'objectif est d'éviter que des personnes défavorisées, isolées ou fragiles ne soient tentées d'en finir avec la vie pour des raisons économiques. Tout médecin répondant à une demande d'euthanasie devra informer le malade de l'existence de tels soins. A ce jour, seuls les Pays-Bas ont légalisé l'euthanasie, en avril 2001, dans des conditions comparables à celles prévues en Belgique. D'autres pays européens, comme l'Espagne, admettent implicitement le "suicide assisté" mais la plupart se refusent à légiférer. En France, l'euthanasie est illégale mais le code pénal distingue entre sa pratique "passive" — "l'abstention thérapeutique" assimilée à une non assistance à personne en danger — ou active, le fait de provoquer la mort, qui reste assimilé à un homicide.


15 mai 2002
Un engrais naturellement miraculeux…

Un chercheur de McGill produit un engrais pouvant augmenter de 25% la croissance des plantes à partir d'une molécule naturelle…
Canada
En direct de l'ACFAS (Québec) Un nouvel engrais, entièrement naturel, augmenterait de 25% la croissance massique des plantes en stimulant le phénomène de la photosynthèse. Appliqué sur les graines ou les plants de maïs, de tomate ou de coton, entre autres, le fertilisant en accélère le développement et le nombre de branches et de feuilles. Donald Smith, professeur de l'Université McGill a découvert sous terre les mécanismes responsables du début de la photosynthèse : «Au printemps, quand la terre se réchauffe, les racines d'une plante envoient des messagers, les flavanoïdes à des bactéries spécifiques. Ces dernières répliquent avec les LCO». Ces molécules, les courriers des bactéries, signalent à la plante qu'il est temps de faire de la photosynthèse tout en lui permettant de capter l'azote présent dans le sol et nécessaire au phénomène. Dans ses laboratoires, Donald Smith peut produire les LCO. Par la suite, il lui suffit simplement de les diluer dans de l'eau pour obtenir un engrais efficace et entièrement naturel. En plus de fournir une réponse au problème de la malnutrition dans le monde, le fertilisant aux LCO pourrait contrer l'effet de serre: «Les plantes faisant plus de photosynthèse, elles transforment plus de gaz carbonique en oxygène», soutient Donald Smith. «Mais surtout, les LCO apportent une solution sans recours aux modifications génétiques».


15 mai 2002
Une méthode de fécondation à partir d'embryons congelés efficace à 82%

Le Pr Ermanno Greco, directeur du Centre de biologie et de médecine de la reproduction de l'hôpital européen de Rome, a annoncé lundi la découverte d'une nouvelle technique de laboratoire permettant de "véritablement revitaliser" des embryons congelés et efficace dans 82% des cas. La méthode élaborée par le Pr Greco et son équipe - une première mondiale, selon les chercheurs italiens - consiste à pratiquer "un micro-forage au rayon laser dans la zone externe de l'embryon" et à "introduire une micro-pipette spéciale à l'intérieur pour aspirer, et donc retirer, les cellules dégénérées". "Nous avons pu constater que l'embryon congelé ainsi traité est en mesure de reprendre sa capacité normale d'évolution et donc de produire une grossesse de la même manière qu'avec un embryon dit +frais+", a expliqué le Pr Greco. Pendant la procédure de décongélation, les scientifiques italiens ont relevé que "la capacité d'évolution des embryons est compromise surtout en raison de la dégénérescence nécrotique de certaines cellules composant les embryons (les blastomères)". Ces cellules sont capables de libérer des substances toxiques qui altèrent les capacités évolutives et de réplication des cellules saines. "Normalement les embryons congelés ne possèdent pas la même capacité d'implantation utérine et donc de grossesse portée à terme que les embryons frais", a encore souligné le Pr Greco pour qui de nouvelles perspectives sont désormais ouvertes aux patientes comme aux spécialistes de la fécondation in vitro. "Déjà cent bébés sont nés parfaitement sains et d'autres sont en cours de grossesse" grâce à la nouvelle technique", a enfin indiqué le Pr Greco.


14 mai 2002
La nicotine s'attaque à la production de neurones

Composant de la cigarette considéré comme responsable de la dépendance, la nicotine réduit la fabrication de nouveaux neurones, révèle, pour la première fois, une étude française publiée dans le numéro de mai de la revue américaine Journal of Neurosciences. Les travaux des chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) ont été menés sur des rats, sur une région du cerveau --le gyrus dentelé-- ayant la particularité de produire de nouveaux neurones tout au long de la vie et d'intervenir dans les processus d'apprentissage et de mémorisation. Les effets stimulants de la nicotine sur les fonctions cognitives ont été depuis longtemps démontrés, mais il apparaît aussi qu'en situation de sevrage, les gros fumeurs subissent une altération des mécanismes d'apprentissage et de mémorisation. Ce qui laisse supposer qu'une exposition chronique à la nicotine a des effets délétères sur le cerveau perturbant les performances cognitives. C'est pour tenter d'expliquer cette observation, jusqu'alors non étayée biologiquement, que les chercheurs de l'INSERM ont choisi d'étudier la plasticité (les changements de fonction ou de structure) d'une région particulière du cerveau de rats. L'analyse des données recueillies sur ces rongeurs montre que la prise de nicotine réduit la fabrication de neurones, et ce d'autant plus que les rats se servent plus copieusement en nicotine. Lors de l'expérience, qui a duré 42 jours, le nombre des nouveaux neurones a décliné de plus de moitié entre le groupe des rats qui ne recevaient pas de nicotine, et ceux qui prenaient la dose médiane déterminée par les chercheurs (0,04 mg par kilogramme). De même, les biologistes ont constaté que l'expression d'une protéine caractéristique (la PSA-NCAM), normalement produite lors de la migration des neurones, était abaissée de 44% entre ces deux groupes. De plus, la mort cellulaire a augmenté de façon d'autant plus marquée que la dose de nicotine absorbée était élevée. Les doses de nicotine fournies aux rats sont proches de celles absorbées par les fumeurs, soulignent les auteurs de l'étude, Djoher Nora Abrous et Pier-Vincenzo Piazza, de l'unité INSERM 259 basée à Bordeaux et dirigée par Michel Le Moal. Jusqu'à présent, peu de travaux ont fait état d'effets négatifs de la nicotine sur le cerveau et ce composant a même, dans certains cas, été reconnu pour son action bénéfique sur le système nerveux et donc, sur les neurones.


13 mai 2002
Nanoboom ! Ce que les nanotechnologies changeront dans notre quotidien

Des médicaments plus efficaces, des matériaux inusables, des ordinateurs plus petits que jamais. Les recherches sur la matière vue à l'échelle du nanomètre est pleine de promesses. Par Catherine Dubé
« Vous voyez cette petite poudre noire ? » Penché sur un alambic technologique - laser, mini-four et entrelacs de tuyaux -, Nadi Braidy pointe du doigt ce qui ressemble à un dépôt de suie sur une pastille de cuivre. « Ces particules sont des nanotubes de carbone », dit l'étudiant qui me guide dans les laboratoires de l'INRS-Énergie et Matériaux à Varennes. À poids égal, les molécules qui forment cette poudre surprenante sont plus résistantes aux chocs et à la chaleur que l'acier, mais aussi beaucoup plus souples ! » Elles valent 1 500 dollars américains le gramme, 150 fois plus que l'or ! Les nanotubes de carbone, ce sont les grandes vedettes de la nanotechnologie, cette science de l'infiniment petit. Un nanomètre correspond à un milliardième de mètre (ou un millionième d'un millimètre). Un simple cheveu mesure au moins 50 000 nanomètres (nm); énorme ! La nanotechnologie s'intéresse donc à la matière dans ses plus infimes retranchements, c'est-à-dire à l'agencement de ses atomes, ces derniers mesurant entre 0,1 et 0,4 nm. À cette échelle, la matière possède des propriétés étonnantes : le jour où on les maîtrisera, les nanotechnologies pourront créer une infinité d'applications en biotechnologie, en électronique et dans la fabrication de matériaux. Les stars de ce petit monde, ce sont les nanotubes de carbone. Ces molécules illustrent très bien comment l'agencement des atomes influe sur les caractéristiques de la matière. Les nanotubes sont entièrement composés d'atomes de carbone, comme le graphite ou le diamant, mais leur disposition est très particulière : ils se présentent comme une « feuille » d'un atome d'épaisseur formant un tube d'à peine quelques nanomètres de circonférence, mais de plusieurs milliers de nanomètres de longueur. Certains nanotubes comptent plusieurs parois, tels des cylindres insérés les uns dans les autres. Sur les photos prises au microscope par les chercheurs de l'INRS, les nanotubes ont l'air de long filaments qui s'enchevêtrent. La précieuse poudre noire contenue dans de petits récipients présente de minuscules amas : ce sont des nanotubes entremêlés, une « pelote » évidemment impossible à percevoir à l'oeil nu.


13 mai 2002
Une puce électronique implantée sur trois personnes d'une même famille
Agence France-Presse. Boca Raton, États-Unis
Trois personnes d'une même famille se sont fait implanter vendredi une puce électronique sous la peau pour stocker leur dossier médical, une opération filmée en direct par une télévision américaine et critiquée par des défenseurs des libertés individuelles. Lors d'une intervention bénigne de 20 minutes, un microprocesseur a été mis dans le bras de Derek Jacobs, 14 ans, de sa mère Leslie et de son père Jeffrey par le docteur David Wulkan, dans son cabinet de Boca Raton (Floride, sud-est). C'était l'idée de Derek que toute la famille reçoive un implant. Son père qui lutte contre un cancer depuis des années prend des dizaines de médicaments tandis que lui-même est allergique à certains antibiotiques. Ces puces «de la taille d'un grain de riz» sont l'invention d'une société, Applied Digital Solutions (ADS), qui prévoit de commercialiser massivement ces implants, sous le nom de VeriChips, permettant aux hôpitaux d'avoir un accès rapide à une information vitale en cas d'urgence. Lorsqu'elles sont lues par un décodeur spécial, les puces émettent un signal radio qui transmet un code à une base de données sécurisée contenant nom, adresse, numéro de téléphone et informations médicales de la personne en question. Mais les VeriChips peuvent aussi être utilisées comme une mesure de sécurité, lors de l'accès du personnel dans une entreprises. Couplée à un système de localisation, la puce pourrait aussi servir à suivre les déplacements d'individus. Cette technique revient à «accrocher une laisse électronique au cou des gens», a dénoncé Marc Rotenberg, de l'association Electronic Privacy Information Center.


12 mai 2002
Que se passe-t-il quand on fait l'amour ?

Comment les organes génitaux répondent-ils aux stimulations de l'acte sexuel? Pour le savoir, des médecins ont observé des couples à l'aide d'un appareil d'imagerie par résonance magnétique.
Pays-Bas 17/12/1999
Pour la première fois, un appareil d'imagerie par résonance magnétique (scanner) a pu observer les organes génitaux de couples en train de faire l'amour. L'expérience, d'abord tentée à titre de curiosité scientifique, a permis de faire progresser les connaissances en anatomie et en sexologie, ont indiqué les chercheurs responsables, dirigés par Willibrod Weijmar Schultz, de l'hôpital universitaire de Groningen, aux Pays-Bas. Côté homme, les images réalisées lors de l'expérience démontrent que lors d'un rapport dans la position du missionnaire, le pénis dans son entier (de sa racine interne à l'extrémité du gland) adopte la forme d'un boomerang. Il ne reste pas droit ou ne prend pas la forme d'un S, comme on le croyait auparavant. L'érection, qui atteint un angle de 120 degrés par rapport à la racine, permet par ailleurs une pénétration presque parallèle à la colonne vertébrale de la partenaire. Côté femme, on constate que l'utérus remonte légèrement alors que la partie antérieure du vagin rallonge. L'utérus ne se déplace pas, ni ne grossit, contrairement à ce qu'ont rapporté les sexologues américains Masters et Johnson dans les années 60. De plus, on ne trouve aucune trace du fameux point G, ni d'un réservoir de fluide capable d'alimenter une éventuelle éjaculation féminine. Les travaux, qui viennent d'être publiés par le British Medical Journal, se sont étalés sur sept ans. Ils ont impliqué huit couples et trois femmes seules, recrutés par une émission scientifique télévisée. Les volontaires devaient être de faible corpulence pour réussir à se glisser dans le tube modifié du scanner, d'un diamètre de 50 centimètres seulement. Faire l'amour en milieu médical a passablement stressé les participants. Les femmes ont toutes rapporté n'avoir eu que des orgasmes superficiels. Quant aux hommes, tous sauf un ont connu des problèmes d'érection, finalement surmontés grâce à la prise de Viagra.


12 mai 2002
Cellules souches : la recherche permise au cas par cas. Les scientifiques devront obligatoirement obtenir le feu vert d'Ottawa
Hélène Buzzetti. Le vendredi 10 mai 2002
Le Canada a fait son nid: la recherche sur les cellules souches provenant d'embryons humains sera permise au pays, mais seulement en guise de dernier recours. La pratique sera strictement réglementée, et une agence centrale à être créée devra donner son feu vert, au cas par cas. Imitant plusieurs autres pays occidentaux qui l'ont devancé en la matière, Ottawa a finalement dévoilé hier la loi qu'il veut se donner pour encadrer la recherche sur les cellules humaines, notamment le clonage. Le projet de loi réglementera aussi tout le secteur des nouvelles techniques de reproduction en imposant pour la première fois des normes uniformisées aux cliniques de fertilité. Le projet de loi C-56 déposé hier par la ministre de la Santé, Anne McLellan, complète le cycle d'un an de discussions sur le sujet. Son prédécesseur, Allan Rock, avait présenté un avant-projet de loi au printemps dernier, et un comité de la Chambre des communes a fait des recommandations sur cette ébauche en décembre. La recherche sur les cellules souches (qui ont le potentiel de se développer dans n'importe quel organe et que l'on croit très utiles pour guérir toute une gamme de maladies) ressort comme l'élément qui fera couler le plus d'encre. Les cellules souches se retrouvent dans les embryons et le tissu foetal, mais on commence à en déceler ailleurs dans le corps d'humains adultes. Le gouvernement annonce que la recherche avec les cellules souches provenant d'embryons sera permise, mais seulement si les chercheurs prouvent que leur «utilisation est nécessaire pour la recherche en cause». Une façon de dire, assurent les fonctionnaires de Santé Canada, «en dernier recours» seulement. Les embryons utilisés seront les surplus provenant des cliniques de fertilité. Le consentement écrit des géniteurs devra être obtenu. Aucun embryon ne pourra être conçu à seules fins de recherche. La tâche de décider de ce qui est «nécessaire» reviendra à la toute nouvelle Agence canadienne de contrôle de la procréation assistée. Cette agence, qui disposera d'un budget de dix millions de dollars, sera dirigée par un maximum de 13 administrateurs provenant de divers horizons. Tout chercheur basé au Canada, en laboratoire public ou privé, qui voudra mener des expériences avec des cellules souches devra non seulement faire approuver son projet par les organismes subventionnaires qu'il sollicitera et les comité scientifiques habituels mais aussi obtenir le feu vert de l'agence. Cette agence disposera aussi d'une équipe d'inspecteurs qui auront le pouvoir de visiter les lieux de recherche afin de s'assurer du respect de la loi canadienne. La Loi concernant la procréation assistée maintient les interdictions envisagées dans l'ébauche, notamment le clonage humain à des fins de reproduction ou de recherche thérapeutique, la sélection du sexe d'un enfant à naître ou encore la création d'hybrides zoohumains. Sur la question des cliniques de fertilité, le gouvernement n'aura pas écouté les recommandations du comité de la Chambre. Le comité demandait que la pratique des mères porteuses soit fortement découragée et que l'identité des donneurs de sperme ou d'ovules soit obligatoirement révélée aux futurs enfants. Le gouvernement, sensibilisé au fait qu'un couple sur huit est infertile et que le problème est appelé à prendre de l'ampleur, ne veut pas décourager ces pratiques Quand la vie commence-t-elle? La ministre Anne McLellan s'est bien défendue de ne pas tenir compte, en permettant la recherche sur les embryons par son projet de loi, des arguments de ceux qui défendent le caractère sacré de la vie humaine. «Nous pensons que nous en sommes arrivés à un équilibre approprié», a-t-elle déclaré à la presse. Mme McLellan refuse de se laisser attendrir par la destruction des embryons dans le processus de recherche sur les cellules souches. «Ce sont des embryons surnuméraires. Vous savez ce qui leur arrive? Vous savez ce qui leur arrive? Ils sont jetés à la poubelle», a-t-elle lancé d'un ton empreint de défi. «Le donneur peut choisir et décider qu'ils soient jetés, ce qui est tout à fait son droit, ou il peut aussi choisir, dans certaines circonstances, de laisser ces embryons surnuméraires être utilisés pour la recherche médicale.» Au moins trois députés libéraux, tous membres du caucus pro-vie de la colline parlementaire, ont déjà indiqué qu'ils voteront contre le projet de loi tel que présenté. Paul Szabo, Dan McTeague et Tom Wappel soutiennent tous qu'ils n'approuvent pas la destruction d'une vie, celle d'un embryon, au nom de la guérison potentielle d'une autre personne, par exemple un malade atteint de Parkinson. M. Wappel se réjouit toutefois que la loi définisse un embryon comme un «organisme humain». «C'est la première fois qu'on définit la vie humaine de façon à ce qu'elle comprenne les embryons», a-t-il indiqué au Devoir.


11 mai 2002
Interdiction du clonage : Severino Antinori parle d'intolérance

Mise à jour le jeudi 9 mai 2002, 9 h 26 .
Le gynécologue italien Severino Antinori a dénoncé aujourd'hui «le talibanisme du président George Bush qui veut interdire le clonage humain», ainsi que l'attitude de l'Église catholique, de «l'Angleterre libérale» et de la «fameuse France de la liberté». Lors d'une rencontre avec la presse étrangère à Rome, il a d'autre part affirmé que trois grossesses à partir d'embryons humains clonés se déroulaient actuellement dans le monde m