Une
rétine bionique permet à des aveugles de revoir la lumière
La
fusée, bientôt un moyen de transport aussi banal que l'avion ?
Jeux vidéo pour rester zen
Interdiction
du clonage : Severino Antinori parle d'intolérance
Cellules
souches : la recherche permise au cas par cas
Que
se passe-t-il quand on fait l'amour ?
Une
puce électronique implantée sur trois personnes
Nanoboom
! Ce que les nanotechnologies changeront...
La
nicotine s'attaque à la production de neurones
Une
méthode de fécondation à partir d'embryons congelé...
Un
engrais naturellement miraculeux…
L'euthanasie
bientôt légale en Belgique
L'autogreffe
Nouveau
rôle pour une cellule souche adulte
Cinq
équipes seraient dans la course au clonage humain
On
provoque une contraction musculaire chez un paraplégique
La
Belgique, deuxième pays à légaliser l'euthanasie
Des
scientifiques reproduisent des agneaux de huit semaines
Un
chercheur israélien crée la poule sans plumes
Des
ultra-sons pour toucher les futurs bébés
Des
moustiques transgéniques pour arrêter la transmission...
La
médecine régénératrice ouvre d'immenses espoirs
France
Télécom teste un blouson téléphone
Naissance
prévue des premiers clones humains fin 2002
Vibro-masseur
pour truie
Grâce
à son ADN, le tigre de Tasmanie pourrait revoir le jour
La
vie n’est pas si vieille
De
grandes quantités d'eau glacée sont présentes sur Mars
Regain
d'espoir pour la thérapie génique
Publication
d'une importante étude sur le stress
La
naissance annoncée des premiers clones humains
L'enfant
à venir de l'Eglise raélienne
31
mai 2002
L'enfant
à venir de l'Eglise raélienne
En matière de clonage humain, il faut compter avec l'Eglise raélienne,
un mouvement fondé sur la croyance dans l'existence de plusieurs
mondes habités et de visiteurs de l'espace et d'extraterrestres.
Pour celui-ci, les acquis de la biologie, et notamment de la biologie
moléculaire, sont autant d'éléments plaidant en faveur de ses thèses,
opposées à la théorie évolutionniste. La matérialisation du projet
raélien de clonage humain résulte d'une rencontre avec un couple
américain qui a perdu un enfant de dix mois à la suite d'une erreur
médicale. Ces parents - qui ont déjà deux autres enfants - tiennent
à "recréer" ce bébé afin qu'il "poursuive sa vie" prématurément
et injustement interrompue. Ils ont décidé de consacrer à ce projet
les sommes importantes provenant du procès qu'ils ont gagné contre
l'hôpital où est décédé leur enfant. En juin 2000, ils ont pris
contact avec les raéliens. Et quoiqu'ils n'appartiennent pas à la
secte, un accord a pu être trouvé : c'est leur enfant que les raéliens
tentent actuellement de cloner.
ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 25.05.02 http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3244--277062-,00.html
31
mai 2002
La naissance
annoncée des premiers clones humains
Dans un entretien au "Monde", le professeur Severino Antinori affirme
que trois enfants conçus par clonage verront le jour en décembre
2002 ou en janvier 2003. Le spécialiste italien n'est plus le seul
à postuler que ce procédé permettra de lutter contre la stérilité.
Sabaudia (Italie) de notre envoyé spécial Lors du congrès médical
international qu'il a organisé du 19 au 22 mai à Sabaudia, station
italienne renommée de la côte tyrrhénienne, le très controversé
professeur Severino Antinori (université Torvergata, Rome) a confirmé
son intention de développer au plus vite le clonage reproductif
dans l'espèce humaine afin de pallier certaines formes, aujourd'hui
incurables, de stérilité. Il a aussi affirmé que trois femmes, actuellement
enceintes d'embryons conçus selon cette technique, doivent accoucher
en décembre 2002 ou janvier 2003. Après s'être rendu célèbre pour
avoir permis à de nombreuses femmes ménopausées de donner naissance
à des enfants, le gynécologue-obstétricien romain relance donc une
nouvelle fois la controverse sur le clonage reproductif, pratique
unanimement condamnée par l'ensemble des institutions nationales
et internationales. Consacrée aux progrès présents et à venir dans
la lutte contre la stérilité, la rencontre de Sabaudia a permis
de montrer que le professeur Antinori n'était pas, tant s'en faut,
le seul spécialiste à estimer que le clonage reproductif ne justifiait
pas l'anathème international dont il fait l'objet et que le jour
n'était pas si lointain où cette technique ferait officiellement
partie de l'arsenal de la lutte contre la stérilité et l'infertilité
humaines. C'est d'ailleurs pour défendre ce point de vue que le
professeur Antinori vient de créer l'"association mondiale de la
médecine reproductive", qu'il préside avec Paul Dmowsky (Chicago),
Izu Eibschitz (Haïfa) et Yuri Verlinsky (Chicago). Plusieurs dizaines
de spécialistes, jusqu'alors adhérents d'une autre association internationale
qui regroupe les meilleures équipes travaillant dans les centres
privés de reproduction assistée, ont rejoint ses rangs. Lors d'un
"forum" organisé à Sabaudia, les membres de cette nouvelle association
mondiale de la médecine reproductive ont développé leurs arguments
en faveur du clonage reproductif. "Nous estimons, a expliqué le
professeur Eibschitz, que le clonage de l'espèce humaine permettra
de lutter contre certaines maladies et d'aider les couples stériles.
Cette technique a de très grandes potentialités. Mais, a-t-il précisé,
en matière de reproduction, le choix d'avoir ou non recours au clonage
ne pourra résulter que d'un débat ouvert et multidisciplinaire dans
lequel les couples concernés devraient avoir droit à la parole."
Les participants à ce forum ont cependant rappelé que rien, en pratique,
ne séparait la technique du clonage thérapeutique de celle du clonage
reproductif et que l'on ne pouvait pas, en toute logique, être favorable
au premier et condamner le second. Dans les deux cas, il s'agit
de procéder au transfert du noyau d'une cellule prélevée sur un
organisme adulte dans un ovocyte énucléé, de manière à obtenir un
embryon humain in vitro. RÉPONSE THÉRAPEUTIQUE Lors d'un clonage
thérapeutique, on détruit cet embryon à un stade précoce de son
développement de manière, d'une part, à obtenir et à développer
des lignées de cellules souches et, de l'autre, à mettre au point
de nouvelles thérapeutiques régénératrices contre des affections
aujourd'hui incurables. Pour le professeur Antinori et ceux qui
partagent ses convictions, les embryons ainsi obtenus peuvent également
fournir une forme de réponse thérapeutique à la stérilité d'un couple
dès lors qu'au lieu de les détruire on procède à leur transfert
in utero. Tout en exposant dans le détail les arguments avancés
par tous ceux qui, pour des raisons éthiques ou scientifiques, s'opposent
à la création d'êtres humains par clonage les participants au forum
de Sabaudia estiment être en mesure de démontrer que les leurs doivent
prévaloir. Le clonage reproductif serait condamnable, affirment
certains, du fait que l'enfant serait le " jumeau"de la personne
chez laquelle on a prélevé la cellule ? C'est oublier, rétorquent
d'autres, que son patrimoine héréditaire comportera une fraction
issue de la femme chez qui on aura prélevé un ovocyte. Le clonage
menacerait-il l'équilibre familial ? C'est faire bien peu de cas
de la liberté de choix de chacun et des couples, soulignent les
promoteurs du clonage. LA LIBERTÉ DE LA RECHERCHE Condamner le clonage
reproductif serait aussi s'opposer à la liberté de la recherche
scientifique et interdire la possibilité d'une perpétuation de la
vie en cas de catastrophe, naturelle ou provoquée par l'homme. Et,
à ceux qui invoquent les limites techniques actuelles du clonage,
les scientifiques participants à ce forum rappellent que les procédés
actuels de procréation médicalement assistée nécessitent également
de grandes quantités d'ovocytes. Ils soulignent également que la
plupart des anomalies observées chez les animaux clonés sont le
fait de mauvaises conditions des cultures embryonnaires alors que
les milieux de culture des embryons humains ont, depuis un quart
de siècle, fait l'objet de nombreux et notables progrès. Ils rappellent
enfin les grandes différences existant dans la physiologie de la
reproduction chez les mammifères et qui font que la manipulation
des cellules sexuelles apparaît beaucoup plus aisée chez l'homme
que dans d'autres espèces. Quoi qu'on pense de la position qu'ils
défendent, les partisans du clonage reproductif présents à Sabaudia
développent ainsi des arguments qui peuvent sans doute être contestés,
mais qui ont le mérite de s'inscrire dans une démarche objective
à visée thérapeutique. Ils se démarquent de ce fait d'une autre
entreprise de clonage humain, annoncée par l'Eglise raélienne. Dans
les couloirs du palace où était organisée la rencontre, on a aussi
longuement évoqué les tentatives secrètes de clonage humain qui
seraient en cours dans différents pays comme le Brésil et la Chine
et qui, réussies ou non, ne devraient pas, à court terme du moins,
faire l'objet de communications scientifiques.
Jean-Yves Nau
31
mai 2002
Publication
d'une importante étude sur le stress
Futura-Sciences.com
Les Mayo Clinic Proceedings (USA) publient une importante étude
menée par le Mid-America Heart Institute du St. Luke's Hospital
et de l'Université de Missouri à Kansas City sur l'impact du comportement
qualifié de "Type A" (agressivité, nervosité, anxiété, impatience
exacerbées) sur l'évolution des affections cardiovasculaires et
l'incidence d'attaques cardiaques. Les personnes présentant ces
traits de caractères activent beaucoup trop, souvent dans des circonstances
banales, le système nerveux sympathique responsable des réactions
rapides et bénéfiques lors d'événements stressants ou dangereux.
Les cardiologues estiment que 40% des crises cardiaques résultent
directement du stress. D'autres facteurs viennent s'ajouter à cette
constellation qui stimule trop le système sympathique : dépression,
diabète, obésité, hypertension, apnée et utilisation de certains
médicaments contre l'hypertension. En revanche, la prescription
de bêtabloquants semble constituée un traitement parfait pour ces
personnes, tout comme l'exercice physique régulier et modéré semble
constituer le meilleur régulateur de l'activité sympathique. Source
: Agence pour la Diffusion de l´Information Technologique (ADIT,
http://www.adit.fr)
30
mai 2002
Regain d'espoir
pour la thérapie génique
Paul Elias Associated Press Alameda, Californie Photothèque La
Presse Modélisation d'une molécule d'ADN Après le succès des
essais menés sur des bébés-bulle par un équipe de recherche française,
les sociétés américaines spécialisées dans le domaine de la thérapie
génique gagnent du terrain. L'une d'entre elle, la société Avigen
d'Alameda en Californie, vient de recevoir des autorités fédérales
l'autorisation de mener un essai de thérapie génique chez des personnes
atteintes d'hémophilie. De son côté, la société Onyx Pharmaceuticals
située près de Richmond en Californie, mène actuellement des essais
de thérapie génique sur des personnes atteintes de différents cancers,
notamment côlorectal et pancréatique. Cette publicité venue de France
est la bienvenue pour les chercheurs qui travaillent dans ce domaine
et qui espèrent voir leurs espoirs un jour aboutir, après que de
nombreux essais de thérapie génique aient été suspendus pour négligence.
En 1999, Jesse Gelsinger, un jeune homme de 18 ans était mort au
cours d'un essai. «La roue est en train de tourner», s'est félicité
le Dr W. French Anderson de l'Université de Californie du sud, qui,
en 1990, lançait le premier essai au monde de thérapie génique.
«Beaucoup de personnes se sont retirées de ce secteur de recherche
mais ceux qui y sont restés vont commencer à faire de réels progrès».
La thérapie génique est un procédé qui vise à introduire dans une
cellule cible un gène-médicament dans le but de corriger ou de pallier
le dysfonctionnement d'un ou de plusieurs gènes. Cette thérapie
s'applique théoriquement à l'ensemble des maladies génétiques, dont
les maladies neuromusculaires ou cardiovasculaires. Elle donne de
grands espoirs aussi dans le secteur des maladies neurodégénératives,
les cancers et certaines maladies virales, notamment le sida. Son
champ d'application potentiel est donc immense. Aux États-Unis,
depuis la mort de Jesse Gelsinger, le nombre des demandes d'autorisation
aux autorités pour effectuer des expérimentations a fortement baissé.
À l'heure actuelle, quelque 2200 personnes participent à 470 essais
aux États-Unis.
29
mai 2002
De grandes
quantités d'eau glacée sont présentes sur Mars
WASHINGTON (AFP)
De grandes quantités d'eau glacée sont présentes dans le sous-sol
de la planète Mars, selon des observations réalisées par la sonde
américaine Mars Odyssey, qui incitent à l'envoi sur la planète rouge
de nouveaux engins pour y explorer la possibilité d'une vie passée.
"La glace détectée en sous-sol par Odyssey pourrait ne représenter
que la pointe d'un iceberg gelé en profondeur", a estimé l'astronome
Jim Bell, de Cornell University à New York, dans une mise en perspective
des résultats à paraître vendredi dans la revue Science. "Cette
découverte pourrait servir à guider la sélection de futurs sites
où iront se poser de nouveaux engins d'exploration de Mars, à la
recherche de traces de vie sur cette planète", estiment les astronomes
auteurs des travaux. Ces données -- les premières collectées par
les trois principaux instruments de la sonde-- sont résumées dans
trois études consacrées à leur analyse, publiées par Science. Les
cartes établies indiquent que la plus forte concentration de glace
serait située entre 30 et 60 centimètres sous la surface de Mars,
dans des régions situées aux pôles. Les données "suggèrent que 20
à 35% du poids des couches contenant de la glace est constitué de
glace", précisent les chercheurs. Si les observations étaient confirmées,
elles permettrait de répondre à une question que se posent depuis
des années les spécialistes de la planète rouge : à quel endroit
est stockée l'eau dont les astronomes ont détecté des traces lors
des premières études de la surface de Mars. "Les résultats, après
seulement un mois d'observation (par la sonde Odyssey) sont impressionnants",
s'est encore enthousiasmé l'astronome Bell. Mars Odyssey, lancée
en avril 2001, est dotée de trois instruments qui ont permis ces
observations. Le premier est un spectrographe à rayons gamma (GRS)
capable de détecter la présence de 20 éléments chimiques de base
(carbone, silicium, fer, magnésium, etc.). Il comprend un détecteur
de neutrons à haute énergie décelant la présence d'eau et de glace
sur Mars, jusqu'à un mètre de profondeur. Ce GRS était déjà à bord
de la sonde Mars Observer mais avait cessé de fonctionner seulement
trois jours avant l'entrée de la sonde dans l'orbite de Mars en
1993. "De nombreux spécialistes de Mars attendaient ces données
depuis plus de 15 ans", a rappelé le professeur Bell. La sonde comporte
également un système d'imagerie thermale (THEMIS) consistant en
une caméra filmant Mars dans la partie visible et infrarouge du
spectre lumineux, afin de déterminer la distribution des minéraux
à la surface de la planète. Enfin, un spectrographe à particules
énergétiques (MARIE) permet d'analyser la nature des radiations
présentes dans l'environnement martien et qui pourraient présenter
un danger pour l'homme en cas de futures missions habitées. D'un
coût de 297 millions de dollars, cette mission - baptisée en hommage
au livre de Arthur C. Clarke et du film de Stanley Kubrick "2001
Odyssée de l'espace" - est considérée comme la reprise de l'exploration
de Mars pour la NASA. La sonde est la première du nouveau programme
d'exploration planétaire mis en place, après l'échec des sondes
Mars Climate Orbiter et Mars Polar Lander qui s'étaient écrasées
sur la planète rouge en 1999.
29
mai 2002
La vie n’est
pas si vieille
Cécile Dumas
La vie est-elle apparue sur Terre il y a plus de 3,8 milliards d’années,
soit environ 700 millions d’années après la formation de la planète
? Des chercheurs pensaient en avoir une preuve, mais des confrères
remettent en cause leur découverte dans un article publié par la
revue Science du 24 mai. Une équipe de géologue annonçait l’an dernier
dans la revue Nature la découverte d’une forme de vie fossilisée
de 3,85 milliards d’années dans des roches de l’île d’Akilia, au
Groenland. Ils démontraient que des micro-organismes avaient été
pris au piège dans des sédiments particuliers, appelés BIF pour
Banded Iron Formation, et, sous l’effet de la chaleur, de la pression
et du temps, ils s’étaient transformés en graphite –un type de carbone.
Christopher Fedo et Martin Whitehouse remettent en cause ces conclusions.
Selon eux, il ne s’agit pas de BIF mais de roches d’origine volcanique
formées à des températures trop élevées pour un organisme vivant.
Les deux auteurs rejettent également l’interprétation basée sur
les isotopes du graphite, trop hasardeuse à leur goût. Cette critique
est évidemment loin d’en finir avec le sujet. On peut prédire sans
trop de risque que la discussion sur l’origine de ce graphite va
repartir de plus belle.
28
mai 2002
Grâce à son
ADN, le tigre de Tasmanie pourrait revoir le jour
SYDNEY (AFP)
Une équipe de chercheurs australiens a annoncé mardi être en mesure,
par des manipulations génétiques, de ramener à la vie le tigre de
Tasmanie, une espèce disparue depuis plus de 60 ans. Le tigre, un
animal connu sous le nom scientifique de thylacine et qui ressemble
à un chien, était le plus grand marsupial carnivore connu jusqu'à
son extinction en 1936 après des décennies de chasse en raison de
son caractère nuisible. Le professeur Mike Archer, directeur de
l'Australian Museum, a cependant indiqué mardi que de l'ADN issu
d'un petit de thylacine conservé dans de l'ethanol avait pu être
reproduit avec succès et que cela rend théoriquement possible, d'ici
une dizaine d'années, la résurrection de cette espèce, une prouesse
génétique jusqu'alors jamais réalisée. Si le clonage du tigre de
Tasmanie est couronné de succès, cela pourrait ouvrir la voie à
d'autres tentatives pour rendre à la vie des espèces éteintes, a-t-il
indiqué à la presse. Le chercheur a précisé que d'autres sources
de tissus de bonne qualité, dont un os, une dent et des muscles
déshydratés, avaient par ailleurs été découvertes dans la collection
du musée. "Nous disposons de bien plus d'ADN de grande qualité que
nous le pensions quand nous avons démarré ce projet de recherche",
a déclaré M. Archer. Il a souligné que son équipe a été en mesure
d'obtenir de l'ADN à même de réagir de manière positivement à un
processus appelé réaction en chaîne préliminaire (PCR), ce qui constitue
une étape majeure rendant ensuite possible le clonage de molécules.
"Pour moi, cela a une signification qui provoque un enthousiasme
extraordinaire parce que ça veut dire que l'ADN supposée morte que
nous avions découverte, réagit en fait de la même manière que l'ADN
vivante", a indiqué le scientifique. Un bibliothèque de l'ADN du
thylacine va maintenant être réalisée par les chercheurs et, en
théorie, le tigre de Tasmanie pourrait retrouver la vie d'ici une
dizaine d'années.
25 mai 2002

Vibro-masseur pour truie
LA HAYE (AFP)
Une compagnie néerlandaise a développé des vibro-masseurs pour
truies afin de leur rendre plus agréable le processus d'insémination
artificielle. L'instrument, développé par une société de Bladel,
une ville du sud des Pays-Bas, est un vibro-masseur relié à un réservoir
de sperme. Les vibrations permettent aux truies "d'être excités
sexuellement très rapidement" et facilitent ainsi l'insémination
artificielle, a précisé une porte-parole de la société à l'agence
ANP. "Les gens utilisent des vibro-masseurs et nous nous sommes
dit: pourquoi ne pas adapter cela pour les cochons", a-t-elle ajouté
en soulignant que cette découverte améliorait la condition des animaux
25
mai 2002

Le Pr Antinori confirme : Naissance prévue des premiers clones humains
fin 2002
Associated Press Paris
Les premiers bébés clonés devraient voir le jour à la fin de l'année
ou au début de l'année prochaine: le professeur italien Severino
Antinori, le très controversé spécialiste de la procréation assistée,
a confirmé au «Monde» que trois femmes portent actuellement des
embryons conçus par la technique du clonage. «Je confirme que trois
femmes sont aujourd'hui enceintes, deux en Russie et la troisième
dans un autre pays, après implantation in utero d'embryons humains
obtenus à partir de la technique du transfert nucléaire et que les
naissances devraient survenir en décembre 2002 ou en janvier 2003»,
déclare le Pr Antinori dans un entretien que publie vendredi le
quotidien du soir. Mais la naissance des premiers clones humains
ne sera annoncée que «lorsque dix anfants issus de cette technique
auront atteint l'âge de deux ans», précise l'Italien, évoquant «l'opposition
mondiale» au clonage humain. «Il y a un an déjà, une telle grossesse
avait été obtenue en Russie, mais elle s'était conclue par une fausse
couche», précise-t-il, tout en reconnaissant être impliqué dans
l'obtention des trois grossesses en cours. «Je suis effectivement
à l'origine d'un réseau de spécialistes qui souhaitent pouvoir mettre
en oeuvre la technique du transfert nucléaire comme méthode permettant
de lutter contre certaines formes de stérilité». Un réseau dont
fait partie notamment le biologiste américain Pavos Zanos et «deux
chercheurs britanniques de grand renom qui souhaitent conserver
l'anonymat». Déjà au coeur de la polémique en 1994, lorsqu'il avait
permis à une femme de 63 ans de mettre un enfant au monde grâce
à un don d'ovocyte, le gynécologue obstrétricien, professeur de
physiologie reproductive à l'université Tovergata de Rome, est l'un
des rares défenseurs du clonage humain, dénoncé au nom de l'éthique
par l'ensemble de la communauté internationale. Publicité Considéré
comme un «apprenti-sorcier» par nombre de ses confrères, le Pr Antinori
dit d'ailleurs avoir porté plainte devant le tribunal de Rome contre
l'ancien ministre français délégué à la Santé, Bernard Kouchner
qui l'avait qualifié de «docteur Foléthique». «Il est dans le même
camp que ceux qui, il y a un quart de siècle, condamnaient Robert
Edwards et sa première tentative réussie de fécondation in vitro»,
estime-t-il. «Au-delà des fantasmes de la duplication des êtres»,
le professeur se dit «intimement convaincu qu'à court ou moyen terme,
le clonage trouvera sa place dans l'arsenal des techniques contre
la stérilité humaine».
24
mai 2002

Dans le cadre de ses travaux sur les vêtements intelligents, France
Télécom teste un blouson téléphone
Paris, le 21 juin 2000
France Télécom R&D, le centre de recherche et développement de l'opérateur,
vient de mettre au point son premier prototype de blouson communicant,
dont le mode de fonctionnement s'apparente à celui d'un kit mains
libres. Tout à fait ordinaire, ce prototype héberge la technologie
existante et offre les fonctionnalités d'un téléphone mobile sans
écran ni clavier apparent. Le blouson dispose d'un téléphone mobile
extra-plat (100 grammes) éclaté et intégré dans sa doublure, dans
le rabat du veston (clavier de numérotation) et dans son col (micros).
Une simple pression sur un bouton suffit pour obtenir la ligne ou
raccrocher. Le choix des correspondants s'effectue essentiellement
par commande vocale, en prononçant leur nom à voix haute ou en pianotant
leur numéro sur la partie du blouson prévue à cet effet. La qualité
de la communication établie égale celle obtenue avec n'importe quel
mobile. Les chercheurs de France Télécom mènent actuellement une
série de tests en condition réelle d'utilisation pour recueillir
les réactions des populations cibles et déceler de nouveaux usages
d'utilisation. Ces expérimentations impliqueront dans un premier
temps des professionnels en mobilité (ouvriers du BTP, par exemple),
des sportifs pratiquant leur discipline en loisir, et des adolescents
et jeunes étudiants. Les résultats enregistrés serviront également
à améliorer l'ergonomie des blousons : une nouvelle série de prototypes,
lancée en fin d'année, tiendra compte plus précisément des contraintes
d'usages des ces utilisateurs. Des contacts sont également actuellement
en cours avec des industriels et des fabricants de vêtements, intéressés
par une adaptation plus fine de ces blousons à des activités de
maintenance à distance ou à des enfants. Parmi les futures améliorations
figure notamment une fonction de sonnerie/vibreur, qui alertera
en toute discrétion l'utilisateur de l'arrivée d'un appel. Un système
innovant de réchauffement du tissu en contact avec la peau est également
à l'étude pour l'avertir instantanément, quelque soit son environnement
sonore. L'utilisateur a par ailleurs le libre choix de placer le
terminal sur la partie du corps qui lui convient (hanche, flanc…).
A terme, ces vêtements communicants serviront de mode d'accès simplifié
et mobile à un réseau global connecté à tous types de terminaux
: téléphone portable, Palm Pilot, ordinateur individuel… Ils fonctionneront
comme un véritable média de transmission, autorisant une joignabilité
permanente. Ces premières réalisations permettent d'ores et déjà
à France Télécom de franchir un nouveau pas dans sa démarche d'intégration
globale de services. France Télécom R&D, centre de recherche & développement,
est le moteur de l'innovation de France Télécom et de ses filiales,
en France et à l'étranger. Son rôle : anticiper les révolutions
technologiques et d'usages, innover pour offrir aux clients le meilleur
des télécommunications, tout en imaginant dès maintenant les technologies
qui feront partie demain de leur quotidien. Les résultats de France
Télécom R&D placent le groupe, en Europe, à la 1ère place de la
recherche & développement en télécommunications.
22
mai 2002

La médecine régénératrice ouvre d'immenses espoirs (cellules-souches
au Sénat)
Depuis 5 ans, les avancées en biologie ont montré que l'irréversibilité
génétique des cellules dites différenciées n'est plus aussi certaine.
Contrairement à ce qui était admis il y a encore quelques années,
on sait désormais que presque tous les types de cellules, et non
les seules cellules embryonnaires, possèdent une étonnante plasticité
cellulaire. De nombreuses perspectives thérapeutiques régénératrices
voient le jour avec l'avènement des cellules-souches, embryonnaires
ou adultes, et l'on peut penser que dans un avenir assez proche
(c'est déjà le cas avec les greffes de cellules-souches hématopoïétiques),
il sera possible de réparer n'importe quel tissu lésé. Récemment,
un malade cardiaque de 74 ans, Jim Nichol, a été traité avec des
cellules-souches adultes à l´hôpital John Hunter de Newcastle en
Australie. Cet hôpital travaille sur l'utilisation de ces cellules
pour stimuler la croissance de nouveaux vaisseaux sanguins dans
le coeur de patients ne pouvant plus être soignés grâce aux méthodes
conventionnelles d´angioplastie ou de pontage. L'équipe du cardiologue
Suku Thambar a extrait des cellules souches provenant de la moelle
de la hanche de Jim Nichol, les a cultivées puis réinjectées au
niveau du muscle cardiaque. Il faut à présent attendre le résultat
des études complémentaires sur six mois pour savoir si l'expérience
est véritablement concluante. Le docteur Michel Levesque du Cedars-Sinai
Medical Center de Los Angeles avait utilisé une méthode similaire
pour traiter un patient atteint de la maladie de Parkinson. Il avait
prélevé des cellules-souches adultes du cerveau du malade, puis
les lui avait réinjectées. Deux ans après, l'homme ne présenterait
plus de symptômes de la maladie. Ces exemples montrent que la biologie
est en train de vivre une nouvelle révolution technologique, cinquante
ans après la découverte de la double hélice d'ADN. Maurice Tubiana,
Président de l'Académie nationale de médecine, en clôture du colloque
sur les cellules-souches et la thérapie cellulaire qui s'est tenu
à l'Académie des sciences, a d'ailleurs souligné récemment les possibilités
nouvelles qu'offrent chaque jour les recherches sur les potentialités
des cellules souches embryonnaires et adultes. Cependant, de nombreux
mystères restent à éclaircir et la recherche sur la plasticité cellulaire
n'en est qu'à ses débuts. On ne sait pas encore si les cellules-souches
qu'on observe se différencier dans les organes (foie, cerveau, moelle
épinière notamment) proviennent des organes eux-mêmes (réservoirs),
de la migration des cellules-souches provenant d'un autre endroit,
ou bien encore si elles ne dérivent pas d'une trans-différenciation
provoquée par une réversibilité génétique (théorie émise par Neil
Theise, du New York University Medical Center). Mais les observations
et des preuves expérimentales accumulées depuis 5 ans par de nombreuses
équipes de recherches confirment la réalité d'une plasticité cellulaire
de nombreuses cellules (hématopoïétiques, hépatiques, neurales,
etc'), c'est-à-dire la capacité à pouvoir de nouveau revenir à un
état totipotent et pour, sous certaines conditions, se redifférencier
en d'autres types cellulaires. La naissance de la brebis Dolly a
mis en évidence que l'on était capable de reprogrammer le noyau
d'une cellule adulte pour en faire un embryon capable de générer
tous les types cellulaires. De même, les cellules-souches adultes,
qui pourraient constituer une alternative aux cellules-souches embryonnaires,
semblent être en mesure de fournir une réserve pour de nombreux
types cellulaires (cellules-souches de muscle squelettique en cardiomyocytes,
cellules-souches de cerveau en cellules hématopoïétiques, etc').
Alors que le débat éthique sur le clonage thérapeutique s'intensifie
et que l'importation de deux lignées de cellules-souches embryonnaires
vient d'être autorisée par le Ministère de la Santé, une nouvelle
découverte scientifique vient encore de confirmer l'extraordinaire
plasticité des cellules-souches adultes. Une équipe de chercheurs
français, norvégiens et américains a réussi à reprogrammer et à
transformer en éprouvette des cellules adultes humaines de peau
en cellules nerveuses radicalement différentes (Nature biotechnology
de mai 2002 http://www.nature.com/cgi-taf/dynapage.taf?file=/nbt/journal/v20/n5/index.html).
Ces dernières se comportent comme des acteurs du système immunitaire
ou du système nerveux sans passer par l'étape du clonage thérapeutique
qui comporte de nombreux et sérieux risques de dérives éthiques,
comme le clonage reproductif ou les risques de dérive marchande
des ovocytes féminins. L'équipe d'Anne-Mari Hakelien, de l'université
d'Oslo, et de Philippe Collas, a mis au point un procédé novateur
à partir de fibroblastes qu'ils ont rendus perméables pour éliminer
certains composants avant de les mettre en présence d'une « soupe
» de cellules T du système immunitaire. Cette « soupe » contient
des facteurs nucléaires qui ont été transportés jusque dans le noyau
des fibroblastes. Ils se sont liés à l'ADN et ont réussi à réguler
l'expression de certains gènes dans un sens radicalement différent.
Cette transformation particulièrement impressionnante a perduré
au moins deux mois. L'équipe a ensuite réalisé une opération similaire
à partir de fibroblastes transformés cette fois à l'aide de précurseurs
de neurones, en cellules porteuses de projections ressemblant à
des débuts d'axones et synthétisant des neurofilaments protéiques.
Si cette flexibilité cellulaire se confirme, elle pourrait constituer
une alternative prometteuse au clonage thérapeutique et ouvrir une
voie royale vers une médecine régénératrice, permettant d'obtenir
à partir des propres cellules de peau d'un patient, des cellules
dotées de propriétés radicalement différentes. La communauté scientifique
est à présent persuadée que de tels outils seront la source d'innovations
thérapeutiques qui bouleverseront la médecine de demain : capacité
de régénérer les neurones dans les maladies neurodégénératives ou
bien les cellules cardiaques après un IDM, remplacement des cellules
pancréatiques déficientes dans le diabète, et bien d'autres applications
encore. Notre pays a enfin pris la mesure de ces extraordinaires
perspectives de réparation cellulaire, et des immenses enjeux économiques
qui en découlent, en autorisant il y a quelques jours l'importation
de cellules-souches embryonnaires. Cette décision était réclamée
depuis novembre 2001 par de nombreux chercheurs français, dont quatre
prix Nobel : G. Charpak, J. Dausset, F. Jacob et J.M. Lehn. Elle
devrait permettre à la France de ne pas se laisser distancer dans
la compétition scientifique internationale par les pays autorisant
déjà la recherche sur les embryons surnuméraires (EU, GB notamment).
Nous devons cependant être conscients que ces avancées extraordinaires
de la biologie, caractérisées notamment par une maîtrise croissante
des techniques de clonage, vont soulever dans un futur proche de
redoutables questions éthiques dont les débats sur le clonage thérapeutique
ne sont que les prémices. Les immenses espoirs soulevés par cette
médecine régénérative vont susciter une pression économique et sociale
très forte pour développer toutes les voies de recherche en matière
de cellules-souches et de plasticité cellulaire. Nous devons donc
rester très vigilants et veiller à ce que ces recherches prometteuses
gardent une finalité thérapeutique incontestable et se poursuivent
de manière transparente dans un cadre législatif et éthique précis
et rigoureux.
René Trégouët Sénateur du Rhône
http://www.tregouet.org/lettre/index.html
http://www.medito.com/article177.html
22
mai 2002

Des moustiques transgéniques pour arrêter la transmission du paludisme
Paris (AFP)
Des chercheurs américains sont parvenus à modifier génétiquement
des moustiques de façon à les rendre impuissants à transmettre le
paludisme, selon la revue Nature. Le paludisme ou malaria, terme
désignant un groupe de maladies caractérisées par des crises fébriles
périodiques, tue entre 1 et 3 millions de personnes par an, principalement
en Afrique, et si aucune mesure n'était prise, il devrait faire
deux fois plus de victimes d'ici à vingt ans. Les efforts pour le
vaincre se heurtent à la résistance aux médicaments du Plasmodium
(l'agent du paludisme), à la résistance aux insecticides développée
par les moustiques, et à l'absence de tout vaccin, rappelle la revue
britannique. Les moustiques étant les vecteurs obligés pour la transmission
de la maladie, celle-ci pourrait être mise à mal s'ils sont privés
de leur capacité à transmettre des parasites. Un grand nombre des
outils nécessaires pour une manipulation génétique des moustiques
à cet effet ont déjà été développés. Des gènes étrangers susceptibles
de conférer des propriétés anti-malariennes peuvent désormais être
introduits dans des cellules reproductrices chez deux types de moustiques,
les culicidés et les anophèles. Ces gènes produisent une molécule
qui bloque le développement du Plasmodium, en l'empêchant de se
transporter de l'intestin jusqu'aux glandes salivaires du moustique.
Ce parcours est crucial dans la transmission de la maladie, qui
se transmet du sang d'une personne à celui d'une autre par l'intermédiaire
d'une piqûre de moustique. Ces découvertes effectuées en laboratoire
par Marcelo Jacobs-Lorena, généticien à l'université Case Western
Reserve de Cleveland (Ohio) pourraient être décisives pour la mise
au point de nouvelles stratégies de lutte contre la maladie, même
si le chemin à parcourir reste énorme, selon un commentaire de chercheurs
du Laboratoire Européen de Biologie Moléculaire de Heidelberg cité
par Nature.
21
mai 2002

Des ultra-sons pour toucher les futurs bébés
Reuters
Chicago
Aux futurs parents qui n'en peuvent plus d'attendre pour toucher
leur prochain bébé, la société américaine Novint Technologies propose
son logiciel e-Touch, couplé avec une technologie de rendu d'images
en trois dimensions grâce aux ultra-sons. La technologie développée
par cette société d'Albuquerque, dans l'État du Nouveau-Mexique,
permet de ressentir la sensation du toucher à travers un stylet
promené sur l'image en ultra-sons du futur nouveau-né alors qu'il
est encore dans le ventre de sa mère. «Vous pouvez en fait voir
beaucoup plus clairement à quoi ressemble le bébé», explique le
directeur de Novint, Tom Anderson, 27 ans, dont la femme attend
son premier enfant pour juillet. «La sensation est un peu molle,
comme celle de la peau. Vous pouvez passer sur toute la surface
et ressentir un peu du contour et de la pression.» Cette sensation
du toucher possède de nombreuses applications médicales potentielles.
Elle peut aider, par exemple, à surveiller le développement d'un
foetus. «Si un bébé a une anomalie, cela peut aider les parents
à savoir comment il est formé», souligne Jan Easton Carrasco, président
de la société New Mexico Sonographics, partenaire de Novint. Autres
applications possibles: l'évaluation des tumeurs du sein ou des
polypes du côlon, afin de diminuer le risque d'erreur chirurgicale
en permettant au médecin de s'entraîner avant l'intervention. «La
sensation du toucher est extrêmement importante du point de vue
chirurgical», explique le Dr. Glenroy Heywood, chirurgien des hôpitaux
universitaires du Nouveau-Mexique, qui travaille à développer des
applications pour la technologie e-Touch. Couplé à une radiographie
par tomographie ou à une image par résonance magnétique, le logiciel
e-Touch permet au chirurgien de ressentir la texture et le relief
du corps du patient, comme lors d'une opération en aveugle. Mais
la société Novint travaille aussi à des applications dans l'ergonomie
des automobiles, les jeux de hasard sur ordinateur et la prospection
souterraine de gaz et de pétrole.
21
mai 2002

Un chercheur israélien crée la poule sans plumes
Reuters Jérusalem
Un généticien israélien a inventé par croisement une poule
sans plumes qu'il pare de toutes les vertus. Selon Avigdor Cahaner,
de l'Université hébraïque israélienne, l'absence de plumes permet
de favoriser la croissance sous les latitudes tropicales, alors
qu'avec les espèces ordinaires, il faut veiller à ce que la température
ne s'élève pas trop. Du coup, son invention peut aussi entraîner
des économies sur les frais de ventilation des poulaillers ainsi
que sur l'eau nécessaire au plumage dans les abattoirs. En revanche,
ces poules à la peau rose tirant sur le rouge craignent le froid.
«Cela leur ferait du mal si ces animaux étaient forcés d'être dehors,
l'hiver. Ce ne sont pas des poules faites pour la campagne anglaise
en hiver», prévient le généticien. Il a déjà produit plusieurs dizaines
de ces volatiles issus du croisement d'un petit oiseau à la peau
naturellement nue et d'une poule ordinaire. Cahaner dit vouloir
encore améliorer cette race hybride pour la porter à une taille
normale, alors que pour l'instant ses poules sont plus petites que
la moyenne.
20
mai 2002
Des scientifiques reproduisent des agneaux de huit semaines
Agence France-Presse Varsovie
Des scientifiques polonais et tchèques ont réussi à reproduire des
agneaux de huit semaines dont les gamètes immatures males et femelles
mis en culture avaient été croisés puis implantés sur des mères
porteuses, a-t-on appris vendredi. «Une des mères porteuses a donné,
après 146 jours de gestation, naissance à trois agneaux en bonne
santé», a déclaré à l'AFP le professeur Edward Wierzchos de l'Académie
agricole de Cracovie (sud). L'expérience «raccourcit le laps de
temps entre deux générations et peut avoir d'importantes applications
dans l'élevage des animaux», a-t-il expliqué. Elle permettra aux
éleveurs de déterminer plus rapidement la qualité reproductrice
et génétique des animaux, selon M. Wierzchos. Il reconnaît également
que de telles manipulations seraient aussi possibles chez l'être
humain. «Biologiquement tout est possible, la question est: pour
quoi faire?», a-t-il ajouté.
19
mai 2002

La Belgique, deuxième pays à légaliser l'euthanasie
Les députés belges ont adopté jeudi soir une loi faisant de la Belgique
le deuxième pays au monde, après les Pays-Bas, à légaliser partiellement
l'euthanasie. Le texte de loi a été adopté par 86 voix pour, 51
voix contre et 10 abstentions, au terme de deux journées de débat,
rapporte l'AFP. Ce vote constituait la dernière étape d'un parcours
législatif entamé en 1999. Après l'entrée en vigueur de la loi,
d'ici environ trois mois, la pratique de l'euthanasie restera strictement
encadrée. Pour éviter les abus, les pouvoirs publics belges devront
en outre assurer le développement de programmes de soins palliatifs
dans les hôpitaux du pays. Le texte de la loi stipule que le médecin
qui procèdera à une euthanasie «ne commettra pas d'infraction, dès
le moment que son patient, affligé d'une souffrance physique ou
psychique constante et insupportable des suites d'une affection
accidentelle ou pathologique incurable, se trouve dans une situation
médicale sans issue». Le praticien devra aussi s'assurer que le
patient est «majeur et conscient», que sa demande est «formulée
de manière volontaire, réfléchie et répétée et qu'elle ne résulte
pas d'une pression extérieure». Le sénateur libéral Philippe Monfils,
l'un des initateurs de la loi sur l'euthanasie, a estimé à l'issue
du vote qu'il s'agissait d'une «victoire de la liberté et du respect
de la dignité des patients». L'opposition sociale-chrétienne, qui
avait présenté une centaine d'amendements, a voté sans surprise
contre le texte. «Nous voulons des pouvoirs publics qui incitent
à la solidarité entre les générations. Nous combattrons cette loi
jusque devant la Cour européenne des droits de l'hommr», a dit leur
chef de file, Tony Van Parys. Dans le but d'éviter que des personnes
défavorisées, isolées ou fragiles ne soient tentées d'en finir avec
la vie pour des raisons économiques, une loi sur les soins palliatifs,
adoptée également dans la soirée, impose aux pouvoirs publics de
garantir le droit pour chaque patient à bénéficier de ces soins.
Tout médecin répondant à une demande d'euthanasie devra informer
le malade de l'existence de tels soins. Jusqu'à ce jour, seuls les
Pays-Bas avaient légalisé l'euthanasie, en avril 2001, dans des
conditions comparables à celles adoptées par la Belgique. Le vote
belge intervient moins d'un semaine après le décès dans la souffrance
de Diane Pretty, une Britannique de 43 ans, paralysée et incurable
à qui les tribunaux du Royaume-Uni et la Cour européenne des droits
de l'homme ont refusé le droit de se faire aider par son mari pour
mourir. Selon un sondage publié l'année dernière par le quotidien
catholique La Libre Belgique, 72% des Belges étaient favorables
à la légalisation sous conditions de l'euthanasie.
18
mai 2002

On provoque une contraction musculaire chez un paraplégique
Des
chirurgiens français ont réussi à provoquer une contraction musculaire
chez une personne paraplégique depuis plus d'un an en pratiquant
sur elle une greffe de neurone au niveau de la moelle épinière lésée.
Ces résultats présentés récemment à Deauville (Calvados), lors du
colloque scientifique international organisé par l'Institut pour
la recherche sur la moelle épinière, seront publiés en juin dans
une revue scientifique spécialisée ("Journal of neutrotrauma").
Les équipes dirigées par le Professeur Marc Tadie, du service de
neurochirurgie à l'hôpital Bicêtre (Le Kremlin-Bicêtre), et le Professeur
Roger Robert, (CHU de Nantes), ont greffé un morceau de nerf périphérique
au-dessus de la lésion médullaire du patient, avant de le relier
aux racines motrices (des nerfs moteurs) situées en-dessous de la
lésion. Neuf mois après, un des patients a présenté des contractions
volontaires au niveau de certains groupes musculaires de la cuisse,
les muscles adducteurs notamment, contractions qui ont continué
à s'améliorer durant l'année qui a suivi. Cette expérience menée
avec l'autorisation du Comité de protection des personnes, montre,
selon les chirurgiens, que la technique qui consiste à faire repousser
des neurones par l'intermédiaire d'un greffon de nerf périphérique,
et à les faire sortir vers la moelle pour atteindre une cible musculaire
est aussi possible chez l'être humain. De nombreux travaux avaient
été réalisés sur l'animal.
18
mai 2002

Cinq équipes seraient dans la course au clonage humain
Cinq équipes de chercheurs dans le monde sont engagées dans une
course mondiale pour faire naître le premier bébé cloné, probablement
en 2003, a affirmé mercredi à Washington l'andrologue américain
Panos Zavos. "La technologie du clonage se développe très vite",
a-t-il dit, lors d'une audition devant une sous-commission de la
Chambre des représentants. "Mon sentiment est que la première naissance
ne pourra avoir lieu cette année. Elle aura lieu en 2003", a-t-il
ajouté. Outre sa propre équipe, l'équipe italienne du gynécologue
Severino Antinori et celle de la chimiste française Brigitte Boisselier,
liée à la secte des Raëliens, le Dr Zavos a affirmé qu'il connaissait
plusieurs équipes "qui font d'importants progrès" dans ce domaine,
en citant "les Chinois et les Russes". Il a confié vouloir arriver
le premier. "Je suis dans la course pour gagner et pour gagner le
premier", a-t-il dit. "Les Chinois vont probablement nous dépasser",
a-t-il cependant ajouté, sans vouloir en dire davantage. Interrogé
par ailleurs sur l'état de ses propres travaux, le Dr Zavos, qui
dirige l'Institut d'andrologie d'Amérique, à Lexington (Kentucky),
a affirmé ne pas avoir encore débuté sa tentative de clonage humain.
"Je n'ai pas produit d'embryons humains clonés (...) Je n'ai pas
de grossesses clonales en cours", a-t-il affirmé, alors qu'il témoignait
sous serment. Enfin, il a fortement mis en doute la véracité des
propos récents de son ancien partenaire italien, le Dr Antinori,
selon qui trois femmes seraient actuellement porteuses d'embryons
humains clonés dans des Républiques de l'ex-URSS et dans un pays
islamique. "J'ai de bonnes raisons de penser que ce n'est pas vrai",
a-t-il dit.
17
mai 2002

Nouveau rôle pour une cellule souche adulte
Des chercheurs du Stem Cell Institute (Minnesota, USA) ont obtenu
des hépatocytes, des cellules du foie, à partir de cellules souches
adultes de la moelle osseuse. Catherine Verfaillie et ses collègues
du SCI confirment ainsi l’intérêt des MPAC, « multipotent adult
progenitor cells », des cellules multipotentes qu’ils ont mis en
évidence il y a peu chez les humains et les rongeurs. Leurs derniers
travaux, publiés dans le Journal of Clinical Investigation du mois
de mai, montrent que les cellules obtenues à partir des MAPC se
comportent comme des hépatocytes. Elles produisent trois éléments
clefs : l’albumine, l’urée et l’enzyme cytochrome P450, indispensable
pour la détoxication du sang. Ces chercheurs ont déjà obtenu d’autres
tissus à partir des MAPC, comme le muscle ou le cartilage. A long
terme, Catherine Verfaillie espère que ces recherches permettront
de la culture de foies pour les personnes souffrant d’un dysfonctionnement
ou d’une maladie de cet organe vital. Dans l’immédiat, ces cellules
pourront aider l’industrie pharmaceutiques à tester ses molécules.
16
mai 2002

L'autogreffe
Une nouvelle génération de greffe est arrivée avec le génie tissulaire,
science qui répare, régénère, remplace et reconstruit les tissus
ou les organes d'un individu à partir de ses propres cellules.
Canada
En direct de l'ACFAS Après l'allogreffe et la xénogreffe, l'implantation
d'une portion de tissu ou d'organe venant respectivement d'un tiers
et d'un animal, voici venue l'autogreffe, où le donneur et le receveur
ne font qu'une seule et même personne. « L'autogreffe évite les
problèmes de rejet et les complications infectieuses dues au greffon
lui-même ou à l'état de faiblesse dans lequel se trouve le patient
», a expliqué le docteur François Auger du Laboratoire d'organogenèse
expérimentale (LOEX) de l'hôpital Saint-Sacrement, à Québec. Le
génie tissulaire, qui fabrique des pièces de rechange pour le corps
humain et lui permet de se guérir tout seul, compense le manque
d'organes à transplanter. Par ailleurs, certains pays, comme le
Japon, sont très intéressés parce que là-bas, le don d'organes n'existe
pas. Cette science permet de traiter les grands brûlés et les ulcères
chroniques. Prélever des morceaux de peau saine sur une personne
brûlée au troisième degré, en isoler les cellules pour les mettre
en culture et les lui réimplanter ensuite permet de lui sauver la
vie. Depuis 1986, François Auger a soigné plus d'une centaine de
patients. « Le génie tissulaire a permis d'augmenter les chances
de survie d'une personne atteinte de brûlures graves», a affirmé
le chercheur. « De plus, la cicatrisation est plus rapide qu'avec
une greffe classique », a-t-il ajouté. Outre la peau et les vaisseaux
sanguins, les scientifiques songent maintenant à cultiver des ligaments,
des cartilages et d'autres tissus plus complexes. À quand la fabrication
in vitro d'organes entiers ?
16
mai 2002
L'euthanasie bientôt légale en Belgique
Les députés belges doivent adopter mercredi un projet de loi autorisant
l’euthanasie. Cette pratique sera strictement encadrée. Les pouvoirs
publics s’engageront dans le même temps à développer des programmes
de soins palliatifs dans les hôpitaux. Mis en ligne le 15 mai 2002
Un an après les Pays-Bas, la Belgique devrait devenir mercredi le
deuxième pays au monde à légaliser partiellement l'euthanasie, avec
l'adoption définitive prévue au Parlement d'un projet de loi sur
la "mort douce".
Situation médicale sans issue
Dans un pays à forte culture catholique, l'idée de légaliser la
"mort douce" n'a paradoxalement donné lieu à aucune polémique enflammée.
Selon un sondage publié l'an passé par le quotidien catholique La
Libre Belgique, 72% des Belges se disent favorables sous conditions
à l'euthanasie. Le vote des députés attendu mercredi est le dernier
d'un parcours législatif de trois ans, à l'issue d'un débat ouvert
après l'arrivée au pouvoir en Belgique en juin 1999 de la première
coalition "laïque" (libéraux, socialistes, écologistes) du pays
depuis 40 ans. Le sénat belge a déjà donné son feu vert au projet
en octobre 2001. Selon le texte soumis aux députés, le médecin qui
procèdera à une euthanasie "ne commettra pas d'infraction", dès
lors que son patient, affligé d'une "souffrance physique ou psychique
constante et insupportable" des suites d'une "affection accidentelle
ou pathologique incurable", "se trouve dans une situation médicale
sans issue". Le praticien devra aussi s'assurer que le patient est
"majeur et conscient", que sa demande est "formulée de manière volontaire,
réfléchie et répétée" et qu'elle "ne résulte pas d'une pression
extérieure".
Garantir le droit aux soins palliatifs
Parallèlement, la loi sur les "soins palliatifs" que les députés
devraient aussi adopter mercredi, imposera aux pouvoirs publics
de "garantir le droit pour chaque patient" à bénéficier de ces soins.
L'objectif est d'éviter que des personnes défavorisées, isolées
ou fragiles ne soient tentées d'en finir avec la vie pour des raisons
économiques. Tout médecin répondant à une demande d'euthanasie devra
informer le malade de l'existence de tels soins. A ce jour, seuls
les Pays-Bas ont légalisé l'euthanasie, en avril 2001, dans des
conditions comparables à celles prévues en Belgique. D'autres pays
européens, comme l'Espagne, admettent implicitement le "suicide
assisté" mais la plupart se refusent à légiférer. En France, l'euthanasie
est illégale mais le code pénal distingue entre sa pratique "passive"
— "l'abstention thérapeutique" assimilée à une non assistance à
personne en danger — ou active, le fait de provoquer la mort, qui
reste assimilé à un homicide.
15
mai 2002

Un engrais naturellement miraculeux…
Un chercheur de McGill produit un engrais pouvant augmenter de
25% la croissance des plantes à partir d'une molécule naturelle…
Canada
En direct de l'ACFAS (Québec) Un nouvel engrais, entièrement naturel,
augmenterait de 25% la croissance massique des plantes en stimulant
le phénomène de la photosynthèse. Appliqué sur les graines ou les
plants de maïs, de tomate ou de coton, entre autres, le fertilisant
en accélère le développement et le nombre de branches et de feuilles.
Donald Smith, professeur de l'Université McGill a découvert sous
terre les mécanismes responsables du début de la photosynthèse :
«Au printemps, quand la terre se réchauffe, les racines d'une plante
envoient des messagers, les flavanoïdes à des bactéries spécifiques.
Ces dernières répliquent avec les LCO». Ces molécules, les courriers
des bactéries, signalent à la plante qu'il est temps de faire de
la photosynthèse tout en lui permettant de capter l'azote présent
dans le sol et nécessaire au phénomène. Dans ses laboratoires, Donald
Smith peut produire les LCO. Par la suite, il lui suffit simplement
de les diluer dans de l'eau pour obtenir un engrais efficace et
entièrement naturel. En plus de fournir une réponse au problème
de la malnutrition dans le monde, le fertilisant aux LCO pourrait
contrer l'effet de serre: «Les plantes faisant plus de photosynthèse,
elles transforment plus de gaz carbonique en oxygène», soutient
Donald Smith. «Mais surtout, les LCO apportent une solution sans
recours aux modifications génétiques».
15
mai 2002

Une méthode de fécondation à partir d'embryons congelés efficace
à 82%
Le Pr Ermanno Greco, directeur du Centre de biologie et de médecine
de la reproduction de l'hôpital européen de Rome, a annoncé lundi
la découverte d'une nouvelle technique de laboratoire permettant
de "véritablement revitaliser" des embryons congelés et efficace
dans 82% des cas. La méthode élaborée par le Pr Greco et son équipe
- une première mondiale, selon les chercheurs italiens - consiste
à pratiquer "un micro-forage au rayon laser dans la zone externe
de l'embryon" et à "introduire une micro-pipette spéciale à l'intérieur
pour aspirer, et donc retirer, les cellules dégénérées". "Nous avons
pu constater que l'embryon congelé ainsi traité est en mesure de
reprendre sa capacité normale d'évolution et donc de produire une
grossesse de la même manière qu'avec un embryon dit +frais+", a
expliqué le Pr Greco. Pendant la procédure de décongélation, les
scientifiques italiens ont relevé que "la capacité d'évolution des
embryons est compromise surtout en raison de la dégénérescence nécrotique
de certaines cellules composant les embryons (les blastomères)".
Ces cellules sont capables de libérer des substances toxiques qui
altèrent les capacités évolutives et de réplication des cellules
saines. "Normalement les embryons congelés ne possèdent pas la même
capacité d'implantation utérine et donc de grossesse portée à terme
que les embryons frais", a encore souligné le Pr Greco pour qui
de nouvelles perspectives sont désormais ouvertes aux patientes
comme aux spécialistes de la fécondation in vitro. "Déjà cent bébés
sont nés parfaitement sains et d'autres sont en cours de grossesse"
grâce à la nouvelle technique", a enfin indiqué le Pr Greco.
14
mai 2002

La nicotine s'attaque à la production de neurones
Composant de la cigarette considéré comme responsable de la dépendance,
la nicotine réduit la fabrication de nouveaux neurones, révèle,
pour la première fois, une étude française publiée dans le numéro
de mai de la revue américaine Journal of Neurosciences. Les travaux
des chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche
médicale (INSERM) ont été menés sur des rats, sur une région du
cerveau --le gyrus dentelé-- ayant la particularité de produire
de nouveaux neurones tout au long de la vie et d'intervenir dans
les processus d'apprentissage et de mémorisation. Les effets stimulants
de la nicotine sur les fonctions cognitives ont été depuis longtemps
démontrés, mais il apparaît aussi qu'en situation de sevrage, les
gros fumeurs subissent une altération des mécanismes d'apprentissage
et de mémorisation. Ce qui laisse supposer qu'une exposition chronique
à la nicotine a des effets délétères sur le cerveau perturbant les
performances cognitives. C'est pour tenter d'expliquer cette observation,
jusqu'alors non étayée biologiquement, que les chercheurs de l'INSERM
ont choisi d'étudier la plasticité (les changements de fonction
ou de structure) d'une région particulière du cerveau de rats. L'analyse
des données recueillies sur ces rongeurs montre que la prise de
nicotine réduit la fabrication de neurones, et ce d'autant plus
que les rats se servent plus copieusement en nicotine. Lors de l'expérience,
qui a duré 42 jours, le nombre des nouveaux neurones a décliné de
plus de moitié entre le groupe des rats qui ne recevaient pas de
nicotine, et ceux qui prenaient la dose médiane déterminée par les
chercheurs (0,04 mg par kilogramme). De même, les biologistes ont
constaté que l'expression d'une protéine caractéristique (la PSA-NCAM),
normalement produite lors de la migration des neurones, était abaissée
de 44% entre ces deux groupes. De plus, la mort cellulaire a augmenté
de façon d'autant plus marquée que la dose de nicotine absorbée
était élevée. Les doses de nicotine fournies aux rats sont proches
de celles absorbées par les fumeurs, soulignent les auteurs de l'étude,
Djoher Nora Abrous et Pier-Vincenzo Piazza, de l'unité INSERM 259
basée à Bordeaux et dirigée par Michel Le Moal. Jusqu'à présent,
peu de travaux ont fait état d'effets négatifs de la nicotine sur
le cerveau et ce composant a même, dans certains cas, été reconnu
pour son action bénéfique sur le système nerveux et donc, sur les
neurones.
13
mai 2002

Nanoboom ! Ce que les nanotechnologies changeront dans notre quotidien
Des médicaments plus efficaces, des matériaux inusables, des
ordinateurs plus petits que jamais. Les recherches sur la matière
vue à l'échelle du nanomètre est pleine de promesses.
Par Catherine Dubé
« Vous voyez cette petite poudre noire ? » Penché sur un alambic
technologique - laser, mini-four et entrelacs de tuyaux -, Nadi
Braidy pointe du doigt ce qui ressemble à un dépôt de suie sur une
pastille de cuivre. « Ces particules sont des nanotubes de carbone
», dit l'étudiant qui me guide dans les laboratoires de l'INRS-Énergie
et Matériaux à Varennes. À poids égal, les molécules qui forment
cette poudre surprenante sont plus résistantes aux chocs et à la
chaleur que l'acier, mais aussi beaucoup plus souples ! » Elles
valent 1 500 dollars américains le gramme, 150 fois plus que l'or
! Les nanotubes de carbone, ce sont les grandes vedettes de la nanotechnologie,
cette science de l'infiniment petit. Un nanomètre correspond à un
milliardième de mètre (ou un millionième d'un millimètre). Un simple
cheveu mesure au moins 50 000 nanomètres (nm); énorme ! La nanotechnologie
s'intéresse donc à la matière dans ses plus infimes retranchements,
c'est-à-dire à l'agencement de ses atomes, ces derniers mesurant
entre 0,1 et 0,4 nm. À cette échelle, la matière possède des propriétés
étonnantes : le jour où on les maîtrisera, les nanotechnologies
pourront créer une infinité d'applications en biotechnologie, en
électronique et dans la fabrication de matériaux. Les stars de ce
petit monde, ce sont les nanotubes de carbone. Ces molécules illustrent
très bien comment l'agencement des atomes influe sur les caractéristiques
de la matière. Les nanotubes sont entièrement composés d'atomes
de carbone, comme le graphite ou le diamant, mais leur disposition
est très particulière : ils se présentent comme une « feuille »
d'un atome d'épaisseur formant un tube d'à peine quelques nanomètres
de circonférence, mais de plusieurs milliers de nanomètres de longueur.
Certains nanotubes comptent plusieurs parois, tels des cylindres
insérés les uns dans les autres. Sur les photos prises au microscope
par les chercheurs de l'INRS, les nanotubes ont l'air de long filaments
qui s'enchevêtrent. La précieuse poudre noire contenue dans de petits
récipients présente de minuscules amas : ce sont des nanotubes entremêlés,
une « pelote » évidemment impossible à percevoir à l'oeil nu.
13
mai 2002

Une puce électronique implantée sur trois personnes d'une même famille
Agence France-Presse. Boca Raton, États-Unis
Trois personnes d'une même famille se sont fait implanter vendredi
une puce électronique sous la peau pour stocker leur dossier médical,
une opération filmée en direct par une télévision américaine et
critiquée par des défenseurs des libertés individuelles. Lors d'une
intervention bénigne de 20 minutes, un microprocesseur a été mis
dans le bras de Derek Jacobs, 14 ans, de sa mère Leslie et de son
père Jeffrey par le docteur David Wulkan, dans son cabinet de Boca
Raton (Floride, sud-est). C'était l'idée de Derek que toute la famille
reçoive un implant. Son père qui lutte contre un cancer depuis des
années prend des dizaines de médicaments tandis que lui-même est
allergique à certains antibiotiques. Ces puces «de la taille d'un
grain de riz» sont l'invention d'une société, Applied Digital Solutions
(ADS), qui prévoit de commercialiser massivement ces implants, sous
le nom de VeriChips, permettant aux hôpitaux d'avoir un accès rapide
à une information vitale en cas d'urgence. Lorsqu'elles sont lues
par un décodeur spécial, les puces émettent un signal radio qui
transmet un code à une base de données sécurisée contenant nom,
adresse, numéro de téléphone et informations médicales de la personne
en question. Mais les VeriChips peuvent aussi être utilisées comme
une mesure de sécurité, lors de l'accès du personnel dans une entreprises.
Couplée à un système de localisation, la puce pourrait aussi servir
à suivre les déplacements d'individus. Cette technique revient à
«accrocher une laisse électronique au cou des gens», a dénoncé Marc
Rotenberg, de l'association Electronic Privacy Information Center.
12
mai 2002

Que se passe-t-il quand on fait l'amour ?
Comment les organes génitaux répondent-ils aux stimulations de
l'acte sexuel? Pour le savoir, des médecins ont observé des couples
à l'aide d'un appareil d'imagerie par résonance magnétique.
Pays-Bas 17/12/1999
Pour la première fois, un appareil d'imagerie par résonance magnétique
(scanner) a pu observer les organes génitaux de couples en train
de faire l'amour. L'expérience, d'abord tentée à titre de curiosité
scientifique, a permis de faire progresser les connaissances en
anatomie et en sexologie, ont indiqué les chercheurs responsables,
dirigés par Willibrod Weijmar Schultz, de l'hôpital universitaire
de Groningen, aux Pays-Bas. Côté homme, les images réalisées lors
de l'expérience démontrent que lors d'un rapport dans la position
du missionnaire, le pénis dans son entier (de sa racine interne
à l'extrémité du gland) adopte la forme d'un boomerang. Il ne reste
pas droit ou ne prend pas la forme d'un S, comme on le croyait auparavant.
L'érection, qui atteint un angle de 120 degrés par rapport à la
racine, permet par ailleurs une pénétration presque parallèle à
la colonne vertébrale de la partenaire. Côté femme, on constate
que l'utérus remonte légèrement alors que la partie antérieure du
vagin rallonge. L'utérus ne se déplace pas, ni ne grossit, contrairement
à ce qu'ont rapporté les sexologues américains Masters et Johnson
dans les années 60. De plus, on ne trouve aucune trace du fameux
point G, ni d'un réservoir de fluide capable d'alimenter une éventuelle
éjaculation féminine. Les travaux, qui viennent d'être publiés par
le British Medical Journal, se sont étalés sur sept ans. Ils ont
impliqué huit couples et trois femmes seules, recrutés par une émission
scientifique télévisée. Les volontaires devaient être de faible
corpulence pour réussir à se glisser dans le tube modifié du scanner,
d'un diamètre de 50 centimètres seulement. Faire l'amour en milieu
médical a passablement stressé les participants. Les femmes ont
toutes rapporté n'avoir eu que des orgasmes superficiels. Quant
aux hommes, tous sauf un ont connu des problèmes d'érection, finalement
surmontés grâce à la prise de Viagra.
12
mai 2002

Cellules souches : la recherche permise au cas par cas. Les scientifiques
devront obligatoirement obtenir le feu vert d'Ottawa
Hélène
Buzzetti. Le vendredi 10 mai 2002
Le Canada a fait son nid: la recherche sur les cellules souches
provenant d'embryons humains sera permise au pays, mais seulement
en guise de dernier recours. La pratique sera strictement réglementée,
et une agence centrale à être créée devra donner son feu vert, au
cas par cas. Imitant plusieurs autres pays occidentaux qui l'ont
devancé en la matière, Ottawa a finalement dévoilé hier la loi qu'il
veut se donner pour encadrer la recherche sur les cellules humaines,
notamment le clonage. Le projet de loi réglementera aussi tout le
secteur des nouvelles techniques de reproduction en imposant pour
la première fois des normes uniformisées aux cliniques de fertilité.
Le projet de loi C-56 déposé hier par la ministre de la Santé, Anne
McLellan, complète le cycle d'un an de discussions sur le sujet.
Son prédécesseur, Allan Rock, avait présenté un avant-projet de
loi au printemps dernier, et un comité de la Chambre des communes
a fait des recommandations sur cette ébauche en décembre. La recherche
sur les cellules souches (qui ont le potentiel de se développer
dans n'importe quel organe et que l'on croit très utiles pour guérir
toute une gamme de maladies) ressort comme l'élément qui fera couler
le plus d'encre. Les cellules souches se retrouvent dans les embryons
et le tissu foetal, mais on commence à en déceler ailleurs dans
le corps d'humains adultes. Le gouvernement annonce que la recherche
avec les cellules souches provenant d'embryons sera permise, mais
seulement si les chercheurs prouvent que leur «utilisation est nécessaire
pour la recherche en cause». Une façon de dire, assurent les fonctionnaires
de Santé Canada, «en dernier recours» seulement. Les embryons utilisés
seront les surplus provenant des cliniques de fertilité. Le consentement
écrit des géniteurs devra être obtenu. Aucun embryon ne pourra être
conçu à seules fins de recherche. La tâche de décider de ce qui
est «nécessaire» reviendra à la toute nouvelle Agence canadienne
de contrôle de la procréation assistée. Cette agence, qui disposera
d'un budget de dix millions de dollars, sera dirigée par un maximum
de 13 administrateurs provenant de divers horizons. Tout chercheur
basé au Canada, en laboratoire public ou privé, qui voudra mener
des expériences avec des cellules souches devra non seulement faire
approuver son projet par les organismes subventionnaires qu'il sollicitera
et les comité scientifiques habituels mais aussi obtenir le feu
vert de l'agence. Cette agence disposera aussi d'une équipe d'inspecteurs
qui auront le pouvoir de visiter les lieux de recherche afin de
s'assurer du respect de la loi canadienne. La Loi concernant la
procréation assistée maintient les interdictions envisagées dans
l'ébauche, notamment le clonage humain à des fins de reproduction
ou de recherche thérapeutique, la sélection du sexe d'un enfant
à naître ou encore la création d'hybrides zoohumains. Sur la question
des cliniques de fertilité, le gouvernement n'aura pas écouté les
recommandations du comité de la Chambre. Le comité demandait que
la pratique des mères porteuses soit fortement découragée et que
l'identité des donneurs de sperme ou d'ovules soit obligatoirement
révélée aux futurs enfants. Le gouvernement, sensibilisé au fait
qu'un couple sur huit est infertile et que le problème est appelé
à prendre de l'ampleur, ne veut pas décourager ces pratiques Quand
la vie commence-t-elle? La ministre Anne McLellan s'est bien défendue
de ne pas tenir compte, en permettant la recherche sur les embryons
par son projet de loi, des arguments de ceux qui défendent le caractère
sacré de la vie humaine. «Nous pensons que nous en sommes arrivés
à un équilibre approprié», a-t-elle déclaré à la presse. Mme McLellan
refuse de se laisser attendrir par la destruction des embryons dans
le processus de recherche sur les cellules souches. «Ce sont des
embryons surnuméraires. Vous savez ce qui leur arrive? Vous savez
ce qui leur arrive? Ils sont jetés à la poubelle», a-t-elle lancé
d'un ton empreint de défi. «Le donneur peut choisir et décider qu'ils
soient jetés, ce qui est tout à fait son droit, ou il peut aussi
choisir, dans certaines circonstances, de laisser ces embryons surnuméraires
être utilisés pour la recherche médicale.» Au moins trois députés
libéraux, tous membres du caucus pro-vie de la colline parlementaire,
ont déjà indiqué qu'ils voteront contre le projet de loi tel que
présenté. Paul Szabo, Dan McTeague et Tom Wappel soutiennent tous
qu'ils n'approuvent pas la destruction d'une vie, celle d'un embryon,
au nom de la guérison potentielle d'une autre personne, par exemple
un malade atteint de Parkinson. M. Wappel se réjouit toutefois que
la loi définisse un embryon comme un «organisme humain». «C'est
la première fois qu'on définit la vie humaine de façon à ce qu'elle
comprenne les embryons», a-t-il indiqué au Devoir.
11
mai 2002

Interdiction du clonage : Severino Antinori parle d'intolérance
Mise à jour le jeudi 9 mai 2002, 9 h 26 .
Le gynécologue italien Severino Antinori a dénoncé aujourd'hui «le
talibanisme du président George Bush qui veut interdire le clonage
humain», ainsi que l'attitude de l'Église catholique, de «l'Angleterre
libérale» et de la «fameuse France de la liberté». Lors d'une rencontre
avec la presse étrangère à Rome, il a d'autre part affirmé que trois
grossesses à partir d'embryons humains clonés se déroulaient actuellement
dans le monde m
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